PARIS-BORDEAUX (6-2) LA SCAPULAIRE ACADÉMIE VISITE LA CAPITALE

Dans les grandes occasions, deux proverbes valent mieux qu’un. Au diable l’avarice…
« Lorsque tu ne sais pas où tu vas, regarde d’où tu viens » pour ne pas perdre espoir et
« Le chien a beau avoir quatre pattes, il ne peut emprunter deux chemins à la fois. » pour Raquel Garrido qui excelle en noyage de poisson d’eau douce.

Jocelyn est un entraineur de talent. Doué en conférence de presse, il séduit avec une facilité déconcertante tous ceux qui suivent le club de près ou de loin. Mais visiblement, il doit encore perfectionner le timing de sa communication. Tout juste auréolé d’une victoire à Toulouse, Gourvennec s’est pris les pieds dans le tapis en regrettant amèrement les critiques contre son équipe. Notre Breton semble oublier que nous nous sommes faits éliminer piteusement par un club hongrois exotique, étrillé au tour suivant par le terrible Partizan. Alors oui, il va nous falloir un peu de temps avant de vous couvrir de compliments, de vous envoyer notre collection de petites culottes usagées, et d’afficher frénétiquement notre amour à bord d’un zeppelin survolant majestueusement le Haillan. Et pis, quelle idée de réclamer des caresses juste avant un déplacement périlleux à Paris. Fidèle à son indépendance légendaire, la presse s’est empressée de réparer l’injustice. Trois pages dans L’Equipe, un reportage sur France Bleu gironde, Patrick Montel était même à deux doigts de s’inviter chez Jean Louis Triaud pour commenter le match.


Jocelyn après sa sortie sur le Bordeaux Bashing


Alors, forcément, on commence à y croire dans l’entourage girondin, à comparer Neymar et Malcom, à rêver de l’exploit impossible.  Non mais les gars,  faut arrêter  le pinard deux minutes. Jocelyn a toutes les qualités du monde, le profil du gendre idéal, intelligent, propre sur lui et tout et tout, mais il ne possède pas encore de baguette magique. La tactique ? Contre un Neymar stratosphérique, elle est aussi utile qu’une bonne séance vidéo avant un match de cécifoot. La réalité est cruelle et implacable. Ce PSG est calibré pour dominer, que dis-je, assommer sans sommation la ligain. Nous en avons fait l’amère expérience. Dans un match au suspens aussi intense qu’un épisode d’Arabesque, Paris s’est littéralement baladé contre des bordelais en vacances dans la capitale. A croire qu’ils sont venus à bord d’un bus du Paris City Tour au Parc des princes. Pour paraphraser l’immense Patrice Evra, samedi c’était « Onze hommes contre onze enfants ». Avec un peu de lucidité, personne ne pouvait envisager autre chose qu’une défaite. Certains l’espéraient honorable. Mais elle ne le fut point. 5-1 à la mi-temps. On se serait cru replongé quelques années en arrière quand on enchaînait les raclées.


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La tronche de n’importe quel Bordelais à la 21ème, 40ème, 45ème et 58ème minutes


Il n’est pas question, pour autant, de remettre en cause le projet et les nouvelles ambitions du club. Mais ce match met en lumière les limites de la jeunesse de l’effectif. Ils ont encore beaucoup à apprendre. Avant de rêver au podium, il va falloir montrer un peu plus de caractère. Malgré tout, il serait injuste d’analyser notre début de saison sur la base de ce match à Paris. Soyons prudent. Rappelez-vous de 2008 et de notre parcours en Ligue des Champions. Les gars faisaient du tourisme à Londres, à la limite de réclamer un quartier libre pour faire des emplettes dans les boutiques branchés de King’s Road. Ils avaient appris à leur dépend (et au notre accessoirement) qu’on ne peut pas lutter raisonnablement en débarquant en pantacourt/marcel/bob.


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On aurait pu poser le bus mais nous, on a préféré venir avec


Pour les masos qui veulent revoir les pires moments du match


Les Notes

Costil 1/5 Il encaisse « le premier coup franc en feuille morte puissante de quarante mètres » de l’histoire du football. Sa faculté à mettre en lumière les attaquants adverses est fascinante. Ce n’est pas Nabil Fekir qui me démentira.

Pellenard 2/5 On ne va jouer les surpris, Théo a pris le bouillon en face de Mbappé. Une fois cette lapalissade passée, retenons l’essentiel. Dans une équipe tétanisée, il n’a pas vraiment démérité.  Il s’est même offert un enchainement de grande classe, un joli dribble sur Verratti et une passe lumineuse pour de Préville. Ce n’est pas suffisant pour sauver son match. Mais franchement, on n’a pas envie de taper sur lui en premier…

Jovanovic 1/5  Par contre lui… Il a joué tout le match à cinq mètres de Cavani. Et encore heureux (si je puis dire) que l’Uruguayen se blesse à la 25ème, sinon le match ne se serait pas terminé par un set de tennis mais plutôt sur un score de baby-foot. Catastrophique du début à la fin. « Le Serbe est en phase d’apprentissage » nous disait Gourvennec lors de son retour dans l’effectif en juillet. Effectivement, difficile de dire le contraire sur ce match.

Toulalan 1/5 C’était couru d’avance. C’est un peu comme dans Arabesque (ça sera la référence culturelle de l’académie), le méchant se fait toujours avoir. Cette connasse de Jessica Fletcher trouve toujours le petit truc qui trahit le meurtrier et la vie reprend tranquillement son cours. Personne ne fait attention une seconde que cette tarée d’écrivaine se retrouve mêlée, toujours malgré elle bien entendu, à presque 262 morts pas super naturelles. Le rapport avec Toulalan ? Ben c’était couru d’avance. Merde, les gars, faut être un minimum attentif, c’est écrit au début du paragraphe. Bordel déjà que je ne sais pas comment je vais réussir à relier ce match à l’autre psychopathe d’Arabesque. Pour faire court, nous savions que Toulalan était trop lent pour cette attaque du PSG. T’as beau espérer voir un cliffhanger pour changer l’histoire en marche, tu sais très bien qu’il ne viendra pas. Tu l’as déjà vu la fin de l’épisode. Et ça ne se termine pas très bien pour Toulalan

Sabaly Non Noté  Le chanceux du jour. Le mec devrait vite se faire un petit loto. Il a joué assez longtemps pour subir l’humiliation et sort une blessure qui le prive de sa première sélection avec les lions de Téranga. Remplacé à la 33ème par Lewczuk (2/5). Le Polonais faisait son retour dans la rotation. Sympa le cadeau. A son tour, il a tenté de contenir le Brésilien parfois à sa façon que l’on qualifiera de champêtre. Il est un des seuls à être allé au charbon, et ne voyez là aucune plaisanterie de mauvais gouts sur les polonais.

Otavio 1/5 Ohhhh putain, ce péno. J’étais déjà prêt à sauter sur twitter pour crier au scandale sur cette erreur d’arbitrage flagrante. Et pis, on a revu les images. Je me suis sagement assis, j’ai lâché fébrilement mon téléphone portable. J’ose l’avouer, j’ai presque souri. Pour avoir « main », il y avait « main », y’avait même main, avant-bras, bras, encore un peu, il nous faisait une chistera. Alors certes, nous étions menés 3-1. Mais l’équipe jouait mieux et notre Brésilien n’y était pas pour rien. Cette maladresse illustre son match à merveille.

Lerager 1/5 Chouchou ou pas chouchou, monsieur Lerager, nous attendons mieux de vous. Avant le match contre Chelsea en 2008, on se rappelle de Fernando au milieu de Stamford Bridge prendre des photos, les yeux humides étreints par l’émotion. Il manquait juste un peu de musique et tu pouvais remplir facilement un épisode entier d’Olive et Tom. Au passage, nous avions pris une authentique volée. Comment veux-tu qu’il en soit autrement ? Lerager est notre Fernando du jour.

Sankharé 2/5 Vous connaissez l’avantage de prendre une branlée ? Le mec un peu moins nul que les autres aurait presque droit à des compliments. Ca fait léger comme avantage.

Kamano 1/5  Un match en conditionnel. « Ah s’il met sa tête… »  « Ahh s’il ne perd pas tous ses ballons… » « Ahhh s’il lève un peu la tête… » « Ahh s’il arrête de tenter trente fois le même dribble… » Ben ça nous ferait déjà des vacances. Le petit François était trop impressionné ce samedi après-midi au Parc des princes. Il avait les doubles de ses cartes panini à échanger. Absent comme l’ensemble de ses collègues, on ne va pas l’enfoncer aujourd’hui. Par contre, on attend une revanche contre Nantes. Remplacé par Cafu à la 75ème qui provoque le pénalty. Ses dernières minutes lui laissent entrevoir une éventuelle place dans le Onze contre Nantes.

Préville 1/5 Pour les optimistes qui n’ont pas vu le match, Il a fait une passe décisive. Pour les autres, on commence un petit peu quand même à flipper là. On y croit toujours, on n’a pas vraiment le choix de toute façon. Mais on ne peut pas dire qu’on est « super super »  rassuré. A ce moment précis, on se sent aussi serein que la nièce de Jessica Fletcher quand elle reçoit sa tante. Elle doit non seulement faire semblant d’être enchanté de sa visite, mais en plus, elle sait très bien qu’un blaireau ne va pas tarder à clamser dans les environs et qu’il y a de fortes chances qu’elle le connaisse. Ce n’est pas très réjouissant, admettez-le. Ben nous, on espère qu’il va finir par être bon l’homme à la particule sinon on est dans une belle merde. On joue gros sur ce coup-là. On compte vraiment sur Pallois pour nous le relancer. Il peut le faire le Nico. Remplacé à la 56ème par Mendy qui frappe le poteau et qui a essayé de se montrer dans ce qui restait du match.
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L’hommage nanarland du jour est attribué à Nicolas de Préville

Malcom 2/5 On va en entendre parler toute la saison. Après Videoton, on s’offre encore un bon petit moment sympatoche. Le gamin a fait trois câlins à Neymar, quatre selfies, il a échangé tout ce qui pouvait s’échanger sans être trop compromettant. Et après ? C’est un peu ridicule. On doit bien vous le concéder. On aurait préféré le voir en colère ou rageur. Mais de grâce, évitons les raccourcis d’usage. Sur le terrain, il n’a pas triché. Il fut le seul à créer un peu de danger. On ne va pas commencer à se fâcher pour une erreur de jeunesse. Je n’ai vraiment pas envie de l’enfoncer. Les procureurs des talkshows le feront mieux que moi. Il nous redonnera le sourire. Ne soyons pas ingrats.


Les Z’otres

Si vous souhaitez voir l’avis d’en face, zieutez voir vers Georges Trottais s’il a eu le courage de livrer une académie. J’en ai déjà trop dit pour ma part.


Dans Les restes Du Monde

On continue de s’intéresser aux  aventures de notre légendaire Yambéré. Après son coup de tête rageur contre Lyon, Cédric a encore fait parler de lui en se faisant expulser contre Strasbourg. Menez a joué seize minutes, Khazri se prend de plus en plus pour Valbuena et Carrasso qui continue de bien se faire chier à Istanbul à entrepris de sortir un guide francophone des meilleurs kebabs du Bosphore. On finira sur cette note culinaire. On se retrouve dans une éternité pour une académie à la nantaise, en attendant vous pouvez lire mes navrantes saillies sur twitter et parcourir, sans modération, toutes les bonnes pages d’horsjeu.net, de découvrir les petits nouveaux sans négliger les très anciens bien sûr.


Kiki Musampala

Élevé en fûts de chêne et mis en bouteille au château.Exilé à Charlestown. Voisin de Rimbaud et de Francis Maroto.

One Comment

  1. Incroyable, Costil vous sort toute la palette: arrêts des yeux, mauvaise mains opposée, fermer l’angle pour ouvrir la cage, plongeon du genou… à montrer dans toutes les écoles Gregory Coupet.

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