J’ai testé pour vous : le stade Hernando Siles de la Paz

Vous visitez un stade, vous avez envie d’en parler ailleurs que sur Facebook, parce que vos amis s’en foutent ? Faîtes donc comme notre gentil lecteur Señor Pocket qui nous a adressé un gentil mail et un joli article narrant sa visite d’une enceinte qui n’a même pas besoin de public pour être terriblement hostile aux visiteurs.

Le Stade le plus haut du monde, le mot est lancé… Enfin le stade international le plus haut du monde. Niché en plein centre-ville à 3640 mètres d’altitude le Stade Hernando Siles fascine et inquiète (surtout les adversaires millionnaires qui auraient préféré rester calés à la maison regarder ses coéquipiers les mains sur les hanches dès la 5e minute).

Mise en situation :

Un match au Hernando Siles suscite autant d’engouement de la part des adversaires qu’une soirée Cranium avec Keanu Reeves et Jérémy Matthieu. Avec les effets de l’altitude, on sait qu’on va avoir le souffle coupé, un soleil de plomb et une horde de petits bonhommes verts aux crampons acérés qui vont vous attendre dans votre moitié de terrain pour mieux vous contrer. Et c’est bien plus efficace qu’une passe en retrait de Yanovski contre les Girondins de Bordeaux au Parc, les Boliviens ont joué les troublions dans les qualifications pour la zone AMsud en gagnant ici contre l’Argentine (Messi suspendu) et l’ennemi héréditaire chilien.

Aller au Stade 3+/5 :

Rien de plus simple, comme il se situe dans en centre-ville dans un quartier animé, il est très facile de s’y rendre. On prend le TRUFI/MINI, sorte de mini-bus ou de voiture à 7 places dont la ville regorge (on en compterai 10 000 dans la capitale) avec le petit écriteau indiquant STADIUM. Ça va, pas besoin de prendre des cours de castillan avec Piqué pour se débrouiller.
Ci-dessous la procédure à appliquer pour arriver à bon port :
1. Demander au sympathique chauffeur de vous alerter quand on arrive au Stade
2. Demander à votre voisin de vous indiquer de vous alerter quand on arrive au Stade
3. Rentrer tes genoux pour laisser descendre le voisin sensé t’alerter
4. Regretter de ne pas avoir téléchargé la carte de La Paz sur Google Maps
5. Demander à un autre voisin de t’alerter quand on arrive au Stade
6. Faire preuve d’un peu de jugeotte, regarder par la fenêtre et guetter les maillots verts
7. Prendre l’accent d’Omar Da Fonseca et crier « Me quedo a la esquina » quand tu penses arriver
8. Descendre et régler ta course au chauffeur (2 ou 2,60 Bolivianos, soit 25 ou 31 centimes d’euros en fonction de votre point de départ)
9. Te faire pourrir par les autres chauffeurs de TRUFI car t’as du mal à trouver la monnaie dans le fond de la poche
10. Faire un tour sur la place Tejada Sorzano juxtaposant le Stade, reconstitution du temple souterrain du site Inca de Tiwanaku (à 70 km de La Paz). Histoire d’épater les collègues à la machine à café en montrant que tu t’es aussi cultivé.


La gueule du truc 3+/5:

Inauguré en 1931, le stade accueille les matchs à domicile du Bolivar, des Tigres et La Paz FC. Maintes fois remis en cause pour l’altitude, on sent que les pouvoirs publics font attention à ce qu’il soit toujours en adéquation avec la règlementation FIFA. Il est facile d’y entrer et sortir, la police fait respecter la numérotation des billets. Tout est propre (sauf les toilettes, tradition de stade oblige) et les sièges agréables (pour 1 modique boliviano les augustes fessiers les plus délicats pourront s’offrir le luxe de rajouter une plaque de polystyrène). Les personnes à peau javel préférons la tribune BUTACA à l’ombre (les matchs internationaux se jouant souvent vers 16h et à cette altitude, encore elle, le soleil tape fort, très fort), les plus téméraires iront en Général avec lunettes de montagne, chapeau de chantier North Face contrefait acheté calle Illampu (pourtant le vendeur m’a certifié que c’était un vrai !) et une moitié de tube de crème solaire de 200 ml sur la tronche (contrefait aussi puisque le beau Nivea acheté par Maman est resté au contrôle de sûreté de Roissy).

Ambiance 2/5 :

Bien que le pays adore le bruit (musique, carnaval, feux d’artifice récurrents, alarmes de véhicules, même le camion poubelle faisait un vacarme du feu de Pauleta dans les rues…) l’ambiance au stade est très calme. A part l’hymne nationale, les buts ou bien des différences d’interprétation au sujet des décisions de l’arbitre, on est sagement assis, on regarde le match, on commente, on mange et certains écoutent la radio. L’ambiance est très familiale, le pays ne souffre pas de problème de violence dans les stades.

 

Le match1/5 :

Match de gala pour les 2 équipes (avant la partie les locaux étaient déjà éliminés et les visiteurs qualifiés), le match se termine sur un 0-0 grâce au gardien bolivien Carlos Lampe auteur de 4 parades sur le seul Neymar (dont une du nez) et 2 sur autres les porteurs d’eau brésiliens. A noter la barre trouvée par la Bolivie juste avant la pause casse-croûte. A renoter la capacité brésilienne à choisir ses contres, à les jouer à fond donc éviter de se cramer (encore à cause du manque d’oxygène) et de s’exposer à une Bolivie qui n’attend que ça. Des Boliviens vivaces comme à leur habitude mais dont la qualité technique ne leur a pas permis, cette fois-ci, d’exploiter à fond l’avantage du terrain.

Le match n’a pas manqué d’anecdotes :

  • Un groupe brésilien au complet affichant sa volonté de vouloir gagner tous ses matchs même dans les pires conditions alors qu’il est déjà qualifié avant le match
  • Présence d’un bolivien d’origine brésilienne sur la photo d’équipe brésilienne
  • Le gardien bolivien a reçu le trophée de joueur du match, enfin le maillot du match de Neymar des mains de ce dernier
  • Photo « AHURRISSANTE» de récupération des brésiliens qui ne va pas manquer d’apporter de l’eau au moulin des détracteurs du stade (non anal) international le plus haut du monde

 

Le point guide du routard4+/5 :

Bien que l’alcool ne soit pas autorisé dans le stade, cela n’est pas une excuse valable pour bouder l’enceinte. On trouve la nourriture typique locale : sandwich de Chola, chicharron, glace à la cannelle, eau sucrée à la pêche et boissons gazeuses impérialistes pour les moins aventureux gastriques.

Une fois la fin du match précipite-toi dehors pour déguster les anticuchos (brochette de cœur de bœuf mariné, ne vous fiez pas au descriptif la viande est moelleuse et vraiment savoureuse) qui grillent dehors accompagné d’une Paceña fournie par les échoppes aux alentours.

Conclusion :

Si tu ne vas sûrement pas te régaler niveau football, tu pourras partager un peu de vie locale sans grosse organisation préalable ni débourser grand-chose. Et ça en jette tout de même le mardi soir, avant ton match à l’urban de raconter aux copains que t’es allé voir un match dans le stade le plus haut du monde.

 

Señor Pocket

NB : Paceño extpatrié ou de passage, si vous voulez voir un match du PSG dans la capitale la plus haute du monde avec les interdits de stade extradés ici, n’hésitez pas à contacter le Facebook du club de supporters du PSG le plus haut du monde.

Terminalector

Je suis la majuscule sur ton gentilé. Je suis l'ordre et le chaos de la modération. Je suis la loi en tribune.

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