Paris SGEL / AS Casino (3-0) – La Porte de Saint-Cloud Académie s’essaie à la verveine

Georges avait cette pub dans la tête en écrivant cette académie.

Hello les syndiqués,

Nous poursuivons depuis notre canapé le grand tour des footballétaires de France en cette belle fin d’été pourlingue. Au programme (commun) cette fois-ci, nous avons le plaisir d’accueillir les sympathiques et verdoyants employés de la firme Casino, tête de gondole des enseignes de supermarché oubliées de notre enfance qui referont peut-être un come-back d’ici 15 ou 20 ans sous la forme de supérettes parisiennes branchées pour bobos friqués mais pas trop (cf. la jurisprudence Monop’ (ayons également une pensée pour les disparus Prisunic, Félix Potin et Mammouth)). Une académie placée sous le signe de la file d’attente qui n’avance pas, du paquet de pâtes qui manque pour atteindre le minimum carte bleue, et du football corpo, donc. Parce que c’est quand même de ça qu’il est question. Place au mâche !

… Pardon, vous dites ? L’introduction est trop courte ? Allons bon, qu’est-ce que vous voulez que je badine d’autre ? J’ai fait le tour du sujet, non ? On peut passer au résumé du… Comment ça, je vous ai habitués à mieux ?… Pas assez doctrinal ? Mais, qu’est-ce que vous voulez dire ?… Oui, bon, je sais, l’Internationale footballistique, la révolution libertaire, l’infiltration trotskanale… C’est bien joli tout ça, bien sûr, mais je vais quand même pas le répéter à chaque académie, si ? Les gens sont là pour parler de fouteballe, pas pour… Eh, vous allez baisser d’un ton, mon p’tit père, on a pas grandi dans le même sovkhoze ! Vous n’allez pas m’apprendre le marxisme-léninisme tant que vous y êtes, si ? Social-traître !… Hé, pas la peine de pleurer, mon vieux… On s’est un peu emportés, mais… Là, calmez-vous… Allez, dites-moi ce qui ne va pas… Comment ? C’est parce que je n’ai pas assez dénoncé les excès du capitalisme outrancier des grandes surfaces ? Et bien, je tâcherai d’en parler au cours du mâche, ne vous en faites pas… Vous voyez, on finit toujours par s’arranger… Mais c’est bien normal, il faut se serrer les coudes entre camarades… Allez, maintenant, vous allez cesser de vous moucher dans mon costume en flanelle, et on va pouvoir passer au résumé, vous voulez bien ? Voilàààà. Non, vraiment, lâchez-moi. Vous êtes gentil.

 


LA RENCONTRE


 

Nous nous retrouvons au Parc interdépartemental des Princes des Hauts-de-Seine pour cette alléchante affiche opposant nos fiers camarades parisiano-saint-germanois, dépositaires de l’idéal marxiste-footballiste, aux esclaves du conglomérat des caddies bien remplis de Daniel Guichard, à la fois artiste de variétés des années 70 et grand capitaine d’industrie de la fin du XIXe siècle. Pour l’occasion, notre bel secrétaire de section basque nous concocte la recette habituelle, le 4-3-3 de toute éternité, qui laisse la part belle à notre tout-puissant trio du milieu, au sein duquel le svelte Xavier vient remplacer Marcoco aux côtés d’Adrien – qui vient de passer en L3 de socio avec mention passable – et de Thiago dit « La Motte » – qui a pu profiter d’un programme de réinsertion professionnelle des seniors (aussi appelé « recul de la retraite à 65 ans ») pour rester au club. Nous n’avons d’ailleurs plus de nouvelles du brave Blaise, qui a dû obtenir le statut de réfugié climatique dans un club de riches industriels automobiles. Derrière, la garde du but est de nouveau confiée au Saint-Aréole, qui a relégué Kévin le nazi sur le banc de touche, tandis que Momohamedinhos et Prunelle de Quimperlé se chargent de dissuader celui-ci de revenir dans les cages. Sur les côtés, Kurtzama et Lemonnier sont associés à leurs compères payés bien plus que dix fois plus qu’eux, Jean Némarre (il fallait que je la fasse, juste une fois, une seule, c’était le seul moyen d’exorciser cette blague de merde, de faire en sorte qu’elle ne revienne plus jamais dans ces lignes) et Ange de Marie. Cavanouille est placé tout là-haut pour réceptionner les passes dé de tout ce beau monde et les transformer en face à face ratés. C’est bon d’être de retour à la maison.

Le mâche débute par un passage par le rayon volailles (ceci était la seule blague que j’ai pu trouver sur l’engagement du poulet au Curry).

PSGEL

Face à nous, le nouveau chef de rayon des Verts (un Espingouin, comme le nôtre, sérieusement, arrêtez de copier, c’est pas drôle) avait mis en place une belle petite défense à cinq des familles, qui parvient à nous bloquer très efficacement dans l’axe. Le Brésilien qui coûtait 3 milliards est victime d’un pressing intensif (« pressing » n’est pas un vain mot ici : il est littéralement poussé sur cinq mètres à chacune de ses touches de balle), et se trouve dans l’incapacité de jouer vers les cages adverses.

PSGEL

Le pressing stéphanois sur Némarre en caméra opposée.

PSGEL, le pied sur le ballon, cherche l’ouverture. Ça passe peut-être par un débordement du Belge côté droit, mais son centre en retrait est salopé par Cavanul. Thiago la salope propose cependant une solution plus radicale, en tentant une belle prise d’étranglement sur un ailier vert. Une discussion polie avec l’arbitre suffit à le tirer d’affaire. Notre équipe, quant à elle, n’est pas sortie du sable, et se voit même mise en difficulté au milieu par l’explosivité des jeunes pousses adverses.

La solution arrive enfin après vingt minutes par l’intermédiaire de l’évangéliste des favelas, qui parvient à se démarquer suffisamment longtemps pour trouver l’appel de Cavanouille dans le dos de la défense. L’attaquant, rattrapé par un défenseur, joue bien le coup et s’effondre à l’entrée de la surface sans avoir pu toucher le ballon. La pénalité est transformée, 1-0 sur la première véritable occasion du mâche. On croit au doublé sur pénaltoche deux minutes plus tard lorsque le guérillero s’effondre à nouveau dans la surface en tentant de réceptionner un centre du Brésilien, mais l’arbitre se dit que ça va peut-être un peu trop se voir, et c’est de l’autre côté que le danger se manifeste dans la foulée : sur une récupération haute des caissiers en vert, un jeune attaquant est trouvé dans l’espace, dépose Quimperlé à la course, et se retrouve seul pour affronter Gianluigi Aréole, lequel se couche bien sur la frappe croisée qui suit. On a eu chaud.

Mais ce n’est pas fini : la pression monte de plus en plus sur les cages psgélistes durant les vingt dernières minutes de ce premier acte, avec moult frappes lointaines et corners verts, et plusieurs fautes et pertes de balle stupides séquanaises. Xavier Pasteur, invisible durant la majeure partie du mâche, semble d’ailleurs prendre un malin plaisir à n’apparaître à mes yeux que pour perdre le cuir en plein rond central et offrir notre rectum béant aux bouffeurs d’espaces en vert. Le mâche devient un brin physique, et aucun camp n’y échappe, que ce soit le Brésilien à 9 chiffres, pris en sandwich entre 2 tranches de défenseurs verts premier prix (« Tu vois, ça ne coûte pas plus cher de manger les restes périmés de la grande distribution mais qui gardent un semblant de fraîcheur grâce aux conservateurs dont on les asperge »), ou ce grand Stéphanois qui se mange un bon coup de coude de Quimperlé, monté au duel pour un ballon aérien, et finit la tête en sang. Prunelle récolte un jaune alors que survient la pause.

À peine le temps de se dire qu’on s’en tire bien, en ce début de seconde période, que le vieux Thiago vient poser ses gros godillots dans la surface adverse pour reprendre un coup franc excentré de Jésusinho, remisé par Marquinioche, et le foutre au fond des filets, devant une défense apathique, sans doute occupée à terminer l’inventaire de leur magasin. 2-0, ça se passe plutôt très bien, en fin de compte.

La rencontre s’installe alors dans un faux rythme, cadencé par les tambours funestes de la galère de la grande distribution. PSGEL apporte de nouveau le danger à l’heure de jeu sur coup franc : Ange de Marie trouve le poteau gauche, sous les yeux vides du vigile du magasin, impuissant sur ce coup. La défense parvient à dégager le ballon en catastrophe. Les travailleurs précaires de la maison Guichard se montrent cependant toujours incisifs dans leurs contres. À un quart d’heure du terme, suite à une énième perte de balle de Xavier Pasteur, les Verts se projettent et lancent à nouveau leur jeune attaquant entre les deux défenseurs centraux. Entré dans la surface, il frappe croisé, du gauche, mais Iker Aréole ne se fait pas prendre à contre-pied, et capte le ballon en deux temps. Le gardien parisiano-saint-germanois entame une danse en hommage à son adversaire du soir.

Suite à ce nouveau coup du sort, l’AS Verts semble lâcher prise, et le dernier quart d’heure se trouve entièrement acquis à PSGEL, qui gère tranquillement son avantage et adresse quelques ultimes piques à son adversaire multinational. C’est d’abord François Pignon Loïc Perrin qui manque de tromper son gardien en voulant dégager un centre dangereux d’Ange de Marie, puis c’est ce même ange, idéalement lancé sur un contre par une passe aveugle de son très cher copain brésilien, qui se retrouve seul face au gardien, mais se fait reprendre in extremis par un défenseur alors qu’il s’interrogeait sur la célébration adéquate pour son but déjà tout fait.

Les entrées de Red is dead Yuri, cosmonaute en orbite, et de Jean Le Celsius, météorologue argentin, apportent un supplément de pep’s aux offensives séquanaises. Le second trouve d’abord le premier d’une subtile passe en profondeur, gâchée par une frappe trop croisée mais néanmoins dangereuse depuis l’angle gauche de la surface. Puis le jeune Argentin, qui cherchait un coéquipier à 222 millions dans la surface, voit sa passe repoussée, récupère et tente sa chance à l’entrée de la surface, forçant le goaliste à sortir la balle qui filait sous la barre. La conclusion est apportée par le fameux Brésilien sur lequel tout le monde se paluche depuis maintenant des semaines : bloqué dans l’axe, il contourne le bloc et trouve son copain belge lancé à droite, seul. Celui-ci centre en première intention, Cavanouille coupe au second poteau. 3-0, c’est dans la poche. Une poche néanmoins mouillée par la sueur de notre sillon interfessier qui en a parfois pris un coup, quand même.

 


LE SOVIERT


 

Saint-Aréole (4+/5) : Comme quoi, il suffisait de dire qu’Alfie n’était pas assez décisif pour qu’il nous colle deux arrêts réflexes sur les deux grosses occases des copains de Lavilliers. On prend volontiers.

Tom Lemonnier (3-/5) : Deux débordements dans le mâche en tout et pour tout, avec une passe décisive à la clé sur le troisième but. On a fait pire, c’est certain. On a aussi fait bien mieux.

Momohamedinhos (4+/5) : Chebinhos a tenu la baraque au sol et dans les airs, s’est fendu de plusieurs très bonnes ouvertures, et s’est mué en passeur décisif sur le deuxième but. Double ration de frites pour le sans-porc.

Prunelle de Quimperlé (3/5) : Il l’a joué un peu caïd, mais s’en tire finalement avec un petit jaune et du sang sur le coude. Passe au rayon lessive, la promo estivale sur le détachant est bientôt terminée.

Kurzacouette (2/5) : À l’image de son homologue (no gay) de droite, il fut assez peu incisif sur son côté, et nombre d’offensives adverses dangereuses sont passées dans son dos.

(Remplacé à la 80e par Yuri Gagariche, un nouvel espoir pour mes jeux de mots à base d’Europe de l’Est)

Adrien Rabinho (2+/5) : Sans doute perturbé par la baisse des APL, notre étudiant syndiqué a eu du mal à rentrer dans le match face à une opposition relevée, et n’a pas eu le même rendement que lors de sa dernière sortie. S’il commence à pleurer pour 5 euros, comment voulez-vous qu’il fasse quelque chose de sa vie, n’est-ce pas Claire O’Petit (on dirait le nom d’un méchant irlandais dans Lucky Luke).

Thiago La Motte (3/5) : Il fut probablement le membre de notre milieu que l’adversaire a le moins tenté de faire chier. Faut dire, sa prise de catch sur Mamouma a dû en calmer plus d’un.

Xavier Pasteur (1/5) : S’il s’était contenté d’être inutile, à la limite, passe encore. Mais chacune de ses prises de balle (au nombre de deux, dans ma mémoire ô combien sélective) est devenue une occasion de but pour les Verdâtres.

(Remplacé à la 84e par Le Celsius, qui a fait monter la température avec sa belle frappe)

Ange de Marie (2+/5) : Une première mi-temps jouée à contre-temps, plusieurs occasions vendangées en seconde… Et voilà Angelito qui retombe dans ses travers. Un petit bonus néanmoins pour son coup franc sur le poteau.

(Remplacé à la 83e par Julian Daßler, ostrogoth)

L’homme dont on ne doit pas prononcer le nom (4/5) : Malmené par les nervis de Gromerdier pendant l’essentiel de la rencontre, il a réussi à profiter de quelques accalmies pour leur rendre la monnaie de leur pièce. À l’arrivée, le Brésilien est impliqué sur les trois buts de PSGEL : une ouverture qui amène le pénaltoche de Cavanuche, un coup franc repris par Marquis pour le but de la Motte, et un bon décalage pour le centre du Belge en toute fin de mâche. Sans oublier quelques gri-gri pour justifier le prix du billet.

Eddy Cavanouille (3+/5) : Malgré une première mi-temps durant laquelle il lui fut difficile d’exister, et une seconde période qui l’a vu pas mal vendanger, le guérillero s’accroche et sort de la jungle verte avec un doublé.

 


LE SECRÉTAIRE DE SECTION


Peu d’enseignements à retenir de cette victoire étriquée pour notre bon Unai, si ce n’est qu’il a suffi à l’adversaire de museler ses latéraux et de bousculer un peu son milieu pour faire chanceler l’édifice. Plus facile à dire qu’à faire, évidemment, qui plus est sur toute la durée d’un match, et le résultat final est là pour nous le confirmer. Car c’est bien là tout ce qui compte, après tout : les trois poings. Avec le recul, on peut aussi se dire que ce genre de mâches délicats, l’an passé, aurait très bien pu finir par un nul assez insipide, ou pire (cf. les rencontres à domicile de la saison dernière contre les Toulousiens, les Nissssois ou les Monégasques, pour ne retenir qu’eux). Malgré la prestation des Bleus-et-violets, on peut assurément parler d’un progrès, auquel le nouveau venu sud-américain n’est certainement pas étranger. Nous voilà en tout cas en bien belle position pour aborder les prochains rendez-vous. La Coupe des coupes nous tend les bras !

(Je me relis et je trouve ce dernier paragraphe parfaitement idiot et mal écrit, oubliez-le)

Cordianalement,

Georges Trottais

Georges Trottais

L’homme le plus (lutte des) classe(s) du monde.

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