OL-EAG (2-1) : La Gones Académie n’aime pas le fard breton

Pas de faute dans le titre mais un court jeu de mot qui en dit long sur la rencontre.

Salut les Gones,

Tandis que la trêve internationale nous avait permis de nous fendre d’un succinct avis sur le mercato lyonnais, il nous tardait néanmoins d’en revenir au cœur du métier d’académicien : boire de l’alcool noter les matches. Aussi, on avait droit à une affiche de gala ce dimanche au Groupama Stadium. L’Olympique Lyonnais accueillait l’En Avant Guingamp du président Desplat dont la joute verbale avec notre cher Jean-Michel Aulas avait pris une tournure dramatique et personnelle depuis ce hashtag vindicatif du président rhônalpin : #PanSurLeBecABertrand. Très diplomate ou bien ne voulant simplement pas passer pour un parfait tocard dans le cas où l’En Avant remporterait sa 4e victoire en autant de rencontres contre l’OL, JMA s’était donc adonné dans la matinée à une longue séance photo à base de poignées de main amicales et souriantes, en compagnie de son homologue. Cependant, les nombreuses années passées à écouter Jean-Michel déblatérer inconséquemment nous auront appris que dans telle situation, il valait mieux pour ses joueurs et son entraineur que l’OL colle un bon 4-0 à l’En Avant, dont l’arriviste président n’a rien en commun avec quelqu’un qui a construit sa carrière et son club sur la seule base de ses compétences et de son esprit d’entreprenariat et qui le voient aujourd’hui récompensé d’une réélection au board de l’ECA, dans le rôle du chevalier blanc qui libèrera le football français et européen du joug odieux exercé par les milliardaires du Golfe via des investissements frauduleux, excessifs et hors marché. (Merci Jean-Michel, on vous envoie le RIB du site pour le virement).


La compo

Pour ce match sous tension, Bruno Genesio s’est vu à court de solutions au milieu – les 2 recrues de fin de mercato étant arrivées hors de forme et Jordan Ferri étant parfaitement nul. Plusieurs solutions médiocres s’offraient donc à Pep et ce-dernier a fait le choix fort de confier le côté gauche de l’entrejeu à Christopher Martins Pereira, qui s’était fait remarquer lors du nul obtenu par le Luxembourg contre la France. Le nouveau Patrick Vieira (cote de la comparaison par n’importe quel membre du club avant la fin de saison : 1,12) passe donc de réserviste à titulaire, sacré destin.

 Le dispositif tactique est en option à l’OL donc… ben niquez vos mères.


Le match

Les Guingampais donnent le coup d’envoi et mettent immédiatement en place un pressing haut dans le but d’acculer le bloc lyonnais et d’empêcher les relances courtes. L’OL est mis en difficulté et les Bretons se procurent des occasions relativement conséquentes tandis que Bruno hurle des « allez ! », « plus vite ! » de son banc de touche. Ne cherchant plus à argumenter au-delà de ce que nous avons déjà pu proposer au fil de ces dernières années, nous nous contenterons de joindre ici un article que les plus footballophiles d’entre vous pourront consulter, si ressortir un ballon proprement est une problématique qui vous intéresse. Le texte est en espagnol mais traduisez la page et ça devient suffisamment compréhensible.

Pour résumer, donc, l’OL ne parvient pas à ressortir et Morel, le relanceur attitré de la défense lyonnaise, est contraint par le pressing de Kombouaré à jouer soit long, soit à sa gauche avec Marçal. Mais comme dit le proverbe : « Qui tue un lion en mange, qui ne le tue pas est mangé ». Guingamp n’ayant pu concrétiser son bel effort collectif à la 20e, c’est Mariano qui se charge de croquer tout cru les ambitions rouges et noires. Le Dominicain récupère lui-même son ballon, progresse jusqu’aux 25 mètres et ouvre parfaitement son pied pour tromper Johnsson. 1-0. Puto crack ou débutant chanceux, il est toujours aussi difficile de savoir ce qui fait la réussite de Mariano en ce début de saison mais nul doute que ce but nous sort du bourbier. Jusqu’à la mi-temps, l’OL reprend péniblement la maîtrise du ballon, à défaut de celle du match. La partie triste à crever nous offre gracieusement 2 occasions sur coup-franc direct, une à côté pour Mariano, une sur la barre pour Fékir. Le reste du match se voit aspirer dans le trou noir des purges de Ligue 1, dans l’abysse des minutes à jamais oubliées, dans le puits interminable où s’entassent les Troyes-Toulouse, Montpellier-Caen ou tout autre opposition propice à l’endormissement de fin d’après-midi. Heureusement pour la suite de cette académie, un cauchemar nous sort de la torpeur : Marcelo défendant sur Mbappé et Neymar avec ses patins à roulette qui lui servent de crampons. Effrayant.

Tandis que Bruno peaufine son plan de jeu dans les vestiaires, Ferri se prépare à entrer un piste. Lopes est une nouvelle fois sollicité sur corner et Genesio ne trouvant pas de solution à ce calvaire tactique sempiternel, l’impavide Jojo « le Secateur » est introduit sur le pré et avec lui la botte secrète de la grosse semelle dans le genou pour tout ce qui pénètre les 30 mètres. Les résultats d’une telle stratégie sont mitigés : le temps passe et Guingamp précise ses assauts tandis que l’OL se contente de passes latérales et de tentatives de percées inabouties sur les ailes. Finalement, Bruno décide d’y aller pour de bon et fait rentrer le tacleur fou Kenny Tete à la place d’un Rafael tout bougon. La décision semble cependant légitime puisqu’à peine 2 minutes plus tard, Marcelo se fait déposer par l’incisif Marcus Thuram pour la 3e fois de la partie et scelle ainsi son prêt avec option d’achat au Hellas Verone l’an prochain. Encore 2 minutes plus tard, Didot botte un corner qui lui revient et trouve Thuram sur le centre. Le coup de casque du tortionnaire de Marcelo fend l’air et la ligne de but d’Anthony Lopes. 1-1. Il n’en faut pas plus pour provoquer l’ego lyonnais. Dès l’engagement, Memphis perfore la défense adverse avant de transmettre à Fekir. Le talent de l’homme qu’on a osé comparer à des parias tels que Ghezzal, Thauvin ou encore Messi fait la différence. 2-1. Visiblement démoralisés par la capacité de l’OL à faire la différence en levant simplement le petit doigt, Guingamp baisse les bras de sorte que le fait marquant de cette fin de match reste le remplacement de Bertrand Traoré, fatigué suite à son aller-retour de 10h au Burkina Faso, par sa version décérébrée Maxwel Cornet, et ce à la 88e minute. 3 minutes de repos, tu l’as bien mérité mon con.


Les notes

Lopes (3/5) : Des arrêts importants mais inutilement compliqués et un jeu au pied inexistant, on est parti sur les bases d’une saison correcte, sans plus.

Rafael (3/5) : Il a démontré de l’allant et une volonté d’attaquer quitte à se découvrir. Pas aidé dans par son compère dans l’axe pour gérer Thuram, il sera inévitablement une victime du système défensif de Genesio, et très certainement à court-terme.

Marcelo (2/5) : Si c’était pour recruter un défenseur avec un seul rein et des genoux qui ne fonctionnent plus, on n’avait qu’à garder Nkoulou…

Morel (2/5) : Moins à la ramasse que Marcelo défensivement, sa capacité de relance a été mise à l’épreuve et le moins qu’on puisse dire, c’est qu’il nous faut d’autres options pour repartir depuis derrière.

Marçal (2/5) : Son match résumé en une action, une passe en retrait pour Morel. Pas forcément de sa faute à cause du système et de Memphis qui ne le sert jamais mais le résultat était insignifiant.

Tousart (2/5) : Il a ouvert sa bouche pour défendre Genesio en conférence de presse et s’est mis à jouer comme Gonalons. Très peu d’interventions défensives, très peu de solutions à la relance et la preuve qu’un milieu avec une grosse activité n’est pas forcément un box-to-box.

Pereira (2/5) : Calme balle au pied mais des pertes de balles parfois dangereuses. Il rappelle Tolisso à ses débuts. Vous savez, quand il perdait la balle au milieu de terrain dans le derby.

Memphis (2/5) : Comme le nombre de joueurs qu’il a essayé de dribbler en un seul grand-pont. On veut bien le défendre autant qu’on peut mais à un moment il faudra lui faire passer un test de QI, il a l’air carrément retardé.

Traoré (3/5) : Un 3 pas forcément mérité mais quand même la presse sait qu’un joueur est bouilli et que tu le fais jouer 88 minutes, pas besoin d’être un génie pour deviner qu’il sera transparent.

Fekir (4/5) : Le cache-misère officiel de la saison 2017-2018 est tout trouvé. Messieurs, Mesdames, Nabil Fekir.

Mariano (4/5) : L’Assassin ultime, une opportunité, un but.

Genesio (0/5) : On vous voit venir. « C’est personnel », « Vous n’êtes plus objectifs », « Vous voyez le mal partout, quoiqu’il arrive ». Oui mais non, contre Guingamp à domicile, l’OL s’est procuré 4 tirs cadrés. Les indicateurs de réussite nous pointent à même pas un but et les deux graphiques ci-dessous indiquent respectivement le marasme collectif (positionnement incertain + lignes de passes aléatoires) et l’impuissance offensive (2 passes réussies dans la surface). Alors, certes Bruno Genesio n’est pas notre coach favori mais chaque jour qui passe rend son football moins convaincant. Les résultats sont là direz-vous et vous avez raison. Mais pour combien de temps ?

Compo incompréhensible, ligne de passes inexplicables, relayeurs sans influence. Le football amateur dans toute sa splendeur.

Les passes réussies, marquées par leur point d’arrivée. Verdict : 76 passes dans le dernier tiers, 2 dans la surface. L’OL a braqué l’EAG.


BA,

LN & PI

Lexie Najas

Forme avec Paul Igarque le duo d'anal-yse le plus infernal depuis Thierry Roland-JM. Larqué. Jour 307: Le respect des autres académiciens n'est toujours pas acquis.

One Comment

  1. La saison va être loooooongue… Heureusement, il devrait y avoir plus de buts dimanche.

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