RENNES-BORDEAUX (1-0): LA SCAPULAIRE ACADÉMIE N’A PAS DIGÉRÉ LA SOUPE PROPOSÉE

« Y en a qui croient qu’ils ont touché le fond, mais ils savent pas qu’il y a toujours plus profond que le fond. C’est là qu’on habite, c’est là notre maison ». Il y a 25 ans, les Girondins inquiétaient déjà Mano Solo…

Le match :

Après deux défaites consécutives, les Girondins de Bordeaux se déplaçaient à Rennes, une équipe contre laquelle ils n’avaient pas perdu depuis six ans. Une équipe qui, malgré un regain de forme, ne représentait pas un obstacle insurmontable. Une équipe qui a pris un abonnement annuel au « Marrabreizh du rire ». Certes. Mais cela reste une… équipe, ce que nous ne pouvons nous enorgueillir de posséder.

Sans collectif, Bordeaux reste un club qui compte, qui possède une Histoire. Costil a voulu justifier sa progression en mentionnant qu’ici, il voyait « des gens qui ont gagné des trophées ». Pour rappel, au sein de l’effectif, il peut compter Sankharé, Plasil et Toulalan. Et dans l’organigramme : Gourvennec, Bédouet, Ramé, Mathieu Chanmé, Dogon ou Battiston. A part avec le Sénégalais et les Tchècopatraques, il ne doit pas en parler toutes les cinq minutes non plus. On peut aussi ajouter Poundje et son diplôme des pièces jaunes, obtenu quand il avait douze ans. Ou l’Oscar® du meilleur acteur de pub de Vada.

Vada : « Le coup de poker du coach va payer : je vais gagner une remise en jeu ». Si tu peux te bluffer toi-même, tu blufferas ton entraîneur.

Gourvennec, quant à lui, a changé de ton cette semaine, dans l’espoir de piquer au vif son effectif. Il ne parle plus de « Bordeaux bashing » (il est vrai que nous sommes plus près du Bashung des derniers instants) et a incité ses joueurs à « remettre le bleu de chauffe ». Le problème, c’est que le manque de culture de nos sportifs préférés les a amenés à se comporter comme des salariés SNCF de notre époque et non comme des cheminots d’alors. Difficile donc de nous imaginer les voir se préparer à travailler une heure et demie d’affilée. Mais on avait au moins l’espoir qu’ils fassent semblant. Il n’en fut rien. La prestation girondine a été une bouillie sans nom, si ce n’est une bouillie bordelaise, l’efficacité en moins.

Voici la composition de ce produit sans substance :

Costil

Sabaly- Toulalan- Jovanovic- Gajic

Otavio

Vada               Plasil

Malcom                      De Préville

Mendy

 

Analyser le jeu de notre équipe ne va pas demander beaucoup de temps : c’était le néant. Nous ne sommes jamais rentrés dans la partie. Le temps pour Plasil de perdre quelques ballons, Toulalan battait son propre gardien d’une tête plongeante magnifiquement exécutée. Marquer un but à Costil n’est pas ce qui est le plus difficile, mais nous pouvons tout de même noter la beauté du geste (1-0, 11e). Durant les dix minutes qui ont suivi, il y a eu une sorte de sursaut girondin. D’abord un trois contre deux gâché lamentablement par Mendy, qui a préféré décaler le latéral adverse plutôt que Vada qui était seul sur sa droite. Ensuite, plus rien. La pause est atteinte avec aucun (!) tir cadré de part et d’autre. Juste à signaler une parodie ratée de football et un claquage de Baal, qui a voulu faire le malin en essayant de courir. Au moins, ce n’est pas à nos joueurs qu’une mésaventure pareille va arriver.

Le coach a voulu réagir rapidement en faisant entrer Sankharé et Kamano à la place de Plasil et de Vada. En gros, c’est comme si tu annonçais à un patient que son cancer de la prostate était guéri mais que des métastases s’étaient développées dans son rectum.

Quand Younousse et François sont partis s’échauffer, on avait encore l’espoir que tout s’arrange.

 

La seconde période débute comme la première : il ne se passe rien. Enfin, ce n’est pas tout à fait exact. Kamano est omniprésent. En huit minutes, ce gentilhomme a réussi à perdre son premier ballon, à prendre un carton jaune pour avoir blessé un adversaire et à être trois fois signalé hors-jeu ! Merci pour la pub, mec ! Viendra ensuite le seul tir cadré du match, une apathie bordelaise qui s’éternise, une colère qui monte mais pas à bon escient et… c’est tout. Score final, 1-0.

Nous nous sommes fait battre par une équipe moyenne dont le meilleur joueur évoluait dans nos rangs il n’y a pas si longtemps. D’ailleurs, Khazri est vraiment énervant quand on l’a en face de soi. Nous avons été ridicules, sans justesse technique et surtout sans engagement ni volonté. Ce qui est beaucoup moins pardonnable. Je ne me rappelle pas d’un match de nos couleurs si affreux, d’un niveau si médiocre. J’ai eu l’impression de retrouver mon équipe de U17, à une époque où nous faisions la bringue tous ensemble le samedi soir avant de nous retrouver sur le terrain le dimanche matin avec encore trois grammes dans chaque mollet. La différence, c’est qu’on ne décevait personne. Et aussi que les cartouches que nous distribuait ensuite notre entraîneur, on pouvait les fumer en buvant notre prime de match.

Deux Rennais sortis sur blessure: les Girondins avaient prévu leur(s) coup(s) avant le match

Les notes des 33:

Benoît Costil 1+/5 Un seul tir cadré, qu’il a arrêté. Une envie certaine de relancer rapidement mais n’avait pas de solution. La légende raconte qu’au retour aux vestiaires, il était très ému par sa soirée…

« Et en plus ici, on voit des gens qui mettent des buts incroyables »

Youssouf Sabaly 2-/5 A l’origine de la meilleure action bordelaise.

Jérémy Toulalan 2-/5 Auteur ce soir du plus beau but de sa carrière. Pour un vieux qui perd la boule, il a super bien placé sa tête.

Vukasin Jovanovic 2-/5 Loin d’être impérial, n’a pas éloigné la concurrence.

Milan Gajic 2-/5 Pas de jaloux, la même note que ses compères de la défense. Droitier mais gauche, n’a pas su faire oublier Pellenard, c’est dire… Quand il changera de bord, il sera certainement plus intéressant.

Otavio 1/5 A force de creuser, il va se retrouver en Chine. Mais de là à avoir un contrat en or, ce n’est pas dit.

Valentin Vada 2-/5 Veni Vada Vici (il est venu, on l’a pas vu, on l’a dans le cul). Remplacé à la mi-temps par Kamano. Le QI d’une huître du Bassin.

Jaroslav Plasil 1-/5 Sans le ballon, on dirait une personne atteinte du syndrome de Korsakoff (pas le bulgare, l’autre), ayant envie de pisser et qui erre comme une âme en peine sans retrouver les toilettes. Avec le cuir, il ressemble plus à un hémiplégique qui a trouvé les chiottes, réussi avec dextérité à ouvrir la braguette d’une seule main, mais dont l’engin refuse désespérément de sortir, car coincé dans le slip. Je suis sincèrement attristé de voir sa santé se dégrader ainsi. Sankharé a pris sa place, c’était cool. Son mojo aussi, ça l’était moins.

Malcom 2/5 Même moyen, il reste le meilleur de l’équipe. Je comprends sa frustration mais attention à ne pas donner raison à Rance Footboule en portant trop le ballon. Cela pourrait irriter les copains. Lescure l’attend pour les transformations de l’UBB.

Nicolas de Préville 2-/5 Peut-être le plus volontaire de tous. Dans l’armée aussi, il y a plein de volontaires et il ne finissent pas tous bien. Il serait temps d’y ajouter un peu de tenue, sinon il se retrouvera vite au trou. Sorti pour Cafu, dont les entrées se suivent et se ressemblent. A quand le plat de consistance?

Alexandre Mendy 1/5 Cheick Diabaté sans l’efficacité. On dit que pour un attaquant, se procurer des occasions est le plus important. J’aurais plutôt pensé que le plus important était de savoir courir, au minimum. Je suis sincèrement attristé de voir ma santé se dégrader à mesure qu’il touche le ballon.

En face : Le Roadeskhon Fact

André voulait inviter sa collègue Léa à Danzé au Baal. Il lui dit :

« Léa, veux-tu sortir avec moi ce soir?

-Bensebaini gentil de ta part, Gnagnon merci. Figueiredo que j’ai déjà dit oui à Christian. Il m’a fait une si belle causerie que je n’ai pas pu résister. »

En bon Rennais qui se respecte, ce n’est pas un simple échec qui va le ralentir.

« Arrête tes Khazri! Gélin pression que tu vas le regretter. Écoute, j’Hamari te dire une chose : si tu acceptes, je te Faitout ce que tu veux !

-Maouassa, c’est ce qu’ils me disent tous. Allez, ciao Bourigeaud, vas braire plus loin. »

Ce n’est pas ce soir qu’André va tirer son Koubek. Mais bonne Mubele, il y a toujours Rennes-Bordeaux à la télé pour noyer son ennui et jouir d’un bon moment! Le con, s’il savait…

A suivre:

Nous avons de quoi redouter la suite du championnat. Là, j’ai aussi mal au cul que si j’avais passé une colo sans anesthésie et que Docteur Plasil s’était servi de dix endoscopes à la fois. La bonne nouvelle, c’est que mes hémorroïdes ne saignent pas. La mauvaise, c’est que je risque de les péter si les Girondins reproduisent le même genre de match contre l’Olympique nique douille c’est toi Marseille. Et à tout cogneur, toute horreur, ce match contre les coéquipiers d’Evra sera sûrement redessiné à quatre mains. Certainement deux de notre cher Kiki et deux des miennes…

D’ici là, vous pouvez retourner en Bretagne, ici.

N’hésitez pas à faire part de vos commentaires, vos critiques.

A bientôt.

Nausée Savajicl

Nausée Savajicl

Nausée Savajicl (50% Vosgien, 50% Arcachonnais, 100% Bordelais) Vosgien issu de l’immigration girondine, j’aime surfer à la Moselle et faire du patin à glace sur la jetée Thiers. Mais surtout j’aime les Girondins car parfois, leurs matchs me paraissent beaucoup plus longs que l’hiver de par chez nous.

5 Comments

  1. Quel courage d’avoir regardé le match jusqu’au bout !
    Quel dévouement de l’avoir chroniqué !
    J’en ai vu 15 minutes, il y avait tout : pas d’envie, pas d’impact, pas d’idée. Des joueurs qui semblaient surpris et gênés de se retrouver là, comme si tu croises ta propre sœur dans une partouze.

    Il parait que Gourvennec a été opéré, j’espère qu’il s’est fait crever les yeux, le pauvre.

    • Paradoxalement, il n’y avait pas d’envie, mais tout de même des sales coups distribués. Peut-être que les Rennais étaient sortis avec les frangines des Girondins avant le match… C’est vrai qu’il a fallu du courage pour voir le match jusqu’au bout. L’avantage de vouloir écrire un article, c’est que le temps de prendre des notes, j’ai loupé quelques secondes de cette horreur.

  2. « J’aurais plutôt pensé que le plus important était de savoir courir, au minimum. »
    Je ne suis pas sûre que Berbatov acquiesce.

    Pour le reste, j’arrive même à trouver le ton de l’article mesuré, tant ce match m’a horripilée!

    • Tu as raison, Berbatov ne courrait pas beaucoup. Mais il avait d’autres atouts à faire valoir. La 4è Mendymension, lui, pourrait au moins montrer un minimum d’envie. Ce que j’ai voulu dire, c’est qu’il n’arrive même pas à mettre un pied devant l’autre, il n’y a qu’à le voir reprendre le centre de Malcom.

  3. Vada retro satanas (j’avais envie de placer on latin moi aussi). Je ne sais pas ce qui lui arrive, il n’a plus la pêche d’antan…

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