Quatre-vingt-dix-huit

Sur l’air de La Guerre de 14-18 par Brassens, inspiré de L. P.


Depuis que l’homm’ n’a plus d’Histoire,
Depuis qu’il vit pour le sport-roi,
Entre tout’ les grandes victoires,
Si j’étais t’nue de faire un choix,
Ainsi que tous mes congénères
Je déclarerais tout de suite :
« Moi, la Coup’ du Mond’ que j’préfère,
C’est cell’ de quatre-vingt-dix-huit !
Moi, la Coup’ du Mond’ que j’préfère,
C’est cell’ de quatre-vingt-dix-huit ! »

Ne pensez pas que je méprise
Les nobles joueurs de jadis,
Qui brill’ sur nos images grises,
De Di Stefano à Kocsis !
Mais ils régnaient sur une autre ère
Et n’ont plus que valeurs de mythes ;
Moi, la Coup’ du Mond’ que j’préfère,
C’est cell’ de quatre-vingt-dix-huit !
Moi, la Coup’ du Mond’ que j’préfère,
C’est cell’ de quatre-vingt-dix-huit !

Je sais qu’à Berne, en cinquant’-quatre,
Les Schleus ne marchaient pas qu’à l’eau,
Que les Magyars ardus à battre
Ont vendu chèrement leurs peaux ;
Ce fait d’armes si légendaire
Rend grâce aux potions illicites,
Mais la Coup’ du Mond’ que j’préfère,
C’est cell’ de quatre-vingt-dix-huit !
Mais la Coup’ du Mond’ que j’préfère,
C’est cell’ de quatre-vingt-dix-huit !

Bien sûr, le drame de cinquante
N’est pas passé inaperçu,
D’une décenni’ massacrante
Il est la cerise au-dessus,
Mais à mon sens, il ne vaut guère,
Depuis un « Sept-Un » insolite :
Moi, la Coup’ du Mond’ que j’préfère,
C’est cell’ de quatre-vingt-dix-huit !
Moi, la Coup’ du Mond’ que j’préfère,
C’est cell’ de quatre-vingt-dix-huit !

Des buts peuv’ occulter les noises
Des guérillas et des félons ;
Même un’ dictature sournoise
Oubli’ le mond’ pour un ballon ;
Triomphant sous l’œil militaire
Les Argentins eur’ du mérite,
Mais la Coup’ du Mond’ que j’préfère,
C’est cell’ de quatre-vingt-dix-huit !
Mais la Coup’ du Mond’ que j’préfère,
C’est cell’ de quatre-vingt-dix-huit !

La main dans son sac à follis,
La FIFA prend résolution
D’en sortir une où s’ront en lice
Le plus grand nombre de nations ;
En attendant la paix sur terre
Que promet ma Coup’ favorite,
Celle qui sut le mieux me plaire,
C’est cell’ de quatre-vingt-dix-huit !
La Coup’ que j’aurais voulu faire,
C’est cell’ de quatre-vingt-dix-huit !

Delphine

Je vous donne un alibi poétique pour justifier votre présence sur un site d’analterfoot auprès de votre conjointe. Mais attention à la jalousie.

2 Comments

  1. 98 bravos vraiment ;
    En espérant d’aussi ténue une 2018 au panache d’antan.

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