Amiens-OM (1-3), La Canebière académie évite le blocage

On n’était pas venu là pour repiquer des betteraves.

Aïoli les sapiens,

Ne tournons pas autour du pot : il n’y avait rien à attendre de ce match, ou plutôt si, le minimum : trois points. Alors que défile dans notre calendrier une série de clubs médiocres, toute autre résultat qu’une victoire nous enfoncerait un peu plus dans la crise, tandis qu’une victoire n’effacerait en rien le regret des sempiternelles défaites subies contre des adversaires plus huppés.

Pour tout dire, programmé en plein mois de novembre dans une région où c’est toujours novembre, ce déplacement à Amiens ne présentait aucune espèce d’attrait.

Humeur du soir (21h).

 

L’équipe

Mandanda

Sarr – Rami – Rolando – Sakai

Lopez – Sanson

Thauvin – Payet (Kamara, 89e) – Ocampos

Njie (Germain, 65e)

La bonne nouvelle du jour est le retour de Rolando après une longue absence. Bonne nouvelle pour lui en tout cas, plus inquiétante pour notre recrue Caleta-Car qui se voit devancé par ce sympathique tractopelle revenant de 6 mois de blessure. Luiz Gustavo suspendu, Strootman blessé dès l’échauffement, Sanson et Lopez sont associés au milieu. D’abord installée en 352 (Rami, Rolando et Sakai assurant la défense centrale), l’équipe retrouve rapidement son 4231 classique. Germain et Mitroglou sont sur le banc, Radonjic en tribunes, et les téléspectateurs en dépression : cet Amiens-OM peut débuter.

 

Le match

Après quelques minutes de laborieux préliminaires, Steve Mandanda profite de notre passage en terres grolandaises pour postuler au casting. Son mime du chasseur alcoolique enculé par un préposé des postes récoltera sans doute un grand succès auprès de Jules-Édouard Moustic, moins auprès de ses coéquipiers qui le voient se trouer sur un bête centre et offrir l’ouverture du score à Dibassy (1-0, 8e).

Le temps pour Ocampos de sauver d’un tacle ocampesque une action bien mal embarquée, et l’équipe passe en 4231 au quart d’heure de jeu. Les rapports de force s’en ressentent aussitôt, à notre avantage. Malgré des erreurs techniques, l’OM lance de nombreux mouvements vers la surface amiénoise. Si Payet distribue autant de cadeaux qu’un maire de secteur une année d’élection, c’est Morgan Sanson qui exécute une ouverture de 50 mètres décisive pour Thauvin sur l’aile droite. Florian gratifie les défenseurs de son fameux recentrage, des fois que la fibre ne soit pas encore arrivée dans la Somme et qu’ils ne soient pas encore au courant de l’astuce. L’action se conclut de l’entrée de la surface, par une sèche au premier poteau surprenant le gardien (1-1, 26e).

Les combinaisons se succèdent, même si le rythme décroît nettement en fin de période. Dans le temps additionnel, Ocampos peut tout de même tenter son retourné, une nouvelle fois sur un caviar de Payet. Hélas, le relâchement entrevu en fin de période était appelé à se poursuivre au retour des vestiaires. Sans impact ni précision, l’OM s’enlise et le match n’est guère plus animé que par quelques actions sporadiques de part et d’autre.

Pire, le slipomètre s’affole franchement quand, d’une action née d’une passe suicidaire de Sakai pour Rolando, le ballon tourne devant trente bonnes secondes autour de notre surface sans que nous ne puissions le dégager. Ramon Thomas Monconduit finit par être trouvé en position idéale, mais ne parvient pas à placer son tir hors de portée de Mandanda.

Le réveil marseillais n’intervient qu’à une vingtaine de minutes du terme, initié par Germain tout juste entré à la place de Njie. Valère place ainsi une tête sur la barre après un corner de Payet, avant d’échouer sur le gardien après un bon service de Thauvin. La pression s’intensifie, mais notre maladresse nous empêche de conclure. Aux abois, les Picards dégagent tant bien que mal, et c’est ainsi que Sanson récupère un mauvais renvoi et perce plein axe avant d’être descendu près de la surface. Thauvin pose le ballon et, placidement, lustre la lucarne de Gurtner : nous avons beau nous trouver à l’orée de l’hiver en Picardie, dans nos slips c’est Copacabana (1-2, 80e).

Mieux encore, l’OM évite de se recroqueviller comme le premier bigorneau venu après avoir pris l’avantage. Deux minutes après ce but, Lopez récupère un premier centre repoussé et se faufile dans la surface. Son centre dans les six-mètres, dévié, finit par trouver Payet. Une peu subtile semelle de Lefort prive Dimitri du but, et presque de son tibia : pénalty. Payet se charge de le tirer, quand bien même il parût souffrir sa race après le coup reçu. Gurtner part sur le côté, mais parvient à laisser traîner le pied pour dévier la frappe de Payet plein centre.

Pas de quoi se mordre les doigts de cet échec, cependant, Amiens se montrant épuisé et impuissant à nous inquiéter. Bouna Sarr récupère ainsi un dégagement anémique de nos adversaires, ce qui permet à Kamara de trouver Germain en appui. Lopez hérite de la remise, progresse et décale Thauvin, qui s’offre le triplé d’un nouveau tir au premier poteau (1-3, 91e).

Forts de ces trois points acquis sans grand éclat mais avec sérieux contre un énième club-avorton de Ligue 1, nous pouvons alors regagner des contrées moins hostiles, tout auréolés de notre réputation de matadors pour vachettes landaises.

 

Les joueurs

Mandanda (2/5) : La dernière fois qu’on a vu un Olympien s’aplatir de manière aussi ridicule devant un type d’Amiens, c’est quand Jacques-Henri Eyraud a offert un maillot de l’OM à Emmanuel Macron.

Rami (3/5) : Il a d’abord semblé confondre « défense à trois » avec « permis d’aller tuer des Amiénois au milieu de terrain », avant de s’assagir et de livrer une partie très correcte aux côtés de Rolando.

Rolando (3-/5) : Le cosmos est régi par des vérités immuables qui s’imposent aux hommes comme aux dieux. L’une de ces vérités est que Fulham, tout le monde s’en branle. Erzulie comprise. La déesse a donc délaissé son André-Frank Zambo Anguissa pour revenir à Marseille, et offrir à son nouvel amour un come-back aux lisières du surnaturel. Il ne lui reste plus qu’à retrouver où elle a rangé son sortilège de vitesse, et tout sera parfait.

Sarr (2/5) : La vie de ballon de football, c’est aussi de savoir passer des caresses de Payet aux grosses tartes de Bouna Sarr, un peu comme le suspect doit alterner les interrogatoires par le gentil flic et par le méchant flic. Encore que, ce que lui a fait subir Bouna ce soir, c’est sans doute proscrit par le code de déontologie de la Police nationale.

Sakai (2+/5) : « Joueur de devoir » : se dit d’un joueur qui ne fait pas chier quand on ne le fait pas jouer à son poste.

Lopez (4/5) : Aussi précieux que les amygdales pendant un roulage de pelle : elles ne se font pas remarquer, mais tout passe par elles et notre santé ne peut que s’en trouver améliorée.

Sanson (4-/5) : Ah non, au temps pour moi, j’ai oublié que la vox populi exigeait de le traiter de vieille merde. Nous allons donc fermer les yeux sur son ouverture amenant le premier but, ses sorties de balle tranchées et sa percée pour obtenir le coup-franc du second but, et ne nous concentrer que sur sa seconde période plus effacée pour lui coller un gros 2/5, à cette sale brêle.

Payet (4-/5) : 90 minutes de coitus interruptus, toutes en touchers de balle lascifs et caresses émoustillantes, et tout ça pour que ce soit finalement un autre qui nous fasse grimper aux rideaux.

Kamara (89e) : A eu le temps de participer à la construction du dernier but.

Thauvin (4+/5) : Non, qu’on se le dise la Canebière Académie n’attribuera plus de 5/5 pour des matchs contre l’Amiens SC et autres associations sportives mal dégrossies. Vous ne nous aurez pas à chaque fois.

Ocampos (3-/5) : S’est jeté pour nous préserver du 2-0, s’est jeté pour tenter de marquer de la tête, s’est jeté pour marquer du pied, s’est jeté pour marquer en retourné, puis ne s’est plus jeté pendant presque toute la seconde période (mis à part la fois où il s’est jeté pour découper un Amiénois qui partait en contre). Une soirée ordinaire.

Njie (2/5) : Au jeu des comparaisons, on constatera que Clinton effectue beaucoup plus d’appels en profondeur que Germain et Mitroglou. Dans la mesure ou 3/4 des dits appels sont salopés par un contrôle de pied-bot, la plus-value finale reste toutefois difficile à discerner.

Germain (65e, 3+/5) : Pour une fois pas entré pour jouer false-nine-advanced-libero, mais attaquant de pointe. Un vrai, hein, un qui se procure des occasions et qui tire.

 

L’invité zoologique : Saman Ghoddodo

Avec sa démarche bancale et sa figure rigolote, le dodo est un animal mythique, au sens où les générations futures auront du mal à croire qu’un truc aussi mal fichu ait pu réellement exister, un peu comme ces villes dont l’on retrouve les noms dans de vieux journaux de football en nous disant « noooon, ils avaient vraiment une équipe de football, eux ? ». Le dodo était donc bien l’invité approprié pour nous parler de ce match contre un club dont la disparition programmée ne devrait pas émouvoir grand monde lorsqu’elle se produira.

– Les autres : Dire « qu’ils ont fait de leur mieux » serait de la dernière condescendance, un mépris pour ces clubs que l’on dit « petits » mais dont le professionnalisme et l’abnégation ne doivent pas être remis en question. Ce serait même presque injurieux de dire cela. C’est pourquoi je le dis : ils ont fait de leur mieux.

– Le classement : Nous nous accrochons à deux points de Lyon et passons à la cinquième place devant leurs rivaux Stéphanois. Les contre-performances de Montpellier et Lille nous permettent d’effectuer un beau retour sur le peloton de tête.

– Les réseaux : ton dromadaire préféré blatère sur Facebook, et sur Twitter. La trêve n’a pas perturbé Homerc, qui remporte une nouvelle fois le concours zoologique.

 

Humeur du soir (23h15).

 

Bises massilianales,

Blaah.

Blaah

Dromadaire zoophilologue et pertuisien. Idéal féminin : à mi-chemin entre Scarlett Johansson et Maryse Joissains.

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