France-Kazakhstan (8-0): l’Académie Française est qualifiée

Une grosse pensée aux victimes du 13 novembre ainsi qu’à leurs proches. Si le football peut paraître dérisoire dans de tels moments, il reste un vecteur d’émotions. Les hommages rendus par tout un stade ont été extrêmement intenses et montrent que le souvenir et la douleur sont encore très présent. Pour Moké et pour tous les autres, ne jamais oublier.

L’Equipe de France accueille celle du Kazakhstan pour le compte de l’avant-dernière journée des éliminatoires de la Coupe du Monde 2022. Une victoire suffirait à valider le ticket pour le Qatar et nous pouvons sereinement envisager de fêter la qualification avant même le déplacement des Bleus en Finlande lors du dernier match de poule.

Attention toutefois, le Parc des Princes n’a pas toujours été un simple point de contrôle sur la route d’une grande compétition et les neveux de Borat ne sont pas venus uniquement pour visiter la capitale. Dans la famille, ils savent redoubler d’ingéniosité pour faire des blagues de mauvais goût.

Ah, j’allais oublier. Cette rencontre ne vous sera pas contée par l’habituel maître des lieux, le génial Didier Décampe. La DDASS espagnole lui ayant demandé de se rendre immédiatement à Madrid pour finaliser ses papiers d’adoption, il se trouvait au domicile de Madame Hernandez, mère de ses futurs enfants.

Puisqu’il fallait bien quelqu’un pour le remplacer, c’est assez logiquement que je me suis proposé. L’été dernier, l’ex-sélectionneur suisse Vladimir Petkovic a piqué les clefs du jeu à Deschamps et un jeu de clefs à Décampe. Le con a oublié de les rendre avant de partir à Bordeaux. Il a suffit d’un appel pour récupérer le sésame qui ouvre la porte des bureaux de l’Académie Française. Me voici donc confortablement installé dans son fauteuil et je vais tâcher (que Didier se rassure, j’ai pensé à mettre un slip et à ajouter un accent circonflexe) de me rendre digne du patron.

La composition :

Le présent et le futur réunis

Malgré les absences de Varane, Kimpembé (ah ah) et Pogba, Deschamps a décidé de maintenir son système en 3-4-1-2.

Derrière, nouvelle titularisation axe gauche pour Lucas et axe droit pour Koundé, qui est en train de s’imposer. Au centre, Upamecano remplace Varane. Peu à l’aise lors de ses premières sorties avec les Bleus, ce match est une opportunité pour lui de nous se rassurer.

Au milieu, le retour de Kanté est la grande nouvelle de ce rassemblement. Mais toujours pas d’association avec Pogba, la jambe de ce dernier n’ayant pas toléré de recevoir une passe de DD à l’entraînement. L’entraîneur avait le choix entre Rabiot et Tchouaméni et a choisi le premier parce que… Parce que ?

Enfin ! La Dèche a décidé de mettre Théo et Coman sur les côtés. Il y a peu, nous avions droit à Digne et Pavard… Ah, les Sex Pistons, ça va nous changer de Stone et Charden.

Devant, place à l’habituel trio madrilène Griezmann, Benzema et Mbappé.

Le résumé :

Le match :

La France démarre pied au plancher. Kanté remonte le ballon et transmet à Griezmann qui sert Benzema dans l’angle de la surface. Théo Hernandez arrive comme une fusée et est servi dans le bon tempo. Son centre en retrait, un véritable cadeau, est repris par Mbappé pour l’ouverture du score (1-0, 6e).

Le plus dur est fait comme on dit. Mais les Bleus sont bien décidés à enfoncer le clou et vont rapidement mettre le deuxième. Une relance à la main de Lloris vers Koundé. L’ex-Bordelais réalise une ouverture sublime pour Coman qui devance la sortie de et centre pour Mbappé. L’attaquant reprend sans contrôle et inscrit un doublé (2-0, 12e).

On n’avait pas vu de déboulé aussi rapide depuis le bus Bleus sur les Champs-Elysées en 2018.

Les Français maintiennent un rythme effréné. Encore servi par Koundé, Coman est esseulé sur son aile et prend le temps pour enrouler un centre parfait repris par Mbappé de la tête ! Les champions du monde s’envolent (3-0, 32e)!

La première période se termine un peu plus calmement qu’elle n’avait débuté. Cela ne veut pas dire qu’il ne se passe rien. Non, les Bleus s’amusent ! Après un tir de Coman relâché par le gardien, Griezmann récupère le ballon dans les six mètres et nous offre un coup du foulard pour servir Benzema qui tente un retourné. Peu habitué à tant de beauté, mes yeux saignent. Joga bonito francês ! A ne pas confondre avec le jogging finito sarthois qui est tout aussi créatif mais qui manque d’entraînement pour être réellement efficace.

Après la pause, rien a changé : les Bleus attaquent à tout va.

Les Kazakhstanais eux, aiment le risque. Ainsi, Omirtayev met une bonne semelle à Lucas Hernandez. Le jaune reçu n’est pas la pire chose qui aurait pu lui arriver.

Benzema s’est d’abord dit qu’il prendrait bien une biscotte lui aussi et à chargé Pokatilov, le gardien adverse. Puis, notre attaquant a trouvé qu’il serait plus intéressant d’imiter Mbappé. Il a donc surgi au premier poteau pour reprendre un centre en retrait de Théo Hernandez, lui-même servi par son frère. Sur le coup, l’hésitation des défenseurs a été fatale (4-0, 56e).

On répète une dernière fois : qui s’occupe du piston quand il monte ?

Benzema ne veut pas s’arrêter en si bon chemin et inscrit rapidement un second but. Upamecano sert Rabiot qui trouve Benzema un peu décroché. D’une belle passe, il lance Mbappé qui réussit à s’amener le ballon. Alors qu’il aurait pu tenter la frappe, il préfère offrir le doublé à son collègue. Benzema n’a plus qu’à la pousser au fond et la France marque ainsi son troisième « but PES » de la soirée (5-0, 59e).

Le Kazakhstan essaie de réagir mais les arrières français font le taf et ne laissent rien passer.

Puis une nouvelle occasion pour les Tricolores : un centre de Mbappé est mal dégagé par un défenseur. En voulant réaliser une tête plongeante, il a envoyé le ballon du bras sur le poteau. Le ballon est preeeesque entré entièrement. Ne manquait plus qu’une couture. Ah quand ça ne veut pas !

Déjà auteur de deux passes décisives, Coman semble vouloir marquer à son tour. Sur un service de Koundé, il se retourne plus vite qu’une crêpe bretonne à la vue du Grand-Marnier et envoie une lourde en angle fermé. C’est à côté et le choix de jouer seul n’était pas le plus pertinent.

A vingt minutes de la fin, Tchouaméni et Diaby font leur entrée. L’attaquant semble pressé et n’attend pas longtemps pour se mettre en évidence. Après une énorme accélération et un relais avec Mbappé qui lui a offert une passe, il a cru inscrire son premier but en sélection mais l’attaquant du PSG était hors-jeu. Nous pouvons comprendre pourquoi certains supporters du club de la capitale réclament son retour. Le voir ainsi s’extirper d’une forêt de joueurs au départ de l’action doit les changer de certains qui ont du mal à quitter le Bois indemne.

Serait-ce parce que le match se déroule au Parc ? Le fait est qu’un autre ancien de la maison se met en avant. Sur corner, Rabiot marque d’une tête, touchée par le gardien mais trop puissante pour être arrêtée. Avoir « Rabiot », « tête » et « puissante » dans la même phrase peut sembler étrange. Le score lui, s’en accommode fort bien (6-0, 75e).

Il reste dix minutes. Deschamps, cuit depuis le magnum enfilé cul sec à la pause, joue à mettre son slip sur la tête et de choisir à l’aveugle ses futurs entrants. Pas de chance pour nous, c’est tombé sur Pavard et Lenglet.

Griezmann aussi est tombé. Des crampons lui ont rabotés les deux talons dans la surface et l’arbitre siffle penalty après intervention de la VAR. Le ballon se trouve dans les mains de Mbappé. Mais, en grand seigneur, il l’offre à Griezmann. Celui-ci a évacué toute la frustration engendrée dans cet exercice en envoyant une grosse frappe croisée (7-0, 82e).

Son envie de marquer n’était pas uniquement personnelle. Antoine est un Grand Homme.

Cette rencontre vertigineuse ne pouvait pas se terminer sans un grand huit..ième but. Griezmann au départ qui donne à Diaby. Celui-ci fixe la défense et attend que Mbappé passe derrière lui pour le servir dans la course et l’attaquant marque son quatrième but de la soirée, une première depuis Juste Fontaine (8-0, 87e).

La rencontre se termine sur ce score fleuve. Quel match des Bleus !

Les notes :

Lloris (5/5):

A deux doigts d’écrire « non noté ». Deux arrêts tranquilles et c’est tout. Il a essayé de maintenir le rythme par des relances rapides. Un match peinard.

Koundé (5/5):

Une performance de patron. Il a vite compris qu’il pouvait se permettre d’être offensif et ne s’est pas fait prier. Son ouverture pour Coman sur l’action du deuxième but est de toute beauté. Il n’a pas hésité non plus à dédoubler avec le Munichois. Il sera difficile d’aller le chercher.

Upamecano (3/5):

Il a réussi l’exploit de mettre presque quarante-cinq minutes pour entrer dans son match. Il a d’abord eu du mal à gérer les duels avec son vis à vis avant de monter en puissance et gagner en confiance. Avec un nom pareil, on s’attendait néanmoins qu’il règle ses défauts plus rapidement.

Lucas Hernandez : (4/5):

Solide sur ses rares occasions de défendre, il nous aura fait peur en tentant une roulette (manquée) dans sa surface. Il s’est rattrapé grâce au vice et c’est à se demander si ce n’était pas fait exprès : les prises de bec devaient lui manquer.

En bon aîné, il a fait courir son frère mais c’était pour la bonne cause.

Match presque parfait donc mais un point est retranché à sa note car il a été remplacé par Lenglet.

Coman (5/5):

On pourra toujours dire que ce n’était « que » le Kazakhstan. Qu’il faudrait le voir contre une équipe plus dangereuse. Certes. Mais en évoluant à ce niveau, il ferait souffrir n’importe quel adversaire. Peut-être même qu’il ferait hésiter à monter l’arrière gauche d’en face.

Il a complètement fait exploser la défense. Ses dribbles, sa vitesse, ses coups de reins… Du grand art qui pourrait pousser Anal+ à acheter les droits des matchs des Bleus pour les diffuser le samedi soir.

Coman sur son aile, mon engin dans le slip ou les deux ?

Auteur de deux passes décisives et à l’origine d’une bonne quantité d’occasions, il a bien répondu aux attentes.

Remplacé par Pavard qui a eu une seule opportunité offensive, à la dernière seconde. Son centre a fini directement dans les gants du gardien.

Kanté (4/5):

Un match à la Kanté : il était partout ! Il a mis la pression au milieu adverse, ne l’a jamais laissé respirer. Encore de nombreux ballons gagnés mais aussi, une fois n’est pas coutume, un certain nombre de perdus. On ne lui en tiendra pas rigueur.

Remplacé par Tchouaméni à vingt minutes de la fin. Le jeunot s’est de suite mis dans le rythme et s’est même essayé à la frappe.

Rabiot (4/5):

Il a joué simplement et il a rempli sa part de travail défensif. Un bon match couronné par un but de la tête sur corner. Il a donc parfaitement su remplacer Pogba.

Un contrat rempli par le Duc, ce n’est pas tous les jours…

Théo Hernandez (5/5):

Certains l’appellent « la moto ». Vu les dégâts qu’il cause quand il part à toute vitesse, le surnom de « suppo » ne serait pas inapproprié.

Et de deux passes décisives supplémentaires. Il est vraiment en train de réussir des débuts magnifiques avec L’Équipe de France.

Griezmann (4/5):

Son jeu est peut-être moins spectaculaire que celui de ses partenaires. Mais le métronome, c’est lui. Son sourire sur chaque but montre à quel point il prend du plaisir. Il a marqué sur penalty, ce qui va lui faire du bien.

Benzema (5/5):

Il joue tellement juste. Toujours le bon choix, la petite touche, le déplacement qui va bien. Un régal, récompensé d’un doublé.

Remplacé par le jeune Diaby qui a réalisé une très bonne entrée. Ses déboulés « à tout à l’heure » (il va tellement vite que ses copains ne le retrouvent qu’une fois l’action terminée) ont enflammé le Parc qui en pince toujours pour son Titi. Auteur d’une passe décisive pour un Mbappé avec lequel l’entente sur et en dehors du terrain semble parfaite.

Mbappé (5/5):

Que dire de sa performance ? Tout simplement parfaite. Quatre buts, une passe décisive et surtout un esprit collectif comme rarement vu chez lui. A tel point qu’on aurait presque envie de lui comptabiliser la passe adressée de la main à Griezmann lorsqu’il lui a donné le ballon pour tirer le penalty. Aurait-il agit autant dans le sens du jeu si ses compères d’attaque avaient marqué avant lui ? On ne le saura jamais et on s’en fout.

La com’ de réhabilitation se déroule plutôt bien

Il est sorti sous une ovation méritée et a été remplacé par Ben Yedder. Oh, je l’avais oublié, lui.

Pour en finir :

Cette belle victoire entérine la qualification à la Coupe du Monde 2022. L’Equipe de France a été à la fois sérieuse et déchaînée.

Interrogé sur l’état d’esprit de ses joueurs, Deschamps s’est félicité qu’ils aient respecté jusqu’au bout leur adversaire. Il peut être satisfait ! Nous sommes nombreux à rêver de pouvoir respecter notre femme rien qu’une fois par semaine alors les voir en enfiler huit en une seule soirée est magique.

Alors que l’on pouvait craindre de s’ennuyer en seconde période, nos joueurs n’ont jamais relâché la pression et ont gardé l’envie d’en mettre toujours un de plus.

Cette équipe est emballante et je mesure la chance que j’aie eu de pouvoir académiser un de ses matchs. J’en profite pour remercier une nouvelle fois Didier Décampe tout en espérant que ses démarches administratives se déroulent pour le mieux.

Le dernier match de l’année arrive très rapidement avec ce déplacement en Finlande. Cela tombe bien, on en redemande !

A bientôt ?

Nausée Savajicl

Nausée Savajicl

Nausée Savajicl (50% Vosgien, 50% Arcachonnais, 100% Bordelais) Vosgien issu de l’immigration girondine, j’aime surfer à la Moselle et faire du patin à glace sur la jetée Thiers. Mais surtout j’aime les Girondins car parfois, leurs matchs me paraissent beaucoup plus longs que l’hiver de par chez nous.

9 commentaires

  1. Quel panache cet hommage au bordelais Kounde M. Savajicl.
    Ecourter votre première sélection en EDF comme lui l’avait fait !
    « partout et tout le temps »

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