Metz – Nancy (2-1) : La Metz Que Un Club Académie met à mort le voisin

La Lorraine est Grenat, et elle le restera.

 

Oublions tout. Au placard les déconvenues. Remisées les humiliations. Effacés les errements tactiques, remplacements douteux, égalisations tardives. On redémarre le cerveau comme on aimerait redémarrer sa propre petite vie minable, en mode sans échec. On fait le match, le défait, le refait. On affabule, négocie, devise, calcule, anticipe tous les scénarios possibles. On veut chambrer les lourdeaux d’en face sans trop claquer des esgourdes. Mais dans cette période de fondement meurtri qui alterne lividité footballistique et tressautement d’orgueil, on sait. On sait que tout se joue sur ce match. Quel match me direz-vous tas de connards ? Le derby pardi.

On entre dans le derby comme on entre au Colisée. Deux résultats possibles, la victoire ou la mort. De ces issues incertaines découleront allégresse, gloire et orgies, ou humiliation, déshonneur, MST. Le Klubb ou un Steinhoff froid. Des Légendes naissent et meurent de cette fugace confrontation. C’est ce combat qui vous a vu honorer madame en lui confiant « qu’elle est belle comme une égalisation à la 91e minute ». C’est la douleur du match aller et de ces quatre coups d’épée qui vous a poussé à reconduire vos abonnements annuels chez psy et proctologue.

Dépendent de ce match suprématie et fierté régianale. Dépendent de cet affrontement les rêves et espoirs de tout un peuple. Peuple qui a craqué son RSA et vendu ses enfants sur internet pour se permettre de s’offrir le précieux sésame hors de prix, celui-là même qui lui procurera l’immense privilège de vivre l’extase ou l’ignominie en direct depuis les tribunes. Car c’est ici qu’il faut être, ici que s’écrit l’Histoire. L’Histoire qui se transmettra de saison en saison, de génération en génération. C’est en ce lieu que la Vie, futile, placide et froide, donne rendez-vous à son amante, la tendre, douce et chaleureuse Mort. C’est en cet endroit qu’ils vont une fois encore s’unir, mêler leur passion au rythme du contact des hommes. C’est bien là que l’on décide de quel côté on souhaite poursuivre l’aventure. Et s’il faut mourir, il convient de le faire honorablement. De ne pas déposer les armes. Ne pas faillir, sublimer le duel, rendre les coups. Céder dans la douleur et l’âpreté des dommages, non sans oublier de blesser l’ennemi, physiquement comme moralement. C’est ce que la plèbe demande. Du parpaing et des jeux.

A l’heure où s’avancent de maladifs, estropiés et sodomites combattants nançois, les gladiateurs grenats se doivent de jouer leur vie. Ils le savent. Vaincre ici, c’est se promettre une place dans la canopée, proche des étoiles. Triompher maintenant, c’est s’assurer la bienveillance du peuple, la fortune, un avenir un peu plus certain et la révision de la Porsche. Alors même que les dieux de la LFP ont une fois encore pissé sur les braises en interdisant aux supporters ennemis de se joindre à cette grande ripaillerie, alors même que l’Imperator Serin a divisé la roture en exilant ses plus fervents plébéiens, il est temps de raviver la passion, d’embraser le feu sacré, de croiser le fer.

Avé Zidane, ceux qui vont mourir te saluent.

 

35e journée : FC Metz – ASaNaL

Les coups de boutoir lorientais semblent avoir eu raison de la patience du laniste Hinschberger à l’égard de son portier. Exit donc Didillon pour son pendant vieux sage Kawashima. Une nouvelle nippone, ni mauvaise (vous êtes viré, ndlr). Deux Sagittarius sur les ailes pour distribuer des flèches, un mirmillon en pointe pour percer l’armure adverse, un Venator au milieu, chargé de couvrir ses animaux de récupérateurs, mi-lions mi-rats morts. Que le combat commence.

Le match :

Les Messins se montrent assez rapidement les plus entreprenant en portant plusieurs coups d’estoc. Par un centre de Cohade trop long (3e), par un centre de Balliu aboutissant à une tête de Doukouré sans danger (6e), puis par une succession de 97 corners repoussés et/ou trop long comme une jambe de Diabaté (9e).

La première véritable flèche est décochée par Sarr, qui écrase l’accélérateur et déborde côté droit pour servir le Grand Cheick, hélas trompé par un rebond qui loupe son contrôle (11e). La lutte gagne en intensité quand l’Espagnol, arrière droit au corps de traitre, décide de saccager de l’adversaire. En représailles, Alou Diarra entre alors en mode berserk et découpe gratuitement Sarr. Le Dieu arbitral complaisant et clément n’avertit personne, puisqu’on est ici pour mourir.

Et enfin le premier sang. Sur un coup franc nançois qui voit tout le groupe partir à l’offensif, la mobylette Ismaïla Sarr récupère la gonfle sur ses 30 mètres, passe la troisième, la quatrième, crame la gomme de ses deux pneus en trois dribbles chaloupés sur une défense sans défense et aligne le dernier rempart pour un nouveau but légendaire. 1-0, 28e.

 

L’adversaire a baissé sa garde, et les coups affluent. Par deux fois, Diabaté a l’occasion d’effilocher l’ennemi mais manque soit de justice, soit de justesse. Sur un nouveau contre d’abord (32e), sa grande carcasse enclenche – chose inédite – la vitesse luminique et arrive en pleine surface au contact d’un sauvage adverse, qui ne se prive pas de lui emporter la cheville, les deux oreilles et la queue. Le Dieu arbitral, toujours avide de sang, décide de laisser le free fight se poursuivre. Dans un second temps (38e) et malgré une sublimissime ouverture de Sarr, il manque son duel avec le dernier rempart.

Les mauvais guerriers nançois pédés, pourtant mal en point et n’ayant montré aucune habilité à porter le danger dans le camp adverse, profitent de ce surplus d’échec pour glisser une impromptue banderille. Au milieu d’une défense en slip, Moussaka (ou Miaouss, ou Maouassa, on ne sait pas) coupe un centre venu de droite sans que personne ne réagisse et pénètre l’armure messine. 1-1, 40e.

Le Dieu arbitral accorde 15 minutes de répit aux 22 acteurs, le temps de se reprendre un rail de coke.

Très vite à la reprise, le onze Grenat veut porter l’estocade. Sur une action d’analité tentaculaire consécutive à un corner, une parade à bout portant et un mauvais dégagement, Falette se voit heureux de pouvoir placer une ogive qui trouvera Nguette sur son chemin et qui terminera sa course dans le slip nancéien. 2-1, 51e.

Les bellicistes rouge et blanc, blessés au coeur et à l’orgueil par cette seconde fronde, se revigorent alors de minute en minute, et vont suinter mépris et haine sur le jeune Sarr qui alterne tours de magie et PLS.

On voit sur ces images l’âme de Pedretti être absorbée. 

La peur gagne les rangs Messins, liquéfie les entrailles, salit les sous-vêtements. L’ASaNaL se débat avec l’énergie du désespoir. Kawashima protège les siens comme il peut. Les corners se succèdent à mesure que le temps passe. Mandjeck, Mollet et Jouffre viennent prêter main forte aux collègues. Jusqu’au bout du temps additionnel, on pensera aux buts encaissés contre Rennes, Saint-Etienne, Caen et Paris. Mais pas cette fois. Le Dieu arbitral met fin au spectacle et délivre la plèbe. Les onze nançois sont mis à mort et chacun vient boire leur sang pour célébrer la rédemption : La Lorraine est à nouveau Grenat.

« Dans vos mèèèèèèèères !! »

 

Metz Que Des Notes : 

Kawashima 3/5 : Impuissant sur l’égalisation, il a gardé le temple, en tremblotant parfois tout de même. Mais l’essentiel est préservé.

Balliu 3-/5 : Un peu moins en vue que sur les derniers matchs, il n’a pas tergiversé quand il a fallu savater les salopards d’en face. A compris le job.

Bisevac 3/5 : Savant mélange d’enculerie subtile et d’anticipation, sauf quand il se fait bouffer le cul par Maouassa sur l’égalisation.

Falette 3+/5 : Du parpaing et des jeux.

Assou-Ekotto 3-/5 : L’égalisation vient de son côté. Pour le reste, il a mis Issar Dia dans sa poche.

Diagne 2+/5 : Diane, femme flic < Diagne, sale slip.

Doukouré 4/5 : Le Douks des grands soirs. Celui d’avant sa rupture aux croisés. Impact et transmissions, mandales et remontrances. Le brassard lui allait bien, pour la première fois de la saison.

Nguette 3/5 : Crédité d’un but par les dieux de la grande chatte, ses accélérations font quand même mal à l’ennemi.

Cohade 3+/5 : 479 coups francs dans le match, et pourtant la lumière vient d’une action de jeu et d’un de ses centres sur le second but. Mention rameur.

Sarr 5/5 : Un nouveau bijou à son collier de perle, et un sens du jeu qui se développe de match en match. Chers Anglais, c’est pas en dessous de 45M€.

Diabaté 3-/5 : Le mirmillon a eu moult occasions d’achever l’adversaire. Sans succès. Son impact défensif n’en demeure pas moins admirable.

Les remplaçants : 

Sans intérêt.

Les images furent belle à l’issue du match. Entre cette communion extatique des joueurs avec leur public, le chamaillement de PH par toute la bande, Diabaté au micro qui harangue la foule et un clapping devant les tribunes, les coeurs Grenats avaient raison de battre. L’adversaire est tombé, le maintien est presque assuré. Reste à finir le job à Lille et faire la fête à la maison. Faites ça pour nous les gars, on en peut plus de trembler.

Kast & Deutch

Kast & Deuch

2 Comments

  1. Whaooouuuu je fais du XXXL et je ne peux pas mettre Issar DIa dans ma poche, chapeau Assou(que j’ai aimé avant) Ekoto

  2. Je Vous aimetz bien. Passionnément même, mes vieux grenarts.

    Donc; ces problèmes que Vous aVez de chatte à Zidañhe, Réglons les. par a+b. Réellement.)

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