Red Star – Consolat (2-0) : La Jules Rimet Académie retrouve la France d’en-bas

En cette troisième journée de « Natianal », le Red Star, club mythique de la banlieue parisienne affrontait Marseille Consolat, club un peu moins mythique situé en un lieu improbable de province, un endroit que l’on est bien incapable d’identifier sur une carte.

Faut dire que s’il est vrai que les Parisiens méprisent la géographie des provinces, les banlieusards, y s’en foutent encore plus, y font même pas l’effort d’un distinguo minimal. Quand t’as la capitale à côté pourquoi regarder ailleurs.

Et le bled, Consolat, est même pas connu pour ses spécialités culinaires ! C’est pas là-bas que tu boufferas de la bouillabaisse. Y parait que c’est un club des quartiers nord et quand tu es pauvre, la mer, c’est loin…. Enfin tu pourras bédave, y’a des chances (Jean-Claude Pied, y doit savoir, lui !).

Le retour du Red Star en Natianal et à Bauert (le T en souvenir de l’exil à Beauvert), c’est aussi des adversaires qui exhalent peu les saveurs du football, mais qui font saliver quand tu songes aux spécialités culinaires qu’évoquent les destinations exotiques qui attendent le club à l’étoile rouge cette saison… Rocamadour à Rodez, madiran à Pau, vins du Languedoc à Béziers, délicieuse fouasse de Vendée aux Herbiers… A Marseille Consolât, rien ! Donc une fois de plus un match anal joué en cette année de purgatoire, en Natianal… Et puis on joue pour gagner, donc plus ou moins pour enculer l’adversaire… Après les Marseillais, c’était pas vraiment des éphèbes, mais on les a quand même niqués… Plus simplement en inscrivant deux buts en première mi-temps et en préservant notre enculerie lors d’une seconde mi-temps, sans gloire, sans panache mais avec l’efficacité attendue d’un match anal… Un simple match de championnat avec comme objectif la victoire, quel-qu’en soient les événements, les hauts faits ou les bévues de cette tête de nœud d’arbitre assez miséricordieux envers notre club pour cette fois.

J’imagine que des spécialistes de la langue française ou des représentants de ligues de vertu pourraient s’effaroucher en lisant cette brève introduction (anale)… En effet, pourquoi associe t-on toujours l’enculé à la victime et l’enculeur au vainqueur, on sait pas trop, c’est pourquoi afin d’écarter toute ambiguïté on n’a pas omis de préciser que les joueurs de la banlieue de Marseille n’étaient pas des Antinoüsi ou des Sir Alfred Douglasii… Et qu’il est écrit dans « Querelle de Brest »iii que le plus pervers c’est celui qui encule. C’est vrai que faut arriver à bander en la circonstance, tandis qu’une feuille de rose (anulingus en bon français), un doigt dans le fion ou un gode modèle titan noir, ça fait toujours bander, enfin parait-il… Et puis le grand Jules César dont on disait qu’il était la femme de tous les hommes et l’homme de toutes les femmes, ça l’a pas empêché de niquer les gaulois et de remporter la champions-league de l’époque en étendant l’Empire.

Tout ça c’est dans les livres et c’est pour les intellectuels, revenons donc au match auquel nous avons assisté en ce samedi un peu venteux. Et oui après avoir conchié les microclimats de Beauvert et de Babouin il faut bien reconnaître que même dans l’antre sacrée de Bauert , la météo peut jouer de mauvais tours. Heureusement, les textiles de haute technologie résolvent aisément ces menus tracas et l’achat d’un coupe-vent à 380 euros (en soldes)iv permet toujours d0e passer un agréable moment à voir son équipe l’emporter ou pour les esprits triviaux enculer l’adversaire du soir.

Malgré la saison de purgatoire qui s’annonce, l’académie Jules Rimet poursuivra ses délires malgré quelques errements de ses contributeurs, aux dernières nouvelles…

Porthos Molise sévit toujours dans l’ouest de la France mais délaisse les joies du football pour s’adonner à la chasse à la quarantenaire de province pas trop farouche et si possible autonome financièrement.

Jean-Claude Pied entretient sa nostalgie de l’ouest parisien et des effluves de Babouin, il a donc migré dans une tribune située à l’ouest et a réduit significativement sa consommation de joints, c’est vrai qu’à Saint-Ouen tu risques pas de manquer, ça rend moins vorace.

Le Professeur Lapoutre continue de maudire les contraintes d’un spectacle soit disant populaire qui impose d’acheter ses tenues de supporter rue du Faubourg Saint Honoré et d’arborer des marques hors de prix.

Mais revenons au match, une bonne fois pour toute… Débuté sur des chapeaux de roue, des occasions à foison pour le Red Star, des bévues de marseillais dignes d’un pauvre match de district et un penalty chanceux. Le Red Star mène Deux à Zéro à la ???v minute du match. Merci monsieur l’arbitre, là s’arrête l’éloge ! Pour remercier l’arbitre de sa prodigalité (ou de sa bourde) et après avoir relu le passage de Jean Genet, on sait pas quoi dire. On hésite sur le terme élogieux. On se dit que sodomite pourrait être mal compris et que Jules César aussi. Finalement, on se tait, plus simplement on exulte et on applaudit avec les doigts en position honneur à l’anglaise ou à la française. C’est vrai que la victoire c’est important pour un club qui gagne pas souvent.

A ce moment, en instantané tu peux te dire que la vidéo qu’ils veulent mettre dans les stades c’est vraiment de la merde, puis réaliser très vite que la roue tourne (c’est toujours l’histoire de l’enculé, de l’enculeur et du match anal) et que la connerie de l’arbitre devient vite un sale coup, une Kabale, la guigne, la scoumoune voir un complot… Ceux qui disent cela c’est qu’ils veulent pas forcement s’avouer que leur club était moins fort (les poteaux carrés, la faute de Schumacher, les provocations de Materrazzi, la remontada d’un club de Catalognevi), ce jour là ! Histoire de ramener l’erreur d’arbitrage a un fait de jeu, certes, pouvant paraître injuste et contraire aux lois du sport qui doivent récompenser le meilleur, mais prenant si bien en compte la nature humaine en intégrant ses faiblesses, l’arbitre n’a pas vu, c’est une sale taupe ! Il est vrai que toi tu as vu après avoir visionné quatre fois le ralenti… Et l’incroyable subjectivité de la décision. On visionne encore quatre fois le ralenti, des experts télévisuels s’affrontent sur le sujet, et on sait toujours pas, quand on est neutre. Quand on l’est pas, on dit que l’arbitre est un vendu, qu’on lui a livré des poupées bien vivantes la veille à son hôtel, qu’on lui a refilé un plat de lentilles, qu’on l’a envoûté. Pourtant l’erreur comme certains faits de jeu présentent l’avantage d’introduire pas mal d’amoralisme dans ce sport , ce qui relativise l’enjeu et aussi alimente pas mal le café du commerce.

La preuve ! Il y a fort peu de temps on a entendu Roland Gromerdier buvant de la pelure d’oignon, médisant sur les faits de jeu (les poteaux carrés) et affirmant qu’avec le miracle de la vidéo, on aurait pu lors du match simuler la frappe avec des poteaux ronds et attribuer le buts aux Stéphanois.

Mais revenons au match ce qui nous est impossible, et puis comme on a lu quelque part que quiconque attribue une œuvre à une performance artistique est un con, on met pas de note, les joueurs étant un peu des artistes…

Vive l’enculerie, vive le Red Star et à mort l’arbitre !

Professeur Pierre Lapoutre

i Marguerite Yourcenar, « Mémoires d’Adrien ».

ii Oscar Wilde, « DE PROFUNDIS».

iii Jean Genet, Querelle de Brest.

iv l’académie Jules Rimet voulant poursuivre son œuvre en toute liberté refuse à ce jour tout contrat de sponsoring, même de la marque si reconnaissable à son patch.

v Ceux qui veulent savoir, il leur suffit de regarder le résumé du match ou de consulter la toile , nous on a eu la flemme.

vi L’auteur aura pris bien soin d’évoquer des événements qui auront largement marqué le football français.

Pierre Lapoutre

Historien viril tenant à l’intégrité de son orifice, Pierre Lapoutre pratique depuis des lustres sa vocation d’historien en s’étant plus particulièrement intéressé à la statutaire, au dandysme et aux écarts de langage sévissant dans les stades. Panégyriste du Red Star et des valeurs qui font la mauvaise réputation du neuf trois.

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