Arsenal v Manchester City (0-3) : La Gunners Academy pleure à chaudes larmes

Bonjour.

L’heure est grave.

Ce qui va suivre n’est pas le fruit d’un énième revers. Ceci est en réalité le résultat d’une dépressurisation avancée et entamée il y a maintenant plusieurs mois, voire des années. L’histoire que vous allez lire est bien réelle, c’est celle d’un club que les supporters ne reconnaissent plus.

Après cette brève introduction, plongeons nous dans l’enfer de Wembley pour la finale de la Curacao Carabao Capital One Cup. Un stade qui nous porte chance habituellement, puisque que nous avons remporté trois finales (+ trois demi-finales) dans cet antre sur les quatre dernières saisons. Cette fois-ci, après avoir sorti Chelsea, Manchester City, le leader incontesté de Premier League est sur notre route. Un gros morceau attend les Gunners. Un trop gros morceau.

Dans une saison qui part en lambeau à mesure que les journées s’achèvent, une finale est bonne à prendre. Je sais que certains désapprouvent ce point, je le respecte, mais pour moi, vu la gueule de ce que l’on produit cette année, je prends une finale et donc potentiellement un trophée. Pour la grande cérémonie, Arsène Wenger bazarde le système à quatre défenseurs pour revenir au tristement célèbre 3-4-3. C’est avec ce dispositif tactique que nous avions battu ces mêmes Citizens en FA Cup lors du précédent épisode. Chambers est catapulté comme titulaire dans un match d’une extrême importance, avec Moussetafi et Koscielny. Curieuse décision, puisque Monreal débute comme piston à gauche et Bellerin à droite. Première interrogation : pourquoi ne pas mettre Monreal axe gauche de la défense centrale et Kolasinac sur l’aile ? Après, c’est le foutoir : Mkhitaryan ne peut jouer car « cup tied », encore un règlement hyper relou. Iwobi est mort (enfin, sur le banc), Lacazette à l’infirmerie. Bref, Ramsey de retour va suppléer le fantasmagorique Xhaka. Wilshere et Özil se calent derrière le sprinteur. Allez, roulez jeunesse.

Le match…

Six putain de minutes suffisent à Xhaka pour qu’il nous réussisse presque à merveille sa spéciale : la perte de balle devant sa propre surface. Je dis presque car il n’y malheureusement pas eu but derrière. Le mec va récidiver plus tard, il n’en a rien à secouer. Sinon, le scénario est rapidement limpide : City va avoir le ballon, il va falloir être bien en place, gérer les contres et ne pas vendanger sinon, nous serons rapidement raides. On joue à moitié bas avec des joueurs plus haut puis des placements aléatoires et un tas de couillonnades de ce genre. Vous n’avez rien compris ? Moi non plus, n’ayez crainte. Bref, l’entame de match n’est finalement pas si mauvaise. Aubameyang se crée une giga occasion de but sur un mouvement orchestré à merveille par Jack Wilshere. Je ne sais toujours pas comment il n’a pas marqué et clairement mon vieux, évite d’en rater quarante par match comme ça. Et oui, il y avait hors-jeu, raison de plus de marquer.

Tout est à peu près sous contrôle, on semble solide. Qui aurait pu croire qu’un six-mètres foute un bordel monstre ? Qui aurait pu imaginer que Bravo soit passeur décisif bien aidé par son coéquipier Mustafi ? Le type décrète le black-out et joue la faute. Sombre aliéné. Aguero n’est pas né de la dernière pluie, en profite et va tromper Ospina qui se balade dans la surface.

Et alors là, v’là le bazar. Plus rien ne va. Les mecs sont complètement perdus, et vas-y que je t’envoie un caramel en touche, un contrôle dont Bendtner serait fier et d’autres fioritures qui te coupent l’envie de becter. Les types prennent tous les ballons sur CPA, clairement, tu sens qu’on va en prendre un sur corner. Et oui. Juste avant l’heure de jeu, Gündogan est SEUL à l’entrée de la surface à la réception d’un corner du Belge blond fan de Liverpool. Praline, Kompany tend la jambe, une espèce de billard et but. Bande de cons. Infoutus de défendre correctement, de rester en alerte et de réagir.

Et puis le match qui n’avait déjà plus beaucoup d’intérêt se vide de tout son sens. Le sketch ne rime plus à rien. Tirez le rideau messieurs, la fête est finie. Tout le monde rentre à la maison. Eh bien non, cinq minutes plus tard, David Silva, entre une bonne demi-douzaine de joueurs dans la surface, réussit à recevoir puis contrôler le ballon avant d’enrhumer Chambers, la défense et Ospina. Terminé, bonsoir. Action, réaction, quelques minutes plus tard on repasse à quatre derrière. Chambers dégage, Welbeck rentre, c’est la fête. La suite du match ne sert pour ainsi dire à RIEN.

C’est un supplice à regarder. C’est terminé. Arsenal s’incline, Guardiola glane son premier trophée avec City et nous bah… nous n’avons que nos yeux pour pleurer. Perdre 3-0 sur une finale, ça pique. L’écart de niveau entre les deux équipes est abyssal. Nous y reviendrons prochainement.


Les artistes…

Ospina – 2/5 :

J’ai l’impression qu’il est beaucoup beaucoup trop avancé sur le premier but d’Aguero. Il l’invite à le lober. Et puis il n’a cessé de jouer à la baballe, de nous faire flipper, de faire des passes à la con. Bref, la cagade n’était pas loin. Cech peut – pour l’instant – dormir tranquille.

Koscielny – 2/5 :

Oyé, oyé, capitaine abandonné. Pas flamboyant.

Mustafi – 0/5 :

Irrécupérable. Son attitude et sa désinvolture sur le premier but sont scandaleuses. Va au bûcher. Qu’on te vende comme c’était convenu l’été dernier. Quelle calamité. C’est méga mauvais.

Chambers – 1/5 :

Perso, je n’ai jamais été serein quand il avait le ballon ou que le cuir approchait. Il me fait tellement peur ce type. L’opération grand défenseur en devenir est à des années lumières. Et ce troisième but… Silva en a fait sa petite chose. Un contrôle a suffi à transformer Callum en un plot. Ce qu’il est, finalement, assez souvent.

Monreal – 2/5 :

Je le note mais bon… Il n’a pas fait long feu. Le temps de faire une simulation digne des plus grands joueurs de Tottenham. A part ça, une grande implication dans le jeu, il a tenté d’animer l’aile. Sorti sur blessure. Une de plus cette année.

Xhaka – 0/5 :

C’est terminé. J’abandonne le combat. J’ai longtemps tenu à le défendre, expliquer qu’il était mal utilisé, que ce positionnement et que ce système ne lui vont pas. Ce qui est probablement toujours vrai. Mais ses prestations sont délirantes, elles relèvent en grande partie d’erreurs individuelles, c’est surréaliste. Quelle infamie. Il est excellent pour alimenter les tribunes, le néant. A vendre.

Ramsey – 2/5 :

Pas complètement dégueulasse mais à des kilomètres d’un quelconque bon match.

Bellerin – 2/5 :

Bon. Comment dire… où commencer ? Nous avons un gros problème. Ce mec régresse depuis plusieurs saisons. Il ne sait absolument pas défendre, ni se placer, ni se replier, ni couvrir quel que zone que ce soit. Il sait juste courir, tout droit, et parfois même à contretemps. Je suis très inquiet. Debuchy doit se bouffer les doigts. Lui aussi, c’est un processus de long-terme.

Wilshere – 2/5 :

Il s’est pas mal fritté avec des Citizens. Il a pris pas mal de coups, il a exagéré quelques contacts. C’est un petit merdeux, on le sait. Il en faut parfois. Un mec qui gueule parfois ça fait du bien. Même devant ton téléviseur tu brailles : « Mais ferme ta gueule tu vas te faire sortir ! ». En ce qui concerne sa performance « sportive », il a encore été plutôt actif. Il a tenté, lui, au moins.

Initialement, il avait 3/5 et puis il a décidé de prendre son clavier pour tweeter de la grosse merde. Clairement, que les joueurs se taisent, qu’ils fassent profil bas. Les fans ne méritent pas ces chouineries quand on voit ce que les joueurs proposent chaque putain de semaine. C’est non et encore non. La vérité se joue sur le terrain. Point.

Özil – 2/5 :

Non.

Aubameyang – 2/5 :

Une occasion manquée invraisemblable qui aurait peut-être changé le cours du match. Au-delà de ça, difficile pour lui d’avoir une quelconque influence. Arsenal a joué bas en tentant de profiter des contres (dégueulasses). On a tenté de l’alimenter en pralines à gauche à droite sur le front de l’attaque. Les barreaux de chaise sont intacts. C’était quand même assez merdique.

Les intermittents du spectacle…

Kolasinac – 2/5 :

Bof. Quelconque. Médiocre tout au plus. Je ne sais même pas quoi dire de sa perf en fait. J’aurais tout de même préféré qu’il débute.

Welbeck – non noté :

A vendre.

Iwobi – non noté :

A QUOI TU SERS ?

Le temps additionnel…

Sur le match en lui-même :

  • Wilshere et Ramsey ont débuté ensemble un match pour la première fois depuis un cataclysmique Arsenal v Sunderland (0-0) de mai 2015.
  • Ospina a fait plus de passes (39) qu’Özil, Wilshere, Chambers, Ramsey, Kolasinac, Monreal, Aubameyang et bien sûr les artistes Welbeck et Iwobi. Tirez-en les conclusions que vous voulez.
  • Ospina a plus touché de ballons (50) qu’Özil, Chambers, Ramsey, Kolasinac, Monreal, Aubameyang, Welbeck et Iwobi. Tirez-en les conclusions complémentaires que vous voudrez.
  • L’instant tristesse : pire que cette défaite et que n’importe quelle autre d’ailleurs, Cazorla seul au milieu du terrain. Les larmes putain.
  • Ah et oui, la défaite est logique, ne croyez pas que je me méprends. Manchester City est une machine de guerre, avec des failles certes, mais une grosse grosse broyeuse. Cela n’empêche pas que nous sommes d’immenses chèvres.

Sur la situation du club :

Il y a, comme nous le constatons depuis un certain temps, un nombre relativement important de problèmes dans ce club. La saison est foutue : une 6e place en championnat quasiment acquise, une élimination en FA Cup contre Nottingham Forest, l’Europa League comme seule compétition « jouable » après cette dernière défaite contre Manchester City. A 28 points de nos adversaires du jour en championnat, la Premier League n’a jamais été aussi loin.

De nombreux joueurs à Arsenal n’ont pas le niveau pour y jouer. La situation de Wenger se dégrade de match en match. De légende, son statut va déraper. Bientôt, il n’y aura plus que du mépris et parfois, de la haine même pour certains supporters. Sans doute aurait-il dû quitter le navire plus tôt. Après la première victoire en FA Cup de « l’ère moderne » certains s’accordent à dire. C’est probable…

Ce qui est sûr c’est qu’un ménage doit intervenir et ce, très rapidement. Dès cet été, des joueurs vont devoir partir, d’autres arriver. Un turnover doit continuer, dans la lignée des deux derniers mercatos. Il faut comprendre pour construire ou plutôt reconstruire. Il semblerait que Wenger ne puisse pas être de l’aventure. Une nouvelle page doit débuter.

Sur la suite :

Autrement, nous allons avoir le plaisir d’affronter l’AC Milan en Ligue des Champions de l’Europa League. Une affiche géniale qui va nous rappeler des bons et des beaucoup plus mauvais souvenirs. Les matchs ont lieu le 8 et le 15 mars, l’aller en Italie, le retour à l’Emirates. Milan a eu des galères cette saison mais mine de rien, depuis 2018, depuis Gattuso, ils sont invaincus et viennent de taper la Roma chez elle. On risque d’en chier.

Je vous laisse donc sur cette petite pointe d’optimisme : si on saute, le 15 au soir, notre saison s’arrête. Alors qu’il restera deux mois de compétition. L’angoisse. L’ennui. Et vu l’état actuel de l’équipe, il y a de quoi flipper.

Tenez le coup. A+.

Ray Parloir. 

Ray Parloir

Franco-australien au cerveau complètement azimuté par tant d'années de dépression

3 Comments

  1. Merci pour cet article, bien senti et rédigé et dont je partage la plupart des avis. I share the pain :-( vu que j’ai bien mal à mes Gunners. Alors oui, on (comprendre Arsenal) est largement critiquable, on a raté le coche , on a des ‘marcheurs’ dans nos rangs et les choix tactiques de Wenger étaient ineptes, certes…

    C’est d’autant plus rageant que City était dans un jour prenable et qu’à très peu de choses près on aurait pu être dans une situation bien autre (totalement inversée en fait) en fin de première mi-temps.

    1) Le fantôme de Sanogo qui nous a coûté un bras et demi rate l’immanquable. Lacazette aurait sûrement planté. Dommage…
    2) La poussette avérée et calculée d’Aguero sur Mustafi aurait dû être sifflée. Elle ne l’a pas été parce que Mustafi avait déjà une réputation de pleureuse justifiée auprès de l’arbitre du jour, et que niveau attitude sa réaction est nulle, à savoir crier au loup les bras en l’air sans faire mine de jouer franchement le coup ou de se refaire. Je mets une vieille piècette sur le fait que la même faute sur Mertesacker aurait été sifflée. Du point de vue d’Aguero c’est malin, bien exécuté, maradonesque type ‘hand of god’ mais de manière ultime répréhensible. A quoi peut bien servir la VAR si ce n’est pour rectifier ce genre de faute d’arbitrage ????
    3) 1+1 qui font deux : vu la manière et les fautes pour lesquelles l’arbitre distribuait les cartons, il est IN-CON-CE-VABLE que Fernandinho n’ait pas été sanctionné d’un rouge pour sa seconde faute sur Jack W.

    A 1-0 pour Arsenal et City réduit à 10, la seconde mi-temps n’aurait plus été la même….

    Pour continuer sur notre chemin de croix de loose, le second but inscrit par Faty Kompany n’aurait pas dû être maintenu pour hors-jeu, en plus du fait que le coup-franc qui l’amène soit discutable.
    Le troisième but est anecdotique et permet aux journaleux vautoursesques et le *bip* mancunien Gary Neville en tête de nous trainer dans la boue, de relancer d’une pièce sur le fait qu’on n’ait pas l’estomac pour ce genre de match et que Wenger soit en fin de cycle gnagnagnygnagnagna (mais qui n’est pas au courant ?)

    Bref, j’en conclus que Rahim Sterling n’as pas divé (wouhou!), que Guardiola n’est pas un type sympathique et qu’il n’a vraiment rien de spécial en tant que manager (rien de nouveau à l’ouest, vivement qu’il soit confondu), que City est meilleur que nous cette saison (doux euphémisme) et qu’on a effectivement de vrais problèmes un peu partout à adresser, à commencer par se débarrasser de Xhaka+Bellerin et plus sérieusement la succession d’Arsène, parce que ça ne doit pas se faire à la légère. Et sinon gloire à Jack !

  2. Ce qui fait le plus chier, c’est cette impression que les joueurs régressent. Kos, Bellerin, Mustafi, Xhaka… On n’a pas que des génies dans l’équipe, mais quand même avec cet effectif on doit faire mieux, c’est dingue.
    Et on laisse la balle dès que le niveau s’élève. Et on se fait rouler dessus. Encore 3 mois à tenir.

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