Strasbourg-Angers (2-2) : la fin du monde est proche

Le titre est volontairement putaclic mais le jeu en vaut la chandelle. Parce que oui, ce samedi, dans un multiplex miteux de Ligue 1 comme il y en a trop, un événement extraordinaire est survenu au stade de la Meinau. Le genre d’évènement que nous raconterons tous à nos petits-enfants (puis à vos arrière-petits-enfants, mais vous serez certainement sénile et ils ne vous croiront pas) en disant « oui j’y étais ». Je garde le suspense, vous allez être obligé de vous taper toute l’académie.

On remarque en arrière-plan la première apparition médiatique de Stéphane Moulin, petit col déboutonné et déjà calvitie précoce (tous droits réservés à Hergé évidemment)

 

L’avant-match qui a changé la face de notre monde :

On aurait dû s’en douter. Les étoiles étaient alignées. Angers avait réussi à passer pour la première fois de son histoire en huitièmes de finale de Coupe de la Ligue, grâce au dernier DC/BT de l’histoire du football (et donc Football Manager) Mateo Pavlovic. Quelques jours plus tôt, la bande à Dupraz était (encore) venue nous braquer à domicile. Puisque prendre des points à Raymond Kopa semble aussi improbable qu’un but de Gilles Su… raaaaaaaaaah merde faut pas que je me spoile. Bref, besoin de prendre des points chez nos amis strasbourgeois.

La compo qui fondamentalement n’a pas joué un grand rôle dans la révolution du football que nous avons vécu samedi soir :

Deux manières de voir les choses. 1) Stéphane Moulin aligne un audacieux 3-5-2 avec une charnière Thomas-Traoré-Pavlovic et surtout, la belle doublette Crivelli-Toko Ekambi devant. Un nouveau coup de maître de Stefano Moulinho. 2) On va faire genre qu’on prend des risques mais en fait on va blinder en défense contre Strasbourg avec un bon vieux 5-3-2 des familles. Même tactique que contre Nice il y a un mois, même score. Hasard ou réalité scientifique ?

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Mais il y a un autre événement dans cette compo, c’est la titularisation de Mathieu Michel. Bon, ici, on est très #MathieuMichel2018, mais on a vu qu’il y avait pas mal de débats et de polémiques sur le poste de gardien. Qui de Letellier ou Michel pour garder les cages ? À Angers, on était proche de la guerre civile et même (attention vanne pour les Mainoligériens – les habitants du Maine-et-Loire, oui j’ai googlisé avant d’écrire ça) d’un remake moderne de la Saint-Barthélémy (d’Anjou, ndlr). Bref, Moulin met une concurrence au poste de gardien, et ça c’est plutôt pas mal.

Le match où tout a basculé :

Les dés étaient jetés. Dès le départ, tout a été fait pour que la prophétie se mette en place. Crivelli s’est blessé avant le match. Pour qu’un ancien Bastiais ne puisse pas jouer, il y a forcément un truc. Fulgini prend sa place. Dès le coup d’envoi, la compo de Stefano Moulinho a pris l’eau. Les Strasbourgeois ont totalement dominé les vingt premiers minutes, menés par un Martin Terrier qui creuse petit à petit son trou en Ligue 1 (j’ai postulé pour un poste de stagiaire à l’Equipe). Michel sauve la mise (20e), mais le répit n’est que de courte durée. On n’en branle pas une, et c’est finalement le capitaine Traoré qui craque avec une petite faute dans la surface sur ce diable de Da Costa. Évidemment, Strasbourg ne manque pas le péno. A-Lala, le SCO n’est vraiment pas dans son match. À la mi-temps, si on perd 3-0, c’est la même.

Sauf qu’en fait cette expression est totalement conne puisqu’au retour des vestiaires, il y a toujours 1-0 pour le RCSA. Mais la Meinau s’inquiète. Pavlovic est passé en mode attaquant de pointe. Mais l’entrée de Gilles Sunu a-t-elle fait frissonner le stade ? Ce nom qui sent bon les échecs de recrutement d’Arsenal, le grand espoir français déchu et le passage à Lorient sous les ordres de Christian Gourcuff. Gilles Sunu, qui reste sur une série de 53 matchs en Ligue 1 sans marquer (c’est véridique, vous pouvez vérifier).

Bref, Da Costa a tout juste le temps de louper la balle du 2-0 que Karl Toko Armando Ekambi combine avec el Maestro Mangani, enchaîne avec un petit pont et cale un petit filet à Kamara. Strasbourg est sonné, mais c’est pas fini. Car soudain, sur un banal corner, un homme se retrouve seul au point de corner. Ce joueur, vous l’aurez deviné, c’est Gilles Sunu. Et bam, la retournée.

 

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L’instant est mémorable, impensable et surtout historique. Le stade est bouche bée, les joueurs angevins médusés. Dommage qu’ils n’aient pas pensé à défendre sur l’action suivante, un peu plus on ramenait trois points en Anjou. Mais bon, Martin Terrier méritait son but (qui soit-dit en passant, est vachement joli). Score final, deux partout. Mais le plus important, c’est bien le but de notre ami Gilles, et toutes les questions métaphysiques qu’il soulève. La légende veut que pour chaque but d’Aaron Ramsey, une célébrité meurt dans les 24 heures. Mais qu’en est-il pour un but de Gilles Sunu ? L’avenir du monde est désormais en suspens.

Si Hergé avait eu le temps de faire un 24e album, nul ne doute que Gilles Sunu y aurait joué un rôle prépondérant.

Les notes :

Michel (3+/5) : décisif quand il le fallait, il ne peut pas faire grand chose sur les deux buts. La concurrence est saine.

Manceau (2/5), parce qu’il a bien morflé sur son couloir.

Thomas (2+/5) : il a pris le bouillon comme tout le monde en première mi-temps mais la copie reste plutôt sérieuse.

Traoré (2/5) : lui aussi en galère, il concède un péno et a eu du mal avec la vitesse de Da Costa et Terrier.

Pavlovic (2-/5) : si il se fait expulser après cinq minutes de jeu c’est la même. Meilleur attaquant de pointe que défenseur.

Andreu (2/5) : soirée galère pour Yoyo, souvent à la ramasse dans les transmissions

Mangani (2+/5) : l’équipe a souffert en première période, donc forcément, el Maestro aussi, à moins que ce ne soit l’inverse. L’oeuf ou la poule ?

Santamaria (1/5) : on va être sévère, mais le Baptou virevoltant de l’an dernier nous manque. On a l’impression qu’il a totalement perdu son football. Il erre sans but sur le terrain et fait n’importe quoi. Rendez-nous notre Baptou.

Tait (3/5) : ben pour le coup, je n’étais pas forcément convaincu de son apport il y a un mois. Mais depuis quelques matchs, il me fait changer d’avis. Sa rapidité et sa précision ont fait beaucoup de bien.

Fulgini (2/5) : le match a été dur pour tout le monde. Le milieu a pris l’eau, Fulgini n’a rien pu faire. Physiquement dépassé.

Toko Ekambi (3/5) : Il en touche pas une en première mi-temps mais fait ce qu’il faut au bon moment. C’est notre Lionel Messi à nous, il aime tous les Angevins.

J’ai pas trop insisté dessus, mais c’était quand même un petit braquage ce match. On souhaite à Strasbourg de se maintenir parce que la Meinau, voilà quoi. Quant à nos scoïstes, on les retrouve dès le week-end prochain avec la rencontre entre les deux plus grands talents de ce championnat, Karl Toko Ekambi et Neymar.

PS : Gilles Sunu je te chambre mais je t’aime de tout mon cœur. Qui aime bien châtie bien.

Férédoré Bory

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  1. « On souhaite à Strasbourg de se maintenir parce que la Meinau, voilà quoi.  » +1

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