Juventus – AS Roma (4-1) : La Bianconero Académie livre ses notes
Michel se met au personnal branling
Juventus / Roma (4-1 : Pirlo, Vidal, Matri, Giovinco / Osvaldo s.p.)
On entend souvent, parmi les poncifs journalistiques, le célèbre « ils ont deux équipes, les postes ont été doublés, il faut un banc conséquent pour jouer la LdC ». Mais qui est capable de me citer une équipe intégrant 5 nouveaux joueurs à chaque rencontre, sans se soucier de l’adversaire ? Surtout que les tendances récentes tendent à prouver qu’un groupe réduit n’empêche pas des succès européens, bien au contraire. La Juve poursuit donc sa gestion d’effectif avant la rencontre de Ligue des Champions mardi.
Les faits marquants :
- 45 matches sans défaite.
- La théorie selon laquelle Chiellini subit quatre fois plus de fautes qu’il n’en commet s’est confirmée une nouvelle fois. Immunité ou génie ?
- La Roma est l’équipe qui a perdu le plus de fois face à la Juve en Serie A. 74 défaites.
- Historiquement, la Vieille Dame a inscrit 248 buts contre la Roma. Plus que face à n’importe quel autre adversaire. Partenaire particulier.
- Monsieur Totti les sifflets lors de votre sortie sont regrettables, mais n’oubliez pas que vous aimiez chambrer les tifosi juventini lors d’un 4-0 en 2004.
- La Roma a réussi à remettre en selle Alessandro Matri, merci pour lui.
Un match excessivement simple à lire. Une boucherie comme n’en a jamais rêvé Eric Di Meco lors des vingt premières minutes. 3-0, merci au revoir. Puis une volonté affichée d’aggraver le score avant la mi-temps (deux transversales). La Roma n’esquisse une réaction que dans le temps additionnel. La seconde période débute à fond les ballons avant de connaitre une nette baisse de rythme, la Vieille Dame se contentant de gérer ses efforts et de procéder en contre-attaque. Trop décontractée puisqu’Osvaldo en profite pour transformer son penalty. Dans les minutes qui suivent, Marchisio, Bonucci et Matri ont l’occasion d’inscrire un quatrième but et démontrent que la Juve accélère quand elle le souhaite. Autour de la 70e, la Roma se montre enfin entreprenante, et même si elle ne cadre pas, reste menaçante. Jusqu’à ce que Giovinco mette un terme à cette rencontre.
Après tout, Canal + promeut ses programmes dans La Matinale, La Nouvelle Edition et Le Grand Journal. Je suis mon propre placement produit.
Buffon, non noté : touche son premier ballon pendant le temps additionnel de la première mi-temps. Puis un second à la 77e. Sinon, il s’incline sur le penalty d’Osvaldo.
Barzagli 4/5 : technicien de surface, il a astiqué 97% de ses passes. D’une surface à l’autre, il n’y a qu’une course de cinquantaine mètre. Du sombrero sur Taddei, qui n’est pas parvenu à le rattraper (gênant vu la vitesse du défenseur), au service pour Giovinco qui plante le Stek, il plaçait ainsi sa troisième accélération du match.
Bonucci 2/5 : provoque un penalty d’un coup d’épaule sur Destro aussi discret qu’inutile.
Chiellini 5/5 : très motivé à l’idée de glisser son chibre dans la belle ingénue romaine, son nez fin et élégant ayant dû humer l’odeur du foutre qui s’y dégageait. Dirty Chiellini roule sur ses adversaires et intercepte les contrevenants derrière. Devant, il déboule pour placer un une-deux avec Matri avant de servir parfaitement – d’un extérieur du gauche – Marchisio dans la profondeur (qui touchera la barre).
Caceres 3/5 : j’étais assez inquiet avant le match puisque son retour contre le Genoa n’avait pas été fructueux (il s’est blessé lors de la préparation d’avant-saison). Hormis un centre en début de match, il n’a pas été en vue.
Vidal 4/5 : s’inspire d’Andrea Pirlo dans sa gestuelle. Le Chilien place la balle sur mon mauvais pied et sert en profondeur Matri pour le deuxième but. Inscrit le deuxième but d’un penaty serein. Cœur avec les doigts. Plus bas en seconde période, donc moins influent mais plus faucheur.
Pirlo 4/5 : a multiplié les ouvertures face à une défense peu farouche. Il ouvre le score d’un coup-franc à ras de terre profitant du placement hasardeux du muret romain. La culture de l’instant a trépassé une nouvelle fois.
Marchisio 5/5 : (blade)-runner. Il entaille la défense par ses prises de profondeur incessantes qui compensent idéalement les décrochages de Vucinic, ainsi que lorsqu’il intervient en deuxième lame à l’entrée de la surface. D’humeur charitable, il valorise sa complicité côté gauche avec De Ceglie tout en exaltant le public de quelques délicatesses techniques. Il ne manquait que son nom au tableau d’affichage puisqu’il toucha la transervale.
De Ceglie 3/5 : sa série de dribbles éliminant deux romains (qui a été surement le moment le plus éprouvant psychologiquement pour nos visiteurs) ne doit pas faire oublier son taux d’échec offensif. Fait acte de présence dans un couloir laissé ouvert à tous les vents par Taddei, sans être une menace. En même temps, on s’en fout, vu les joueurs offensifs.
Vucinic 3/5 : démontre que l’on peut décrocher et le faire dans l’intérêt du collectif. Coucou l’Equipe de France. Souvent prompt à servir Marchisio en profondeur. Ou lorsqu’il s’intercale entre les lignes pour orienter sur un côté le jeu. Marcher sur le terrain et violer des centurions, c’est cool, mais il ne marque pas. A force laisser trainer ses doigts dans le cul, il pourrait avoir une mauvaise surprise en se recoiffant.
Matri 4/5 : un but pour la confiance, et une relation intéressante avec Vucinic comme lorsqu’il conserve le ballon entre trois défenseurs avant de servir le monténégrin qui touche la barre. Peut mieux faire à la finition, mais se contentera des applaudissements à sa sortie pour espérer de la continuité dans son temps de jeu.
C’était mieux avant.
Les entrants :
Asamoah : RAS.
Giovinco : tire la langue pour célébrer son but, comme Del Piero. Vraiment prêt à tout pour mettre la main sur ce n°10.
Pogba : une frappe et puis s’en va.

*45* comme un symbole de retour de Michael Jordan ;)
Totti utilisait aussi les techniques de Vucinic, mais ça c’était avant…