Strasbourg – PSG (2-1), La Verdam Mi! académie est prête pour la Ligue des champions

Battre la meilleure équipe française pour conquérir la 16ème place au classement, fallait y penser.

 

Aujourd’hui, la pression est de mise. Déjà parce que ce championnat est bourré : Lille gagne à Lyon, Amiens est imbattable, d’ici à la trêve on joue Bordeaux et Toulouse, ce qui aurait dû être des matchs à la cool mais visiblement ils ont envie de jouer le maintien contre nous, donc on est supposé les jouer comme des adversaires directs ? J’en sais rien, je suis un peu perdu.

Est-ce que toute cette agitation suffit à faire de nous des favoris pour le match d’aujourd’hui, du haut de notre fière 17e place ? … Mince, on me signale que non.

Non, cette après-midi on affronte la seule équipe de Ligue 1 dont on est sûr de connaître le niveau, celle qui n’a rien à prouver, et qui se fera un plaisir de nous coller une branlée si on ne répond pas présent : le Paris-Saint-Germain. Quoique, logiquement, ils n’ont pas à être bien énervés contre nous, c’est grâce à nous qu’ils ont eu Amara Diané quand même, non ? En fait, n’ayons pas peur, on sait qu’ils nous aiment bien.
Et en face, on a quoi à opposer me demanderez-vous ? Et ben, tout de même quelques qualités, et qui pourraient nous êtres précieuses dans un match comme celui-là.
Déjà, un milieu de terrain avec de la qualité technique, mais aussi des joueurs habitués à courir dans tous les sens, à être au four et au moulin, à tous tirer dans le même sens, à ne pas vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tué, à ne pas mettre la charrue avant les boeufs, à voir midi à sa porte, à avoir le cul bordé de nouilles, à ne pas prendre des vessies pour des lanternes et tout le tintouin.
Ensuite, des attaquants rapides, qui ne sont pas effrayés à l’idée de devoir presser, faire beaucoup d’appels, et qui savent combiner entre eux (enfin, ça dépend les matchs, mais ils y sont déjà arrivés, je vous le jure).
Mais aussi des joueurs qui ont appris à ne pas lâcher, à être costaud mentalement. Par rapport au début de saison où on n’arrivait pas à tenir un résultat, en ce moment on tient dans des fins de match difficiles, comme les matchs de Rennes, Saint-Etienne ou Caen ; et on se permet même de revenir au score quand on est mené, notamment à Angers ou Saint-Etienne.
Le gros point faible, on le sait, c’est la défense, qui a notamment offert les matchs face à Lyon et Monaco, et qui serait bien avisée d’être appliquée et sérieuse, parce que là ma petite dame, ça risque d’envoyer un peu plus qu’en Ligue 2.

En résumé, j’ai envie d’y croire, faut pas oublier aussi qu’on joue devant notre public (ce qui n’étais pas le cas contre Monaco et Lyon, mais en revanche ça l’était contre Marseille, match bien plus satisfaisant, pour comparer avec ce qui est à peu près comparable). C’est donc avec cet état d’esprit résolument motivé que je me penche sur la composition des équipes, une compo qui ne manque pas de me réjouir, car le coach nous a mitonné un schéma tourné vers l’avant ! On retrouve en effet trois attaquants et deux milieux relayeurs au profil offensif. On aura donc des armes en contre, il s’agit juste d’éviter de se prendre des buts d’entrée. Voilà donc la colonie de champions qu’on aligne :

 

 

 

Le match :

Une bonne entame de notre part, on gagne les duels, donc les parisiens n’avancent pas.

Et, dès la 12e, suite à une percée d’Aholou interrompue par une faute de Rabiot, dont on voit qu’il était à l’école Thiago Motta du retour avec petit taquet en prime ; on obtient un coup-franc que Liénard dépose sur la tête de Da Costa, laissé seul par la défense du PSG (je vous avais dit qu’ils nous aiment bien). Un bon coup de casque plus tard et on mène 1-0, sur la première occasion du match.

Clairement, ça nous donne de l’allant, on sent nos joueurs beaucoup plus impliqués que des Parisiens un peu faciles. J’ai beaucoup aimé la mise en place de notre équipe, on joue en bloc avec les ailiers revenant défendre dans l’axe à la base, pour empêcher l’adversaire de relancer vite vers l’avant, puis on coulisse bien ensemble pour les bloquer sur les côtés. Voilà ce que j’avais à l’esprit quand je parlais de sérieux défensivement : on voit que les mecs savent ce qu’ils ont à faire, ils communiquent bien, ce qui fait que les Parisiens ont vraiment peu d’espaces. Le cas Mbappé est plutôt pas mal géré par Koné, qui s’emmerde pas et n’enlève pas la semelle quand il est en retard (c’est une technique), quant à Neymar, le naïf, il croit encore qu’il peu réussir à dribbler Kenny Lala.

On peut tout de même regretter que nos contres ne soient pas mieux menés, puisqu’on n’arrive plus réellement à être dangereux. En revanche, du côté de Paris, ça s’anime en fin de mi-temps, et Di Maria, bien lancé par Neymar, manque de peu d’égaliser, à la 39e. Ce sera finalement fait 3 minutes plus tard, par Mbappé sur un centre fort de Rabiot. Bon, clairement la défense a pas jugé bon de marquer Mbappé à 5 mètres du but, et je pense que rétrospectivement, on peut dire que c’était pas l’idée du siècle. On notera tout de même que Rabiot est particulièrement dangereux quand il monte, il se retrouve souvent libre s’il fait les bons appels puisque tous nos milieux et défenseurs sont occupés à défendre sur ses coéquipiers, à suivre. Dans la minute qui suit, Pastore, sur un superbe enchaînement contrôle-frappe dans la surface, touche le poteau, et manque donc de faire passer le PSG devant.

A l’arrivée, ces cinq dernières minutes donnent l’impression de bien s’en sortir avec ce 1-1, alors même qu’on a mené pendant quasiment toute la mi-temps, sentiment étrange.

Bon, en revanche, on va pas en faire des caisses sur la deuxième période, je pense que c’est pas nécessaire que je la joue suspens, je crois que tout le monde sait que Paris a perdu. Et moi, moins j’en fais mieux je me porte.
Qu’il me soit permis de noter que Da Costa, décidément fâché avec les situations de 3 contre 1, décide encore de me perdre la balle plutôt que de faire une passe à ses coéquipiers tout seuls de l’autre côté, dans l’une de nos rares opportunités de contre, et ça dès la 48e.
De rajouter qu’il se rattrape bien à la 65e en lançant Bahoken pour le but du 2-1, inscrit d’une très belle frappe au premier poteau. Tout de même, on est obligé de signaler la passivité de la défense, puisque personne ne dispute le duel aérien au passeur et que personne ne suit l’appel du buteur, sur une situation où les défenseurs sont pourtant en surnombre et en place. (Mais je vous avait dit, ils sont à la cool quand ils jouent contre nous. D’ailleurs, on peut les comprendre, on est adorable nous les Alsaciens, non ?)
En gros, cette mi-temps c’était de l’attaque-défense avec Paris qui n’arrive pas trop à accélérer dans les derniers mètres. Enfin ils nous ont quand même fait peur de temps en temps les cons. Je sais pas, choisissez, soit vous êtes bons soit vous dormez, non ? Mais me faîtes pas des frayeurs comme ça !
Leurs deux grosses occasions viendront dans les (looooooool) arrêts de (looooooool) jeu. Pardon, c’est mon alarme à esbroufe qui s’emballe, testée dans des conditions extrêmes durant les entrevues entre Jean-Michel Aulas et Vincent Labrune, elle a été mise au point pour mesurer précisément le niveau de foutage de gueule. Vous comprendrez donc que j’ai du l’éteindre pour pouvoir suivre la fin du match.  Bref, deux grosses occasions en fin de rencontre : pour Kimpembe et surtout Cavani, face au coup de tête duquel Oukidja réussit l’arrêt du match, particulièrement difficile à réaliser puisque l’attaquant était juste devant lui, il a du réagir très rapidement, vraiment bravo.

Ça lui a fait beaucoup de peine, mais l’arbitre a bien dû se résoudre à siffler la fin du match à un moment, on a donc finalement pu exulter, et remercier les joueurs pour leur belle victoire et leur état d’esprit remarquable ! Insistons-dessus, parce que c’est primordial : on aura besoin de se battre pour assurer le maintien, et si on a réussi à le faire aujourd’hui (et franchement, je suis peut être un gros bourrin, mais quand je voyais Liénard et Martin, après tout ce qu’ils avaient déjà fait comme courses durant plus de 90 minutes, continuer à sortir sur les adversaires désemparés pour venir leur taquiner les chevilles durant les arrêts de jeu, j’avoue j’ai pris mon pied comme jaja), il faudra continuer à le faire jusqu’à la fin de saison.

MAIS ! Hop hop hop ! Pas si vite l’arbitre, tu croyais vraiment que j’allais passer aussi rapidement sur ton cas ? Non parce que bon, autant je suis quelqu’un de courtois, autant je goûte modérément qu’on se foute de moi. Je ne suis absolument pas du genre à m’en prendre à l’arbitre à tort et à travers, j’avais par exemple trouvé Laurey ridicule, après le match pitoyable contre Troyes, à critiquer l’arbitre plutôt que ses joueurs. Je veux dire, c’est l’arbitre ou ton attaquant qui distribue les coups de pieds au adversaires ? Oui, voilà, c’est ce que je me disais.

Vous ne m’entendrez donc pas régulièrement prendre à parti l’homme en noir, ou en jaune fluo, ou qu’importe, mais là, je veux juste qu’on m’explique. Monsieur a donc jugé bon de laisser 9 minutes d’arrêts de jeu. Plus une trentaine de secondes en rab pour le décrassage, parce que bon, vous comprenez, pendant ces 9 minutes on a perdu du temps, donc on ne pouvait plus siffler à la 99′ pile. Alors déjà, ça c’est comme l’histoire d’Achille et la tortue,  c’est clair que si tu laisses 9 minutes d’arrêt de jeu, on jouera pas sans temps mort pendant tout ce temps. Moi je propose que la prochaine fois, on rajoute une demi-heure, et puis comme A s’est blessé pendant ce temps, ben on rajoute encore X minutes, et puis comme pendant ce temps B a eu des crampes, on rajoute encore Y minutes…

Mais bon bref, le scandale est pas là. Tu t’en sors vraiment bien parce que franchement, si on a un Parisien qui marque au bout de 97 minutes et 30 secondes de jeu, on fait quoi ? Keller serre la main à Nasser, les joueurs entre eux et on se quitte bons amis ? Et si un parisien égalise à la 93′, et met un doublé à la 98′, on dit quoi ? « Ah ben, y avait rien à faire, ils étaient vraiment plus forts ! » Donc, résumons. L’arbitre a été bon pendant tout le match, à même clairement été clément avec des joueurs comme Koné, Liénard et Martin, qui auraient pu prendre un carton plus tôt dans la rencontre. Nos deux buts sont marqués sur des appels dans la profondeur, qui n’étaient pas hors-jeu, et ont été parfaitement jugés. Je veux dire que, si il veut à tout prix qu’on perde, il peut s’y prendre autrement. Je ne sous-entend aucunement : 1) qu’il était mal intentionné, puisqu’il n’a avantagé personne jusqu’au pétage de plomb des arrêts de jeu ; 2) qu’il était acheté, puisque quand même, si les dirigeants parisiens croient qu’ils ont besoin de payer des arbitres pour battre Strasbourg, c’est que c’est vraiment les derniers des imbéciles.

Tout ce que je demande c’est une explication. Parce que là j’ai rien. Alors, oui, on a perdu quelques minutes pour la blessure de Kamara, et celle de Terrier. Soit. Maintenant, c’est pas la première fois qu’il y a des blessés dans un match de foot, en revanche c’est la première fois que je vois autant de temps supplémentaire. Par ailleurs, je signalerai juste qu’on a perdu plusieurs minutes en première mi-temps parce que Kimpembe avait pris un coup, et on a eu 1 minute d’arrêt de jeu ensuite…

Sans transition, les notes :

Kamara : 5/5
Très bon. Très rassurant sur ses sorties. C’était parfait.

Koné : 4/5
J’ai aimé ce petit côté « tu me dribbles, ok, je te descends ». Tant que c’est efficace et qu’il y a rien qui passe, je prend.

Mangane : 4/5
Comme son compère, ils ont bien géré face à des attaquants beaucoup plus rapide, sans leur laisser de place dans leur dos. Il a su être souvent bien placé, et notamment contrer pas mal de frappes, ce qui montre qu’il était au contact.

Seka : 5/5 (Bon, on ne vas pas être avare sur les 5/5, je préviens)
Extrêmement costaud. Le un contre un, il gère, même si c’est Di Maria et Alves en face, bat les couilles. S’est énormément battu, a cherché à monter et apporter le danger quand il pouvait, donne notamment un bon ballon à Martin au 20 mètres, qui rate ensuite complètement sa frappe.

Lala : 5/5
Si il n’y avait que des latéraux comme lui, Neymar n’aurait jamais fait carrière. Il serait surement devenu comptable, chargé de projet à la mairie du coin ou électricien, et on n’aurait jamais eu à voir sa tête. C’est dommage quand même…

Aholou : 5/5
Quand tu vois un joueur être très bon en Ligue 2, très bon jusque là en ligue 1, que là quand tu lui envoies en face un milieu avec un international français, un international allemand et un international argentin, et que le gars répond toujours présent, tu comprends que c’est du haut niveau. Il amène le coup franc en récupérant la balle, accélérant et éliminant trois parisiens, et ça a l’air facile.

Liénard : 5/5
Qu’est-ce que j’ai aimé ton match. Cette envie, ça faisait vraiment plaisir à voir. Je sais que t’es déçu parce que t’es pas reparti avec le mollet ou la cheville d’un adversaire sous le bras, mais on ne t’en veux pas. Et cette qualité technique, sous pression, une merveille.

Martin : 5/5
Le truc c’est que si je mets 5 à tout le monde ça veut plus rien dire, mais en même temps ce serait dégueulasse de mettre moins. Ce milieu a été très bon, a joué très intelligemment, et quant à toi tu t’es mué en deuxième Liénard, et Dieu sait que j’ai pas beaucoup de meilleurs compliments en stock.

Terrier : 3/5
Pour une fois t’as un peu moins que les autres, parce qu’on t’as moins vu, mais t’as vraiment fait ton boulot. Allez, m’en veux pas. Non, me regarde pas comme ça avec ta petite frimousse, je ne changerai pas d’avis !

Da Costa : 4/5
Un match bizarre. Alors déjà, t’as pas arrêté de courir dans tous les sens, et vraiment pour ça respect. Balle au pied c’était difficile, parce que tu t’es vraiment plusieurs fois dribblé toi-même. Mais à l’arrivée un but et une passe décisive, donc le bilan est très nettement positif.

Bahoken : 5/5
Excellent dos au but, beaucoup d’activité au pressing et dans les replis défensifs, parfois très bas. Un but sur sa seule occasion, et il était pas évident à mettre. Vraiment je ne peux pas demander mieux, ces derniers temps c’est une vraie montée en puissance !

Les remplaçants : Oukidja énorme, pour son premier match de ligue 1 de la saison, entré à l’heure de jeu, il a été bon sur les centres, et fait l’arrêt décisif en fin de match, félicitations !  Grimm a aidé à cadenasser, et Saadi… Bon, il s’est battu hein, mais le ballon n’est pas son ami….

Ah et je ne le fais pas d’habitude, mais un petit mot pour le coach. C’est aussi sa victoire, sa mise en place était vraiment bien pensée, et bien appliquée par ses joueurs. On aurait pu rester dans notre schéma en 4-4-2, mais il a préféré déplacer deux joueurs axiaux (Da Costa et Terrier) sur les côtés pour utiliser leur vitesse en contre et pour se replier vers l’axe en phase défensive plutôt que de simplement marquer les latéraux, ce qui était couillu comme choix, mais a parfaitement fonctionné. De plus, ça a permis de faire une place à Bahoken, ce qui a été une vraie réussite. Ce n’était pas forcément le choix de la facilité, puisqu’on aurait pu imaginer un milieu défensif de plus, comme Grimm, voire même un défenseur central de plus. Tout ceci montre que la meilleure tactique pour jouer le PSG n’est pas d’empiler les joueurs défensifs.

 

Et puisqu’il vaut mieux en rire qu’en pleurer :

Leonard Speck.

Leonard Speck

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