RENNES-BORDEAUX (1-1) : LA SCAPULAIRE ACADEMIE AU PAYS DE LA GALETTE SAUCISSE

Moralité  … « Le monde aura beau changer, les chats ne pondront pas »
La main tremblante, je recherche péniblement la télécommande sur le canapé. Vous pensiez innocemment que la trêve internationale était l’occasion de vibrer pour nos couleurs nationales. Vous vous trompez lourdement. Elle n’existe que pour mieux prouver notre addiction à notre bonne vieille Ligain. Pas sûr pour autant que la diffusion de ce Rennes – Bordeaux soit diffusée dans les salles de shoot toutes fraîchement créés. Retour sur un dimanche après-midi chez les bretons.

Scapulaire academie Rennes

Les effets dévastateurs du manque de Ligain


Le Gourcuffico

Ne vous attendez pas à des  formules à base de galettes saucisses, pas de kenavo non plus et encore moins de fest-noz. Il est temps de sortir de nos traditionnels et bien aimés poncifs. Quoi le titre de l’académie ? Oui. Bon. Mais parlons plutôt du Gourcuffico. Le « Abou Diaby » Rhodanien, ou si vous préférez l’ancienne rock star girondine, retrouve petit à petit son meilleur nouveau avec son papa comme entraîneur pour le plus grand malheur de Jean Michel Hélas. Malgré les blessures, Gourcuff semble bien être sur la voie de la rédemption et les quelques blessures de rigueurs ne semblent pas l’empêcher de retrouver son meilleur niveau. D’ailleurs voila que le meilleur ami de Franck Ribéry est annoncé dans le groupe.

Et pourtant souvenez-vous….

(Subtil fondu, lisez la phrase suivante en sépia s’il vous plait) Un soir de 2009, notre numéro 8 adoré et adulé nous offre, pour ainsi dire, le titre en arrachant à l’ultime seconde une victoire essentielle sur une remarquable demi-volée.  Aujourd’hui, Gourcuff est loin des strass et des paillettes de ces années-là, de l’équipe de France, de ces comparaisons à la fois flatteuses et foireuses. Du futur meneur de jeu en équipe de France, il ne reste plus rien. Pour autant, son challenge familial semble porter ses fruits. La trajectoire des Girondins est assez conforme à celle de son ancienne égérie éphémère. Sept saisons ont passé depuis ce titre de 2009, sept années de douleurs et de désillusions, de Moussa Maazou en passant par Brechet, de Gillot à Chalmé. Nous rêvions d’un destin, nous étions presque Saint-Seurin.

Contrairement aux apparences, Bordeaux et Rennes sont un peu dans la même situation. Moqués dans la presse, en partie désertés par le public, oubliés de la télé, les dirigeants ont décidé de trancher dans le vif. Adieu Dreossi l’historique, Courbis pompier pyromane de profession  et Tchao Sagnol l’éternel incompris (ceux qui ne l’ont pas encore lu, jetez un coup d’œil au brillant papier de Claude Pèze relatant son éviction). Gourcuff Senior et Gourvennec sont tous les deux Bretons sans être alcoolique. Et cette bizarrerie n’est pas la seule. Ils sont, tous deux, nommés dans deux clubs en sommeil avec comme mission de tout changer, de retrouver des ambitions et de créer du jeu.

Vous imaginez  donc à quel point le match de ce dimanche était drôlement attendu par les supporters et par la presse. Eh bien, ils ont été servis ! Quelques actions, quelques éclairs et beaucoup d’ennui, un arbitrage folklorique voilà un résumé assez exhaustif. Et déjà les connaisseurs en herbe, les spécialistes en conclusions hâtives sont prêts à condamner au bûcher les deux techniciens et en premier lieu Gourvennec, plus jeune et à la viande probablement moins faisandée.

Au café du marché, on parle d’envie, de la gloire passée, on se moque des ambitions déclarées et il en faudrait peu pour que le spectre de la Ligue 2 resurgisse comme chaque saison depuis 2010. Il faut avouer que nous avons vu un triste spectacle et sans un grand Carrasso et un peu de chance, nous repartions avec une défaite cinglante. L’équipe semblait coupée en deux, sans aucune profondeur, perdu dans la lenteur d’un milieu de terrain apathique et sans solution. Et pourtant nous ramenons un point dans un stade où les Rennais enchaînaient les victoires depuis le début de saison. Un point à confirmer contre Nancy, avec la manière et pas question, cette fois ci de fumer la pelouse.

scapulaire rennes

Et Carrasso est apparu (crédit image – dernier spectacle de Jean-Michel Jarre) … 


Les notes

Carrasso  5/5  HDM  Décidément, l’épisode avec Prior lui a fait beaucoup de bien. Encore parfait hier. Notre sauveur. Nous envisageons sérieusement de brûler quelques cierges pour qu’il ne blesse pas, sans vouloir vexer le papa de Jérôme hein !!

Contento 1/5  Champagne. On a trouvé un truc où il se débrouille bien. Son plat du pied est un exemple pour nos attaquants en herbe. Et cette capacité impressionnante à être pris dans son dos sans jamais prendre son aile est unique au monde. Un gars qui te fait regretter Poundje mérite le respect. Mais s’il pouvait trouver un autre cirque pour ses tours de magie…

Pallois 3/5  La revanche. L’an passé, il se blesse gravement tout en se faisant expulser. Joli fait d’arme. C’est le début d’un enfer de plusieurs mois. Pour lui, certes mais aussi pour nous. Vous croyez que c’est drôle de se taper des Yambéré, des Ambrose (pas très fort en fruit, ni en défense) ? Après un début de match compliqué, Nicolas claque son but et comme par miracle retrouve son assise défensive. Et si nous l’avions retrouvé ?

Lewczuk 3/5  Pris dans son dos, il n’a rien pu faire sur la reprise de Contento. Parfois un peu fébrile comme un jeune premier dans la relance, il dégage en revanche une certaine sérénité dans les duels. Le petit Pablo n’est pas prêt de revenir dans les papiers de Gourvennec. Si déjà, il revenait à l’infirmerie.

Sabaly 2/5  Moins à l’aise que d’habitude, il a tenu son couloir. Et puis c’est tout. Pour une fois.

Sertic 2/5  Tenons-nous notre défenseur axial de rotation ? La question se pose tellement son match au milieu fut anonyme. Plus Sertique que Sertic.

Toulalan 2/5  Le vétéran. Il a déçu dans sa gestion du ballon. Il a temporisé, temporisé, beaucoup trop temporisé avant de balancer souvent une saucisse pour un de ses coéquipiers. Malgré tout, il sait se placer et défendre. Encore un milieu qui serait meilleur en défenseur central ?

Malcom 2/5  Depuis le reprise du championnat, c’est le match le moins abouti du Brésilien. Du déchet, peu de ballon, il n’a jamais su faire la différence ni même combiner avec Sabaly. Remplacé par Kamano à la 74ème pour un résultat à peu près identique…

Ounas 3/5 Vif et incisif. Assurément le meilleur élément offensif girondins ce dimanche. Visiblement l’annonce de son choix de jouer pour l’Algérie lui a fait beaucoup de bien. Les entraîneurs potentiels des fennecs doivent se féliciter. Hein Rolland ? Double ration de Chicha cette semaine

Rolan 1/5 Comme d’habitude. Il aurait pu marquer sans une air-tête improbable qui n’a pas, ohhh grande surprise, trompée Costil. Trop discret, il n’a pas été aidé par notre milieu de terrain décidément trop bas et trop lent remplacé par Laborde à la 82ème au pire des moments pour Gaétan

Menez 1/5  L’homme invisible. Il a traversé le match tel un fantôme manquant deux belles opportunités. C’était plus Pierre que Jeremy ce dimanche. Remplacé pour les dernières minutes par Plasil qui aura, à peine, eu le temps de marcher.

 

Chez les amateurs de Galette et de Saucisses et parfois des deux …

Grosicki porte bien son nom, il mange la feuille avant de se marrer en regardant Contento. Ntep devrait apprendre à lâcher un peu le ballon, ou alors il serait sympathique de la part du staff de lui en acheter un. Prcic a, au moins, une dizaine de Pajot dans chaque jambe. Et enfin Costil est encore à Rennes. Pour le reste, je vous invite à lire le camp d’en face, le sémillant Laezh Dour.

Kiki Musampala

Élevé en fûts de chêne et mis en bouteille au château.Exilé à Charlestown. Voisin de Rimbaud et de Francis Maroto.

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