Arsenal – Rennes (3-0) : La Gunners Academy livre ses notes

Tiens. Ça faisait longtemps qu’on avait pas eu à rattraper un gros déficit en Coupe d’Europe. Ça rappelle des souvenirs. Rarement des bons d’ailleurs. Milan, Barcelone… Oui, c’est vrai que contre Rennes, c’était inattendu. Ça, faut bien l’admettre. Mais il ne faut jamais sous-estimer les talents de ce club en matière de plot twist.

Ainsi, après un match aller rocambolesque – et je choisis soigneusement mes mots – les hommes d’Unai Emery devaient déchaîner les enfers sur ceux de Julien Stéphan pour avoir une chance de se qualifier. Donc taper fort, marquer vite et enchaîner, le tout sans se faire hypnotiser une seul fois par le boule de Ben Arfa. Pour une équipe peu habituée aux clean-sheets et contrainte d’aligner Shkodran Mustafi au coup d’envoi, la mission s’annonçait merdeuse. D’autant qu’Unai avait décidé d’envoyer le pâté. Compo full offensive estampillée James Blunt-Sinik « J’prendrai tout ce qu’il y a à prendre » : 3-4-1-2 avec Aubameyang, Lacazette, Özil, Ramsey, Kolasinac et Maitland-Niles aux canons. La compo fait plaisir autant qu’elle fait peur, mais au moins, Coach Emery n’a pas fait dans le tiédasse. On était prêt à faire le taf, ou à sortir de la pire manière possible.

Mais ce fut la réponse 1. Comme prévu, et après trois petites minutes de bégaiement footballistique causé notamment par la vue d’un fumi en parcage – faut les comprendre les mecs, ils sont pas habitués – Arsenal met le pied sur le ballon et commence à mettre des petits taquets dans la glotte de l’effectif rennais. 5e minute, décalage d’école de la gauche vers la droite, Maitland-Niles est assez malin pour ne pas balancer un centre au pif et trouve Ramsey dans la surface. Son centre à l’aveugle trouve Aubam’, complètement oublié par la défense rennaise, qui ouvre le score à bout portant. 1-0, le ton est donné pour une bonne partie de la première période. Acculés, les Rennais peinent à sortir le moindre ballon et encaissent le deuxième dix minutes plus tard sur un joli combo décalage-une-deux-hors-jeu passif-bordel qui finit par un centre superbe d’Aubam sur la tête d’un Maitland-Niles sauvage, surgissant des hautes herbes au deuxième poteau. L’affaire est potentiellement dans le sac, mais évidemment, la peur du mauvais commentateur nous étreint : n’a-t-on pas marqué trop tôt?

Bah pas tellement en fait. Rennes a beau trouver des respirations en cette fin de première période, elles se concrétisent souvent par des centres sans imagination pour des attaquants en sous-nombre. Niang est à la peine, Sarr n’a pas l’espace pour s’exprimer. Et les Bretons rentrent au vestiaire avec la casquette. Côté Arsenal, c’est sérieux et appliqué. On se doute que ça va bien se péter la gueule à un moment. Ce moment aurait pu être le début de seconde période. Un peu de relâchement, un peu de Mustafi et Rennes touche le poteau avant que Kolasinac ne doive sauver sa propre erreur de marquage par un gros tacle de dernière minute dans la surface. Mais le petit orage passe. Unai fait ses premiers changements à vingt minutes de la fin du match, Arsenal se montre à nouveau incisif sur ses transitions. Et Mkhitaryan construit l’action du troisième but, terminée par un centre de Kolasinac pour Aubameyang. Fin du game.

Rennes aura bien deux-trois moments intéressants avant le coup de sifflet final, mais rien de bien concret. Tandis que dans le même temps, le Gabonais nous gratifiera d’une paire de loupés XXL, confirmation d’une domination assez nette sur 90 minutes. Et confirmation que c’est toujours une bille en termes de finition. Mais ça, c’est un autre débat. Arsenal est en quart d’Europa League, l’accident industriel a été évité. Mais il serait sage d’en tirer quelques leçons.

CECH : 3/5
Toujours aussi mal à l’aise à l’idée de tenter des relances courtes sous la pression. Des dégagements valables quand même, et des sorties utiles. Pas franchement mis en danger cette fois.

MUSTAFI : 2/5
Même quand il fait un match correct comme celui-là, ses deux ou trois brain farts nous plongent dans la détresse la plus totale. L’instabilité faite homme.

KOSCIELNY : 4/5
A tranquillement dégusté Niang qui s’est réfugié derrière les coups de pute pour essayer de refaire surface. Il dévie le seul tir dangereux de Rennes sur le poteau. Quelle bénédiction qu’il soit revenu quand même.

MONREAL : 3/5
Forcément, quand on lui file un coup de main, et qu’on ne le laisse pas seul à défendre un couloir de 50 mètres contre Sarr, ça se passe tout de suite mieux…

MAITLAND-NILES : 4/5
J’aime bien le fait qu’on soit en train de dupliquer Bellerin. Alors certes, dans une défense à quatre, c’est la garantie de prendre le bouillon sur un côté, en 3-4-3, sa vitesse suffit à compenser ses erreurs. Et puis il se montre de plus en plus pertinent devant. Je crois que je vois enfin ce qu’on va en faire.

KOLASINAC : 4/5
Un putain de bélier de siège. T’enfonce des portes avec, tu détruis des murailles, mais ça sert quand même pas à grande-chose pour te défendre.

XHAKA : 2/5
Oh tiens, on a revu par moments le vieux Xhaka. Celui qui joue son football de pépé pour le plaisir, en se regardant. C’est quand même fascinant ce besoin, au top niveau, de toujours devoir contrôler sa balle avant de faire une passe. Le mec n’existe qu’en version deux touches de balle minimum.

RAMSEY : 4/5
Le voir courir partout me fatigue derrière mon écran. Bon, ça doit le fatiguer aussi je pense, vu la poignée de passes qu’il envoie n’importe où à chaque match. Mais son imprévisibilité le rend aussi dur à cibler pour ses coéquipiers que difficile à marquer pour l’adversaire en fait.

ÖZIL : 4/5
Un vrai bon match, où il s’est montré, où il a créé. Pas besoin d’avoir une performance world-class à chaque fois : si seulement on pouvait avoir ça deux fois sur trois, ce serait déjà pas mal

AUBAM : 4/5
L’esprit d’Ibrahima Bakayoko dans le corps d’Usain Bolt.

LACAZETTE : 2/5
Du taf, du taf, oulala. Tellement d’efforts pour récupérer des ballons, fluidifier… Mais il a pas réussi à se montrer aux bons endroits, aux bons moments. Et puis, bon, va falloir y aller doucement sur la Red Bull quand même, hein. Les tacles en delta force, ça montre que t’as envie, le public apprécie tout ça. Mais ça peut potentiellement nous mettre gravement dans la merde.

MKHITARYAN (pour Özil à la 69e minute) : Confirmation à la fois qu’il a la pelade et qu’il est très en forme d’un point de vue football. Le Seigneur donne et le Seigneur reprend.

IWOBI (pour Lacazette à la 69e minute) : Une frappe du gauche (évidemment à côté, vous connaissez le garçon mais on essaie de l’encourager, il était bien placé). Et puis, une percussion qui aurait dû amener un but si Aubam’ n’avait pas salopé les draps.

TORREIRA (pour Ramsey à la 87e minute) : Parce qu’il fallait pas trop pousser Mémé non plus.

En face, j’ai vu beaucoup de pleurnicheries, beaucoup de réclamations, de roulades. Beaucoup de taquets aussi mais assez peu d’idées au final. Des ballons sur les côtés, des grandes saucisses sans conviction balancées dans la surface. Et puis l’espoir d’un déclenchement de Ben Arfa. Grenier insupportable, Sarr invisible. Mais les Rennais ont allumé un fumi à l’Emirates et rien pour ça, on les remercie d’être venus.

D’après le Sun – prenez donc les pinces les plus gigantesques que vous ayez sous la main – le club voudrait garder Cech dans le staff à la fin de la saison. Si je vous dis ça, c’est parce que Rhys Weston, ancien joueur formé au club qui commentait le match sur Arsenal Player, a balancé un genre d’intuition dans ce sens durant le match. Et ce serait évidemment très chouette.

Denis Suarez devrait aussi faire sa première apparition en tant que titulaire en PL, après avoir joué 90 minutes de bonne facture en stage à Dubaï. Difficile de savoir ce qu’il vaut pour le moment, mais sa dernière apparition officielle m’avait laissé une impression positive, le sentiment que le bonhomme pouvait brusquement accélérer le jeu. A voir.

Pendant ce temps, le grand Per gère son petit business avec l’Academy et travaillerait sur un rapprochement avec son ancien club du Werder Brême pour une affiliation.

Le Père Fidalbion

J'ai décidé de supporter Arsenal grâce à FIFA 99 : y avait Dennis Bergkamp sur la jaquette et c'était la première équipe disponible dans l'ordre alphabétique. Ce jour-là, j'aurais mieux fait de me péter une jambe.

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