LA SCAPULAIRE ACADEMIE VOUS PRESENTE SES VŒUX … OU PAS.

« Quoique le loup soit maigre, il peut lutter avec une chèvre. » Le grand problème de Diego lors de ce Mercato d’Hiver.

Le mois de janvier est enfin terminé. La période des vœux est donc révolue, remisée pour quelques mois, placardisée et fermée à double tour. Nous sommes envahis de partout par ces bons sentiments mielleux qui fleurent bon l’hypocrisie suprême. Anesthésié par les fêtes de Noel, on se laisse souhaiter la bonne année (et surtout la santé) et sans même que l’on puisse s’en rendre compte, on commence même à croire, grâce à la puissance combinée des vœux et des résolutions, que nos petits gars avaient une chance de battre le PSG et son armada d’internationaux. Il n’en fut rien. Quatre montants rentrants plus tard, il faut se rendre à l’évidence, un monde d’écart nous sépare des Qataris, et ce ne sont pas nos vœux pieux qui changeront cet état de fait. Alors remballons, pour un an, les vœux, les prières et autres superstitions ridicules.


« Tout doit disparaître »

Dans les derniers jours des soldes, les enseignes tentent tout pour déstocker et en particulier nous coller sous le nez leurs invendus-invendables. Alors, les bonimenteurs sortent toute la panoplie des superlatifs « les affaires », « Les promos d’enfer », « des démarques jamais vues ». Faut bien attirer le chaland. Alors c’est sûr que si tu ne mesures pas 2 mètres 15, ou que tu ne chausses pas du 78, il ne te reste plus grand-chose d’autres à acheter que des fringues que personne ne veut, avec des couleurs souvent improbables. « Mais si Monsieur, ce pull en poil d’éponge naturelle vous ira à merveille, et pis, le fuchsia est tellement tendance ». A ce moment-là, tu remarques sur le côté du magasin des habits moins clownesques et comme par miracle, il reste d’autres tailles disponibles que les triples XL. « Ah non, monsieur, c’est la nouvelle collection, si vous baissez convenablement le pantalon, je pourrai vous y fourrer le prix ». Le Mercato d’hiver c’est un peu comme les soldes.

bordonancy

Une occaz en or


On essaie de te refourguer les boulets, les pieds carrés, les abrutis, les joueurs cassés. Et chaque joueur qui semble ne pas correspondre à cette définition, tu le paies plein pot version « Nouvelle collection ». Va essayer de vendre un Contento, même à la cinquième démarque, même en offrant un poster de Bruno Bastos en cadeau, personne ne veut franchir le pas. Si encore, il était né dans les années 70, nous aurions pu le vendre aux Nancéens. Ou encore si la vidéo n’existait pas, nous aurions pu trouver un pigeon juste en écrivant en gras et en lettres capitales sur son C.V « formé par le Bayern München ».


« Il y a une chose bien plus grave que la trahison, c’est la bêtise » Audiard

Nous en avions parlé la semaine dernière, Pablo et IKT sont déjà partis sous d’autres cieux (à noter la sublime ambition des mauves d’Anderlecht qui en plus de notre terreur des surfaces viennent de recruter Rekik…). Mais la vraie secousse de ce marché des transferts est ailleurs. Gregory Sertic, le francilien formé à l’INF et recruté dès 2005 par les girondins, refuse de prolonger son contrat et demande à partir à Marseille avec qui, il est en contact avancé. Pour les supporteurs, c’est un enfant du club, le gamin du titre de 2009. Régulièrement, Gregory s’épanche dans la presse, la main sur le cœur, le scapulaire en lui et il clame son amour pour le club, sa fidélité et son honneur. Alors forcément, le transfert a du mal à passer. Faut dire que nous sommes bien cons aussi.
Pourquoi croyons-nous encore les déclarations d’amour de joueurs qui ne sont plus que des VRP de leurs propres carrières. Sertic passe donc du 27 en scapulaire en hommage à Planus au 13 Olympien comme un nouvel appel du pied pour prouver sa probité à ses nouveaux supporteurs. Vous me direz (et si vous les faites pas, laissez-moi l’audace d’essayer) qu’à la fois financièrement et sportivement le club ne fait pas une si mauvaise affaire. Cette saison, Sertic fut bien plus précieux en défense que dans l’entrejeu. Mais voilà, ce raisonnement pragmatique ne peut guère nous satisfaire.

bordonancySouhaitons bonne chance à Greg sous ses nouvelles couleurs

Car ce transfert, en réalité, abîme un peu plus encore l’estime, déjà relative, que nous avions de l’honneur des joueurs et de ce sentiment d’appartenance qui nous tient tellement à cœur. Les Ultras ont soutenu Sertic dans les mauvais moments, quand les doutes l’assaillaient. On peut comprendre ce sentiment de trahison. Alors, oui, les observateurs médiatiques s’offusquent de la radicalité et des mots employés. Mais quand on joue avec les sentiments, il ne faut pas s’étonner d’une réaction disproportionnée, non réfléchie et excessive. Car elle l’est. En aucun cas, il n’est acceptable de menacer la vie pour un transfert. Ce n’est que du foot, rien que du foot. Il faut vraiment avoir la caboche bien vide pour se lancer dans de telles manœuvres.


Les petits Nouveaux

Après ce transfert houleux, les dirigeants se devaient de répondre. Il était temps de profiter de la dernière démarque. Parmi les femmes à barbe, l’homme à quatre bras, ou le nain obèse, la cellule de recrutement devaient choisir les affaires alléchantes.
A chaque mercato, nous avons la sensation étrange que nos dirigeants improvisent. Comme si la fameuse Pénélope travaillait (enfin, si vous me permettez l’expression) chez nous en plus de son emploi de conseiller littéraire et d’assistante parlementaire. Ca expliquerait bien des choses. Pour éviter de tourner en rond, Sankharé (point de salut) est un vrai choix. Gourvennec le connait des Cotes d’Armor et souhaitait ce profil. Transféré cet été à Lille, il a déçu dans le Nord. Mais je vous rappelle que Sabaly n’avait pas convaincu les Nantais et que notre polonais était un inconnu au bataillon. Alors méfions-nous des CV. Jovanovic semble, quant à lui, plus un choix par défaut. Prêté sans option d’achat, il vient faire le nombre. Comme le pull à carreau que tu as acheté le dernier jour des soldes et que tu destines à porter un dimanche de farniente. Mais ne soyons pas péremptoire, laissons-lui sa chance.


En passant par la Lorraine

Il faut bien en parler. Contractuellement, nous nous sommes engagés, à vos dépends, à écrire quelques lignes sur le match du week-end. Un peu d’histoire pour commencer si vous le voulez bien. Après la guerre de 1870, la France perd la Lorraine et l’Alsace. Enfin, presque. Nancy est sauvée du partage et devient une sorte de symbole dans cette France de la fin du XIXème. Nancy garde en elle cette fierté affichée. La place Stanislas brille et donne à la ville des allures dorées comme pour faire oublier le marécage dans lequel est fondé la cité. Pour paraphraser le grand philosophe Pascal Praud, vous allez me demander le rapport entre tout ça et l’ASNL. « Aucun, bien sûr, sauf qu’il ne faut pas nier l’évidence». Sans méchanceté aucune, les locataires de Marcel Picot sont des galériens du football Français. On se rappelle certes des Platini (la légende), Zavarov (le russe) ou encore Zitelli (le traitre). Mais depuis ? Nancy est habitué à prendre l’ascenseur et s’il y avait pas les messins pour les amuser, nul doute qu’ils s’ennuieraient un peu. Alors le président Rousselot évoque des repreneurs, des rêves de Ligue des Champions avant de se raviser quelques heures plus tard, la queue entre les jambes, le nez rouge et la goutte pendante.

Les ambitions du président Rousselot


Gagner à Picot serait presque une obligation impérieuse. Et nous l’avons fait. Après une première mi-temps affreuse, tancé par le coach, les gars se sont décidés à jouer. Nous étions bien loin d’une domination outrancière et étouffante. Les occasions se multipliaient malgré tout. Mais sans la superbe tête plongeante de Cuffaut (qui a eu tout bon), nous aurions probablement terminé ce match sur un score vierge sans saveur. Il faut noter le sens de l’hospitalité de nos amis Lorrains. Malcom conclue le score par un bien joli coup franc. 0-2 Fin de la récréation.


Les notes des gars

Prior 3/5 Il a fait le boulot en première mi-temps. Il a pu, par la suite, ramasser les mirabelles. Ça fera une belle confiote.
Gajic 3/5 Il confirme match après match. Dommage que ses centres ne soient pas à la hauteur de son énergie.
Lewczuk 4/5 HDM Monsieur Igor, le patron, le roc. S’il continue comme ça, je passe mes vacances à Varsovie cet été pour lui rendre hommage. Tournée patron.

bordeauxnancyTout de suite chef !

Pellenard 3/5 Sérieux, appliqué, Théo a rempli sa mission en défense centrale. On se demande pourquoi le PFC était déçu de ses perfs. Comme quoi, parfois, en changeant de contexte.
Poundje 2/5 Par moment brouillon, Maxime a, malgré tout, calmé ses ardeurs dans le jeu. Il y perd certes en spontanéité mais justement, il était là son problème. Et surtout, il a le mérite de laisser Contento loin de rectangle vert.
Toul’ 3/5 Agaçant dans le premier acte, il fut un des artisans de la bonne 2ème mi-temps. Précieux dans son placement, il sait aussi, avec sa grande expérience empêcher les contres adverses. Et pis, la Toul’ était content de retrouver ses copains, les vétérans de l’équipe d’en face.
Plasil et Vada 2/5 Trop lent dans la transmission et brouillon dans le jeu, ils ont alterné entre le « pas terrible » et le « clairement insuffisant » en 1ère mi-temps. Bien mieux par la suite. Vada sera remplacé à la 87ème par mon chouchou Arambarri.
Menez et Ounas 2/5 Bien que décevants dans l’ensemble, nos deux ailiers ont démontré un état d’esprit irréprochable. Ils ont défendu, recherché les copains et même si nous attendons mieux, c’est déjà un début. Remplacés respectivement par Malcom (77ème) et Kamano (83ème).
Laborde 2/5 Il mange la feuille. Précieux dans le placement, on ne peut pas demander à ce gamin de devenir le serial buteur de notre équipe. Malgré tout, il ne mérite pas mieux que sa note pour l’ensemble de son match.
Pour lire les notes d’en face, allez donc faire un tour chez le collègue Marcel Picon 


Un mot sur la  Coupe de France

Malgré la fessée reçue contre le PSG en coupe de la Ligue, on se plait à rêver à un destin en coupe, une petite épopée jusqu’au Stade de France. Sait-on jamais. Le périple passait donc par la réception des Dijonnais. On ne va pas s’appesantir sur le match (votre serviteur n’a pas pu le voir dans des conditions correctes) ni sur l’horaire choisie (sympa 18h un mardi …) mais sur les commentaires hallucinants entendus sur Eurosport 360.


Je n’avais jamais entendu parler de cette chaîne. Je savais qu’Eurosport était la chaîne spécialiste des sports à la con, des concours de caniflechettes au Biathlon en Planche à voile. Mais j’ignorais qu’avec un tel catalogue de sport aussi étendu, Eurosport avait eu l’audace de créer un bouquet de chaines optionnelles. Nous avons eu l’immense honneur d’en profiter. Et visiblement, les commentateurs doivent être des bénévoles recrutés juste avant le match dans le monoprix le plus proche. Entre les noms de joueurs modifiés, de nouvelles nationalités et des carrières inventées, il a fallu creuser profond pour chercher quelques phrases cohérentes.


Vivement le tirage ce jeudi, afin de savoir si nous aurons l’occasion de reproduire cette expérience enrichissante. En attendant, vous pouvez lire mes saillies navrantes sur Twitter. Et ça c’est cool. Non ?

Kiki Musampala

Élevé en fûts de chêne et mis en bouteille au château.Exilé à Charlestown. Voisin de Rimbaud et de Francis Maroto.

4 Comments

  1. Dites donc, c’est bien gentil de nous faire l’historique, mais si c’est pour écrire Nancéien sans le i, faut retourner sur Wikipédia mon bon Kiki. Bon dieu de queue, je pensais mon lobbying assez envahissant comme ça, pourtant !

  2. Oulalala toute cette histoire pour un i.
    Et non,un ersatz de mes années en faculté d’Histoire où j’avais un prof d’obédience lorraine. Et des souvenirs douloureux à l’IRTS …
    Bref …
    Je rajouterai bien un i mais j’en ai guère envie.
    Na’

  3. Pour le « i », c’est pourtant pas compliqué, y’a un moyen mnémotechnique : Nancéien est un anagramme d’Annécien.

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