J’ai testé pour vous : San Paolo

Des pizzas et du football. Que demande le peuple ?

Quel est l’intérêt de s’organiser un petit roadtrip si on ne place pas une ou deux étapes footballistiques dans le périple ? Je vous le demande ma bonne dame. D’autant plus si nous parlons de l’Italie. Place mondiale du ballon rond dans les 90’s, les Italiens sont encore capables de nous produire des ambiances comme il en existe rarement ailleurs. Il aura simplement fallu faire coïncider une ville de football dans le périple, et nous voilà à un Napoli-Torino qui a (presque) de l’enjeu (si ces cons de Turinois n’avaient pas gâché les rêves Napolitains) pour ce dernier match à domicile de la saison. Et quand on supporte un club de saucisses comme le FC Metz, il est toujours bon de se rappeler que le vrai football existe ailleurs.

Aller au stade : 4/5

Avant d’aller au San Paolo, il faut évidement se procurer un fameux sésame. Et ça mes amis, c’est un peu plus compliqué que la table de 3. J’active les réseaux (Twitter en fait), obtiens des numéros, envoie des textos, reçois des conseils. C’est quoi comment qu’on fait pour avoir une saloperie de billet ? En ligne, c’est impossible sans être abonné. Il faut trouver un point de vente. Alors non seulement, je me pointe au stade un jour avant la rencontre en pensant vraiment y aller, mais en plus je me fais trimballer par les vigiles du stade qui m’envoient arpenter une rue au hasard sur la carte. Pezzo di mierda comme on dit localement. Je trouve finalement un point de vente proche du stade… fermé. C’est ici que la magie Napolitaine fait effet. Un vieux, à l’affut entre deux Fiat mal garées (#cliché) m’alpague en italien et comprend que je donnerai ma mère pour aller voir le match de demain. Il me fait monter dans sa voiture, me conduit jusqu’à un point de vente ouvert et va lui-même m’acheter la place et me ramène au point de rencontre, en m’extorquant au passage de 15€. Le service à l’italienne. Vous apprendrez au passage qu’on se fout bien de votre gueule si vous daignez attacher votre ceinture dans une voiture à Naples.

Retour le lendemain en ville, pour arpenter les rues avant de découvrir le bouillant San Paolo. Sur recommandation, je m’en vais tester 50kalo, pizzeria hautement renommée. Le verdict est sans appel : On tient là la meilleure pizza de toute ma vie. Chaque bouchée est un contrôle orienté de Zinédine Zidane. Au moment de demander comment se rendre au Stade au serveur, trois personnes s’arrêtent de manger pour me l’expliquer. Cela donne l’ampleur presque religieuse d’aller voir le Napoli jouer.

Pour s’y rendre donc, c’est finalement assez facile. On saute dans le métro ligne 2, on descend à Napli Campi Flegrei, et on se laisse porter par la foule.

Alors oui, vu comme ça, on se demande ce que c’est que ce truc rond en plein milieu d’un parking. Il suffit de passer les portes pour comprendre.

Sur le chemin de la gare au stade, du presque classique : Vendeurs à la sauvette d’écharpes et maillots en tout genre, de maïs grillé, de saucisses qu’on donnerait peut-être même pas au chien et, plus insolite, de mini fioles d’alcool à planquer où on veut dans son anatomie pour les faire entrer dans l’enceinte du stade. Les différents contrôles se passent bien, si on tolère se faire fouiller par une Napolitaine qui prend beaucoup trop de plaisir à vérifier la fermeté de mon postérieur. Au moins le fait elle avec le sourire.

La gueule du truc : 4/5

Certes, d’extérieur ça ne paye pas de mine. Mais une fois à l’intérieur, c’est une claque magistrale orchestrée par les clameurs des deux « curva », ces fameux virages italiens où se massent les ultras. 40 minutes avant le coup d’envoi, et ça se donne déjà comme en finale de Coupe du Monde. Les poils se lèvent à répétition, et on se surprend même à sauter sur place lors de nombreux « Qui ne saute pas est un Juventini ». Une pelouse impeccable, des gradins bien cradingues, et des milliers, que dis-je, des dizaines de milliers de tuniques bleues et blanches, qui s’en donne à coeur joie. Un regret : cette saloperie de piste d’athlétisme qui entoure le terrain et nous éloigne bien du spectacle, surtout quand lorsque que comme moi, on est situé derrière un but.

Toi aussi, trouve où j’ai foiré mon panorama et gagne le droit de t’asseoir sur ton pouce.

Si les places sont libres devant moi, c’est parce que les projectiles pleuvent en nombre depuis la Curva A superiore, juste au-dessus de cet emplacement. Tous les habitués se sont retranchés à l’abri, derrière moi. Et c’est logique : il tombe régulièrement des chips, mégots et bouteilles d’eau. Un repas complet.

L’ambiance : 5/5

Ca va être compliqué de faire mieux. Bien avant le coup d’envoi, tout le stade s’échauffe la voix. La chose prend vraiment de l’ampleur au moment de l’annonce des compositions par le fameux speaker. Un exemple pour le monde du football.

Je vous laisse juger par vous-même.

Ca dure comme ça tout le match. Les deux curve se répondent, suivies par tout le stade. Une véritable ambiance de football. On ne va pas se mentir, il y a aussi du touriste. Mais tout le monde se prend au jeu. Les poils se soulèvent, régulièrement. Surtout sur le premier but, signé Mertens. Les fils, pères et grand-pères chantent et applaudissent à tout rompre. C’est à vivre, une fois dans sa vie.

Le match : 3/5 

Je concède avoir régulièrement décroché mes yeux de la pelouse pour observer le spectacle en tribune, tant il était beau et intense. Si Napoli parvient à ouvrir le score sur une énorme bourde de Burdisso (qui a dit que c’était truqué ?) qui profite à Mertens, le Torino reviendra au score en début de seconde mi-temps, posant un semblant de climatisation sur le San Paolo. Hamsik parviendra à tromper le vénérable Salvatore Sirigu à la 71e minute pour relancer de plus belle le vacarme du San Paolo, avant de se faire éteindre à nouveau par Torino dans les dix dernières minutes, pour un score final 2-2. Arrivederci le Scudetto.

Naples a bien souvent eu l’occasion de tuer le match, mais trop d’imprécisions ou de mauvais choix dans les vingts derniers mètres ont eu raison de la victoire. Les joueurs nous offriront un petit tour d’honneur  pour ce qui est, je crois, leur dernière à domicile de la saison.

Pour conclure, le San Paolo est une expérience que je recommande à tout amoureux du football qui se respecte.

Le point guide du routard : NN/5

Vu la circonférence de la pizza engloutie le midi, la faim ne s’est pas fait ressentir avant tard le soir. Et si les vendeurs de chips/coca/eau à 2€ sont nombreux à arpenter les travées du stade, je ne me suis pas laissé tenter. Ni même par les projectiles comestibles qui tombaient du ciel. Et pas plus par les cacahuètes grillées, Tennent tièdes (que vient faire une bière écossaise ici ? Je ne sais pas) et diverses saucisses proposées aux abords du San Paolo. Je ne suis pas à jour dans mes vaccins, donc faut pas déconner.

Aller voir un match au San Paolo : Comment ça marche ?

Si on s’organise un minimum, on peut s’en sortir. On connait soit quelqu’un qui peut obtenir une place pour vous, en échange d’un bisou et d’un café, soit on se débrouille pour trouver un point de vente sur place, ou dans une grande ville Italienne (à Rome, par exemple). Tarif pas excessif (14.50€ pour un match en curva inferiore), si tant est qu’on ne se fait pas extorquer par un vieil italien plus ou moins serviable, mais aimable.

Un fois le précieux sésame en poche, il n’y a plus qu’à se laisser porter par l’ambiance. Qui, au risque de me répéter, est vraiment à vivre.

Grazie mille

C’est donc ça, le football.

Kast & Deuch

Klass & Deuch

2 Comments

  1. La scène de l’achat du billet est mythique… Tu n’as pas eu peur de te retrouver vendu à un quelconque prince avec des vues lubriques sur tes bouclettes ?

    En tout cas, si le but c’était de me donner envie de voir Naples : C’est gagné.

    • J’avoue que je n’étais pas tout à fait serein à l’idée de suivre ce vieux, surtout dans une ville comme Naples. Mais il avait l’air sincère, on ne plaisante pas avec Napoli.

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