NANCY-TOURS (3-1) : LA CHARDON A CRAN ACADEMIE RESPIRE.

Match à enjeu crucial pour l’ASaNaL contre Tours, 20e, déjà relégué, et pourtant ni l’enthousiasme ni l’excitation ne m’habitent dans ma marche vers le stade. L’habitude y est sûrement pour beaucoup et l’importance du match ne l’emporte même pas sur la routine du soir. Il y a du déni, bien sûr, une volonté de ne pas y croire, de se voiler la face devant l’enjeu vital.
7.50€ de houblon dans un gobelet en plastique plus tard – pour commencer en souffrance (oui, amis parisiens, ceci n’est pas un prix normal pour 50 cl de mauvaise bière) -, le sifflet de l’arbitre rappelle aux 13 000 supporters que nous assistons là à un match entre le 18e et le dernier de Ligue 2.


La Compo :

On va dire que ça a commencé comme ça.


Le Match :

Une minute d’applaudissements destinée à feu Henri Michel retarde l’échéance… et la surprise ne se lit nulle part lorsque l’on assiste à un florilège d’erreurs techniques nous rappelant tristement la place des deux équipes au classement.
La faiblesse de Tours n’est même pas profitable à l’ASaNal tant cette dernière est figée par l’enjeu. Bassi tente comme il peut d’animer le milieu et Hadji dézone beaucoup pour créer du mouvement, mais il n’y a toujours aucune occasion à se mettre sous la dent.
Le numéro 5 tourangeau qui fait à vue d’œil 100 kgs pour 1.90m prend tout de la tête, mais nos défenseurs ne savent pas faire grand-chose d’autre alors Badila, puis Diagne envoient des cacahuètes qui incarnent parfaitement notre approche du match : tout pour ne pas perdre. Oui mais Tours, touché par l’orgueil, tente des choses et ouvre même le score à la 35e, profitant de la nullité défensive générale (0-1) et de la haine d’un certain Hein, prêté par le FC Metz. Une défaite face au dernier maintiendrait à coup sur l’ASaNal dans les bas-fonds de notre chère et tendre division, d’autant plus que devant elle, QRM fait le taf contre Valenciennes. Une barre touchée par les Tourangeaux plus tard, l’arbitre siffle la mi-temps.

Tholot -notre nouvel entraineur pour les lecteurs qui auraient du mal à suivre- décide de remplacer Bassi par Koura afin de, logiquement, prendre la profondeur face à une défense centrale aussi lente.
Au pied du mur, l’ASaNal se révolte et met (enfin) le pied sur le ballon, se procure plusieurs occasions et trouve même l’égalisation à la 55e grâce à Nordin (qui a tout raté jusque-là) dont la frappe est contrée au dernier moment par le défenseur. La chance nous sourit enfin et on ne va pas la laisser passer (1-1).
Quelques minutes après, un corner nancéien provoque un cafouillage monstre, mais Julien Cétout, comme devant la boite de nuit dont il est le videur, fait la loi et marque (au prix de trois tentatives) en force, après 8 ou 9 contres (2-1). La chance nous sourit à nouveau.
Nordin, bien en vue malgré son taux de dribbles réussis très faible, tente et re-tente, en vitesse, ça a le mérite de fatiguer la défense adverse dont le niveau décline dangereusement.
C’est à ce moment que Koura allume tranquillement le gardien à 20m plein axe et tranquillise tout le stade : 3-1. Le break est fait à la 85e et Nancy vient de se mettre à l’abri pour encore quelques jours. Bourg en Bresse a perdu et QRM a concédé le nul, c’est donc l’ASaNaL qui fait la belle opération du soir.


Résumé :


Point classement :


Note artistique de l’équipe 3/5 :

Après une première mi-temps d’une indigence extrême rappelant à tout le monde notre belle place au classement, l’ASaNaL a su, grâce à beaucoup de facteurs, se redresser et s’évite ainsi beaucoup de problèmes.
Avec cette victoire, n’ayons pas peur de le dire, l’ASaNaL vient à 80% (à vue d’œil) de se maintenir en Ligue 2. Bien aidée par la chance tout d’abord (deux buts sur trois marqués de manière ridicule), par la faiblesse de l’adversaire en 2e mi-temps et enfin par notre belle réaction, le sort est désormais entre les mains des joueurs et de l’entraîneur.

Évidemment, rien ne fera oublier les erreurs tactiques, techniques des joueurs en première mi-temps. Bassi a la tête ailleurs, son melon n’est pas loin d’exploser ; Nordin est d’une maladresse incroyable à ce niveau (même pour la Ligue 2) et notre défense… que dire de notre défense… des latéraux à la charnière, au mieux on allonge devant, au pire on fait des passes décisives à l’adversaire. Le maintien reste à confirmer, mais il est proche. Il reste deux matchs, dont le dernier à domicile et on possède deux points d’avance sur le 18e, barragiste.

Le chantier est immense. Des joueurs à la direction, à chaque échelon, tout est à revoir. Les supporters ne seront pas toujours 13 000 contre le dernier du championnat, et malgré leur fidélité, une deuxième saison de ce niveau en L2 renforcerait à l’évidence le conflit, l’incompréhension d’un public constatant les échecs successifs d’une politique sportive étrange et peu transparente.

Cette victoire, ce maintien (si confirmé) ne sont qu’un sursis, auquel on échappe surement cette saison. Il ne faudrait ainsi pas croire que le plus dur est fait.
Le plus dur est à venir.

Roger Piantoni-Vairelles.

Roger Piantoni Vairelles

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