Granville-OM (0-3) : La Canebière Académie évacue

Aïoli les sapiens,

Confortables deuxièmes et toujours en cours en coupe de France, l’hiver olympien semblait nimbé d’une douceur aussi inhabituelle que suspecte. C’était compter sans le sincère André-Villas Boas, dont la charge au lance-roquettes sur Jacques-Henri Eyraud nous a ramené vers ce bordel permanent auquel nous sommes définitivement plus accoutumés.

Remplir les caisses tout en maintenant une équipe capable d’aller chercher la qualification en Ligue des Champions, c’est la gageure à laquelle doit faire face le camarade Jacques-Henri. Fort de la popularité que lui procure ses résultats, notre entraîneur lui a finement signifié que sacrifier le second objectif au premier serait l’assurance de voir les hordes barbares l’extraire de la Commanderie à coups de pompes.

Au milieu de cette bataille de communication se dresse l’insignifiant club de Granville, crotte de nez à écarter d’une chiquenaude sur le trajet de notre victoire en coupe. Sauf qu’on l’a vu au tour précédent, affronter des pécores ce n’est pas si simple, et ne rapporte généralement que des emmerdes quel que soit le résultat.


L’équipe

Pelé
Sakai (Sarr, 68e) – Kamara – Alvaro – Amavi
Rongier– Strootman – Sanson (Benedetto, 46e)
Lopez– Germain (Radonjic, 79e) – Payet

Sous la menace d’une suspension, Caleta-Car est préservé, ce qui amène Kamara à redescendre. De même, Mandanda gagne du temps de repos supplémentaire. Devant, Germain débute la rencontre tandis que Lopez prend son tour d’astreinte à droite.


Le match

Le contenu de la soirée ne vaut pas la peine que l’on s’y éternise. Point positif, l’OM semble s’impliquer davantage qu’au tour précédent et, surtout, évite de se voir menée dès la 20e seconde parce que son gardien n’a rien trouvé de mieux que de dégager la balle dans le gros cul du rustre d’en face. Point négatif, l’OM se montre toujours aussi pauvre créateur, d’autant que Payet se montre approximatif.

Sautons donc sur cette première heure pendant laquelle l’OM domine gentiment mais se procure très peu de vraies occasions, alors que les nuls d’en face nous font parfois gentiment frémir avant d’envoyer un tir trois mètres hors du cadre. Ceci nous amène à la 75e minute, quand l’attaquant adverse Sea chatouille Rongier d’un coup de coude dans la glotte, ce qui lui vaut son deuxième carton jaune. Vite joué, le coup-franc voit le ballon naviguer au-dessus puis devant la surface adverse, où Strootman décale Alvaro qui conclut de près (0-1, 77e). Dans la minute qui suit, un Normand urine sur Kamara en pleine surface et force Pelé à son seul vrai arrêt du soir. Le chant du cygne de Granville : deux minutes plus tard et tout juste entré en jeu, Radonjic échange avec Benedetto sur une attaque lancée par Strootman, avant de placer un gauche tout en sérénité (0-2, 82e). Enfin, une perte de balle provoquée par Benedetto permet à Payet de placer ce tir en lucarne après lequel il courait toute la soirée (0-3, 92e).

Une qualification sans trembler du slip et sans blessé, voilà bien l’essentiel. De toute façon, quand on est mû par la recherche du Beau, on ne se pose pas devant un Granville-OM un vendredi soir de janvier. Seule ombre au tableau, outre donc notre jeu toujours aussi bandant qu’un blockhaus albanais, cette sempiternelle accumulation de cartons jaunes qui nous privera de Sanson au prochain tour. Morgan, donc, mais aussi Sakai, Strootman et Alvaro finissent ainsi avertis, qui plus est sur des fautes de brutes ne souffrant aucune contestation.


Les notes

Pelé (3+/5) : A su résister à la principale menace des Granvillais, qui consistait à tenter de le faire mourir de rire en regardant leurs tirs. Peine perdue, Yohann s’est montré bien sérieux et concentré sur leur seule occasion décente.

Sakai (2/5) : Du tréfonds du Japon ancien, le dit des Heike Monogatari, transporté par le luth des moines aveugles, a soufflé ses mille histoires aux enfants de l’Empire. S’ouvrant au vaste monde, ils ont emporté avec eux ces contes, et c’est ainsi qu’Hiroki-san ne nous racontera rien du tout, vu que toute personne normalement constituée n’a qu’une envie : oublier ce match au plus vite. Lui le premier, d’ailleurs.

Sarr (68e) : Entré pour apporter du sang neuf, mais pas forcément très frais.

Alvaro (4-/5) : N’a pas réussi à amputer un Normand sur son tacle, mais a réussi à amputer le match de la prolongation grâce à son but. Le bilan reste donc positif.

Kamara (2+/5) : Humilié dans sa propre surface par un type nommé Jordan Blondel, donc le principal exploit technique avant ce soir était d’avoir enchaîné 38 jongles avec un livarot au lait cru lors de la kermesse d‘Avranches en 1997.

Amavi (3/5) : Autrefois Bernard Madoff de notre jeu, aujourd’hui Livret A. Ca ne rapporte rien, mais au moins c’est sûr.

Strootman (3-/5) : Visiblement plus concerné que contre Trélissac, ce qui ne l’a pas empêcher de prendre des vents au milieu ou de se faire manger sur la tête dans les duels aériens. Mais son implication sur deux buts, et surtout sa manière de cisailler un attaquant au genou juste avant qu’il n’entre dans la surface, ne trompent pas : Kevin trouve encore de quoi prendre un peu de plaisir au football.

Rongier (3-/5) : Un peu en-dedans, sans doute à fins de tromperie de ses futurs adversaires de Ligue 1 : l’objectif est qu’ils le croient devenu gentil et se méfient moins.

Sanson (2/5) : Moins d’un quart d’heure pour défoncer un adversaire et recevoir le carton qu’il avait pour consigne d’éviter. L’hommage à Jordan Ayew était si évident que les associations antiracistes ont hurlé à l’appropriation culturelle.

Benedetto (46e, 2+ /5) : Pas en veine, il s’en sort comme Strootman en participant à la construction de deux buts. Le regain d’efficacité commence vraiment à se faire attendre ; mais d’un autre côté, s’il survient à Bordeaux cela nous ira aussi.

Lopez (2/5) : Débute en nous offrant de belles promesses, s’enlise dans un jeu assez déplaisant, finit par trahir avec cette grosse occasion gâchée à 1-0. Note, on sait maintenant que ce genre de parcours n’empêche plus de finir à Barcelone.

Payet (2+/5) : Approximatif, avec un nombre de contrôles manqués inhabituel, avant de vouloir se muer en sauveur de la patrie avec une pelletée de tirs forcés. Bon prince, Benedetto est allé presser un ballon dans le temps additionnel, tout en glissant aux défenseurs : « soyez sympa, laissez-le marquer sa lucarne sinon il  va nous faire la gueule pendant tout le retour. »

Germain (1/5) : Il n’a pas impressionné les Normands. Il faut dire que s’ils veulent voir un truc qui coûte une blinde pour ne rien produire, ils ont déjà l’EPR de Flamanville.

Radonjic (79e) : Plus de sang-froid que toute son équipe réunie ce qui, même de la part du Radonjic nouveau, est assez inattendu. Deux minutes de jeu, un dribble à la Drogba et le match tué par ce petit tir du gauche envoyé une main dans le slip.


L’invité zoologique : Johann Gardon

Un poisson qui ne vaut rien, on le sort d’un hameçon en travers de la gueule, on le rejette agonisant à la flotte et il se démerde. Le gardon est bien l’invité approprié pour évoquer la seule magie de la coupe de France qui vaille contre les clubs amateurs.

– Les autres : Notre lecteur Scotch nous signale très judicieusement au sujet de l’opposition du soir que «jouer une équipe de merde, qui ferme, refuse le jeu et met des coups, c’est une excellente façon de préparer le match face à Bordeaux ».

– Les boutons : as-tu seulement remarqué les boutons qui figurent sous cette académie et qui t’invitent à nous donner respectivement de tes mots et de tes sous. Vois comme ils sont beaux, attrayants et doux au cliquer.

– Les réseaux : Ton dromadaire blatère également sur Facebook, Twitter et Instagram. Dromadame remporte le concours zoologique.


Bises massilianales,
Blaah.

Blaah

Dromadaire zoophilologue et pertuisien. Idéal féminin : à mi-chemin entre Scarlett Johansson et Maryse Joissains.

6 commentaires

  1. Je trouve pas qu’il soit ultra dynamique ces derniers temps mais tout de même j’ai trouvé sévère de dire que «Mandanda gagne du temps de repos supplémentaire. » alors qu’il est annoncé dans l’équipe titulaire.

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