La Meringue académie note Real-Séville mais surtout Bilbao-Real Madrid (0-3)

6

On va pas en faire tout un plat non plus de ce titre

logo real

Bien le bonjour, l’ami.

 

Tu le sais sans doute, mais permets à ton héraut mystérieux de le répéter, ne serait-ce que pour lui faire plaisir, les chevaliers de blanc vêtus ont vaincu fièrement leur plus acharné ennemi et s’envolent vers une gloire incandescente et méritée qui rejaillira sur leur progéniture pour sept générations au minimum, garanti ou remboursé.

Restait à officialiser tout ça. Suite à la victoire en terre Catalane, le beau Real qui ne se couchera qu’à l’aurore (sacrebleu elle est belle celle là) devait encore prendre 6 points sur ses quatre matches restants pour être définitivement sacré champion sans se préoccuper des autres. Enfin de l’autre, parce que derrière c’est un autre championnat. Il fallait donc rester concentré pour recevoir en premier lieu les anciens Sarrasins de Séville, grande cité au demeurant mais qui semble perdre le lustre de son age d’or Abbadide à l’image de son équipe, qui dispose certes de quelques joueurs de ballon beaucoup plus potables que le Guadalquivir mais végète malgré tout dans le ventre mou du classement.

Alors bien sûr, je parle ici d’un match qui a eu lieu ce week-end et pour lequel il n’y eût pas d’académie. C’est que voyez-vous – oui je vouvoie maintenant – j’aime bien alterner pour remettre de la distance ou créer une soudaine intimité. C’est que voyez-vous, le Real a joué dimanche, jour du seigneur, ce qui est déjà une hérésie en soi mais en plus, le match était programmé à midi pile. Tout ça pour faire plaisir à des Chinois qui n’y cagnent rien en football, qui croient que Beckham est le meilleur joueur de la planète en activité, que Cristiano a gagné la coupe du monde avec le Brésil et que Zidane est en tribune parce qu’il est blessé. Il paraît que la Chine est un marché dont on ne peut se passer mais par tous les Luke Seafer ce sont des communistes. Le club de Franco est tombé bien bas. Bon, passons. Moi, à midi le dimanche, je déjeune en famille après la messe, c’était déjà comme ça à l’époque de mes trisaïeux alors ce ne sont pas quelques rouges tout jaunes qui vont changer les traditions familiales.

J’aurais pu me rattraper par la suite me direz vous mais il y eût un nouveau contretemps, je devais me rendre à l’enterrement d’Hippolyte en début de semaine. Le pauvre bougre n’a pas survécu à ses blessures malheureuses dûes à une mauvaise position défensive lors de notre dernière joute, comme un symbole d’Arbeloa. C’est mieux ainsi, je n’en pouvais plus de le voir dans cet état, d’ailleurs je n’allais plus le voir à la fin, ses râles incessants m’étaient devenus insupportables, j’ai l’ouïe délicate. Pour tout dire, il n’a pas su partir dans la dignité, comme un Deschamps au fait de sa gloire, non, il a fallu qu’il s’accroche inutilement à un reste de vie chancelant. C’était pathétique, une sortie à la Thuram, en plus glabre bien sur.

Pep Guardiola. Voilà un homme qui sait partir dignement, après avoir entraîné pendant quatre ans la plus belle équipe du monde qu’on lui avait offerte sur un plateau, il s’en va à la première déconvenue, incapable d’affronter la fin d’un cycle qu’il n’avait pas lui-même entamé. Chapeau. En même temps, il est fatigué, c’est normal. Heureusement pour nous, le Real Madrid a un entraîneur qui se repose entre deux titres. Mais c’est peut être ça la clé, trop de titres pour le Barça et pas assez de repos pour l’entraîneur. Dieu, quelle vie de chien !

Tout cela ne nous mène pas loin. Contre vents et marées, l’homme mystérieux a vu le match contre Séville. C’est pour ça qu’il est là, pour t’en parler. Et aussi parce qu’il aime parler de lui à la troisième personne et qu’horsjeu.net le lui permet.

 

Real-Séville :

Là, rassure toi, si tu n’as pas déjà décroché depuis longtemps je vais faire vite sur ce match. 3-0, résultat final, ça donne déjà une bonne idée de la physionomie de la rencontre. Libéré, Madrid pratique un football franchement agréable et avec l’équipe type sur le terrain, c’était mission impossible pour Séville.

La première mi-temps est pourtant relativement équilibrée en terme d’occasions mais il ne faut attendre que 20 minutes pour voir le premier but de l’inévitable Ronaldo. Suite à un joli mouvement à trois avec DiMaria et Benzema, CR7 se retrouve dans la surface, crochète Koké (le vrai héros du match) et marque d’une frappe enchaînée.

Séville a ensuite deux énormes occasions de revenir à égalité mais Navas et Negredo ratent tous deux leur duel avec Casillas. Manque de lucidité.

En seconde mi-temps, le Real ne rigole plus et Benzema marque presque sans le vouloir dès la 48éme minute. Sur une passe parfaite de DiMaria, Koke applique les leçons tirées du best-seller d’Alvaro Arbeloa (« Comment jouer au Real Madrid alors qu’on est pas vraiment footballeur ? », préface par Julien Faubert) et s’efface courtoisement de la trajectoire du ballon pour permettre à Benzema surpris par la manœuvre de marquer tranquillement.

Le troisième but vient 5 minutes plus tard d’une contre-attaque lancée par Marcelo et conclue par Benzema de la tête sur un centre de Sergio Ramos. Ben oui, pas Arbeloa, faut pas déconner.

Autant le dire clairement, il ne s’est rien passé de la 50ème minute à la fin du match. Vraiment rien.

Il faut remercier Koke, non seulement parce qu’il a offert les trois buts, mais surtout parce qu’il est parvenu à faire passer Arbeloa pour un arrière droit de niveau international. Et ce alors même que le seul centre venu de la droite dans le match est l’œuvre de Ramos, avec le résultat qu’on sait. J’allumerai un cierge pour lui dimanche prochain.

Je dois aussi dire ma tristesse face à la prestation de Jesus Navas, que j’aimais bien et qui semble complètement paumé, au point que Reyes est meilleur que lui. Au final, Séville est trop faible en défense pour espérer mieux à l’heure actuelle. Pouvait-il en être autrement, quand on sait que la cité fut reprise en 1248 aux Musulmans par Saint Ferdinand III de Castille (je mets en gras, pour les faibles d’esprit) ?

Allez, on passe au match du titre.

 

Bilbao-Real :

Après les anciens Sarrasins, les toujours Basques de l’Athletic Bilbao reçoivent les Blancs dans un match dont l’enjeu est le titre de champion pour le Real, pas pour Bilbao, il y a des magouilles en Liga mais pas à ce point là.

L’équipe de « El Loco » Bielsa a beau faire sensation en coupe et en Europa League, ses performances en championnat sont plutôt moyennes, l’équipe ne peut espérer mieux que la première moitié de tableau et a sûrement la tête aux échéances à venir. Reste qu’ils sont toujours en course pour une place Européenne et qu’ils ne cracheront certainement pas sur un ou trois points.

Le Real, au contraire, n’a pas la pression. Dans le pire des cas, il faut prendre trois points en trois matches et les deux derniers adversaires des blancs sont bien moins solides que les terroristes du ballon. Alors pourquoi pas remporter ce titre à la maison, devant les socios déchaînés ? Cela signifierait lâcher ce match à San Mames, dans la « Cathédrale » (quel beau surnom pour un stade), et ce n’est pas le genre de cette équipe, ni de son entraîneur.

Une seule certitude donc : le Real joue sans pression, au contraire des supporters de San Mames, qui ne sont pas bouillants pour rien.

 

Les équipes :

Quelques changements par rapport à l’équipe type qui a joué contre Séville. Coentrao remplace Marcelo à gauche, Callejon pige pour DiMaria, suspendu, à droite de l’attaque madrilène et Higuain est en pointe à la place de Benzema. C’est Granero qui a joué le match précédent, Khedira retrouve donc sa place au côté de Xabi Alonso.

Casillas – Arbeloa, Pepe, Ramos, Coentrao – Khedira, Xabi – Callejon, Ozil, Ronaldo – Higuain.

 

Pour ce qui est de Bilbao, l’homme mystérieux a la flemme de faire toute l’équipe, c’est pas moi hein, c’est lui… La menace numéro un malgré ses cheveux s’appelle bien sûr Llorente mais il faudra également surveiller le jeune mais chiant Iker Muniain, ou encore De Marcos et Javi Martinez. Iturraspe est suspendu pour ceux que ça intéresse.

 

Le Match en live différé rapide :

10′ : On ne sait trop pourquoi, mais Javi Martinez décide de défendre les mains en l’air dans la surface. Sans doute un traumatisme ancien. Pourtant les home-jacking c’est plutôt à Marseille. Ou alors c’est le coté Basque qui ressort face à la capitale. Reste qu’il touche le ballon, des deux mains placées au dessus de sa tête. Penalty pour les blancs. Ronaldo le tire, comme d’hab, et puis en face c’est pas Neuer c’est Iraizoz. Le Portugais est détendu, tellement qu’il tire une demi-molle en plein milieu après une course d’élan qui n’a de course que le nom. Iraizoz a quasiment le temps de plonger, de se relever et de se replacer pour détourner le ballon. C’est lamentable.

15′ : Le Real ne s’en laisse pas compter. Suite à un mouvement collectif bien senti avec CR7 et Özil, Higuain se décale dans la surface et frappe fort en lucarne sans que son défenseur ait le temps de réagir. Le gardien ne peut rien. 0-1. Les services de la ville se déploient autour de la place Cibeles à Madrid.

19′ : Contre-attaque. Xabi lance Ronaldo à droite, ce dernier voit l’appel d’Özil en profondeur de l’autre coté du terrain et passe le ballon au millimètre avec juste la puissance nécessaire pour que l’Allemand n’ait plus qu’à croiser le ballon sans effort. 0-2. On commence à mettre en place les barrières et le podium place Cibeles.

32′ : Pepe remonte tout le terrain en s’appuyant sur CR7 et choisit la passe en retrait pour ce même CR7 qui joue en première intention et échoue sur le gardien. Un contrôle aurait suffit mais bon.

36′ : Bilbao obtient un coup-franc qui termine sa course sur la barre avant de revenir dans les pieds d’un Basque qui frappe… sur la barre. C’est la poisse mais tant mieux. Un instant d’hésitation à Cibeles avant que les municipaux ne reprennent le travail.

39′ : Main de Xabi pour gêner une contre-attaque, c’est la deuxième non-sifflée du Real et ça mérite penalty.

 

Mi-temps.

Super efficaces, les hommes du Mou mènent logiquement mais Bilbao mérite sans doute un but ou tout du moins un péno en première période. On se prépare tranquillement à Madrid pour la fiesta.

 

49′ : Higuain passe trois joueurs et frappe dans la surface mais le ballon est détourné par un défenseur donc il tente un retourné dans la foulée mais c’est encore détourné. Dommage, c’eût pu être le but de l’année. Corner.

50′ : Xabi tire le corner en question. Ramos et Ronaldo sont oubliés par la défense et c’est Cristiano qui marque d’une tête rageuse. 0-3. La place Cibeles est prête à accueillir les joueurs.

66′ : Super frappe de De Marcos à 30 mètres mais sur la barre. Décidément.

71′ : Javi Martinez prend un second jaune pour une main qui annihile une contre-attaque Réalienne. C’est sévère et dur pour les Basques qui ne méritaient pas ça. Mais on s’en fout, on est champion !!

 

Il faut attendre le coup de sifflet final.

 

90’+3 : Coup de sifflet final. Ouuuuuuuuuuuuuaaaaaaaiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiis, c’est qui le patron ?

Plus prosaïquement, mon sang ne fait qu’un tour, je me jette sur Hippolyte qui n’est pas là puisqu’il est malencontreusement décédé. Pas grave, je vais fêter ça avec mon cheval, encore un que Fernando Nandrolonas n’aura pas !

Pendant ce temps là, à San Mames, Mourinho se fait porter en triomphe par toute l’équipe, Higuain se fout en slip, Casillas peut donner son interview exclusive habituelle à la journaliste qu’il met dans son lit, Arbeloa n’en revient pas de jouer au Real Madrid, les autres n’en reviennent pas d’avoir gagné avec Arbeloa, Karanka sourit, je crois. Ah et bien sur, Ronaldo insulte un joueur de Bilbao, montre sa cuisse au jardinier, peste parce que Messi a mis un triplé, se trouve beau en champion.

 

Sur le match en lui même, on peut dire que Bilbao a perdu au milieu de terrain, où il leur manque un régulateur d’expérience capable de gêner la construction adverse. Ils ont également fait le mauvais choix tactique de chercher systématiquement la profondeur, mais c’est leur jeu qui veut ça, alors que les faiblesses Madrilènes sont sur les cotés et qu’ils ont un joueur de tête pas dégueu à la réception des centres. Mais bon s’ils préfèrent que Pepe et Ramos interceptent toutes leurs passes je veux bien. Ça fait 3-0.

 

Les Notes :

Casillas (5/5) : Il n’a presque rien eu à faire mais on est champion et c’est le capitaine et Buffon je sais pas qui c’est. Champion ! Et sa mie est agréable.

Arbeloa (5/5) : Il est nul mais il est champion. Champion !

Pepe (5/5) : Il est de plus en plus régulier et de moins en moins violent. Quand il joue sans pression il est souvent excellent et en plus, il est champion. Champion !

Ramos (5/5) : Le petit Llorente est demandé à San Mames… Sergio est le patron de cette défense qui a gagné à Barcelone, c’est donc un champion. Champion !

Coentrao (5/5) : Bah même lui il est champion. Pas sur qu’on puisse le revendre 30 millions pour autant mais bon… Champion !

Khedira (5/5) : Il a pas fait plus de trois ou quatre très bon matches pendant la saison mais combien en a-t-il fait de mauvais ? Un, peut être deux, et il a beaucoup joué, comme un champion. Champion !

Xabi (5/5) : C’est l’homme du match, il a régné sur le milieu et montré à Bilbao ce qui leur manque. Il fait une passe décisive symbolique parce que c’est un sacré champion. Et puis il a été roux toute la saison et ça ne l’empêche pas d’être champion, Rooney pourra-t-il en dire autant ? Champion !

Callejon (5/5) : Le Pedro (mais en mieux) du Real n’a pas fait un match enthousiasmant mais il a fait un treizième homme de grande qualité, en marquant beaucoup et souvent pendant la saison. La bonne surprise de l’année est un vrai champion. Champion !

Özil (5/5) : Pour marquer un but, il faut recevoir le ballon au bon moment et au bon endroit. Donner ce genre de ballon, c’est ce qu’a fait Mesut encore une fois dans ce match et tout au long de la saison. Alors quand en plus il marque lui même c’est carrément le nirvana. On ne serait pas champion sans ce champion là. Champion !

Ronaldo (44/5) : Franchement, je vois pas l’intérêt de dire quoi que ce soit. T’aimes, t’aimes pas, lui il s’en fout, il s’aime tout seul, comme un vrai champion. Champion !

Higuain (5/5) : Excellent sur ce match, notamment dans le jeu et buteur comme toujours. Il compense après quelques performances un peu en-dessous, mais pas trop non plus, c’est un champion. Il va nous manquer. Champion !

 

Les remplaçants champions :

Granero, Marcelo, Benzema (5/5) : Inutiles mais champions. Champions !

 

Prochain match contre Grenade pour faire encore la fête.

Vive la couronne, vive le Mou, vive le foot. Hala Real !

 

L’Homme Mystérieux.

L’Homme Mystérieux se sent l’âme d’un champion et te donne les images du match.

L’homme mystérieux est désormais sur Facebook et il accepte tout les amis même les gueux, les communs, les ordinaires, les bélîtres et les républicains.

6 réflexions sur “La Meringue académie note Real-Séville mais surtout Bilbao-Real Madrid (0-3)

  1. « Ronaldo (44/5) : Franchement, je vois pas l’intérêt de dire quoi que ce soit. T’aimes, t’aimes pas, lui il s’en fout, il s’aime tout seul, comme un vrai champion. »

    J’ai beaucoup ri :)

  2. Meilleure acad’ de la saison ! C’est sûrement parce qu’ont est champion ! Champion !! Par contre sur la match de bilbao, ronaldo mérite 1 !! Ne pas mettre un triplé c’est quand même abusé …

  3. C’est vrai qu’elle est bieng cet accadémie. Bravo pour le staïle « écriture de la haute », c’est assez drôle à lire.

    Condoléances pour Hippolyte, mais en même temps, je suis sûr qu’il était socio du Barça (il avait l’air trop gentil, comme un symbole de Messi)

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.