Bordeaux- Angers (0-0): la Scapulaire Académie interdite de dépassement

Quand Gustave monte la Dune, l’imbécile regarde d’en bas.

Commençons par les membres du club les plus performants de la saison: les ultras. Les pauvres ont été interdits de déplacement à Marseille, qui affrontait… Bilbao. Oui, il y a un mec qui, entre une pipe et un café, aura eu le temps d’y réfléchir.

« Jean-Claude, on est quel jour?

-Jeudi, Monseigneur. D’ailleurs, ce soir, je ne pourrai pas rester pour rédiger vos prochains discours, il y a l’OM qui joue. Et avec l’offre une place Ligain achetée, une place en Europa League offerte, je pensais sortir plus tôt pour aller au stade…
-Oh putain, j’avais oublié!  Ils jouent qui, Videoton? Ah ah! Vite, publions un arrêté empêchant les Bordelais de se déplacer. Ces cons ont déjà profité de l’offre une garde à vue infligée, une autre offerte. Je les sens bien capable de vouloir profiter de ma générosité.
-Mon Altesse, vous ne pensez pas qu’ils ont d’autres priorités?
-Je n’en sais rien mais ça m’éclate et il me reste de l’encre sur mon tampon ».

Ce pays est merveilleux…

Poursuivons avec nos pros. La réception de Nice avait laissé entrevoir une amélioration dans le jeu. Il aura manqué l’efficacité mais les intentions étaient bonnes. Le soufflé est vite retombé. Monaco, ce n’est pas Nancy, il n’y a aucune honte à perdre chez eux. Mais la rencontre nous aura laissé l’impression d’être passé à côté d’une belle performance. Un point pris en trois matches. Cela n’empêche pas notre coach d’affirmer vouloir aller chercher la cinquième ou la sixième place. Il semble vouloir tirer son groupe vers le haut. Reste à savoir si celui-ci a l’envie de suivre le premier de cordée. Les deux prochaines rencontres (Angers puis Rennes à domicile) seront des bons indicateurs. Si on veut dépasser les autres candidats à l’Europe, il serait bien d’engranger deux victoires.

La composition

Quelques changements par rapport au match précédent. En défense, une association Koundé- Baysse (la Haillan’s Connexion) pour pallier au forfait de Pablo. Au milieu, Méïté retrouve sa place après avoir été interdit de déplacement (lui aussi!) car Monaco le trouve tellement fort qu’il l’a empêché de jouer. Et en attaque, le retour de Malcom, qui a fini de rencontrer les différents comités. Les gros membres attendaient qu’il vienne plaider sa cause devant eux mais il a fini par y renoncer.

Costil (c)

Sabaly   –   Koundé   –   Baysse   –   Poundjé

Plasil

Lerager                  Méïté

Malcom                                        De Préville

Laborde

Le résumé

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Le match

Un sale petit coup de Plasil pour commencer, cela, on en a l’habitude. Koundé dépassé sur un duel aérien, un peu moins. Résultat, sur un coup-franc, Angers est à deux doigts d’ouvrir le score mais le ballon rebondit sur le dessus de la transversale de Costil. On aurait pu se dire que la chance est passée du côté angevin, que Bordeaux va prendre le jeu à son compte. Ce ne fut pas le cas. Les Girondins n’ont absolument rien montré durant les quarante-cinq premières minutes. Pas de mouvement, pas de vitesse. Aucun pressing. Un nombre de ballons perdus effarant. Une des pires périodes de la saison, assurément! Tout le monde sait que le SCO est une équipe difficile à battre et on ne se donne aucune chance d’y parvenir. Les adversaires ont eu deux autres occasions d’ouvrir le score, sans réussite. Ce ne sont pas des foudres de guerre non plus mais ils savent accélérer, eux au moins.

Contre-attaque bordelaise. Allégorie.

 La deuxième période se sera jouée essentiellement dans le camp angevin. Pour autant nous ne nous sommes pas procurés beaucoup d’occasions nettes, malgré un peu de vitesse dans les transmissions et des changements opérés. Kamano s’est retrouvé seul face à Butelle mais il lui a rendu le ballon. Il a dû penser avoir fait faute pour éliminer un adversaire. Braithwaite a une nouvelle fois raté une belle occasion en expédiant une tête sur la barre. A deux mètres du but!

Il ne se passera pas grand-chose d’autre. Match soporifique, frustrant. Décevant, encore. Score final, 0 à 0.

On voulait grappiller des points, on en gaspille une fois de plus.

Depuis quelques journées, les candidats à l’Europe ont tendance à stagner et à chaque fois, on se dit qu’on a laissé passer notre chance de revenir sur eux voire de les dépasser au classement.

Bordeaux interdit de dépassement

Les notes des 33

Benoît Costil 3/5
Aucun arrêt à effectuer, peu de ballons touchés. Aura eu le temps de répéter mille 1800 fois « nous ne sommes pas en crise » durant la rencontre.

Youssouf Sabaly 3/5
Peut-être le seul à avoir évolué à son niveau, à avoir proposé des solutions. Auteur d’une frappe bien pourrie mais l’intention était louable.

Jules Koundé et Paul Baysse 2/5
L’un a perdu son premier duel avant de se reprendre. L’autre a commencé par s’imposer avant de se faire manger dans les un contre un. Les deux ont usé de jeu long avec une réussite disparate. Ils n’ont pas transpiré la sérénité et nous, nous avons sué du cul à plusieurs reprises.

Maxime Poundjé 1/5
Comme d’habitude, on ne peut pas lui reprocher son envie. Comme d’habitude, on ne peut pas ne pas lui reprocher la qualité de ses centres. De ses contrôles. De sa conduite de balle. De son intelligence de jeu. A sa décharge, il a été victime d’un court-circuit synaptique en début de match. Je ne trouve pas d’autre explication à son inconcevable tentative de centre en reprise de volée.

Bon sang, Maxime, les consignes étaient pourtant claires!

Lukas Lerager 1/5
Dans une telle configuration, il est aussi utile qu’un anus chez un patient stomisé. Et encore, le trou du cul à un côté esthétique, alors que lui…

Jaroslav Plasil 3/5
Ah, les vieux et leurs habitudes… Il n’a pas attendu deux minutes pour découper un adversaire. Il en a peut-être besoin pour se sentir en vie. Vivant, il l’aura été en seconde période, en touchant bon nombre de ballons. Il a tenté de casser des lignes par des passes verticales mais n’a plus les jambes pour suivre les actions.

Soualiho Méïté 2/5
Il est capable de mieux faire mais a manqué de solutions. J’aurais aimé qu’il prenne plus le jeu à son compte, qu’il accélère. Rien qu’un peu.

Malcom 1/5
Invisible en première période, il a touché un peu plus de ballons en seconde. Sa plus grande réussite aura été de se recentrer pour laisser le couloir à Sabaly. Bien insuffisant pour un tel talent, dont on attendait le retour avec impatience. Touché, il a cédé sa place à Vada.

Nicolas De Préville 1/5
Il défend, d’accord. Il est capable d’éliminer plusieurs adversaires d’un coup, certes. Mais que de gâchis! Aussi lucide que moi, le soir où j’ai cru pouvoir emballer ma future femme sur « Lipstick Polychrome » alors qu’elle venait de me dire que Balavoine, c’était quand-même un peu dépassé (heureusement, j’ai pu me rattraper, une fois décuité). Kamano lui a succédé: il a pris son poste et son efficacité. Copieur!

Gaëtan Laborde 1/5
Quand les ballons n’arrivent pas, ne serait-il pas possible de décrocher pour venir en chercher? A moins que cela lui soit interdit. Il a néanmoins montré un peu plus de volonté après la pause. Remplacé par Braithwaite, qui aura encore raté une occasion à deux mètres du but.

En face: Le Pavlovic fraise- kiwi

Le Pavlovic, une organisation parfaite

Tu prends un dispositif, tu mets les éléments à plat, serrés les uns contre les autres. Tellement rapprochés qu’il est difficile de passer entre les lignes. La meringue va servir de base. Il faut la cuire lentement, une heure et demie sans la brusquer. Une fois prise, elle résiste, elle ne bouge plus! Pas besoin d’une grande maîtrise technique pour réaliser un Pavlovic mais une organisation si parfaite nécessite une répétition des gammes.

Il faut le dire, c’est du grand art, apprécié des professionnels. Exemples:

« La Merengue, j’en suis complètement fada » (Zinédine Zidane)
« Plus c’est serré, meilleur c’est » (Diego Simeone)
« J’ai eu beau chercher, je n’ai jamais trouvé meilleur » (Mickaël Madar, fine gourmette)
« Qu’est-ce qu’on boit avec ça? » (Paul Gascoigne)

Il y en a un, bien connu des Girondins, qui y a goûté mais qui n’a pas été conquis. C’est Michalis Kapsis:
« Il n’y a pas délice, Dellas et Angelos ».

Le mot de la faim sera donné à Stéphane Moulin, chef étoilé estampillé « dalle angevine »:
« Tout part d’une bonne organisation, d’une grande rigueur ».

Manifestement, certains ont compris qu’un déficit de qualité pouvait être compensé par un supplément d’abnégation.

Pour conclure

Encore un match dont le résultat ne peut nous satisfaire. Poyet affirme que le problème est mental. Le fameux choc psychologique aura fait long feu…  Le coach semble empli de bonnes intentions, il a de l’ambition pour le club et ses joueurs. Ceux-ci n’ont peut-être pas les qualités nécessaires pour mettre en place le jeu demandé. Un certain nombre d’entre eux ne sera sans doute plus là l’année prochaine. Alors, à quoi bon s’emmerder à grimper si d’autres profiteront de la vue à leur place? Peut-être parce que la fierté de l’accomplissement passe aussi par le dépassement de soi. S’ils pouvaient s’en rendre compte…

Samedi, réception de Rennes et de Khazri. Pas le droit à l’erreur. Un match qui sera suivi par Kiki. On se retrouvera bientôt, d’ici là je vais aller soigner mon spleen chez un psy. Ah non, j’ai pas les moyens! Putain de dépassement d’honoraires…

Nausée Savajicl

 

Nausée Savajicl

Nausée Savajicl (50% Vosgien, 50% Arcachonnais, 100% Bordelais) Vosgien issu de l’immigration girondine, j’aime surfer à la Moselle et faire du patin à glace sur la jetée Thiers. Mais surtout j’aime les Girondins car parfois, leurs matchs me paraissent beaucoup plus longs que l’hiver de par chez nous.

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