Bordeaux-OM (2-0), La Canebière Académie raccompagne vers la sortie

Aïoli les sapiens,

Après les temps des humiliations contre Limassol ou l’Association sportive forézienne Andrézieux-Bouthéon, après le temps de retour à la réalité devant les plus forts que nous et l’anéantissement conséquent de nos espoirs sportifs, voici venu le temps où il s’agit de conquérir le peu qui reste : une place européenne en seconde classe, peut-être enfin une victoire contre Lyon en fin de saison et, dès maintenant, l’occasion de mettre fin à notre disette plus que quarantenaire en terres bordelaises.

Bref, notre club est pathétique, notre club est moribond, notre club fait rire à ses dépens mais comme dit le proverbe : « ça pourrait être pire, nous pourrions être les Girondins ». Leur équipe ayant tout comme nous adopté ces temps-ci la consistance d’une flaque de vomi un samedi à 3h du matin, les Bordelais voyaient dans cette soirée l’opportunité d’ébaucher un maigre sourire, tout comme nous. Le moral à zéro, le jeu immonde, les statistiques, tout concourait à ce que la rencontre s’achève par « le fameux match nul qui n’arrange personne ». Eh bien même cela, nous l’avons raté.

Comme l’a souligné Florian Thauvin, nul besoin de palabrer des heures pour analyser la situation. J’irais même jusqu’à ajouter qu’elle peut se résumer en un mot : dehors.

L’équipe

Mandanda
Sakai– Kamara – Caleta-Car – Amavi
Lopez (Njie, 85e) – Strootman
Thauvin– Payet (Balotelli, 69e) – Radonjic
Germain (Sanson, 76e)

Diminué, Balotelli débute sur le banc. Ocampos est quant à lui forfait, et se voit remplacé par Radonjic, dans un 4231 qui voit le retour de Payet en meneur de jeu, et de Strootman au milieu.

Le match

Mandanda inaugure la rencontre par une RAIE d’un autre temps, sur le premier des 1457 coups-francs concédés par Kamara au cours de la partie. Un geste de bon augure, quoique l’action fût de toute façon entachée d’une faute de l’attaquant.

Pour une fois, les Girondins ne marquent pas leur traditionnel but-à-la-con d’entrée de jeu, et passées quatre premières minutes relativement slipométrique, l’OM prend enfin la mesure de son adversaire. C’est au tour de Kamara de faire briller le gardien adverse, ici aussi sur corner. Puis, après un centre dévié de Sakai, Strootman adresse de volée une lourde qui rebondit sur la cuisse puis la main de Pablo. Le geste est jugé involontaire par l’arbitre et son car vidéo : difficile de leur donner tort dans l’absolu; ceci étant dit, les très nombreux précédents de pénaltys accordés pour des gestes similaires rendent tout aussi légitimes nos invitations à aller niquer leurs mères.

L’OM domine nettement la partie, une possession du ballon que nous mettons principalement à profit pour explorer les mille-et-une façons de manquer des centres. Les Bordelais semblent quant à eux plus occupés à préparer le casting du prochain George Romero (oui, il est mort depuis deux ans, mais ça ne l’empêche pas de faire des films) qu’à disputer un match de football. 42 ans d’expérience en défaites anales nous préviennent malgré tout de tout optimisme démesuré.

Rudi Garcia (dehors) lui-même ne s’y est pas trompé, lui (dehors) qui, dans l’élan de courage qui le (dehors) caractérise, a gentiment prié Radonjic d’aller doubler Amavi sur l’aile gauche lors des phases défensives. L’expérience se montre rapidement concluante : à la réception d’un centre, Amavi placé en 3e défenseur central rate son coup de tête et Radonjic, surpris, voit le ballon rebondir sur lui pour servir Briand sur un plateau. D’un excellent réflexe du pied, Mandanda confirme sa volonté de ne pas encaisser de but ridicule.

Mais même un Steve revenu à son meilleur ne peut rien contre les saillies burlesques des charlots qui composent la défense. Piégé en tentant une interception haute, Kamara est pris dans son dos, et laisse le soin à Amavi de gérer Kamano en un-contre-un. Jordan s’acquitte de la tâche avec la même aisance qu’une poule devant un couteau ou Christophe Castaner devant un jeu de Scrabble, tente quelque chose, panique, fait trois tours dans son slip, vomit, et laisse bien entendu partir le Bordelais. S’ensuit un centre, Kamara manque sa tête et le ballon rebondit une nouvelle fois sur Radonjic, cette fois-ci sur le bras : pénalty.

De deux buts donnés,les Girondins se disent qu’il serait poli d’en saisir au moins un, aussi Kamano ne se fait-il pas prier pour prendre Mandanda à contre-pied (1-0, 27e). La suite de la première période s’écoule entre fautes de Kamara et centres manqués d’un peu tout le monde. Dans le temps additionnel, un corner de Payet repris par Kamara manque de peu d’être dévié par Strootman, mais Costil reste vigilant.

Heureuse surprise après la pause : Rudi Garcia (dehors) semble avoir lu les rapports des recruteurs mentionnant que Nemanja Radonjic est un joueur offensif et non un arrière latéral. Le Serbe est ainsi propulsé aux avants-postes où, au pire, il évitera de se montrer nuisible défensivement parlant. En une minute, Nemanja en profite pour enchaîner gegendribble et ciseau retourné dans la même action,s’inspirant enfin du titulaire habituel du poste.

L’embellie ne dure pas et l’OM retombe dans son jeu sans élan ni imagination, distribuant ses centres comme Dieu les chromosomes 21 le soir du huitième jour. Les corners s’accumulent en notre faveur, ne donnant rien d’autre que des contre-attaques girondines à force de pertes de balle toujours plus imbitables de notre part. Ici encore, seul Mandanda entretient l’espoir, en coupant par deux fois ces des passes en profondeur par des anticipations bien senties. mais alors, nous disons-nous, si même Steve se met enfin à réussir ses sorties loin du but, pourquoi le jour ne serait-il pas venu d’enfin gagner à Bordeaux ?


Du reste, Mario Balotelli quitte son maillot d’échauffement et s’apprête à entrer en jeu. L’association tant attendue avec Payet va enfin voir le jou… ah ben non, même pas, c’est Dimitri qui est choisi pour être remplacé par l’Italien. Sachant qu’il existe une justice pour les « coachings » de merde, Rudi Garcia (dehors, mais alors là, vraiment loin) voit son choix récompensé de la meilleure des manières dans la minute. En effet, toujours dans les bons coups, Amavi perd la balle au milieu, ce qui a pour effet d’envoyer en deux passes Nicolas de Préville au duel avec Kamara. L’attaquant accélère, prend le temps de poser une crotte de nez sur le front de Bouba, et va battre Mandanda d’un adroit tir croisé en bout de course (2-0, 71e).

La fin de match est à peine égayée par les énervements de Balotelli,que les Bordelais s’échinent à faire dégoupiller en vain : c’est finalement leur propre défenseur Pablo qui récolte le titre de neuneu du match, victime d’un carton rouge après s’être laissé aller à lui coller un coup d’épaule. Pas de quoi remettre en question la victoire girondine, même si comme l’a signalé Rudi Garcia (dehors) : « l’OM méritait mieux ». En effet, l’OM méritait qu’il soit parti plus tôt.

Interlude musical.

Les joueurs

Mandanda (4-/5) : Son meilleur match depuis bien longtemps, pour finalement le même résultat que lorsqu’il joue à trois grammes d’alcool par paupière. À se demander si ça vaut vraiment le coup de se faire chier, au bout du compte.

Sakai (2+/5) : Pas trop ennuyé en défense sur son côté, il a pu à loisir participer aux actions offensives, et inlassablement distribuer des centres à tout le monde sauf nos attaquants. Il n’est pas exclu que Jacques-Henri Eyraud lui ait confié le courrier de licenciement de Rudi Garcia (oidashi), ce qui pourrait expliquer ce léger souci d’acheminement au destinataire.

Kamara (1/5) : Pour ce qui est « d’entrer dans la légende » c’est râpé, mais pour le prix du souvenir Grégory Sertic, c’est l’unanimité avec les félicitations du jury.

Caleta-Car (3-/5) : Sérieux, appliqué… complètement à contre-temps de ses camarades, en quelque sorte.

Amavi (1+/5) : Gentil garçon un peu ahuri, sérieux et généreux dans l’effort, et gaffeur compulsif. Pierre Richard a tenu 60 ans de carrière sur ce rôle mais pour toi, je ne suis pas certain d’avoir la patience.

Lopez (1+/5) : L’une des insignifiantes briques qui composent le monument à la lose que nous érigeons depuis plus de quarante ans.

Njie (85e) : Même les centres de son bon pied, il les effectue de l’extérieur ; c’est le signe qu’il va très bien. Enfin, je crois.

Strootman (1+/5) : Le secret pour être bien dans un boulot alimentaire, c’est de réussir à au moins faire semblant d’être concerné.

Thauvin (2/5) : Juste, efficace, percutant. En conférence de presse, mais c’est déjà ça.

Payet (2+/5) : Il ne nous promettait peut-être pas le grand soir, mais juste pour les attaquants, à manger et à boire.Trop tôt arraché à notre affection.

Balotelli (69e) : Une partie du « jeu du plus con » disputée avec les Bordelais sitôt son entrée sur le terrain, avec maîtrise et intensité. Pour ce qui est du football, il n’a même pas réussi à profiter des passes de Payet… ah bah non, je suis con.

[Dehors]

Interlude

Radonjic (1/5) : Je veux bien que Rudi Garcia (napolje) ne lui facilite guère la vie, mais il pourrait essayer d’y mettre un peu du sien pour nous dissuader de lui jeter des pierres.

Germain (1/5) : Il a eu le droit de faire une excursion dans la surface de réparation, mais toujours encadré par deux mastards en scapulaire et avec interdiction de dépasser la ligne. Au moins, ça dépayse toujours un peu.

Sanson (76e) : Oh ben oui,tant qu’à faire n’importe quoi, un peu de Morgan Sanson et la fête devient encore plus folle.

Annonce d’intérêt public pour nos lecteurs de la région Centre.

L’invité zoologique : Jaroslav Placid

L’ours noir est un animal goulu et fainéant, de goût tellement bourgeois qu’il n’en est pas rare de voir déambuler un pull sur les épaules. Mais bon, manque de bol, ça fait quarante ans qu’on tombe sur lui le seul jour de l’année où il a envie de se mettre en chasse.

– Les autres : Nuls, mais ce n’est pas important. Contre nous il n’y a pas besoin de bien jouer, il suffit d’être sérieux.

Le classement : dehors.

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Bises massilianales,

Blaah.

Blaah

Dromadaire zoophilologue et pertuisien. Idéal féminin : à mi-chemin entre Scarlett Johansson et Maryse Joissains.

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