OM-Olympiakos (0-1) : La Canebière Académie ne se paie pas

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Octobre lose

Aïoli les sapiens,

Pas de surprise : quoique valeureux et tout de même pas si dégueulasse balle au pied, l’OM n’a tout simplement pas le niveau pour jouer à la fois la coupe d’Europe et le championnat. Le manque de réalisme, ce sceau irréfragable qui classe les équipes « sympa, mais qui ne peuvent pas », marquera toute la saison notre front dégarni. Les crampes et gémissements qui surgissent à  chacune de nos fins de matchs achèvent le peu d’espoir qui nous reste : nous ne sommes simplement pas armés.

Devant une telle évidence, on se demande bien pourquoi nos dirigeants n’ont pas cédé à leur intuition première, qui était de bazarder purement et simplement la Ligue Europa pour concentrer nos forces à peu près vives sur ce qui est essentiel : la survie en championnat. Alors certes, pour des crève-la-dalle comme nous, les recettes de billetterie sont essentielles. Mais bon, si on parle de faire de la charité, autant lancer une souscription populaire sans obliger les gens à venir au match, au moins on aura contribué à la cause, sans perdre deux heures avec un spectacle sans intérêt. Comme le suggère Dromadame, on n’a qu’à vendre des gâteaux dans les écoles, comme pour Octobre rose.

Parce que oui, on en est rendus à un point où l’OM fait même pitié aux cancéreux. Et justement, si on en profitait pour supplanter le mois du cancerwashing au profit d’une cause réellement sincère ? Personnellement, nous n’y voyons que des avantages pour tout le monde, imaginez seulement…

… ce sympathique commerçant pertuisien pourrait faire ses affaires en profitant d’autre chose que des malades…

… ce syndicat agricole qui veut le bien de tous mettrait fin à ce déchirement moral qui doit le torturer absolument, qui consiste à pleurer sur la cause des femmes en octobre tout en les arrosant de pesticides pendant les onze mois qui restent…

… ce valeureux club de football n’aurait plus à réfléchir sur la répartition des bénéfices entre ceux reversés à une bonne cause et ceux conservés pour sa gueule…

… ce lapin… ah non, lui il restera rose quoi qu’il arrive, c’est vrai.

Alors j’entends d’ici des grognons qui diraient que l’Octobre Bleu et Blanc ne serait qu’une opération mercantile pleine de bons sentiments, qui ne fait rien pour empêcher de nuire ceux qui nous ont mis dans cette panade, mais je suis confiant : il y aura bien un collectif Supporters Colère pour rappeler que l’essentiel reste, avant tout, de latter les couilles de ce minable de Frank McCourt.


La bande à Nénesse

De Lange
Weah– Meïté – Aguerd– Emerson (Garcia, 62e)
Abdelli – Nnadi (Harit, 62e)
Abdallah (Kondogbia, 80e) – Gomes (Moumbagna, 75e) – Paixão
Maupay (Gouiri, 62e)

Højbjerg toujours indisponible, Abdelli et Nnadi sont chargés de tenir la baraque. Weah reprend sa place après sa suspension, mais c’est le retour de Meïté en défense centrale qui représente la grande nouveauté. Devant, Gouiri et Harit sont sans doute jugés encore un peu justes, ce qui profite à Abdallah et Maupay.


Le match

La méthode Jean-Claude Dusse, très peu pour nos joueurs. Au lieu de se dire « oublie que t’as aucune chance, fonce », nos Olympiens se montrent on ne peut plus timorés à l’idée d’effectuer une passe risquée dans les trente derniers mètres, de se projeter ou, pire, de tenter un tir. C’est un peu dommage, dans la mesure où en défense et au milieu, les duels physiques sont bien au niveau de ce qu’on peut attendre d’un match européen.

Il en résulte donc une domination olympienne ponctuée d’une seule action intéressante en vingt minutes (une belle combinaison Weah-Abdallah, pour un centre détourné de justesse). Pourtant, certaines actions montrent qu’il existe tout de même un peu de football dans ce collectif, à l’image d’une action Paixão-Emerson-Harit-Maupay-rePaixão, se terminant par un tir contré d’Abdallah. Le pressing olympien est lui aussi au rendez-vous, Weah et Abdallah offrant à cette occasion un bon ballon à Gomes ; mais visiblement, notre milieu de terrain préfèrerait ce soir s’enfouir deux mètres sous terre plutôt que de tenter une frappe.

Plus volontaire est la tentative d’Abdallah au terme d’une bonne récupération haute Harit-Nnadi-Gomes. La lourde de Keylian est bien parée.

L’envie est là, mais le manque de confiance également. Et dans la mesure où la technique individuelle de nos joueurs serait plutôt du genre à être décrite dans une académie de Marcel Picon, cette première mi-temps est fatalement placée sous le signe du cliché « de belles intentions, mais des occasions non converties que l’on risque fort de regretter ».

Bam. Après une belle défense de Meïté, le corner qui s’ensuit est joué à deux sans que personne ne vienne perturber les adversaires. Le centreur a donc tout le temps d’expédier sa galette une main dans le slip, un centre plongeant sur lequel Hezze surgit devant Aguerd pour placer un coup de casque imparable (0-1, 42e). La sanction aurait même pu être pire, un second but étant marqué dans la foulée, mais refusé pour hors-jeu.


Le début de seconde période est du même tonneau : l’OM met à mal la défense grecque, mais ne montre jamais cet instinct de tueur indispensable à la conclusion de ses actions. Parfois c’est un mauvais contrôle (coucou Angel), parfois c’est une seconde d’hésitation face à des défenseurs plus déterminée, parfois une imprécision devant le gardien…

Destinés à apporter du sang neuf, les changements opérés à l’heure de jeu s’avèrent en réalité un clou supplémentaire dans le cercueil, tellement l’entrée de Gouiri et Harit s’avère nullissime. On signale encore un double arrêt du gardien devant Weah puis Paixão, puis une passe en profondeur d’Igor pour Harit, mis en échec par le gardien, avant l’extinction totale des lumières dans le dernier quart d’heure.

Les derniers frissons proviennent en effet des retours défensifs de Weah, palliant la panne totale de carburant des centraux. Le déchet technique ahurissant des entrants ne compensant en rien l’agonie physique de la moitié des joueurs, le rideau est tiré sur ce constat d’impuissance totale de nos joueurs, et d’inutilité absolue de cette compétition pour nous, qui la disputons sans espoir de résultat avec pour seule conséquence de flinguer encore plus les esprits et les organismes pour le championnat.


Les joueurs

De Lange (2+/5) : Jeffrey De Lange, ou plutôt Broodjeharing Pau Lopez, comme on l’appelle dans le milieu.

Weah (3+/5) : Enfin un bon match de capitaine, avec des percussions, une bonne entente avec son ailier, et des retours défensifs de mammouth en fin de match. Faudrait juste que nos joueurs essaient de sortir ce genre de performance tous ensemble et non chacun à tour de rôle.

Meïté (3/5) : Allez, vu l’état des troupes, on prend volontiers le retour de Bamo, valeureux malgré le manque de compétition dans les gambettes.

Aguerd (2/5) : Une première mi-temps de grande qualité et balerdisée à trois minutes de la fin par un énième retard au marquage. En deuxième mi-temps, plus le match avançait, plus ses interventions semblaient gémir « tuez-moi s’il vous plaît ».

Emerson (2+/5) : Une performance bien-mais-pas-top avant de rendre les armes au bout d’une heure, au bilan ça fait tout de même un peu léger.

Garcia (62e, 2/5) : Il a déjà consommé son pouvoir « héros du match » il y a quelques années contre Lyon, faudrait pas croire que ça se régénère en un claquement de doigts, ce genre de mojo.

Abdelli (3+/5) : Depuis le début de saison, son niveau épouse l’envie des Français de soulever Macron : ça n’explose pas, mais ça continue de monter.

Nnadi (2+/5) : Rien du tout à lui reprocher : il est présent avec le niveau qu’il a, il fait ce qu’il peut, ça reste insuffisant pour la coupe d’Europe, mais au moins ça évite de jouer à dix (ou avec Kondogbia).

Harit (1-/5) : C’était tellement insultant que je m’attendais à ce qu’il tienne un point-presse derrière un pupitre « République française » en disant : « J’assume ».

Abdallah (2+/5) : Son hippopotacle de la 36e minute a été catalogué « figure imposée : l’expulsion débile d’un jeune attaquant en coupe d’Europe ». Contre toute attente, Nénesse a maintenu Keyliane au retour des vestiaires, et contre toute attente, Keyliane ne s‘est pas fait virer, mais a au contraire montré une belle activité. Après, on en reste aux mêmes remarques que pour Nnadi : c’est trop juste pour la Ligue Europa, mais les efforts sont à saluer.

Gomes (2-/5) : Un point bonus pour ne pas avoir fait jouer son fantôme à sa place. OK, niveau résultat, c’est toujours nul, mais au moins ça fait un peu mine de mériter sa paie.

Moumbagna (75e) : Mais oui, mais t’es entrée pour peser comme un bison sur la défense, alors qu’est-ce que tu essaies de faire des contrôles, aussi, c’est pas ce qu’on te demande, voyons.

Paixão (2+/5) : La bouderie est finie, c’est déjà ça. Igor a mis un peu de temps à démarrer, mais a fini par prendre ses responsabilités en tant que joueur supposément le plus talentueux du groupe. Disons que la distance avec ce qui est attendu de lui se mesure désormais en kilomètres et plus en années-lumière. Un peu d’optimisme, quoi.

Maupay (1+/5) : Dire que si la DNCG nous avait fait la faveur de nous coller dès maintenant en Ligue 2, on se régalerait à voir Neal claquer des doublés contre Laval. Quand on vous dit, que les instances ne nous aiment pas.

Gouiri (1-/5) : Nénesse a dû être ravi, d’avoir consommé le remplacement qui aurait pu éviter à Aguerd de finir en déambulateur, tout ça pour que ça équivaille à jouer à dix pendant trente minutes.


L’invité zoologique : Remo Frelon

Tu fais un repas de famille avec tonton Cnews, tu te fais chier, la cuisine de belle-maman est indigeste, le vin de beau-papa râpe l’estomac, les enfants sont insupportables, tu fais le point sur ce qui pourrait arriver de pire dans ta vie. Un frelon dans la pièce, bien sûr. Voici les observations de l’importun :

  • Les autres : On aurait dit Jean-Marie Le Pen dans les guignols de la grande époque : « qu’est-ce que vous faites ici, vous ? – Moi ? Rien, j’attends. »
  • Le classement : Zéro point en deux matchs. Tu sais quoi, on va pas davantage s’intéresser au classement et juste attendre que ça finisse. Allez, si on a un peu de dignité, on peut espérer gratter un ou deux points contre le Sturm Graz ou le Levski Sofia, vaï (sinon, le reste c’est Leverkusen, Anderlecht, le Celtic et le Celta Vigo, juste pour situer).
  • La suite : Déplacement crucial à Angers dimanche après-midi, déplacement dont on se bat totalement les couilles à Graz jeudi, réception abominablement cruciale du Havre le dimanche suivant, et réception crucialissime de Toulouse en novembre. Ce qui vient après j’en parle pas, ça pique déjà.
  • Les réseaux : ton dromadaire blatère surFacebook et BlueSky. Homerc remporte le concours zoologique.


Bises massilianales,
Blaah

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