Une saison avec le FC Renardin : Épisode 3

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Enterrement de matraque de garçon.

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«Ce soir ça risque d’être Tip-Top, car je suis avec ma meute! »

 

Lundi : 

Qu’est ce que j’ai bien dormi. La belle victoire de la veille m’a apaisée. De plus, j’ai eu le droit de mettre un coup à maman. Qu’est ce qu’elle a gueulé, je peux vous dire que ce matin elle a pris son petit déjeuner debout. Cette semaine j’ai décidé de faire un peu souffler mes gars, il faut qu’ils digèrent la préparation physique.

J’ai programmé une séance d’entrainement mardi soir et une autre vendredi. Dimanche, pas de match, Florent se marie. Il a convié l’ensemble du groupe à venir partager ce moment exceptionnel.

 

Mardi :

La journée commence mal. Yvonne a trouvé le moyen de mettre du Sans Plomb 95 dans la Laguna. Je suis bon pour une vidange.

Pour la séance de ce soir, j’ai décidé de faire travailler le jeu sans ballon. J’ai remarqué que les appels de balles de mes gars étaient trop prévisibles. Un peu comme les calembours du Jamel Comedy Club.

Je dissémine donc des plots devant le but. Guy et Julien sont chargés de centrer.

Les joueurs ne comprennent pas le but de l’exercice.

Nelson m’interpelle « Coach en gros faut qu’on aille d’un plot à un autre pour ensuite réceptionner le centre de Guy ou de Julien ? »

Nelson a comme d’habitude tout compris avant les autres et ne se gêne pas pour le leur faire remarquer .

 

Mercredi :

Aujourd’hui c’est jour de match. Les Bleus jouent leur premier rencontre de la saison face à l’Uruguay. Je regarde le match  avec mon petit calepin sur lequel je compte noter les choses qui me paraissent intéressantes sur le plan tactique.

À la fin du match, cinq lignes ont été écrites :

-Lait

-Cornichons

-Badoit

-Vinaigre

-Moutarde

M’étant endormi à la 20ème minute, Yvonne a cru bon de noter sa liste de courses pour le lendemain sur mon bloc notes. Ce match amical n’aura donc pas forcément été inutile.

 

Jeudi

Yvonne veut à tout prix que je l’accompagne à son club de belote cet après-midi. J’accepte, il faut savoir faire plaisir à sa femme. Nous arrivons à la salle polyvalente. Un dizaine de personnes sont déjà présente. Estelle et son mari Raymond nous proposent de jouer avec eux. Après dix minutes, je perçois quelque chose de louche dans le regard de Raymond. Il est en train de tricher. Ne supportant pas l’injustice, je me lève et hurle : « C’EST INTOLÉRABLE ! J’AI JAMAIS VU ÇA ! EN CORÉE DU NORD TU AURAIS ÉTÉ PENDU ET ÇA AURAIT ÉTÉ MÉRITÉ »

Tous les regards se pointent vers moi.

Yvonne me murmure à l’oreille : «  Raymond louche, c’est un handicap, il n’y peut rien »

Me rendant compte de ma maladresse, je me rassois. Nous reprenons la partie comme s’il ne s’était rien passé.

 

Vendredi:

Pour ce soir, je prépare une séance « soft »: comme ce week-end c’est le mariage de Flo et que toute l’équipe est invitée, je sais que mes gars veulent garder des forces pour s’amuser un peu. Flo fête même son enterrement de vie de garçon au DiscoCrazy, demain. Je me joindrai à l’équipe, Vovonne est d’accord. D’ailleurs elle à Rdv avec des copines…

La séance débute bien, tout le monde déborde d’énergie. Après quelques étirements, je lance un petit match : on a besoin de jouer pour trouver les automatismes. Les consignes sont simples, ce que je veux c’est des appels en pagaille et de la disponibilité. Une touche de balle, un dribble, une passe. C’est comme ça que ça doit jouer à Renardin! Florent est déchainé évidemment et capte toutes les balles. Il est plein d’autorité et bloque facilement les incursions de Kévin. Le pastis à l’entrainement ne lui réussit pas.

 

Samedi:

Rdv à 22h00 sur le parking du DiscoCrazy. On a tous appris la mort de Patrick Ricard et en hommage, la soirée est anisé. Ce soir ça risque d’être Tip-Top, car je suis avec ma meute! On se passe la bouteille en plastique, contenant le précieux breuvage, j’aime ce côté fraternel. Florent ne  manque pas de nous rappeler qu’il à prévenu ses collègues et qu’on peut picoler à fond. En plus, vu qu’il a mis son uniforme , je crois qu’on a pas trop à s’en faire.

Direction l’entrée de la boîte où les videurs nous font une haie d’honneur. Faut dire que nos derniers résultats laissent présager le mieux pour la notoriété du coin. Dès qu’on rentre, Florent tend son képi au moindre client qui passe et malgré sa pancarte « Je ne sui pas en servisse » autour du cou, tout le monde se sent obligé de donner un peu.  Flo il est droit, c’est vrai mais ce soir, je sens qu’il a envie de se lâcher. Le carré V.I.P. nous est grand ouvert. Un cubi de château Renardin sur la table, la soirée s’annonce somptueuse. Par discrétion envers la future femme de notre gendarme préféré, je ne rentrerai pas dans les détails de cette soirée inoubliable. Mais j’ignorai qu’on pouvait faire autant de chose avec une matraque…

 

Dimanche:

Le réveil est difficile et j’ai comme une pointe de regret: je ne me réveille pas dans mon lit et je ne suis pas seul. La personne à côté de moi ronfle énormément, j’en profite pour m’extirper des draps. En sortant de l’appartement, j’entends une voix grave qui me crie de revenir. Je claque la porte et dévale les escaliers.

Le mariage a lieu dans moins d’une heure, il faut que je me dépêche pour me changer. J’arrive devant chez moi, le président passe justement par là. On se donne RDV à l’église de Renardin. Vovonne se douche: quel désordre dans notre chambre ! Le lit est sans dessus-dessous, des porte-jarretelles traînent à même le sol, ma femme a dû faire quelques essayages. C’est la course pour se préparer mais on arrive à l’heure à la cérémonie.

C’est évidemment grandiose. De grands portraits de Flo et sa femme sont affiché près de l’autel, toute la brigade de gendarmerie de Renardin est au premier rang et Vovonne est splendide. Les deux mariés se passent la bague au doigt et s’embrassent. Standing ovation dans l’église. Les enfants de choeur passent avec une corbeille et font une bonne recette. J’en vois quelques uns qui boitillent. Les mariés, après le traditionnel jetée de riz sur les marches de l’église, démarrent tambour battant en camionnette de gendarmerie. « Just Married! ».

 

A suivre…

Alex C. et JM Thoma

6 réflexions sur “Une saison avec le FC Renardin : Épisode 3

  1. c’est vraiment chouette cette nouvelle rubrique. ça vaut largement un épisode du 20h20.

  2. Attention à ne pas perdre de vue vos objectifs principaux Patrick, personnellement je trouve que vous vous êtes beaucoup dispersé cette semaine, j’espère qu’il ne s’agissait que d’un simple aparté car vous pourriez subir de grosses déconvenues dans les semaines à venir…par ailleurs, je vous conseille de profiter de ce climat favorable pour demander une petite augmentation à votre président qui, j’en suis sûr, vous l’accordera avec plaisir.

  3. C’est une plaie ces vieux qui louchent à la belote…
    C’est comme quand ils essayent de faire passer leurs « l’as est déjà passé ? » ou « t’as pris avec quoi déjà ? » pour un handicap dû à leur SOI-DISANT Alzheimer !

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