Le PSG paie son hystérie générale

Vous mangez des ortolans ?

Tout le monde, partout. Depuis 12h, l’hystérie est de mise. A tout seigneur, tout honneur, et parce qu’il faut s’en débarrasser rapidement, Barcelone a été grand de talent, c’est certain, mais a été géant d’y croire et ce, dès le lendemain de leur déroute parisienne. Un matraquage de cerveau sans aucune finesse a conditionné une volonté sans faille et une issue dont personne ne doutait, là-bas. Bizarrement, cela me rappelle un autre match il y a si longtemps et le PSG en était déjà l’acteur : les deux matchs contre le Steaua Bucarest. Malgré la défaite sur tapis vert (une connerie administrative qui a fait jouer Laurent Fournier suspendu) 0-3, le PSG avait sorti un match monstrueux pour un grand moment de football, pourtant très tôt dans la saison. Le Barca a donc fait plus que le Barca et qu’aucun autre club jusqu’à maintenant. Le PSG a donc fait pire que le PSG et qu’aucun autre club auparavant. C’est dingue. Il n’y pas de raison particulière de se moquer, il y a juste une incompréhension, une colère, une énorme colère qui efface tout sentiment de déception et de tristesse. Le PSG est éliminé, et alors, c’est le jeu, c’est le foot, c’est la compétition, cela arrive et à ce niveau, cela ne se joue pas à grand chose, y compris hier soir. De la même manière que le PSG ne met pas deux fois 4-0 au Barca si le match est rejoué, le PSG ne prendrait jamais 6 autres buts si le match d’hier soir était rejoué.

C’est incroyable, irréaliste et sans aucun sens commun, alors pourquoi y aurait-il de la mesure dans les commentaires d’après-match. Et il y en aura, beaucoup et pendant longtemps. Mais bordel, vous étiez où ? Vous pensiez à quoi ? Vous avez cru jouer qui en face ? Vous saviez qu’il y avait Messi, Iniesta, Neymar, Suarez, Piqué, Mascherano, Umtiti, Busquets, Rakitic, Rafinha ? Vous vous êtes vus où exactement ? Vous êtes des peintres, des billes, des blaireaux, des tocards, des gamins irresponsables, des amateurs, des petits joueurs, des ratés, des abrutis, indignes de l’espoir, de la confiance et de l’amour de vos supporters. Vous êtes la honte, la lie, la raclure de bidet, des sous-merdes, des sous-hommes, vous êtes le « h » de Hawaï, vous êtes indignes. Superbe ironie de l’histoire d’ailleurs, votre futur président est celui qui traduit le mieux le sentiment poisseux et putride que nous inspire votre cadavre ce matin : « indignité ». Ils ne vous reste plus rien, aucun titre national ne viendra racheter cet échec, cette branlée, ce suicide collectif en mondovision. Aucune mise à la porte, joueur, entraineur, dirigeants ne compensera cette étiquette de loser, de petit club, qui collera à ce club lors de chaque grande rencontre. Hier, le PSG, c’est la France de 1993, ce n’est pas juste une défaite d’une grande équipe comme la Hongrie 54 ou les Pays-Bas 74 ou la France de Séville 82. Ce n’est même pas le PSG qui perd contre Clermont-Ferrand en 97. Cette humiliation vous collera à la peau. Certains en sortiront plus grand, d’autres resteront à patauger dans cette fange. Mais surtout. Les supporters. Comment oserez-vous trouver une excuse, comment oserez-vous leur promettre une victoire, comment oserez-vous vous présenter avec le maillot qu’ils chérissent tant et que vous avez souillé devant l’Europe du football.

Il ne sera pas utile de rappeler qu’encore une fois un club français se viande dans les plus grandes largeurs dans cette compétition. Il ne sera pas utile de rappeler que depuis 20 ans, Lyon (et quelle belle équipe il y a 10 ans), Bordeaux, Monaco et Marseille ont fait aussi bien que le PSG, malgré les changements d’entraîneurs, de dirigeants et les nouveaux joueurs. Il ne sera pas utile de rappeler l’argent dépensé, le Barca en dépense au moins autant, les autres aussi, donc cela ne fait pas du PSG le bout de la chaîne alimentaire. Il est seulement indécent de se dire qu’un tel échec est possible, une telle faillite physique, mentale, tactique est possible à ce niveau. La dynamique du club, son image, sa planification imposent de faire plus. A titre de comparaison, et en reprenant des images éculées, ce n’est pas une fin de cycle, ce n’est pas un club à l’agonie, ce n’est pas un club qui ne sait plus gagner, comme Arsenal en est le si désespérant symbole depuis quelques temps déjà. Voilà une équipe perdue dans ses défaites en 1/8e depuis des années à tel point qu’elle ne sait plus rêver d’aller plus haut. Lyon a connu ce blocage et il est peu probable que l’équipe réapparaisse rapidement à ce niveau. Les autres n’ont connu que des succès ponctuels. Il est évident que le PSG laissera passer sa chance dans une ou deux saisons si le club ne sait pas monter un cran, qui ne serait qu’une demi-finale d’ailleurs. Il y a tant à apprendre, le gouffre est si grand entre ce match et le printemps 2018 où la même équipe devra vaincre ses démons face à un autre grand d’Europe. Tant de matchs sont à venir, à gagner pour se qualifier, il y a encore, et c’est tant mieux, tant d’incertitudes ne serait-ce que pour retrouver le PSG à la sortie des poules l’an prochain. Cette qualification, elle était là, tellement là, il fallait cette victoire. Il fallait cette victoire pour banaliser les qualifications et arrêter de parler d’exploit à chaque qualification du PSG. En 5 saisons de Ligue des Champions, le PSG ne s’est qualifié que 4 fois (Valence, Leverkusen et deux fois Chelsea). 4 fois sur un potentiel de 20 matchs. Moins d’une fois par saison, c’est ridicule, c’est insensé. Il ne grandit pas, il stagne, le club ne sait pas gérer ces événements et l’ambition et l’argent n’y font rien. Il ne suffit pas d’acheter, il faut jouer. Le rêve plus grand n’est plus suffisant et surtout pour des footballeurs, « la bonne longueur pour les jambes, c’est quand les pieds touchent bien par terre ». Le PSG a utilisé son joker « branlée historique », comme celui de la perte improbable d’un championnat avec le titre de Montpellier. L’erreur n’est plus permise et tellement lassante.

On me dit dans l’oreillette que le grand Xabi Alonso vient d’annoncer sa retraite. C’est le genre de nouvelle qui fait relativiser le match d’hier soir. La vraie perte pour le football est cette annonce.

Frantz-Christophe Van Dustgroski

Je travaille pour un employeur fantôme et ce n'est pas un emploi fictif. Je parle comme je veux de ce que je veux quand je veux. Tu n'es pas obligé d'aimer. Tu n'es pas obligé de lire. Tu es obligé de savoir que je suis là

8 Comments

  1. Moi hier j’ai bien ri. Et je ris encore. Merci Paris, vous êtes magique. Ce Very Bad Trip est le meilleur de la série, surement la comédie de l’année ! 3 semaines que les supporters parisiens chantent, et bien dansez maintenant !!!

  2. J’ai vu ce matin des thèses complotistes apparaître. En fait, c’est un coup monté des qatariens qui ont arrangé le score du match aller pour faire monter les côtes et permettre un grand spectacle au retour de leur meilleur produit d’appel. Cela me paraît tenir la route.

    • J’ai vu ça aussi et j’ai continué de rire. Je n’avais pas ri autant depuis fort longtemps. Ne manque plus qu’un résumé du match avec la musique de Benny Hill en fond. Merci aux qarisiens d’être redevenu en une soirée la risée de l’Europe, et bien plus encore !
      Fantastique tweet de Avi Assouly.
      https://twitter.com/assouly/status/839598855956148226

  3. Le monde ne tourne pas autour de vous, chers Parisiens. N’aimant pas le PSG et haïssant le Barca, ce match m’a à peine fait plus froid que chaud.

    À part ça, cet édito lu très en diagonale m’a rappelé PLF.

    • Ha ! Ha !
      Je vous tiens vous ; serait-il possible que l’on ait ceci en commun ? Le mot que vous cherchez est : grotesque.
      Surtout si lespagnols sont éliminés au tour suivant..

      • J-je euh merci JPR.
        Dois-je saisir le mot que vous me tendez? J’ai peur de ne plus être compris.

        Appel à témoignages: que dois-je faire?

        • Ne bouge pas. Quelqu’un vient te chercher…

  4. J’ai cru à du second degré au départ, pensant que vous alliez lutter contre ceux qui se font fort de chier sur le PSG ( précision: je n’ai que foutre de ce club) après cette défaite. En fait non, vous vous joignez à la caravane; donc à tout le moins rien de neuf dans ce papier. Vous avez sans doute raison de dire en parlant des 8ème que le psg s’y heurte depuis tant d’années (« équipe perdue dans ses défaites en 8ème ») on attend impatiemment qu’il passe les quart, ça fait si longtemps (un an quand même!!). Cher ami, j’apprécie votre côté engagé, mais choisissez vos causes et Bon Dieu, proposez un regard nouveau au lieu d’aboyer avec la meute, vou n’en serez que plus grand!

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