J’ai testé pour vous : le stade Olympique de Kiev

Na zdravi évry body ! Vous en avez marre des péripéties de Laezh Dour dans des pays de richous (Allez Kobenhavn par ailleurs ) ? Alors je vous propose un retour aux sources, avec une petite escapade en Europe de l’est.

Jeudi 24 août, tirage de la ligue des champions. Le PSN tombe dans le groupe du Bayern et autres byères, Monaco dans celui des destinations bobobranchées. Des groupes accessibles s’empressent de proclamer les grandiloquentes plumes du sport français. De quoi se focaliser déjà sur les huitièmes déclarent les supporters confiants. Alors, soit. Chez horsjeu, nous sommes connus pour notre confiance béate dans les  médias et comptoirs de l’hexagone. Ni une, ni deux, il est décidé de réserver des places pour la finale Paris-Monaco du mois de mai ( juin ? ) prochain. Purée, elle a lieu où celle-là encore ? Kiev ? 2018 c’est l’année de l’URSS ou quoi ? Heureusement qu’on a des petits bourgeois qui ont pris russe lv2 dans leurs collèges parisiens du 8e arrondissement et qui sont donc vaguement capables de déchiffrer le cyrillique. Est-ce que le voyage est sûr ? Est-ce qu’on peut manger sans craindre de se retrouver avec du rat mort parce qu’on a commandé au hasard ? Est-ce que la police est tolérante envers les abus des buveurs de bière ? Et tiens, à propos de bière, est-ce que celle-ci est comme en Tchéquie, si vous voyez ce que  je veux dire ? ( #clindoeilcompliceetsouriant ) Allez, davaïe to Kiev en tant qu’envoyé spécianal.

Était donc organisé ce jeudi 24 août un match de gala de préparation à la Ligue des champions entre le Dynamo Kiev et le Real Madrid du Portugal, le Nacional Madère (ah non, en fait il s’agit du Maritimo Funchal, Madère n’étant pas une ville mais une île. Putain de Portugais.). De préparation à la Ligue des champions 2018-2019, le Dynamo ayant réussi l’exploit de perdre contre Berne au tour précédent. Même pas le droit de rêver à une finale chez eux ! L’enjeu est donc une place en Ligue Europa. Des affiches annoncent le match un peu partout en ville, mais le 24 août, c’est également la fête nationale en Ukraine, bande d’ignares. Du coup, c’est plein de monde dans la rue, les gens montent sur les chars exposés, et je m’attends à voir débarquer les russes à tout moment pour calmer cette démonstration d’amour envers le drapeau jaune et bleu.  Je m’esquive donc vers le stade olympique, situé au cœur de la ville.

Kiev, extérieur nuit. Il fait froid.

 

DU METRO AU STADE : ZÉRO MARCHE / 5

Bon, moi je suis venu en marchroutka, ces petits bus qui sillonnent la ville dans tous les sens. C’est plus authentique, la seule difficulté étant de faire comprendre au chauffeur que vous voulez descendre – il y a bien la solution d’attendre que quelqu’un d’autre le fasse, mais cela présente le risque de se retrouver à l’autre bout de la ville. La station de métro olympiskii vous fait quant à elle sortir directement sur le parvis, juste à côté de la billetterie. Dans les environs, il y a du centre commercial, des bâtiments modernes et sans âme, c’est pas le top. On est bien loin des immeubles du XIXe que l’on peut trouver dans le centre historique.

LA GUEULE DU TRUC : 2/5

Perso, j’aime bien l’aspect global, mais on sent vite que ce n’est pas spécialement un stade football, tout au contraire. Stade moderne et multifonctionnel, il offre de belles rondeurs, et son toit est couvert de petits tétons permettant à la lumière de passer ( quand il y en a ).  Les sièges sont aux couleurs de l’Ukraine en dégradé et 70000 clampins peuvent s’y réunir. Comme tout bon stade olympique, la piste d’athlétisme rend le terrain bien distant. Le foot, c’est mieux à la télé en fait, non ?

L’AMBIANCE : 1±/5

Après une semaine à se taper du 35 degrés ( Odessa is the eastern Ibiza by the way ), la pluie s’est évidemment invitée à la fête, refroidissant très nettement l’ambiance : on se croirait en hiver (le notre, pas le leur ). Les gens sont engourdis, il y a seulement 23000 spectateurs, autant dire que ça pue le creux. Le kop est volontaire, mais ça ne ressemble vraiment en rien à un enfer. On gueule « DY-NA-MO ! DY-NA-MO ! » et on est contents. Avantage Monaco donc. A noter que j’ai eu le droit à un énergumène du cru pendant une dizaine de minutes à côté de moi, de type tellement bourré qu’il n’arrivait pas à s’asseoir sur son strapontin. Des parents lui demandaient de se taire pour protéger les oreilles de leurs bambins pendant qu’il balançait des insanités que je ne pouvais hélas comprendre. Ah oui, j’ai oublié de préciser qu’il n’y a aucune séparation entre les tribunes, et pas de vérifications de billets à l’entrée des gradins. C’est ce qui a rendu la présence de l’énergumène possible, les gens s’installant où ils veulent jusqu’au moment où le détenteur officiel de la place vienne la réclamer.

LE MATCH : 3/5

Pas du grand football, et une qualification finale du Dynamo, supérieur à son adversaire. Un premier but refusé pour hors-jeu ( l’énergumène l’a célébré pendant une bonne minute ), avant d’ouvrir le score sur une situation pas nette : un centre est dévié sensiblement de la tête par un défenseur, un attaquant est à la réception, but. Le stade éructe, puis constate que l’assistant refuse à nouveau. Confusion sur le  terrain où personne n’est sûr de rien, puis soudainement le central prend sa décision et désigne le rond homonyme. Il dégaine au passage deux cartons contre des Portugais pas contents de sa décision ( dans vos gueules les Portugais ). Deuxième but deux minutes plus tard sur coup-franc boulette du gardien, troisième après la mi-temps, réduction de l’écart pour le fun et sans un bruit. Dieumerci M’Bokani a eu 5 occasions mais n’a pas marqué. Good old Monaco times.

LE POINT GUIDE DU ROUTARD : 1/5

Kiev ne manque pas d’endroits où se sustenter, mais le Stade olympique ne mérite pas de figurer aux bonnes adresses, du moins pour cette partie européenne. La bière n’y est certes pas chère ( comptez l’équivalent d’1 euro 30 ) mais elle est sans alcool. Niveau solide, rien de typique à se mettre sous la dent : des hot-dogs fades, des chips, et des parts de pizza pour des prix compris entre 1 et 3 euros. Mais les Ukrainiens ne comprennent hélas rien au métier de pizzaiolo, l’expérience ne s’avère donc guère concluante.

Comme vous pouvez le comprendre, cette escapade dans l’antre du Dynamo Kiev n’est pas ce qu’il y a eu de plus enchantant en 2017. Si vous souhaitez tenter l’aventure de l’est en mai prochain, pour la finale du PSG de Neymar et M’bappé hashtagmercatobuzz, privilégiez un bar. On vous y servira des putains de craft beer de hipster, mais il y fait définitivement plus « bon vivre ».

Tristan Bourrepif

One Comment

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *