BORDEAUX – TROYES (2-1) : LA SCAPULAIRE ACADÉMIE FAIT LE POINT

« On a beau dissimuler ses excréments au fond de l’eau, ils remontent toujours à la surface. » En attendant Maxime Poundje et Diego Contento sont en réserve, mais un jour …

Franchement ce n’est pas du jeu. Je vais l’écrire comment mon académie ? Monsieur Martin pense-t-il, aux modestes suiveurs du club, qui s’échinent, tant bien que mal, à essayer de vous raconter le quotidien du club en l’assaisonnant juste comme il faut avec une pointe de second degré ou d’amertume déguisée ? Pourtant, l’histoire avait plutôt bien commencé avec une piteuse élimination contre un club anonyme hongrois. On aurait pu s’amuser entre Viktor Orban et notre performance d’ensemble presque aussi risible que révoltante. Mais j’étais dans l’Aveyron. Ils viennent à peine de recevoir l’annuaire 2012 à Rodez, ce n’est pas pour m’accorder un peu de réseau pour réaliser mon horrible forfait.


Foutus transferts

Alors merci bien les gars. C’est malin, ils ont vendu mon fonds de commerce pendant l’été. Je ne sais pas moi, regardez un peu chez nos voisins, ils font des efforts eux. Les suiveurs du TEF peuvent se moquer de presque tout et ils ont en prime, les veinards, le merveilleux Dupraz en bonus.Les Marseillais se relaxent à base de tisanes et de PowerPoint savoureux sans même parler de Sertic le Croate de Brétigny.  A Montpellier, le président a eu la décence de mourir à Nîmes le jour de son anniversaire. Mais à ce petit jeu, Nancy reste le champion toutes catégories en recrutant une des futures légendes des académies à venir de Marcel Picon. Pendant ce temps, nous cédions le tragique Yambéré à Dijon, le pénible Menez en surpoids en Turquie, la bonne blague Thelin chez nos « amis belges » (cette dénomination affectueuse ne vaut pas pour Stéphane Pauwels, Marc Dutroux ou Benny B) ou encore Rolan en joker offensif à Malaga. Heureusement il nous reste Poundje et Contento, l’honneur est sauf.

L’arrivée émouvante de Menez à Antalyaspor

Il n’y a pas si longtemps, j’aurai pu évoquer avec dérision et une pointe de sadisme nos transferts, l’énième prolongation de contrat de Jussie ou une déclaration piteuse de Triaud. Mais voilà, la direction a changé, les manières aussi. Pour la première fois depuis 1996, les Girondins ont décidé d’être actif sur le marché des transferts. Le discours du coach semble réveiller M6 dont les seuls exploits, à ce jour,  étaient d’offrir un boulot régulier à Jean-Marc Ferreri sur ses antennes et à rendre sexy la vie à la campagne (on néglige trop souvent le petit côté glamour du tracteur). Petit tour d’horizon des nouveaux visages au Haillan :

  • Costil Benoit

Il arrive avec un CV intéressant de galérien, jugez un peu.  Benoit a été formé à Caen où il est resté une doublure, il fait ses armes à Sedan et assiste en direct au naufrage du club en CFA 2 avant de continuer son école de la lose à Rennes, champion inégalé en la matière. Il arrive avec un statut de « Charbonnier » à Bordeaux (3ème gardien folklorique de l’équipe de France). Il doit probablement ignorer que la Dèche a pour principe de ne jamais sélectionner des joueurs Girondins. Sa mission va donc être particulièrement complexe. Remplacer Carrasso sera son premier objectif. Visiblement, ce n’est pas gagné d’avance.

  • Lerager Lukas

Lukas a connu une progression assez lente. Il s’impose à Viborg en D2 Danoise en obtenant une promotion à l’étage supérieur. Zulte croit en lui. Il devient une des révélations du championnat belge l’an passé. Il a même réussi à éviter les commentaires de Pauwels (on a décidé de tirer sur l’ambulance pour une fois). Ça sera une des révélations de la liguain cette année, à n’en pas douter.

  • Mendy Alexandre

On attendait Nampalys, on aura son cousin. Le gamin a la bougeotte. Formé à Nice, il ne reste qu’une saison en Bretagne sans avoir convaincu. Il y laisse même plutôt une image assez déplorable. On ne peut pas dire que son arrivée à Bordeaux fasse l’unanimité. Ses premières minutes de jeu laissent entrevoir l’ampleur du chantier. C’est un choix du coach, il le voulait, il l’a. Bon courage mec pour en faire un footballeur. On vous aurait bien mis une petite vidéo de ses exploits mais que voulez vous, l’embarras du choix…

  • Sabaly Youssouf

Jallet voulait venir, il était même prêt à être payé en pinard. Alors on commençait sérieusement à trembler à l’idée de retrouver le fils de Chalmé lever le bras à chaque but encaissé. Finalement le PSG était bien trop occupé à faire signer des attaquants pour s’occuper du petit Sabaly. Pour une bouchée de pain, Youssouf reste à la maison.

  • Jovanovic Vukasin

Arrivé en janvier, Jova a convaincu le staff et le coach au point de reléguer Igor Lewczuk sur le banc. Attentif et appliqué dans ses relances, Vukasin doit faire attention à ses interventions un peu borderline. Mais il est en passe de devenir le digne successeur de Saveljic.

  • Cafu Jonathan

On va commencer par les mauvaises nouvelles. Il était désiré par le Stade Rennais et au Brésil, personne ne semblait croire en sa réussite. Voilà c’est fait… Après des débuts laborieux à Sao Paulo, il part en Bulgarie (Ludogorets) dans un club au nom difficilement prononçable mais qui présente le sérieux avantage de disputer la coupe d’Europe. Il prouvera sa valeur notamment contre le PSG lors des deux confrontations. Il peut évoluer sur les trois postes offensifs mais il reste, en réalité, bien plus à l’aise sur les côtés.

  • De Jong Luuk

Luuk est un bon gars, capitaine du PSV, apprécié par les fans, douze sélections au compteur et des saisons à plus de vingt buts. On peut même se demander comment un joueur avec un tel CV peut débarquer en Gironde. Certes nous avons eu nos lots de bataves par le passé. Kiki Musampa (le vrai bien sûr) n’est resté qu’une petite saison et, même si ça fait mal de l’admettre, il ne fut pas à la hauteur de son ambitieux transfert. Il en reste une certaine nostalgie désuète d’une époque où nous pouvions lutter pour attirer ce genre de mec. On ne va pas oublier non plus Richard Witchge qui était de l’épopée de 1996. Hors de question de mentionner Stanley Menzo (merde, trop tard…) dont le seul mérite est d’avoir laissé sa place à Ulrich.

Luuk est un attaquant longiligne mais pas maladroit avec ses pieds. Il excelle dans un rôle de remiseur. Par contre, il ne faudra pas lui demander de dévorer les espaces. Gourvennec veut un 9 capable d’occuper à lui seul la ligne d’attaque dans un 4-5-1 déguisé en 4-3-3 en phase offensive. Luuk De Jong a un sens du but formidable quand il est en confiance mais il peut se transformer en David Bellion quand il a le moral dans les chaussettes. Mauvaise nouvelle, Il arrive justement avec une confiance toute relative. Il a perdu sa place en club et il ne fait plus partie des plans d’Advocaat. Enfin ce transfert constitue sa dernière chance de percer à l’étranger après ses échecs à M’Gladbach et à Newcastle.

Mais quand on aligne Alexandre Mendy et un Laborde en manque de confiance, on ne fait pas la fine bouche. (Si jamais le transfert capote, on vous invite à maudire ces paragraphes car à l’heure où nous publions ces lignes …)


Le Match

On ne va pas se mentir, ce n’était pas le match du siècle. Cette expression un peu débile (il reste à peine 83 ans pour finir le siècle hein…) est à la mode ce weekend, alors au diable l’avarice. La défense troyenne nous offre les deux buts. Pendant presque cinquante minutes, ils ont été moins dangereux qu’un bébé panda. Mais après la tête victorieuse de Darbion, bien aidé par à un marquage pour le moins aléatoire de Pellenard et une défense complètement au abois, les Aubois relèvent la tête pendant que nous la baissons dangereusement , ce qui nous place, vous l’admettrez, dans une position légèrement compromettante (même si du coup les regards ne se croisent pas, ça va). Et le couperet n’est pas tombé si loin.

Au final, avec 8 Points, le contrat est rempli mais on ne peut pas en dire autant de la manière. L’animation offensive se résume souvent à une passe pour Malcom ou Kamano qui se débrouillent tant bien que mal pour créer le danger. Une fois le schéma de jeu compris, les Troyens ont  décidé d’effectuer un marquage bien plus strict pour annihiler nos trop rares occasions. Il faudra jouer plus vite et plus fort contre des adversaires qui seront, à l’évidence, plus coriaces.

Il nous reste heureusement matière à l’autodérision avec ce stade à moitié vide semaine après semaine. On peut s’étonner que personne ne se soit inquiété de la concurrence à quelques kilomètres  de l’UBB  qui recevait Clermont en Top 14. Déjà que nous avons du mal à remplir nos tribunes… Il ne faudrait pas en plus nous mettre des bâtons dans les roues.


Les Notes

Costil 2/5 Il s’est vexé quand dix crétins ont scandé le nom de « Carrasso » juste après une relance foirée. Rien de bien méchant, mais son agacement trahit une certaine fébrilité. On lui dit ou pas que Carrass’  en a fait une paire aussi de cagades ?  Les mêmes crétins devaient probablement  réclamer le retour d’Ulrich à l’époque.

Pellenard 3/5 Théo apprend. Il fait bien ses devoirs. Il a tendance à paniquer sur les phases offensives mais sérieusement qui regrette Poundje et Contento ?  A noter une percée aussi spectaculaire que chanceuse et une offrande gâchée par Malcom.

Jovanovic 3/5 et la Toul 2+/5 Fiable et rapide, Jova compense le « placement » de la Toul’ qui masque en réalité un petit manque de jus sur le jeu en mouvement. Contre les troyens, en première mi-temps, la défense n’a pas vraiment souffert contre une équipe aussi engagée et offensive que Laurent Voulzy. Le duo a été bien plus à la peine en seconde mi-temps. La Toul’ a semblé touché et ému de côtoyer un gars plus vieux que lui (Nivet l’ancien pour ceux qui l’ignorent).

Sabaly 2+/5 Il combine bien sur son coté avec Malcom mais il gâche souvent ses débordements prometteurs avec des centres au sixième poteau.

Otavio 4/5 Premières minutes réussies pour le Brésilien. Il ressemble un peu dans son jeu à l’ancien espoir havrais puis sochalien Kevin Anin. On espère pour lui, et aussi pour nous égoïstement, un destin moins tragique. Très bon match, à revoir.

Lerager 3/5 Le Danois a du ballon, une tête bien remplie, un sens du jeu et un QI Foot au-dessus de la moyenne, tout ce qu’il faut pour ne jamais dépasser un 6 dans L’Equipe. Même quand il est un peu moins bon, tu as toujours envie de le défendre. C’est mon nouveau chouchou. Et ça ne se discute pas.  Remplacé par Plasil (Non noté par respect) à la 80ème. Une entrée pour mieux nous rappeler qu’on le préfère sur le banc. Un peu le Luc Besson du moment, il faut qu’il refasse un film pour qu’on regrette qu’il ne se contente plus d’être seulement producteur (enfin, s’il pouvait éviter aussi)…

Sankharé 3/5 Il est devenu notre pilier. Il devrait nous inciter à l’avenir à être plus prudent sur le pedigree des recrues. A ce rythme, on va lui édifier une statue sur le parvis du stade.

Malcom 3/5 On veut garder notre joujou !! Hors de question de le laisser partir en Allemagne ou nulle part ailleurs. Et pis avec les prix du marché actuel, l’an prochain, on pourra tripler notre budget avec sa vente. Remplacé par Mendy à la 88ème pour apporter du poids … à la défense

Et il ne partira pas !! 

 

Cafu 2/5 Ca tricote, ça bricole, ça crochète, non ce n’est pas une annonce pour le club de troisième age de Lège Cap Ferret mais bien l’analyse du match de Jonathan. Laissons s’installer dans l’équipe avant de se moquer de sa coiffure. On a des principes messieurs. Remplacé par Laborde (Non noté par lâcheté) à la 58ème. Gaëtan n’est vraiment pas dans la forme de sa vie. Après deux confrontations catastrophiques contre les Hongrois de Videoton, il s’est même fait piqué sa place par Alexandre Mendy. Ses entrées ressemblent plus en réalité à des appels du pied à la direction pour recruter vite et bien à ce poste.

Kamano 3/5 Bien servi par le pauvre Samassa, François ouvre le score d’un plat du pied droit imparable. On ne va pas insister sur le match malheureux du portier aubois. On laissera ce travail à Pierre Menés qui, lâchement mais avec un foie tout neuf,  en fera sa cible honteusement en public. Kamano, quant à lui, réalise son meilleur match depuis la reprise, avec ses excès habituels et ses dribbles compulsifs. C’est aussi pour ça qu’on l’aime.


Pendant ce temps…

Sané est encore titulaire au Werder, Menez déjà blessé en Turquie, Yambéré pierre angulaire dijonaise et notre ancien chouchou  Arambarri est parti faire ses preuves en Liga. En attendant de pleurer sur le sort d’une Equipe de France qui va souffrir contre le grassouillet Sneijder et la terrible armada luxembourgeoise, vous pouvez retrouver mes saillies navrantes et névrosées sur Twitter. Prenez des forces, la prochaine fois, on « académise » Bielsa, rien que ça …


Kiki Musampala

Élevé en fûts de chêne et mis en bouteille au château.Exilé à Charlestown. Voisin de Rimbaud et de Francis Maroto.

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