Nice – Metz (3-1) : La Metz Que Un Club Académie veut marquer l’Histoire

« Vous êtes sans nul doute le club le plus pitoyable dont on m’ait parlé »
« Au moins on vous a parlé de nous ».

 

Quand soudain, plus rien. Tout s’interrompt. Ni le bruit déchirant des balles, ni les cris indistincts des hommes, rien que le silence, blanc et assourdissant. Chacun peut alors prendre la mesure de l’étendue des dégâts. L’air vicié imprègne le champ de bataille d’une odeur désormais usuelle, celle de la défaite. On relève les soldats au sol, contrits et désabusés.  Ils sont venus de loin pour en arriver là. D’Afrique, d’Asie, d’Amérique du Sud même pour certains, pour ce résultat. Cette énième débâcle. Le portier oriental, les artilleurs sénégalais, l’Indien. Tous mus par un projet, un rêve. Tous abattu par cette chimère éhontée. Ils ont traversé monts et vaux, triomphé de par le monde, pour en arriver là, prisonniers de leur propres uniformes. Et ils sont une nouvelle fois là, à se dévisager en silence, l’oeil humide de désespoir, les bras lourds de remords, de dépit. « Quand est-ce que ça va s’arrêter ? » murmura l’un d’entre eux.

Ce n’était pas leur guerre, mais celle d’un Commandement névrosé, fabulateur, hypocrite. « Vous serez la fierté de notre peuple. Vous porterez haut nos couleurs et serez célébrés, tels des héros. On retiendra vos noms et on les partagera des générations en générations. Vous deviendrez des légendes ». Mensonges. Foutaises. Affabulation. On retiendra vos noms oui, mais par pour les raisons que vous pensez. On les associera à la honte, à l’humiliation, à la mort. C’est là votre unique faute, vous être engagés dans une guerre qui ne pourra qu’aboutir à votre perte.

Au milieu du champ de bataille, prairie boueuse tachée d’une nouvelle saignée d’opprobre, se tient le capitaine de section. Un vétéran, marqué par l’âge et les coups, vieilli par de nombreuses campagnes et cicatrices. Ôtant son casque machinalement, il laisse apparaitre son crâne chauve, luisant de sueur. Son regard est vide, ses dents sont serrées, ses mains crispées. Il est abattu par tant d’impuissance. L’un de ses hommes se dirige vers lui. Il s’agit du jeune Moussa, un bleu prometteur qui a déjà fait ses preuves, mais qui semble déjà rattrapé par le découragement.

« Capitaine.. Qu’est ce qu’on fait maintenant ? » 

« Je ne sais pas soldat, je ne sais plus… »

Conscient du frêle moral de ses hommes, il cherche en lui les mots capables de les maintenir à flot, au moins jusqu’à la prochaine bataille. Et ce même alors qu’il a encore perdu l’un des siens, le deuxième classe Ivan, tombé sous les balles ennemies.

« Pourquoi est-ce qu’on continue à se battre ? C’est peine perdue » insista Moussa.

« Pour marquer l’Histoire, soldat… Pour marquer l’Histoire » lui répondit le Capitaine Cohade, sans conviction.

 

 

16e journée : Nice – Metz

Tantôt 4-3-3, tantôt 5-3-2 avec Diagne reculé, on ne sait pas trop. Frédo Hantz ne devait pas trop savoir lui non plus et leur a demandé de faire comme ils sentaient. Nguette est posé sur l’autel du sacrifice, au profit d’un Niane qui n’en avait peut-être pas demandé autant. Avé Lucien Favre, ceux qui vont mourir te saluent.

 

Metz Que Un Match :

On n’a pas le temps de se renifler le cul en tribune pour se saluer, que déjà les premières banderilles sont échangées, Nolan Roux réchauffant les bras du portier visiteur (5e, 19e), tout comme Dossevi sur coup franc (18e). La défense niçoise s’autorise une petite salade lorsqu’une frappe contrée de Cohade rode un peu trop longtemps dans les six mètres et est dégagée en catastrophe (20e). L’échauffement terminé, Pléa décide de talocher toute une défense apathique en s’y reprenant trois fois pour ajuster la mire avant que l’un d’entre eux ne réagisse. 1-0, 25e.

On se dit alors que le mariage est consommé et que la mariée peut aller se rhabiller. Mais c’est sans compter sur l’orchestre Grenat, qui se décide à jouer un dernier requiem. Cohade, bien lancé côté droit, délivre une merveille de centre pour la tête rageuse de Roux, qui crucifie Cardinale. 1-1, 28e.

Le jeu messin vacille, tel la flamme timide d’une bougie en fin de vie mais manque de s’embraser sur une frappe lointaine de Niakhaté (34e), ou sur une belle interception de Dossevi qui manque cruellement d’inspiration (35e). Balliu abandonne son épaule sur le terrain dans les minutes suivantes, et doit laisser sa place à Poblete (38e). La mi-temps arrive à point pour l’interview bi-mensuelle de notre ancienne gloire désabusée.

 

 

« Robert, vous pensez le FC Metz capable de se maintenir ? » « Euuuuh… »

 

Au retour des vestiaires, les visiteurs prennent le jeu à leur compte en allumant plusieurs mèches dangereuses, dont le missile sol-air de Niane au milieu de 4 défenseurs qui oblige Cardinale à montrer son gros cul aux photographes (49e). On se dit alors que c’est possible, c’est donc fort logiquement que les Sudistes vont doubler la mise. Balotelli s’essaye au coup franc en force dans le mur, le ballon est dévié par une énorme chatte qui passait par là, et Kawashima est totalement pris à contre pied. 2-1, 54e.

On se dit alors que c’est encore une fois baisé. Ni Roux ni Rivière n’auront voix à une seconde égalisation, et Saint-Maximin, après voir fait trois enfants à Assou-Ekotto, mettra un terme à la fête, sur une vieille frappe contrée. 3-1, 71e.

Quatorze défaites, un nul, une victoire. 4 points pris. Le FC Metz devient le plus mauvais bilan de la Ligue 1 après 16 rencontres. L’Histoire est écrite.

 

Metz Que Des Notes :

Kawashima, 3/5 :
Plusieurs brillantes sorties de la tête et un sauvetage devant Balotelli n’auront pas eu raison de sa virginité. Mais il ne fait plus aucun doute sur l’identité du gardien titulaire.

Balliu, 2/5 :
Pléa lui a envoyé un texto après le match pour le remercier d’avoir pu tirer trois fois sur l’ouverture du score. Ivan a laissé son épaule sur le terrain en signe d’expiation.
Remplacé par Poblete (38e), 2/5 : Les Apaches se sont désolidarisés de la prestation de Géronimo. 

Niakhaté, 3/5 :
Une frappe de 35 mètres largement hors cadre, un coup franc contré du coude dans son propre but. La routine s’installe.

Rivierez, 3/5 :
Tel Macron, il était plus à l’aise à droite que dans l’axe. Mais des contres loupés, Jonathan En Mâche.

Assou-Ekotto, 1/5 :
Le seul porno qu’il aura tourné dans sa vie, c’était lors de ce match dans le rôle de la victime du bukkake infligé par Souquet et Saint-Maximin.

Diagne, 3/5 :
Est allé jusqu’au bout d’un match. En progrès.

Philipps, 2/5 :
Insuffisance Footballistique Chronique.

Cohade, 2/5 :
Si son centre est magnifique, on ne lui pardonne pas les 435 862 autres passes foirées pendant ce match. Le Capitaine meurt, mais ne se rend pas.

Dossevi, 2/5 :
Moins à fond qu’à l’accoutumé. Ce serait con de risquer une blessure alors que la trêve approche.

Niane, 2/5 :
Le remake sénégalais de l’homme invisible.

Roux, 3/5 :
Sans peur et sans reproche. Un 4e but et une prestation sans relâche. Pour rien. Il confirme que son meilleur pied, c’est son front.

Le coach, 2/5 :
Un mois et déjà dépité. Metz Que Une Impuissance.

Le prochain match : Réception de Rennes. Qui est sur trois victoires consécutives. On fait d’ores et déjà la danse de la joie.

Kast & Deuch

Pour aller plus loin :

 

Kast & Deuch

One Comment

  1. Comparer Rivierez à Macron… Pas mal… Cela explique sans doute pourquoi je ne l’aime pas, sans jamais vraiment savoir pourquoi… Le même sens du « un peu partout sans jamais être là »…

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