Enzo fait rimer L1 avec Poquelin

Est-ce un dommage collatéral de l’émergence de Laurent Wauquiez dans le paysage médiatique français ? En tout cas, Enzo fait le choix d’appliquer la clause Molière.

 

En ce moment à l’école on apprend le texte théâtral avec la maîtresse. C’est très rigolo le théâtre, on a même fait des répétitions, et pour le spectacle de fin d’année il faut qu’on refasse un passage du livre de molière qui s’appelle « Le bourgeois gentilhomme ».

Moi comme je suis bavard et que je parle beaucoup en classe, la maîtresse elle a décidé que j’aurai un rôle important dans la pièce.

Ma maman elle m’a promis qu’elle me ferait un costume pour le spectacle de fin d’année, j’espère juste que ça ne sera pas trop ridicule.

Alors comme je suis en train de commencer à apprendre mes dialogues du bourgeois gentilhomme et que je m’ennuie un peu à tout apprendre par cœur, j’ai décidé de les adapter à la ligue 1 pour que ce soit plus simple à retenir.

Par exemple, là, c’est l’acte III et ça permet de mieux comprendre ce qui s’est passé à Lille la semaine dernière.

 

Distribution des rôles :

Gérard lopez dans le rôle de Cléonte, louisse campos dans le rôle de Covielle, martchélo bielsa dans le rôle de Lucile et diégo réyes, l’adjoint de martchélo bielsa, dans le rôle de nicole.

 

Lucile, cléonte et covielle

 

Acte III – scène 9

Gérard lopez vient de croiser martchélo bielsa à Luchin, mais ce dernier ne l’a pas salué, encore bouleversé par la visite qu’il a donnée à son ami Luis Maria Bonini, très souffrant. Louisse campos saute sur l’occasion pour susurrer à gérard Lopez que si martchélo bielsa est parti 2 jours au chili c’était pour rencontrer arturo salah, le président de la fédération chilienne de football.

 

LOPEZ.- Quoi, traiter un président de la sorte, et un président le plus fidèle, et le plus passionné de tous les présidents ?

CAMPOS.- C’est une chose épouvantable, que ce qu’on nous fait à tous deux.

LOPEZ.- Je fais voir pour un entraîneur toute l’ardeur, et toute la tendresse qu’on peut imaginer ; je n’aime rien au monde que lui, et je n’ai que lui dans l’esprit ; il fait tous mes soins, tous mes désirs, toute ma joie ; je ne parle que de lui, je ne pense qu’à lui, je ne fais des songes que de lui, je ne respire que par lui, mon cœur vit tout en lui : et voilà de tant d’amitié la digne récompense ! Je suis deux jours sans le voir, qui sont pour moi deux siècles effroyables ; je croise martchélo bielsa par hasard ; mon cœur à cette vue se sent tout transporté, ma joie éclate sur mon visage ; je vole avec ravissement vers lui ; et l’infidèle détourne de moi ses regards, et passe brusquement comme si de sa vie il ne m’avait vu !

CAMPOS.- Je dis les mêmes choses que vous.

LOPEZ.- Peut-on rien voir d’égal, louisse, à cette perfidie de l’ingrat martchélo?

CAMPOS.- Et à celle, Monsieur, du pendard de diégo réyes ?

LOPEZ.- Après tant de sacrifices ardents, de soupirs, et de vœux que j’ai faits à ses charmes !

CAMPOS.- Après tant d’assidus hommages, de soins, et de services que je lui ai rendus dans ce beau domaine de Luchin !

LOPEZ.- Tant de larmes que j’ai versées à ses genoux pour lui demander d’arrêter de titulariser nicolas pépé en numéro 9 !

CAMPOS.- Tant de joueurs que j’ai mis dans le loft rien que pour lui !

LOPEZ.- Tant d’ardeur que j’ai fait paraître à le chérir plus que moi-même, allant même jusqu’à accepter que le brassard de capitaine soit donné à ibrahim amadou !

CAMPOS.- Tant de chaleur que j’ai soufferte à construire un effectif si bancal !

LOPEZ.- Il me fuit avec mépris !

CAMPOS.- Il me tourne le dos avec effronterie !

LOPEZ.- C’est une perfidie digne des plus grands châtiments.

CAMPOS.- C’est une trahison à mériter mille soufflets.

LOPEZ.- Ne t’avise point, je te prie, de me parler jamais pour lui.

CAMPOS.- Moi, Monsieur ! Dieu m’en garde.

LOPEZ.- Ne viens point m’excuser l’action de cet infidèle.

CAMPOS.- N’ayez pas peur.

LOPEZ.- Non, vois-tu, tous tes discours pour le défendre, ne serviront de rien.

CAMPOS.- Qui songe à cela ?

LOPEZ.- Je veux contre lui conserver mon ressentiment, et rompre ensemble tout commerce. Tiens, poste pour moi ce recommandé où je lui signifie sa mise à pied immédiate.

CAMPOS.- J’y consens.

LOPEZ.- Ce Monsieur Arturo Salah chez qui il se rend sans cesse, lui donne peut-être dans la vue ; et son esprit, je le vois bien, se laisse éblouir à la qualité. Mais il me faut, pour mon honneur, prévenir l’éclat de son inconstance. Je veux faire autant de pas que lui au changement où je le vois courir, et ne lui laisser pas toute la gloire de me quitter.

CAMPOS.- C’est fort bien dit, et j’entre pour mon compte dans tous vos sentiments.

LOPEZ.- Donne la main à mon dépit, et soutiens ma résolution contre tous les restes de loyauté qui me pourraient parler pour lui. Dis-m’en, je t’en conjure, tout le mal que tu pourras. Fais-moi de sa personne une peinture qui me la rende méprisable ; et marque-moi bien, pour m’en dégoûter, tous les défauts que tu peux voir en lui. N’hésite pas à me rappeler tous ces tirs dévissés de nicolas pépé et tous ces tosses perdus par ibrahim amadou.

CAMPOS.- Lui, Monsieur ! Voilà un bel hystérique, un 3-3-3-1 si insensé, pour vous donner tant d’amour ! Je ne lui vois rien que de très médiocre, et vous trouverez cent personnes qui seront plus dignes de vous. Premièrement, il a les yeux petits.

LOPEZ.- Cela est vrai, il a les yeux petits ; mais il les a pleins de passion, les plus brillants, les plus perçants du monde, les plus touchants qu’on puisse voir.

CAMPOS.- Il a la bouche grande.

LOPEZ.- Oui ; mais on y entend des discours qu’on n’entend point aux autres bouches ; et cette bouche, en la voyant, inspire des rêves, est la plus attrayante, la plus motivante du monde.

CAMPOS.- Pour sa taille, elle n’est pas grande.

LOPEZ.- Non ; mais elle est aisée, et bien prise.

CAMPOS.- Il affecte une nonchalance dans son parler, et dans ses actions.

LOPEZ.- Il est vrai ; mais il a grâce à tout cela, et ses manières sont engageantes, ont je ne sais quel charme à s’insinuer dans les cœurs.

CAMPOS.- Pour de l’esprit…

LOPEZ.- Ah ! il en a, Louisse, du plus fin, du plus délicat.

CAMPOS.- Sa conversation…

LOPEZ.- Sa conversation est charmante.

CAMPOS.- Elle est toujours sérieuse.

LOPEZ.- Veux-tu de ces enjouements épanouis, de ces joies toujours ouvertes ? et vois-tu rien de plus impertinent, que des entraîneurs qui rejettent la faute sur l’arbitre à tout propos ?

CAMPOS.- Mais enfin il est capricieux autant que personne du monde.

LOPEZ.- Oui, il est capricieux, j’en demeure d’accord ; mais tout sied bien aux passionnés, on souffre tout des passionnés.

CAMPOS.- Puisque cela va comme cela, je vois bien que vous avez envie de l’aimer toujours.

LOPEZ.- Moi, j’aimerais mieux mourir ; et je vais le haïr autant que je l’ai aimé.

CAMPOS.- Le moyen, si vous le trouvez si parfait.

LOPEZ.- C’est en quoi ma vengeance sera plus éclatante ; en quoi je veux faire mieux voir la force de mon cœur, à le haïr, à le quitter, tout passionné, tout plein d’attraits, tout aimable que je le trouve. Le voici.

 

 

***EXCLUSIF *** Festival mondial des marionnettes de Charleville-Mézières : cette année, louisse campos viendra accompagné de son nouveau jouet.

 

 

Acte III – Scène 10

Diégo réyes et martchélo bielsa entrent dans la pièce.

 

RÉYES.- Pour moi, j’en ai été tout scandalisé.

BIELSA.- Ce ne peut être, Diégo, que ce que je dis. Mais le voilà.

LOPEZ.- Je ne veux pas seulement lui parler.

CAMPOS.- Je veux vous imiter.

BIELSA.- Qu’est-ce donc, gérard ? qu’avez-vous ?

RÉYES.- Qu’as-tu donc, louisse ?

BIELSA.- Quel chagrin vous possède ?

RÉYES.- Quelle mauvaise humeur te tient ?

BIELSA.- Êtes-vous muet, gérard ?

RÉYES.- As-tu perdu la parole, louisse ?

LOPEZ.- Que voilà qui est scélérat !

CAMPOS.- Que cela est Judas !

BIELSA.- Je vois bien que la rencontre de tantôt a troublé votre esprit.

LOPEZ.- Ah, ah, on voit ce qu’on a fait.

RÉYES.- Notre accueil de ce matin t’a fait prendre la mouche.

CAMPOS.- On a deviné l’entourloupe.

BIELSA.- N’est-il pas vrai, Gérard, que c’est là le sujet de votre dépit ?

LOPEZ.- Oui, perfide, ce l’est, puisqu’il faut parler ; et j’ai à vous dire que vous ne triompherez pas comme vous pensez de votre infidélité, que je veux être le premier à rompre avec vous, et que vous n’aurez pas l’avantage de me chasser. J’aurai de la peine, sans doute, à vaincre l’amour que j’ai pour vous ; cela me causera des chagrins : je souffrirai un temps ; mais j’en viendrai à bout, et je me percerai plutôt le cœur, que d’avoir la faiblesse de retourner à vous.

CAMPOS.- Je n’aurais pas mieux dit.

BIELSA.- Voilà bien du bruit pour un rien. Je veux vous dire, Gérard, le sujet qui m’a fait ce matin éviter votre abord.

LOPEZ.- Non, je ne veux rien écouter.

RÉYES.- Je te veux apprendre la cause qui nous a fait passer si vite.

CAMPOS.- Je ne veux rien entendre.

BIELSA.- Sachez que ce matin…

LOPEZ.- Non, vous dis-je.

RÉYES.- Apprends que…

CAMPOS.- Non, traître.

BIELSA.- Écoutez.

LOPEZ.- Point d’affaire.

RÉYES.- Laisse-moi dire.

CAMPOS.- Je suis sourd.

BIELSA.- Gérard.

LOPEZ.- Non.

RÉYES.- Louisse.

CAMPOS.- Point.

BIELSA.- Arrêtez.

LOPEZ.- Chansons.

RÉYES.- Entends-moi.

CAMPOS.- Bagatelle.

BIELSA.- Un moment.

LOPEZ.- Point du tout.

RÉYES.- Un peu de patience.

CAMPOS. dans sa barbe– Toquard.

BIELSA.- Deux paroles.

LOPEZ.- Non, c’en est fait.

RÉYES.- Un mot.

CAMPOS.- Plus de commerce.

BIELSA.- Hé bien, puisque vous ne voulez pas m’écouter, demeurez dans votre pensée, et faites ce qu’il vous plaira.

RÉYES.- Puisque tu fais comme cela, prends-le tout comme tu voudras.

LOPEZ.- Sachons donc le sujet d’un si bel accueil.

BIELSA.- Il ne me plaît plus de le dire.

CAMPOS.- Apprends-nous un peu cette histoire.

RÉYES.- Je ne veux plus, moi, te l’apprendre.

LOPEZ.- Dites-moi…

BIELSA.- Non, je ne veux rien dire.

CAMPOS.- Conte-moi…

RÉYES.- Non, je ne conte rien.

LOPEZ.- De grâce.

BIELSA.- Non, vous dis-je.

CAMPOS.- Par charité.

RÉYES.- Point d’affaire.

LOPEZ.- Je vous en prie.

BIELSA.- Laissez-moi.

CAMPOS.- Je t’en conjure.

RÉYES.- Ôte-toi de là.

LOPEZ.- Martchélo.

BIELSA.- Non.

CAMPOS.- Diégo.

RÉYES.- Point.

LOPEZ.- Au nom de Pierre Mauroy !

BIELSA.- Je ne veux pas.

CAMPOS.- Parle-moi.

RÉYES.- Point du tout.

LOPEZ.- Éclaircissez mes doutes.

BIELSA.- Non, je n’en ferai rien.

CAMPOS.- Guéris-moi l’esprit.

RÉYES.- Non, il ne me plaît pas.

LOPEZ.- Hé bien, puisque vous vous souciez si peu de me tirer de peine, et de vous justifier du traitement indigne que vous avez fait à ma flamme, vous me voyez, ingrat, pour la dernière fois, et je vais loin de vous mourir de douleur et d’amour.

CAMPOS.- Et moi, je vais suivre ses pas.

BIELSA.- Gérard.

RÉYES.- Louisse.

LOPEZ.- Eh ?

CAMPOS.- Plaît-il ?

BIELSA.- Où allez-vous ?

LOPEZ.- Où je vous ai dit.

CAMPOS.- Nous allons mourir.

BIELSA.- Vous allez mourir, Gérard ?

LOPEZ.- Oui, cruel, puisque vous le voulez.

BIELSA.- Moi, je veux que vous mouriez ?

LOPEZ.- Oui, vous le voulez.

BIELSA.- Qui vous le dit ?

LOPEZ.- N’est-ce pas le vouloir, que de ne vouloir pas éclaircir mes soupçons ?

BIELSA.- Est-ce ma faute ? Et si vous aviez voulu m’écouter, ne vous aurais-je pas dit que l’aventure dont vous vous plaignez, a été causée par la terrible maladie d’un de mes plus proches, qui veut à toute force, de ma présence honorer son chevet ; qui perpétuellement m’a aidé à être qui je suis, et me figure comme l’homme le plus bon que l’on puisse rencontrer en une vie ?

RÉYES. – Voilà le secret de l’affaire.

LOPEZ.- Ne me trompez-vous point, Martchélo ?

CAMPOS.- Ne m’en donnes-tu point à garder ?

BIELSA.- Il n’est rien de plus vrai.

RÉYES.- C’est la chose comme elle est.

CAMPOS.- Nous rendrons-nous à cela ?

LOPEZ.- Ah, Martchélo, qu’avec un mot de votre bouche vous savez apaiser de choses dans mon cœur ! et que facilement on se laisse persuader aux personnes qu’on aime !

CAMPOS. quittant la pièce – Qu’on est aisément amadoué par ces diantres d’animaux-là ! Je m’en vais de ce pas poster ce recommandé, de peur qu’il ne lui vienne à l’idée de ne plus le virer.

 

[NDLR : Adapté des scènes 9 et 10 de l’Acte III du Bourgeois Gentilhomme (textes originaux ici)]

 

 

Les premiers du championnat après 14 journées :

Le départ de martchélo bielsa n’a pas arrangé les choses à lille, puisque les lillois sont maintenant 19e avec 2 points de retard sur le 18e, qui est … nice après sa grosse défaite 5 à 0 à domicile contre lyon !

En haut du classement, paris a battu monaco et prend du coup 9 points d’avance sur monaco et lyon, et 10 points sur l’ohème.

Bordeaux et saint-étienne n’arrivent toujours pas à gagner un match, et ils se retrouvent donc loin des 4 premiers.

Caen s’accroche, même s’ils ont rémy vercoutre.

 

Le but du wikène : celui de léo messi contre valence

 

Enzo

3 Comments

  1. Le plus triste avec ce départ de Bielsa, ça va être d’arrêter de lire « martchélo » dans tes papiers Enzo. Or, j’ai lire « martchélo » c’est très agréable à lire, c’est quasi de l’asmr phonétique.

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