Troyes – Strasbourg (3-0) : la Verdam Mi académie livre ses notes

« Ils jouent vraiment au foot toute la semaine ? » L’œil d’un observateur avisé sur cette prestation.

Ici, on pousse la conscience professionnelle et l’identification à un club jusqu’à s’imprégner des manières de notre équipe : sérieux et application une fois tous les trois matchs, fainéantise, je-m’en-foutisme et incompétence le reste du temps. Donc, voici votre serviteur, cinq minutes sont passées depuis le but de Niane… devant son traitement de texte, se disant : « tu le savais mon grand, tu savais que ça allait arriver ». Effectivement, je n’apprends pas que cette équipe est irrégulière, je sais bien qu’elle a ses limites (et donc, visiblement, déjà Amiens c’est trop fort pour nous, mais Troyes aussi c’est injouable). Je suis aussi conscient du fait que le type qui porte le brassard de capitaine de cette équipe est une chèvre et que ses collègues en défense centrale inspirent autant de confiance que toi-quand-tu-veux-rentrer-en-caisse-le-week-end-à-5-heures-du-matin-que-tu-mets-une-demi-heure-à-trouver-tes-clés-et-à-ouvrir-la-portière-que-tu-commences-par-t-endormir-sur-le-volant-puis-réveillé-par-le-klaxon-quand-t-as-voulu-te-retourner-tu-te-décides-à-y-aller-sans-mettre-de-lumières-et-en-y-voyant-à-peine-à-deux-mètres-devant-toi.
En gros, tu sais que tu vas droit dans le mur, mais est-ce que t’as vraiment le choix ?
Non, c’était en août qu’il y avait un mercato où tu pouvais te trouver un Sam, maintenant faut se débrouiller avec ce que t’as.

Donc, me voilà à devoir académiser une rencontre où je dois décrire le néant. Un réel exercice de style. Mon dégoût à cet instant n’a d’égal que l’indigence de la « performance » de cette équipe. Un petit mot quand même pour les quelques uns qui ont pensé à mouiller le maillot : ça fait plaisir, vous respectez un peu les gens qui vous soutiennent.
Après, on va pas se mentir, quand t’en es à féliciter les gars juste parce qu’ils ont donné ce qu’ils pouvaient, ça donne plus l’impression que tu viens d’assister à un match de pupilles qui viennent de commencer le foot plutôt que celui d’une équipe de professionnels. Mais bon voyons le côté positif, et rendons hommage à la mentalité de gagnant qui anime les leaders du Racing aujourd’hui : c’est vrai qu’on a rien à jouer dans cette ligue 1, au mieux on finit 15es, donc autant revenir en deuxième division pour jouer le titre. C’est vrai, ajouter une ligne à son palmarès, voilà l’objectif après lequel un vrai champion doit courir !

Résumons le match, cette partie titanesque à laquelle on vient d’assister, en 5 temps :

– 1. (en gros la première demi-heure). Ça commence pas vraiment pied au plancher : les joueurs de Troyes nous gênent par leur pressing et par la qualité de leur conservation de balle, ce qui fait qu’on a beaucoup de mal à trouver nos attaquants. C’est un peu brouillon, mais on n’est pas non plus particulièrement en danger.
– 2. Nuno Da Costa se dit que s’il continue sur la lancée de ses derniers matchs il va enterrer Idriss Saadi et priver la Ligue 1 de l’un de ses meilleurs joueurs. Dans un pur geste
d’altruisme il décide donc de se sacrifier, de laisser ses collègues à dix et de prendre une suspension bien méritée pour un tacle à la chevelure (pourtant peu fournie) de son adversaire du soir. Tout ça pour relancer la carrière de son coéquipier, vraiment, c’est beau, tu fais preuve d’un sacré esprit d’équipe Nuno.
– 3. La fin de la première mi-temps se déroule sans accrocs, on ne fait plus que défendre, mais sans vraie frayeur.
– 4. Durant la mi-temps, nos deux défenseurs centraux (pour combien de temps encore ?! Je crois bien qu’il y avait des scouts de tous les grands clubs européens en tribune pour les observer) ont une conversation. Alarmés par ce qu’ils ont vu à la fin de la première période, ils se disent que ça ne peut durer comme ça encore 45 minutes : leurs milieux de terrain et l’attaquant restant sont obligés de courir bien plus depuis la réduction à dix contre onze. Dans le but d’épargner toute cette dépense d’énergie, ils décident de faire une grève du marquage dès la 48e minute et de laisser l’attaquant troyen seul au point de penalty, à la réception d’un centre sur une attaque placée. Ainsi, se disent-ils, voyant le match leur échapper, leurs partenaires vont nécessairement se relâcher et, un deuxième but ne se faisant pas attendre bien longtemps, les Troyens vont tranquillement gérer l’avantage.
– 5. Tout se passe comme prévu, le match se finit dans l’indifférence générale, l’ennui étant la seule émotion provoquée par ce bien triste spectacle. Encore une mission accomplie
pour cap’tain Bako !


Les notes :

Oui, j’ai pas parlé de la compo, bon c’était la même que les derniers matchs, avec seulement Nogueira qui remplace Liénard, suspendu. Donc 4-4-2, milieu losange, qui, après l’exclusion est devenu un 4-4-1, milieu à plat. Quant au barème, je tiens à préciser que, afin de ne pas galvauder la note 0, ce qui pourrait faire croire qu’après tout, ça peut arriver à tout le monde ; j’ai choisi de la réserver pour les deux guignols de la défense centrale. Je pense que cela suffira à calmer tout le monde : là les joueurs sont prévenus, ça sert à rien de courir après le tête à toto, le capitaine a mis la barre si haute que ce sera difficile de suivre.

Kamara : 2/5
Abandonné par sa défense sur le premier but, il fait une sortie vraiment moyenne. Ça résume bien son match : ne respire toujours pas la confiance, mais c’est pas à lui que j’en veux ce soir.

Koné : 0/5
Je peux lui mettre tous les 0 que je veux, il s’en fout. De toute façon c’est sa réponse à tout. Un attaquant part dans la profondeur ? Il s’en fout. Un attaquant est seul dans la surface ? Il s’en fout. Il porte le brassard du club de mon cœur ? Il s’en fout.

Salmier : 0/5
Bon, lui est moins mauvais à la base, disons que c’était pas son jour.

Seka : 2/5
Notre meilleur défenseur central joue à gauche, c’est fabuleux. Thierry Laurey, tu es un personnage étrange.

Lala : 1/5
Je ne t’ai pas vu ce soir, et ça me fait de la peine.

Aholou : 1/5
Même commentaire que Lala, autant te dire que t’as pas choisi le bon jour pour te mettre à son niveau.

Nogueira : 1/5
J’ai dit que je mettrai zéro à personne d’autre, mais là quand même, reconnais que tu me rends pas la tâche facile.

Gonçalves : 2/5
Allez, t’as fait ce que t’as pu.

Martin : 2/5
Dans le jeu, très moyen, mais il a tenté. Et pour la première fois, a bien tiré les coup-francs, ce qui nous a donné nos seules chances de marquer.

Terrier : 3/5
Il ne pouvait pas faire plus. Il a fait des appels, s’est battu au pressing, mais n’était vraiment pas aidé ce soir.

Da Costa : Patrice Evra/5
No comment.

Les remplaçants : Bonne entrée de Grimm, il a été précis, impliqué et même dangereux (pour l’adversaire, oui, j’ai préféré précisé).
Sacko décevant, beaucoup trop de déchet, là t’as montré ton visage de Theo Walcott alsacien. Theo Walcköt ?
Saadi, entré à 5 minutes de la fin, a réussi à trouver la barre sur la seule balle qu’il a touché ou presque, décidément, c’est un danger permanent.

Bon, on se retrouve pour la réception de Rennes, d’ici là je sens que notre optimiste aura eu le temps de renaître. Malgré tout, allez les bleus ! Jetzt geht’s los !

Leonard Speck

3 Comments

  1. J’ai beaucoup de respect pour l’Alsace et ses réjouissances Leonard et je suis très heureux de vous voir parmi nous. Mais démarrer par une attaque envers Evra c’est vous exposer à de gros gros problèmes.

  2. Merci pour vos encouragements !
    Mais ne vous inquiétez pas, je crois qu’il y a méprise : ne pouvant noter une telle performance d’un point de vue sportif, j’ai pensé qu’un commentaire artistique s’imposait. Cette mention à l’ancien capitaine de notre sélection provenait uniquement d’un soucis de valorisation !
    Par ailleurs, grand amateur de danse, j’apprécie beaucoup Tonton Pat’, je n’ai pas peur de le dire :I love this game !

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