Amiens – Bordeaux (1-0): la Scapulaire académie n’y arrive plus

 

« LA PREMIÈRE FOIS EST LA PLUS DOULOUREUSE. SI TU PERSÉVÈRES, LA SUITE GLISSERA TOUTE SEULE  : LA SIFFREDI ACADÉMIE POUR LES NULS LIVRE DE BONS CONSEILS »

 

Le match :

Drôle de semaine. Les journaux évoquent l’intérêt de plusieurs clubs envers Gaëtan Laborde pour en faire leur joker médical. Gourvennec répond qu’il tient à lui, qu’il est un élément important du groupe (c’est ce que disaient les Musclés de Rémy, mais qui se souvient de lui ?). Bon, soit. Ironie du sort, le joker se fracture le pied gauche à l’entraînement. Il a trois mois pour réviser « La merguez partie ».

Le radiologue de Laborde est formel: avec des pieds pareils, difficile de s’imposer en Ligue 1

Son cas réglé, les journalistes passent à l’offensive en critiquant Lex Luthor, l’ennemi de Superman, l’ex buteur, l’ennemi des cages adverses. Le doute au sujet de la capacité de De Préville à s’imposer en pointe s’intensifie. L’entraîneur affirme qu’il croit en lui et se prépare à lui annoncer sa titularisation… sur le côté gauche de l’attaque. Et vint le samedi, où l’on apprend que Malcom ne débutera pas, faute d’une gêne. M’est avis que sa plus grande gêne se trouve à ses côtés sur la pelouse, mais bon. Sans notre meilleur joueur, il va falloir se débrouiller ainsi:

Costil

Lewczuk – Toulalan – Jovanovic – Pellenard

Otavio

Lerager  – Sankharé

Cafu                           De Préville

Mendy

Je vous fais grâce des images du match, on ne sait jamais, des enfants vont peut-être lire cette page. Mais puisque je m’y suis engagé, je vais tout de même vous parler de la rencontre.

Lors de la première demi-heure, les Amiénois se sont montrés les plus entreprenants, quoi que maladroits, face à des Girondins apathiques. On aurait dit une répétition des Kids United avant le direct du Téléthon. Les Bordelais ont commencé à montrer le bout de leur nez (les membres inférieurs demandaient beaucoup trop de concentration) et ont procédé par contres. Parfois bien menés, comme lorsque Cafu remonte le terrain et que De Préville réussit à frapper après un relais de Sankharé. Mais le tout reste insuffisant.

En seconde période, il n’y a pas grand-chose à se mettre sous la dent jusqu’à l’heure de jeu. Un contre fulgurant de Bordeaux, un deux contre un à jouer, Mendy qui décale Nicolas De Pressif. Ce dernier se retrouve SEUL FACE AU GARDIEN ! Il repense alors à son contrôle de maths raté qui a failli faire de lui un bon élève. A sa première fois, quand il a fini avant même de commencer et qui a failli faire de lui un bonhomme. A cette chocolatine (pardon ndlr), hier matin, qui a failli lui remplir l’estomac si seulement il n’était pas entré dans une brocante au lieu d’une boulangerie… Et là, il voit cette cage face à lui et s’imagine les filets tremblants qui feraient de lui de nouveau un buteur : finies, les galères ! Il sait que s’il marque, il se retrouvera en pointe lors du prochain match et il ne veut pas non plus décevoir son entraîneur, qui croit en lui… Qui croit en lui… Sur le côté gauche ! Donc marquer = retrouver son poste en pointe = décevoir son entraîneur ! Et Nicolas frappa ; (très) au-dessus.

Sept minutes après ce grand moment de lutte intérieure de notre attaquant, Amiens a ouvert le score : corner, déviation puis remise de la tête, contrôle en aile de pigeon de Ngosso et enfin frappe en pivot entre les jambes de Costil. Tout cela sans déranger le moindre plot bleu sur la pelouse, s’il vous plaît !

La suite est une lente agonie, mais n’ayant pas rédigé mes directives anticipées, j’ai dû souffrir jusqu’à la fin d’une rencontre indigne d’une première division quelle qu’elle soit, polonaise, birmane, de curling ou de twirling-bâton. Tant d’erreurs et d’imprécisions ! Quelle nonchalance !

Info Grenet de l’environnement: le recyclage du déchet technique de cet Amiens-Bordeaux permettra à la région normande d’économiser un tiers de sa consommation d’énergies fossiles

Voilà une triste défaite. Si les Girondins ont pris le match par-dessus la jambe, nous, on a pris leur suffisance en pleine poire. Tout cela m’a rappelé une période pas si lointaine. Le président d’alors aurait dit, après une telle prestation, que nos joueurs étaient des « papis de maison de retraite ». La comparaison aurait cette fois été exagérée : après quelques séances de kiné, les personnes âgées maîtrisent mieux les déplacements que nos Girondins. Et certains arrivent même à réaliser leurs transferts seuls (si cela pouvait en inspirer certains…). De plus, si les Bordelais avaient montré autant d’agressivité sur le terrain que les anciens en salle à manger, ils n’auraient jamais perdu la partie. Quand on pense au prochain match qui arrive, avec la réception des jeunes monégasques, on se dit que le choc des générations va faire des dégâts dans nos rangs.

En l’absence d’une victoire contre Monaco, c’est le ventre mou qui nous attend

Les notes des 33 :

Benoît Costil 2/5 A réussi de bonnes parades, mais pour le défilé de Mickey, il devra se montrer plus autoritaire face aux Ngosso insolents.

Igor Lewczuk 2/5 Est monté quelques fois, le danger n’est pas venu de son côté. Mais il n’est pas latéral et n’a pas été aidé par le manque d’automatismes avec son milieu. Par contre, ne comptez pas sur lui pour jouer rapidement un coup-franc. Quand Desiage montre le sifflet, l’imbécile n’est pas foutu d’arrêter le ballon. 

Jérémy Toulalan  et Vukasin Jovanovic 2+/5 L’arbre centenaire et la jeune pousse qui cachent la forêt. Ils ont tenu la baraque même s’ils ont semblé parfois à la limite de la rupture. Étrangement absents sur le but.

Théo Pellenard 1/5 Un point pour le nom inscrit sur la feuille de match. Pour le reste… Des air-contrôles, un placement aléatoire, aucun allant offensif. A vécu un calvaire face à son ailier. Gakpé, la goutte d’eau qui a débordé le nase.

Otavio 2-/5 Avec Otavio, c’est comme une nouvelle histoire d’amour. Au début, il se démène, se démarque, on se dit qu’on a peut-être trouvé la perle rare. Au bout de quelques semaines, il prend ses aises, ne fait plus d’efforts et on se dit que finalement, lui ou un autre… Ma main à couper qu’il va bientôt péter au lit. Remplacé par Kamano, aussi utile à l’équipe qu’un sonotone à un aveugle.

Lukas Lerager 2-/5 Non seulement, il a déjà pété au lit mais en plus il a embaumé la chambre. Mais il pourrait chier dans les draps, on les laverait sans rien dire de peur qu’il nous quitte fâché.

Younousse Sankharé 2/5 Le plus en vue des trois du milieu, il était de toutes les offensives bordelaises. Mais il reste loin de son meilleur niveau.

Cafu 2/5 A l’origine de plusieurs contres, il a souffert de la comparaison avec Malcom. Il m’a fait de la peine à chaque fois qu’il est allé au duel. Est sorti au profit de Vada. Ne va-t-il pas nous faire une « Francia » celui-là ?

Nicolas De Préville 2-/5 A semblé en jambes à l’entame du match, on pouvait penser qu’il reprenait confiance. Et puis l’occasion ratée à l’heure de jeu a tout remis en question. Sur la passe de Mendy, je sens chez moi que ça monte devant. Et sur la frappe, que ça lâche derrière. Ma femme est dégoûtée, Nico t’as tout gâché.

Alexandre Mendy 1/5 Son jeu de remise est digne des promotions gros volumes des supermarchés : une vraie arnaque. Sa meilleure occasion a eu lieu quand le ballon, ému par les difficultés du petit Alex, a voulu l’aider en allant rebondir sur sa tête. Mendy, c’est un peu comme un furoncle. Il est souvent mal placé, on a un peu honte de lui, mais on sait que quand il explosera, on se dira qu’on savait que ce jour arriverait et on se sentira vraiment soulagé. Remplacé par Malcom, qui n’aura pas eu le temps de faire la différence ce coup-ci.

     Et voilà, ils ont encore demandé l’avis de Dugarry au sujet de l’attaque bordelaise

En face : Les Jean-Marie Picard

Le spectacle était un peu grossier et on sentait la chute arriver. Même sans un talent immense, l’énergie déployée a suffi pour satisfaire les amateurs de ce genre d’humour. Félicitations.

Cette académie se termine, je vous retrouverai après le match contre Rennes, si vous le voulez bien. En tout cas, moi, je me tiens prêt. D’ici là, amusez-vous sur  Horsjeu et n’hésitez pas à exprimer vos avis, vos remarques au sujet de cette page. A bientôt.

 

Nausée Savajicl

Nausée Savajicl

Nausée Savajicl (50% Vosgien, 50% Arcachonnais, 100% Bordelais) Vosgien issu de l’immigration girondine, j’aime surfer à la Moselle et faire du patin à glace sur la jetée Thiers. Mais surtout j’aime les Girondins car parfois, leurs matchs me paraissent beaucoup plus longs que l’hiver de par chez nous.

6 Comments

    • Merci bien, ravi que ça plaise! Il parait qu’il est plus facile d’écrire lors d’une défaite… Nos Girondins m’ont facilité la tâche

  1. Pour rétablir l’équité qui m’est cher (can you believe) Je me dois de mettre le commentaire que tous les académiciens Bordelais ont pris dans la gueule…Cé Nul Cé Pa Du ClOde PèZ!
    Non c’est très bien surtout quand vous perdez je trouve toujours ça bien.

    • Merci pour le commentaire.L’équité, c’est très bien, je suis pour. Et vu ce que j’ai pris dans la gueule en regardant le match, je suis paré, je peux tout encaisser.

  2. J’étais au Havre samedi. Au stade Océane. J’ai vu Amiens-Bordeaux, de mes yeux, de tout près, j’étais juste derrière les buts où Costil a encaissé le sien.

    Ouh, ça ne me donne pas une grosse légitimité pour en parler ; c’est juste que je me suis situé 1h30 aux frontières du Réel.

    De là, j’ai vu des choses. J’ai vu que les bordelais avaient un plan. Se faire des passes, trouver les intervalles (Cafu n’étant pas mal dans le registre, même s’il a eu du mal à aller au bout de quoi que ce soit : pas étonnant que son nom ressemble à CFA). Ils avaient un plan de bataille, mais pas de troupe. Le Général Malcom restait sur la touche et moi sur ma faim.

    En situation offensive, le caporal Mendy s’est signalé par 2 occasions nettes (une de la tête et une où il met son vaste corps en opposition pour se retourner et tirer), toutefois en déduire qu’il s’agit là d’un footballeur me semble un peu rapide. C’est là les 2 seuls duels qu’il gagne du match (sur 10 d’après les stats) et l’impression générale (Malcom) est moche. De la puissance qui va nulle part, des contrôles qui vont partout, des courses qui n’ont ni queue ni tête. Diabaté manque à cette équipe.

    De Preville a donné l’impression de ne pas savoir ce qu’il faisait là, pélican mazouté sur une plage noire. A revoir en meilleure compagnie ?
    Le milieu, j’ai pas bien vu, c’était loin. Mais pas merveilleux.
    En défense, on aurait dit un conflit de basse intensité. Le contraste était saisissant avec les gars d’en face. Pellenard, que par ailleurs j’apprécie, a joué à « 1, 2, 3 soleil » tout le match. Toulalan a bien essayé de relancer proprement mais relancer quoi, qui….
    Costil prend un joli but auquel il ne s’attend visiblement pas. C’est pas Mendy qui lui aurait mis, contrôle aile de pigeon pied gauche, pivot, reprise pied droit. Sur l’action, pas un bordelais ne bouge, l’attaquant amiénois c’est un touriste sur l’île de Pâques, avec le ballon dans le rôle de l’œuf.

    Gourvennec a dit après le match qu’il avait mis « une cartouche à ses joueurs », il y a des spectateurs qui avaient envie de leur mettre une balle (mais faut pas le faire, fumer tue, porter des armes nuit gravement à la santé de son entourage etc).

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *