Marseille- Bordeaux (1-0) : La Scapulaire Académie dans la casa del Velodromo

« Ne pile pas ton mil avec une banane mure » ou ne prend pas de but de la tête de Thauvin sur corner. Comme quoi, chaque évidence mérite son proverbe africain…

Le Match

Une purge, vous admettrez qu’il est particulièrement difficile de trouver meilleure introduction pour résumer un match aussi enthousiasmant qu’un festival de cinéma en hommage au grand cinéaste Bernard Henry Levy.

Physionomie réaliste de cette première période

Fort Alamo ou une défaite annoncée

Le plan de Gustavo Poyet était simple : offrir le ballon aux Marseillais et fermer les espaces coûte que coûte. Ce genre de stratégie, plus connu sous le nom de « Fort Alamo » repose sur la capacité des hommes à se transcender, à dépasser les lignes pour semer le doute. N’oublions pas de préciser que Fort Alamo fut repris finalement par les Mexicains. Certes la résistance des Texans fut héroïque, certes ils ont repoussé les assauts les uns après les autres, mais avaient ils le choix ? La reddition ne s’envisageait même pas. Elle s’imposait à eux dans un dernier soupir. Les Mexicains ne faisaient pas de cadeau. On était loin de la convention de Genève (qui n’a jamais vraiment empêché les barbares de dormir, soyons honnête). La méthode pouvait paraître brutale, mais on ne peut remettre en cause son efficacité radicale. Pas de prisonniers et encore moins de procès, pourquoi s’ennuyer pour un détail. Alors quand on commence à évoquer Fort Alamo comme comparaison historique pour un match de ton équipe, tu as toutes les raisons de t’inquiéter.


Le Plan parfait

On a même pensé au détail, on s’est juste trompé d’endroit….

L’histoire commence plutôt bien. Gustavo Poyet réunit une équipe, de bras cassés et de jeunes fougueux, qui n’a plus grand chose à perdre pour réaliser le casse du siècle. En exclusivité exclusive rien que pour vous, nous avons réussi à obtenir sa causerie de « largement avant le match » :

«  Le plan est simple. On vient à Marseille tôt le matin, on rentre incognito dans le Vélodrome. Bedouet, un informaticien de génie, nous trouvera des codes, on se fera passer pour des agents d’entretien. Eric se chargera des caméras. Le seul danger serait de croiser Stéphane Guy. Mais comme ça lui arrive de ne pas reconnaître ses gosses, alors on a une chance de passer inaperçu. Une fois dans le stade, on ne bouge plus. « Comment ça, on ne bouge plus professeur ? » Oui, on ne bouge plus bordel. On doit absolument faire croire que nous sommes venus ici pour jouer au football. C’est essentiel. Les gens doivent le croire. Racontez des conneries en conférence de presse, parler d’Europe, il faut être crédible. Mettez le paquet. Une fois sur le terrain, ne gardez jamais le ballon. Jamais !!! Vous entendez bordel de merde. Je ne veux pas en voir un qui tente une petit crochet et une passe dans le tempo. Non ! On récupère la balle, on rend la balle. On récupère la balle, on rend la balle. Je ne peux pas être plus clair les mecs. Quand les Marseillais comprendront le stratagème, il sera trop tard.

Mais attention les gars, il va falloir s’imposer quelques règles. Malcom, Lerager, Laborde je ne veux plus entendre parler de ces noms là. Nous allons nous trouver des noms de codes, un truc assez simple pour qu’un type comme François Kamano puisse s’en souvenir. Désolé François, c’est tombé sur toi mais ça aurait très bien pu tomber sur toi. On va prendre des légumes et des fruits. C’est bien les fruits et les légumes, c’est positif et le nutritionniste est content, ça lui fait un peu de boulot. Il est en dépression depuis le départ de Carrasso. Ensuite, je ne veux aucune relation personnelle, pas de « une-deux » à la con, de sourires complices, rien.

Il faut tenir ce 0-0 le plus longtemps possible. Et au moment où tout le monde somnolera, on commence à jouer au foot. Personne ne réagira. On marque et on repart aussi discrètement que nous sommes venus. On suit le plan, on suit le plan !!! »


Épilogue

Instantané à la 34e minute

Trente-quatrième minute : Corner de Payet, tête de Thauvin. But, fin de l’histoire. On vous avait prévenu, ça finit toujours mal ce genre de scénario à la con. Ils ont cassé notre coffre fort avec une tête de Thauvin sur corner. On est comme ce type, qui juste avant de partir en vacances, décide d’investir dans la sécurité de sa maison. Il ne lésine sur rien, il prend même l’option caméra infra rouge qu’il peut contrôler de son smartphone. Mais ce con, il se barre en laissant la porte ouverte.

Mais même si la tentation est grande, il serait malhonnête de juger les récents progrès de l’équipe et les début de Poyet sur l’autel de ce match en Provence. Contre Nice, nous jouerons notre fin de saison, autant la rendre intéressante.


Les Notes

Costil – Nom de Code Carotte 3/5
Il s’acharne tout le match, évite le 2-0 à deux reprises, impérial sur les coups de pied arrêtés jusqu’à cette tête de Thauvin. Une belle carotte

Pellenard – Nom de Code Patate 1/5
Faut bien le dire, sa mission était complexe. On ne remplace pas Maxime Poundje comme ça. Théo a fait le match qu’on attendait de lui et c’est bien le problème. Je n’ai même pas à expliquer le nom de code. Remplacé par Contento (Nom de Code Banane) qui aura, au moins, fait le bonheur du cameraman et des twittos. Pourtant aurait-il rendu une copie aussi pale que le pauvre Pellenard ? Impossible de répondre.

Kounde et Pablo– Nom de Code Mandarine et Orange 3/5
Ils ont plutôt bien fait le travail. Solide, Kounde s’est même permis quelques incursions en seconde période dans le camp marseillais. Encore un match très sérieux, à défaut d’être génial, de l’axe. La dose de vitamine C de l’équipe.

Sabaly – Nom de Code Poireau 2/5
Oui, les gosses n’aiment pas les poireaux. Mais depuis quand ont ils une crédibilité culinaire. Restons sérieux. Le poireau ça déchire, en tarte, en fondue, en salade. Le problème c’est qu’il ne faut pas les laisser cramer sur le feu. Et le pauvre Youssouf, on l’a laissé un moment dans la poêle.

Otavio – Nom de Code Brocoli 2/5
Le mal aimé des légumes, banni par l’intelligentsia, renié par son cousin le chou fleur, le brocoli tire sa sinistre réputation de ces connards de cuisiniers de collectivités qui s’acharnent à le préparer gorgé d’eau ou tout sec. Pourtant le Brocoli peut être sublimé si on y fait un peu attention. Otavio n’a pas encore le rayonnement que nous espérions de lui, il manque aussi parfois de solution crédible pour relancer la balle. Mais il gratte des ballons et il défend plutôt bien. Brocoli peut devenir grand

Meité – Nom de Code Courgette 2/5
Trop vite jugé comme une recrue mystère, notre courgette a fait sa place au cœur d’un milieu de terrain en cruel manque d’imagination. Mais il manque la petite touche de sel qui fait toute la différence. On sera bien plus exigeant pour la salade de dimanche prochain.

Lerager – Nom de code Panais 1/5
Ça ressemble à une carotte avec un vague goût de pomme de terre. C’est notre Lukas ça. Il ressemble à un milieu défensif mais il joue comme un relayeur ou c’est l’inverse, on ne sait plus trop bien à la fin. Pour brouiller les pistes, c’est un champion notre Danois. Il court au hasard, bien à distance du ballon. Par moment, il tente un tacle inconsidéré souvent sans aucun intérêt tactique. Quand il a la balle, il préfère la perdre. Le panais est un légume (on se doute que ce n’est probablement pas un légume mais si vous saviez à quel point on s’en fout) qui avait presque disparu. Pas sur que Lukas puisse revenir aussi bien que lui.

Toujours utile si la purée ne passe pas, Lukas a pensé à tout

Malcom – Nom de Code Citron 1/5
La petite note d’acidité. Il devait être l’éclair, le zeste qui apportait la lumière, il ne sera qu’une petite pointe d’amertume supplémentaire, bien loin d’un limoncello frappé. Éloigné sur son coté, Malcom s’est endormi petit à petit. Et si on lui trouvait enfin une place au cœur du jeu ?

Nicolas de Préville – Nom de Code Céleri Branche 1/5
A bout de course, il percute, avec ses grandes branches, Pelé plus prompt sur le ballon. On ne saura jamais vraiment s’il fut perturbé par ce choc. Nous récupérerons le ballon seulement vers la 27e. Bien dosé dans une recette, le céleri branche relève les plats. Mal dosé, c’est immonde…

Laborde – Nom de Code Persil 1/5
Tout seul, sans accompagnement, c’est dégueulasse le persil. Mission accomplie


Les autres

N’hésitez pas à lire Carmelus Blaah, la gâchette d’horsjeu.net, le seul académicien capable, à ce jour, de sortir son papier presque en même temps que le match.


Liberté pour les ultras

#JeSoutiensLesUB87

Dimanche 18 Février 2018, plus de 5 000 supporteurs du Borussia Dortmund prennent place dans le bien nommé Borussia Park, antre de l’autre Borussia de Bundesliga.

Dimanche 18 février 2018, 42 supporteurs Bordelais sont arrêtés et placés en garde à vue pour avoir bravés un arrêté préfectoral et un arrêté ministériel, rien que ça. La France reste donc une triste exception européenne. Sommes nous le seul pays menacé par le terrorisme ? Ce déni de démocratie est, pour autant, parfaitement assumé par chaque préfet. Il est bien plus simple d’ouvrir le parapluie, de confronter à chaque demande de déplacement un danger terroriste en puissance.

Si au moins, ces refus réitérés permettaient aux pouvoirs publics de mieux gérer la foule, on pourrait se consoler, voir le verre à moitié plein. Mais la réalité est tout autre. L’an dernier, les supporteurs de Besiktas avaient provoqué une panique irrationnelle, en 2016, des hooligans russes se livraient à des scènes de guerre urbaine en toute impunité. Comment voulez vous qu’il en soit autrement ? On stigmatise les ultras, on les compare à des hooligans assoiffés de testostérone, à des pauvres fous prêt à tout pour un free-fight sur une aire d’autoroute. La réalité est bien différente de ces images d’Épinal qu’on essaie péniblement de nous imposer. Les UB ne se battent pas seulement pour pouvoir se déplacer librement. Non, ils se battent pour prouver que l’état de Droit n’est pas un fantasme, que des gardes fous existent encore, que des libertés sont inaliénables et qu’au grand jamais, le danger terroriste ne peut constituer une excuse recevable pour justifier un début de renoncement. 

Stéphane Guy s’insurge au micro de Canal +. Enfin, la presse va prendre conscience du problème. Malheureusement, le triste clown de la chaîne cryptée trouve seulement scandaleux de n’avoir arrêté le bus de ces irréductibles à seulement quelques kilomètres de Marseille. Il pouvait alors reprendre son vieux refrain sur les fumigènes, véritable cancer du football moderne. On peut s’étonner, d’une façon générale, de l’anonymat de la lutte des ultras. Le combat est légitime, soutenons les.

On a salué Stéphane Guy pour vous et visiblement, il était enchanté.


Ailleurs dans le Monde

Finies les blagues sur le Werder, Lamine Sané part s’installer en Floride et compte bien découvrir la MLS dans les prochaines semaines. A Leeds United, Hadi Sacko commence à faire son trou. Il est rentré à la 64e quand son équipe était mené 2-0. Il sera de ceux qui auront arraché le nul. Bien plus à l’est, Gabriel Obertan tarde vraiment à s’imposer au Levski Sofia. Jugez par vous même, 21 matchs pour un petit but…

Vous retrouverez Nausée pour une académie rien qu’à lui la semaine prochaine. En attendant, perdez vous horsjeu.net et, si vous en avez le courage, vous pouvez toujours suivre mes navrantes saillies sur Twitter.


Nausée Savajicl nous livre ses notes avisées, quand la scapulaire académie s’y met à deux pour analyser ce match…

Les notes des 33 :

Benoît Costil 3/5 :
Notre gardien a réalisé un bon match de beach soccer, à grands coups de plongeons et de claquettes. Ne manquait plus que le pastis. Et jouer en débardeur « bistro régent », ça aurait eu de la gueule.

Youssouf Sabaly 2/5 :
Sabaly bien le coup de ne pas le mettre à gauche pour préserver son entente avec Malcom. Quand l’arrière n’aide pas son milieu pour attaquer et que le milieu n’aide pas l’arrière pour défendre et que ces deux là sont censés être le point fort de l’équipe, il n’y a pas à dire, ils s’entendent à merveille pour plomber le collectif.

Jules Koundé 3/5 :
S’il continue sur ce rythme-là, Thiago Silva n’aura plus rien à dire quand il se retrouvera sur le banc en Ligue des Champions l’an prochain.

Pablo Castro 3/5 :
S’il continue sur ce rythme-là, Thiago Silva n’aura plus rien à dire quand il se retrouvera sur le banc en Coupe du Monde l’été prochain. Comment cela, j’exagère ?

Théo Pellenard 1/5 :
Très loin du niveau Ligain, il était sensé arrêter un des meilleurs ailiers du championnat. Il a perdu plus de ballons en un match que Laurent Wauquiez a perdu de soutien en une semaine, c’est dire la performance du garçon. Théo, les Girondins jouaient en bleu ! A noter tout de même qu’il ne s’est pas trompé d’entraîneur quand il a serré la main de Poyet au moment de son remplacement par Contento. Celui-ci a disputé ses premières minutes de la saison. Peut-être pas les dernières, si Poundjé venait à manquer une autre rencontre.

Otavio 1/5 :
Le pire du milieu. Et le comble, c’est qu’il a été à l’ouest durant tout le match. Remplacé par Braithwaite qui s’est installé aux côtés de Laborde.

Lukas Leblagueur 2/5 :
« Pour une performance aboutie, dix matches pourris offerts ». Non, Monsieur Martin, l’humour danois, ce n’est pas une idée reçue. Il n’y avait pas de second degré dans la clause de contrat de Lukas.

Soualiho Méïté 2/5 :
Sa technique le rend beaucoup moins pataud que ses compères du milieu. Et s’il est capable de nous faire du bien, il ne m’a pas transporté, loin de là. La faute au Président, qui a affirmé vouloir le garder ?

Malcom 3/5 :
Un des seuls à avoir essayé d’accélérer le jeu. Auteur d’un magnifique centre pour l’épaule gauche de Laborde, il a trop porté le ballon par moment. Un défaut récurrent qui pourrait l’empêcher d’être du voyage en Russie cet été.

Nicolas de Préville 1/5 :
Percuté par une semi-remorque qui lui a coupé la route au début du voyage, j’ai eu très peur pour sa carrosserie. Elle a tenu le choc mais il a semblé être marqué psychologiquement. Il faut dire qu’il a du voir sa vie défiler et se souvenir des contrées rémoises et/ou lilloises, cela a de quoi déboussoler. Il est sorti avant l’heure de jeu pour la mobylette Kamano qui a réussi son Brevet de Sécurité Routière en ne percutant aucun obstacle, ce qui est une première.

Gaëtan Laborde 3/5 :
La moyenne car il s’est procuré des occasions, notamment de la tête. Mais quel gâchis ! Il avait piqué le casque de Kamano pour faire une blague mais a du oublier de le lui rendre avant la rencontre.

C’est sûr qu’avec une tronche pareille, ce n’est pas facile de cadrer une tête.

En face : OM Champignon Protect

Cette équipe réalise une saison sérieuse qui pourrait l’amener à atteindre l’objectif annoncé : être sacrée champignon de Ligue 1. Dans cette optique, le retour en forme du constant Mycosotrou est nécessaire pour venir épauler la Galère Germemain et assurer la continuité des soirs. Attention toutefois, un échec éventuel en Croupe d’Europe contre l’Apollon Econazol pourrait remettre en cause les efforts fournis jusqu’à lors.


Kiki Musampala

Élevé en fûts de chêne et mis en bouteille au château .Exilé à Charlestown. Voisin de Rimbaud et de Francis Maroto.

4 Comments

  1. Ahhh ahhh J’aime bien. Ca fait « Machine à écrire », ça dévoile un peu mon grand age….

    Après, les yeux ont tellement saigné pendant le match…

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