BORDEAUX – MARSEILLE (1-1) : LA SCAPULAIRE ACADEMIE RESTE INVAINCUE

« Tu n’as pas saisi la branche de devant, ne lâche pas celle de derrière. » A trop vouloir préserver l’invincibilité, impossible de vraiment gagner…

Retour vers le Futur,  Mc Fly !!

Il est un temps que les moins de quarante ans ne peuvent pas connaitre. Les foules se trémoussaient frénétiquement sur du  Carlos chantant à tue-tête «Big Bisous».  Le temps d’une pause, on se désaltérait innocemment en buvant un délicieux Tang Orange  délicatement cancérigène. Le chômage n’était pas encore un fléau et la crise était une nouveauté que Raymond Barre promettait déjà d’éradiquer avec la plus grande ferveur. Nous étions bien loin de la furie numérique, le minitel n’était pas encore dans les cartons et les non-fumeurs devaient s’excuser d’importuner tout le monde avec leur connerie bien-pensante. En 1977, la France remporte le concours de l’Eurovision. L’évènement peut vous paraitre futile et presque anecdotique tant ce concours est une insulte à la musique et au bon goût, mais la même année, Marseille remporte ce qui reste, à ce jour, son dernier succès en terre girondine. Une coïncidence ?

bordoomLe fils à Françoise Dolto (comme ça en passant).


Le Match de l’année

Comme tout bon supporteur, votre serviteur est un grand superstitieux qui s’en défend. Chaque année, nous attendons le concours de chant le plus pathétique de l’année avec fébrilité, craignant de voir le charme se briser avec le succès d’un Maitre Gims en puissance reprenant du Faudel dans un rythme endiablé. Toi le Girondin de toujours, toi qui dessinais à l’œil des scapulaires sur tes pauvres Lego, toi qui simulais avec une bille le dernier Bordeaux-Milan, toi qui t’imaginais dans tes rêves les plus fous marquer et te jeter à corps perdu dans le Virage Sud pour clamer ton amour indéfectible, toi qui écoutais Jacques Vendroux en cachette pour connaitre le résultat de ton équipe, tu comprends vraiment ce sentiment d’excitation fiévreuse qui nous anime avant d’affronter Marseille.

bordoomLe bon vieux temps.


Mais il faut bien avouer que les choses ont changé. Canal et Tapie ont façonné petit à petit le classico, l’affrontement de la Provence contre la Capitale. On peut, bien sûr, rejeter en bloc cette manipulation médiatique mais il faut se rendre à l’évidence : les Marseillais attendent Paris avec une impatience coupable. Nous ne sommes devenus qu’une rivalité de passage, un amour de vacances qu’on délaisse à la première occasion pour une glace, une partie de tennis ou encore pour un ticket avec la Hollandaise de la tente d’à côté.


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Alors cette invincibilité est notre dernier ressort, notre dernière fierté de cette rivalité désuète. Les journalistes, les observateurs avisés découvrent chaque année la passion qui entoure ce match. Et j’ai bien peur qu’une fois l’invincibilité tombée, au fil des ans, Marseille nous oublie chaque fois un peu plus. Pourtant la Liguain a besoin de ses chocs, de ses stades remplis, de ses tifos, de ses chants, de cette passion, de ses rivalités historiques. Ce match doit rester un affrontement particulier, singulier, et cette invincibilité en est la première condition.


L’hommage raté


Le dernier match de la saison à domicile donne toujours lieu à ses belles images de joueurs célébrant leur dernier match à la maison par un ultime tour de terrain chargé d’émotion. Cédric Carrasso n’y aura pas eu droit. Son départ est pourtant un secret de Polichinelle. Le nom de son successeur a déjà fuité dans la presse, et les démentis sont tellement mous qu’ils sonnent presque comme une officialisation. Pourtant, Carrasso finit la saison en sortant des matchs de très haut niveau comme un dernier appel du pied au président Martin.
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Un joli visuel de nos amis de Girondins33 et de Girondins analyse, séquence émotion.


Mais voilà, sportivement, l’opportunité de recruter un international français, de trente ans, libre de tout contrat, semble trop belle pour que le club puisse la laisser passer. Cédric a passé sept saisons en gironde et le Marseillais est devenu, peu à peu, un enfant du club. La décision de ne pas officialiser son futur départ est lourde de conséquences. Elle prive Carrass’ d’un bel hommage et d’une sortie par la grande porte pour le joueur et le club. Triste fin…


Le Match


Bon, revenons au match. Nous n’évoquerons que très rapidement le cas Sertic, forfait pour l’occasion, ce qui nous prive du même coup d’une bronca prodigieuse. A la deuxième minute de jeu, nous tenons déjà notre polémique du dimanche soir. L’arbitre de touche lève son drapeau signalant une faute, la défense s’arrête de jouer pour une raison que je ne m’explique pas. Malcom centre pour Rolan, en position parfaitement licite, qui devance de peu un Sankharé qui lui était clairement hors-jeu. 1-0. Jean Luc Arribart ne s’en remettra pas. Tout le match, l’assistant de Rudy Garcia sur Canal + Sport criait sans vergogne au scandale, soupirait sur nos attaques et encourageait les occasions de ses petits favoris du jour. Vous imaginez un peu qu’en 2006, ce mec a été élu meilleur commentateur de France. La concurrence devait forcément être limitée, Christian Jean Pierre et Pascal Praud étant de bien tristes sparring partners.  C’est un peu comme si j’étais élu meilleur éducateur de France juste devant Emile Louis et Fourniret. Oublié le temps de Bielsa où la parole de l’arbitre était sacrée, où on ne dissertait pas pendant quinze jours sur les éventuelles erreurs d’arbitrage et autres conneries en tout genre.


Le premier acte est ouvert, Thauvin fait clairement danser Contento pendant que nos gars ne sont pas loin de doubler la mise sans un Pelé impeccable. A la reprise, Marseille monopolise le ballon, nos milieux jouent trop bas, isolant les joueurs de côté. Les Olympiens coupent les lignes. Et ce qui devait arriver arriva : Thauvin dépose une nouvelle fois Contento et sert Gomis. Imparable. 1-1

La longue agonie de Contento.


La dernière demi-heure est stressante surtout quand tu as déjà dévoré toute ta boite d’anxiolytiques et que tu te ronges les ongles jusqu’au coude. Nous en resterons là après des occasions de gagner le match de chaque côté. La pression de « la défaite interdite » est telle qu’on peut se demander si elle n’handicape pas, un peu, le jeu de l’équipe. Quand tu joues pour ne pas perdre, tu ne cherches plus vraiment la victoire.


Au final, ça se termine sur un score qui arrange presque tout le monde. Marseille terminera probablement cinquième, et l’invincibilité perdure coté Bordelais. Si Paris remporte la Coupe de France, nous jouerons aussi la ligue Europa et ses matchs en tour préliminaire qui fleurent bon la coupe à toto.


Les Notes.

Carrasso 3/5 Une prestation solide en guise d’adieu, il ne peut rien faire sur le but. Fini les plaisanteries sur son bide, la rivalité avec Prior et les envolées lyriques de ses exploits. Bon, il reste encore un match.

Contento 2/5 Sa métamorphose était-elle trop belle ? Sala nous a joué un mauvais tour en le blessant. Ils nous ont refoutu le Contento ancienne version, et visiblement sans mise à jour. Thauvin en a fait son petit joujou. Diego a tout fait pour sa dernière sortie à la maison, un alignement à faire pâlir Sané, des relances à l’américaine et ce bon vieux réflexe de se jeter façon « district ».

La Toul’ 3/5 Il peut jouer partout. Je suis sûr que si tu lui fais tondre la pelouse, il te met la misère au meilleur jardinier de la ville. Par contre, pour qu’il ne perde pas le fil la saison prochaine, je lui suggère de ne pas prendre de vacances.

Jovanovic 3/5 Toujours à la limite du carton jaune, il a su séduire Clément Turpin par son bel accent slave afin de ne pas prendre de biscotte. Il sort un bon match, probablement son dernier de la saison.

Sabaly 4/5 L’homme du match coté girondins. Il a donné une leçon de foot à Evra. Il a un moteur dans les pattes le Youssouf, une vraie petite mobylette. Il serait sur les tablettes du club pour la saison prochaine. Franchement, faut pas hésiter président Martin. Ce gamin est une perle.

Sankharé 2/5 Il a alterné le bon et le moins bon comme le reste du milieu orphelin de la Toul’ (qui peut certes jouer partout mais qui ne dispose d’aucun don d’ubiquité). Une petite alerte sur son genou en fin de match.

Vada 2/5 Comme son compère du dessus, Valentin n’a pas vraiment fait un mauvais match. Mais le milieu jouait trop bas, presque en reculant. Remplacé à la 73ème par Laborde qui n’est pas parvenu à bousculer Rolando.

Plasil 2/5 Discret, trop discret. Tellement discret qu’on avait presque oublié qu’il jouait avant que, euhh, mais si vous savez bien quand il … euhh, oh pis merde.

Malcom 2+/5 Il combine bien avec Sabaly. Mais c’est insuffisant. Pour rappel en face, c’était Evra-Rolando-Fanni. Merdeuuuh, un gars que nous allons vendre 20 millions à Séville peut bien leur mettre la misère.

Kamano 2/5 Marabouté depuis sa belle période. François a manqué une belle occasion. Mais il a aussi sérieusement secoué Hubocan. Il lui manque la réussite. Remplacé par Ounas à la 63è,  qui aurait pu faire chavirer le stade à la dernière seconde.

Rolan 3/5 Devinez quoi, le mercato approche. Contre Lorient, c’est peut être son dernier match, je dis ça mais je dis rien, hein.


Chez les autres.

Rolando et Roc Fanni ont franchement bien tenu le coup. Vainqueur bosse comme quatre quand Hubocan et Evra jouent une action sur deux. Ça fait une bonne moyenne. C’est sur, Thauvin n’écrira pas le prochain Goncourt, mais on ne lui demande pas. D’ailleurs on s’en fout royalement du Goncourt, soit dit en passant.  Il reste un excellent joueur d’autant plus quand Contento est dans sa zone. Finalement l’homme du match chez les méridionaux se trouve dans les buts. Pelé a sorti le grand jeu. Pour en savoir plus, je vous invite à lire le sémillant Carmelus Blaah dont les académies sont à chaque fois un régal.


Dans les nouvelles du monde, Yamberé devient champion de Chypre ce qui constitue une belle performance pour un joueur de cecifoot, aussi incroyable soit il, Sané garde encore et toujours sa place de titulaire au Werder et Hadi Sakho ne réussit toujours pas de saison à plus de 3 buts même à Leeds. Sa carrière commence doucement à ressembler à un remake low cost de celle d’Obertan.

Nous nous retrouverons la semaine prochaine pour une académie qui aura, à coup sûr, la larme à l’œil, à l’occasion de la dernière journée. Et pis, y a de l’enjeu quand même, faut aider les copains à Juriet’ à ne pas descendre… En attendant, vous pouvez lire mes navrantes saillies sur Twitter ….

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Kiki Musampala

Élevé en fûts de chêne et mis en bouteille au château.Exilé à Charlestown. Voisin de Rimbaud et de Francis Maroto.

3 Comments

  1. Fébrile et mOqué, sérieux et indispensable ensuite,
    Héros et icône sexuelle, c’est tout Cédric Carrasso qui vous quitte.

  2. La plus belle action du match:
    Contento se fait mal, il boite, Carasso lui balance le ballon, et Hubocan le détruit et prend un jaune

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