La Gunners Academy fait le bilan du mercato

Et beh alors ? Z’avez cru que je vous avais oublié ? Que j’allais pas vous parler de ce mercato encore une fois bien bigarré ? Que j’allais vous laisser aux mains des plus truculents spécimens de notre chère communauté de supporters, jamais avares d’un commentaire inutile, d’une réflexion mal argumentée, d’un avis périmé ? Mais non, voyons. C’est juste que la maison prend son temps. Ici, on juge un produit fini. Nous sommes le 12 septembre et plus d’une semaines après la fermeture du marché des transferts, oui, il est temps de parler en long, en large et en travers des emplettes d’Arsenal. Et j’espère que vous avez du temps devant vous, parce qu’il y a de quoi faire.

Tout d’abord, petite revue d’effectif, histoire de savoir qui qu’est parti (transfert, fin de contrat, retraite ou prêt) et qui qu’est arrivé. Attation, c’est parti.

Les départs :                                                                            Les arrivées :

Tomas Rosicky (fin de contrat)                                                 Granit Xhaka
Mikel Arteta (fin de contrat, de carrière, vieillesse)                   Rob Holding
Mathieu Flamini (fin de contrat)                                             
   Takuma Asano 
Serge Gnabry (transfert)                                                           Lucas Perez  
Wellington Silva (transfert)                                                       Shkodran Mustafi     
Jack Wilshere (prêt)                                                                                                              
Calum Chambers (prêt)
Joel Campbell (prêt)
Takuma Asano (prêt)
Isaac Hayden (transfert)

 

Les évènements

Voilà pour le récapitulatif. Nous avons donc vécu un nouvel été… éprouvant. Encore une fois, qu’il soit responsable ou non, le club n’a pas ménagé nos nerfs et même votre serviteur a vu son optimisme s’étioler façon élastique de caleçon C&A au fil des semaines. Comme tous les ans depuis quelques temps déjà, les cibles étaient clairement identifiées avant l’ouverture de la foire aux bestiaux. Un milieu axial pour compenser en qualité et en nombre les départs d’Arteta, Flamini et Rosicky mais aussi anticiper l’avancée en âge de cette petite peluche de Santi Cazorla (qui est encore plus adorable avec ses tempes blanches). Un attaquant pour compenser la blessure de longue durée de Welbeck, pour apporter une vraie concurrence autant qu’une bonne doublure à Giroud, voire carrément le foutre sur le banc ; et enfin, éventuellement, un défenseur central de gros niveau, qui pourrait définitivement rayer Mertesacker du XI de départ si jamais Gabriel n’était finalement pas assez costaud pour épauler Kos’.

Tout cela était donc fixé dès le mois de juin, voire même bien avant – dans le cas de l’attaquant par exemple. Arsenal a désormais les moyens de retenir ses joueurs-clés. Le club n’avait donc pas à craindre un départ inopiné d’un de ses cadres durant l’été. Et il avait également le temps d’anticiper les départs. Mais Arsenal reste Arsenal. Tout n’a pas fonctionné et certains dossiers ont, à nouveau, été mieux traités que d’autres. Allez, commençons par ce qui a fonctionné, à savoir l’arrivée de Granit Xhaka du Borussia Monchengladbach (purée, le niveau de concentration pour écrire ça). Convoité par plusieurs grands clubs européens depuis quelques années, le Suisse de tout juste 23 ans était un des dossiers chauds du mercato. Mais Arsenal, qui le suivait de longue date, semblait avoir préparé le terrain bien amont et a fait signer l’ancien joueur de Bâle dès la fin du mois de mai pour 40 ou 45 millions d’euros. Excellent début donc avant d’enchaîner sur une grosse phase vaseuse.

Pourtant, le club a montré sa volonté de continuer sur sa lancée, de régler le plus de deals avant l’Euro et la flambée des prix qui s’ensuit. Dans cette optique, Arsène tente le coup Jamie Vardy dès le début du mois de juin et active sa clause libératoire. L’homme au plâtre, deuxième meilleur buteur de PL l’année passée, va nous faire maronner pendant plusieurs semaines (certaines sources évoquent même une visite médicale) avant de nous planter pour prolonger à Leicester. Je n’ai pas réussi à me faire une véritable opinion sur le cas Vardy, mais une chose est sûre : le fait de l’avoir loupé ne m’a pas empêché de dormir. A 29 ans, bientôt 30, l’Anglais sent le surrégime à plein nez et correspond à un type de jeu très éloigné de celui pratiqué à Arsenal. Ballec’ donc, même si l’arrivée d’un renfort en attaque si tôt dans le déroulement de la présaison aurait pu être un vrai plus.

Car le problème de l’attaquant a beau se poser depuis des années, le club a encore chié dans la colle sur les grandes largeurs pour son recrutement. Alors bon, très bien, admettons. Pour une grosse pointure, on semble à la fois juste niveau budget et envergure (allez, on va pas se mentir, surtout budget). Oui, Arsenal a pris le parti de profiter de certaines situations pour attirer les gros poissons (cf Özil ou Sanchez) ; mais c’est un choix intelligent dans la mesure où on ne peut clairement pas s’aligner sur les plus grosses offres d’Europe, qui concernent souvent les joueurs offensifs. Je l’ai écrit l’année dernière et je le répète : Arsenal reste Arsenal. Le club gagne de l’argent, peut se permettre de belles choses mais n’a pas les fonds pour envoyer 80 millions d’euros dans un joueur qui coûtera en plus la moitié de cette somme en salaire. En revanche, il est tout à fait anormal, dans une situation aussi urgente, d’avoir à attendre la fin du mois d’août pour faire venir un joueur aussi accessible que Lucas Perez. Car au final, on l’a eu notre attaquant. Soit, c’est ni Suarez, ni Lewandowski. Et Wenger a admis que c’était un pari, probablement un deuxième choix activé tardivement quand les autres portes se sont refermées. Néanmoins, on est loin du panic-buy : le club le suivait visiblement suite à sa dernière saison en Liga.

Mais c’est fin juillet-début août que le sort a réservé son plus mauvais coup de pute à Arsène. En l’espace de deux semaines, Tonton perd Mertesacker pour cinq mois et Gabriel pour six semaines. Alors OK, le premier était à la ramasse à tous les niveaux et il avait probablement déjà perdu son statut de titulaire. Mais c’était une couverture correcte (aux dernières nouvelles, pour jouer les plus petites équipes, avec une grosse possession, un Mertesacker faisait à peu près l’affaire). En revanche, le second avait une grosse carte à jouer, notamment avec cette présaison qu’il allait enfin pouvoir entamer dans la peau d’un titulaire en puissance aux côtés de Koscielny. Et pataplouf, alors qu’au 22 juillet, le club dispose de cinq centraux – Kos’, Gabriel, Mertesacker, Chambers et même Holding, jeune Espoir anglais venu de Bolton – on se retrouve à devoir commencer la saison avec un Kos’ absolument pas prêt, un Chambers instable et un petit nouveau, certes très prometteur mais loin d’être assez mûr pour être titulaire. D’un seul coup, il y a urgence.

Là, je fais une petite pause, parce que le club a reçu des seaux de merde cet été à cause de l’arrivée tardive de Mustafi, dont le deal a été bouclé autour du 20 août. Je trouve au contraire que l’affaire a été plutôt bien menée, vu le contexte. La piste Mustafi est évoquée dans la presse quelques jours après la blessure de Mertesacker, le 22 juillet. Là encore, on est loin du panic-buy qui a été tellement évoqué. Au contraire, la réactivité du truc indique une piste qui n’attendait que de s’activer si besoin. Peut-être même était-ce prévu de l’activer dans tous les cas, plus tard dans le mercato, même sans les blessures de Mertesacker et Gabriel ? Reste que le club a engagé rapidement les négociations avec Valence, qui semble avoir fait monter les enchères face à l’urgence de la situation. Alors oui, Arsenal a choisi de ne pas payer rubis sur l’ongle une somme conséquente, de négocier et donc de prendre des risques sur les deux premiers matchs (surtout le premier en fait) en exposant Chambers et Holding. Un risque mesuré, puisque le retour de Koscielny n’était plus très loin. Et au final, Arsenal aura fini par payer les 40 millions d’euros réclamés par Valence. Mais à titre personnel, je trouve ça cool que mon club se batte pour ne pas jeter l’argent par les fenêtres, pour faire son possible afin de ne pas payer des sommes folles « parce que c’est comme ça que ça marche maintenant ».

Nous sommes le 9 septembre et au moment de faire le bilan, et ben les croquants, je me dis qu’on s’en est, pour une fois, pas trop mal sorti. Au moins numériquement. Chaque poste ciblé ci-dessus a reçu l’ajout d’une nouvelle recrue et on commence au moins la nouvelle saison avec une équipe numériquement taillée pour tenir sur la longueur. Au point même qu’on a dû externaliser quelques braves types pour leur assurer du temps de jeu ailleurs, c’est dire ! En temps normal, ils auraient été rushés dans le grand bain, de préférence à des postes qui n’auraient pas été les leurs, ils auraient merdé et on aurait pointé les manquements du mercato. Pas cette fois.

Cech retourne évidemment dans les bois, avec le toujours très bon Ospina en suppléant. Dans l’axe, les deux postes de la défense centrale sont plus que doublés puisqu’on dispose désormais de cinq center-backs : Koscielny, Mustafi, Holding, Gabriel et Mertesacker (le dernier étant out pour encore quelques mois). Sur les côtés, Monreal et Gibbs se chargent de la gauche, tandis que Bellerin et Debuchy (finalement resté à défaut d’avoir trouvé un club ou retenu en dernière minute par Arsenal), s’occupent de la droite. J’ajoute à cela Jenkinson (on l’avait oublié) qui devrait revenir très bientôt dans le groupe. Le double pivot semble également bien assuré et devrait même donner quelques maux de tête à Arsène avec mon doudou Cazorla, Coquelin, le nouvel arrivant Xhaka, Ramsey et également El-Neny, qui a vraiment fait le taf à chacune de ses apparitions. Au poste de numéro 10, ce cher Mesut sera l’inévitable titulaire et pourra éventuellement être remplacé par Cazorla, Alexis ou même Ramsey, qui s’est montré plutôt convaincant pendant l’Euro. Walcott, Chamberlain, Alexis et Iwobi se partageront les deux ailes tandis que Giroud, Perez et Welbeck, à son retour, seront en concurrence pour l’axe. Et je ne compte pas les jeunots Reine-Adelaïde ou Akpom ou même la versatilité d’un Perez ou d’un Walcott. Non, vraiment, cette fois, on part pas à la guerre avec une poignée de péquins.

Face à ce constat, les vilains viendront arguer que niveau qualité, c’est pas suffisant et que le club aurait pu faire mieux. Alors, c’est vrai, pour le moment on ne sait pas vraiment ce que valent nos recrues, si ce n’est peut-être pour Xhaka, qui était déjà un high-profile avant son arrivée et qui est en train de confirmer. C’est le seul point d’interrogation ici. Mustafi écume les équipes de jeunes de l’Allemagne depuis quelques années déjà, faisait partie de l’équipe championne du monde et demi-finaliste de l’Euro. Mais il a plutôt fait banquette et sur son CV, le Teuton n’a « que » la Sampdoria et Valence. Lucas Perez est quant à lui une surprise qui n’a réalisé sa première grosse saison que l’année passée. C’est vrai, les noms ne sont pas ronflants. C’est à ce moment-là qu’on espère que la cellule de recrutement d’Arsenal est toujours capable de coups de maître.

 

LES RECRUES EN DÉTAILS :

Granit Xhaka, 23 ans, milieu axial suisse, arrivé du Borussia Monchengladbach pour près de 45 millions d’euros

Granit a un nom de merde, une tête à jouer un figurant de la jeunesse hitlérienne pour un téléfilm historique sur France 2 ou à rouler en Renault 19 Chamade dans le NPDC. Mais en quelques matchs, il a déjà montré beaucoup. D’après Wenger, et cela s’est vérifié dans ses premières prestations avec Arsenal, l’ancien jouer de Bâle aime jouer bas, juste devant ses centraux pour recevoir le ballon face au jeu et distribuer avec son pied gauche en pilou-pilou. Il faut avouer qu’il a une sérieuse tendance à balancer des transversales magnifiques pour orienter le jeu. Autre avantage de son positionnement : pas de projections intempestives vers l’avant et donc une meilleure présence défensive. Voilà donc un Mikel Arteta, plus jeune et plus technique. Un défaut ? Ouais, ça a l’air d’être un gros déb’ et il empile les cartons rouges sur des mauvais gestes. Voyons le bon côté : il va peut-être enfin faire taire Patou Vieira, qui ne cesse de répéter qu’il manque du caractère à cette équipe depuis maintenant plus de dix ans.

Shkodran Mustafi, 24 ans, défenseur central allemand (et un peu albanais aussi), arrivé de Valence pour 40 millions d’euros

On ne va pas se mentir, jusqu’au dernier Euro, Mustafi ne me disait absolument rien. D’ailleurs même après l’Euro, il restait pour moi le type qui s’était fait souiller par Pogba. Shkodran – quel joli prénom – est donc régulièrement sélectionné avec l’Allemagne depuis les moins de 17 ans, avec lesquels il a remporté l’Euro 2009. En 2014, il faisait partie de l’équipe championne du monde mais a surtout joué les utilités. A nouveau dans le groupe de Löw pour l’Euro 2016, il n’a été titularisé qu’un seul match et a donc remplacé Boateng, blessé, contre la France. En club, ce n’est pas forcément beaucoup plus brillant vu d’ici : passé par Everton très jeune, il n’a pas été retenu et a rebondi en Italie à la Sampdoria puis en Espagne à Valence. Il a joué des saisons pleines à chaque fois et a même obtenu le brassard en Espagne (ce qui justifie également les attentes financières du club). Notre expert local François Boudet m’en a parlé comme d’un bon complément à Koscielny, efficace dans les duels, dans le domaine aérien et comme un garçon en constante progression malgré quelques lacunes. Sachant que je trouve qu’on a déjà pas mal donné en termes de stoppeur allemand inutile, je croise les doigts.

Lucas Perez, 27 ans, attaquant espagnol, arrivé de La Corogne pour quelque chose comme 20 millions d’euros

L’autre gros point d’interrogation de ce mercato. Un no-name de 28 ans, qui a fait la première grosse saison de sa vie au Deportivo La Corogne l’année passée (36 matchs, 17 pions). Avant, sa carrière s’est jouée en Ukraine, en Grèce et dans les réserves de l’Atletico ou du Rayo Vallecano. Ouais, ça fait pas rêver sur le papier. D’autant que voir son nom sortir de nulle part en fin de mercato, ça rappelle quand même le Park Chu-Young kidnappé à Lille. Mais apparemment, le garçon était sur les tablettes du club. Comme je l’ai dit, sûrement pas en premier choix. Arsène l’a concédé, c’est un risque qu’il a choisi (ou a été contraint) de prendre. On verra s’il a eu raison mais dans le profil, c’est un garçon qui amène quelque chose d’assez similaire à ce que faisait Reyes à l’époque : gaucher, capable de jouer sur un côté, en pointe ou derrière l’attaquant, bon finisseur mais passeur très correct également et de bonnes jambes qui l’incitent à chercher l’espace derrière la défense.

Rob Holding, 20 ans, défenseur central, arrivé de Bolton pour une poignée de figues et un litre cinq de Coca

Holding fait partie du quota annuel de paris sur l’avenir (avec Asano éventuellement). Payé au maximum 6 ou 7 millions d’euros (tout inclus, y compris la l’essence du trajet) à des Wanderers qui vont plonger en League One cette année sans se mouiller la nuque, le Rob est un garçon du cru. A Bolton depuis son enfance, il a gentiment gravi les échelons avant d’exploser sans crier gare en 2015/2016 au milieu d’une saison complètement moisie. A 19 berges et pour sa première année avec l’équipe A, il a carrément été élu meilleur joueur du club. En mai, il a remporté le tournoi de Toulon avec les Espoirs Anglais aux côtés de Chambers. Et ce que j’ai aperçu de lui jusqu’ici me donne très envie de le voir grandir. Derrière, son jeu de tête, sa présence physique et son sens du marquage sont un atout considérable. Mais il semble aussi avoir une excellente relance et ne pas avoir peur de monter fixer le bloc adverse. Espérons que le nombre de défenseurs seniors devant lui permette de l’intégrer tranquillou mais lui offre tout de même du temps de jeu.

Takuma Asano, 21 ans, attaquant arrivé du Sanfrecce Hiroshima pour 4 ou 5 millions d’euros

Arsenal et le Japon, ce n’est pas franchement une réussite en dépit de l’expérience de Tonton dans l’archipel. Après Inamoto et Miyaichi (qui avait pourtant tout mon amour), voici donc Takuma Asano, jeune attaquant d’Hiroshima et de l’équipe nationale nippone qu’Arsène est allé chercher pour mieux le prêter à Stuttgart. Il a mis une madjer pendant les Jeux Olympiques et apparemment, il court vite et tout le temps. Voilà à peu près ce que je peux vous dire sur lui à l’heure qu’il est parce que j’ai pas trop fait mes devoirs estivaux et que j’avais autre chose à foutre que regarder les Espoirs japonais se faire latter. Mais il fait probablement partie de ces transferts qui ne se concrétiseront que si le type s’adapte au football européen et perce un minimum. On attend donc de le voir en Bundesliga.

LES DÉPARTS EN DÉTAILS :

Tomas Rosicky, 34 ans, petit Jésus en culotte de velours, en fin de contrat, revenu à son ancien club dur Sparta Prague

Je ne vais pas m’étaler longtemps sur notre ancien numéro 7, vu que je vais le faire dans un papier dédié rien qu’à la gloire de sa raie au milieu. Mais je voulais juste saluer la classe du type qui a préféré revenir à Prague plutôt que d’aller palper aux US ou au Qatar. <3<3<3<3

 

Mikel Arteta, 34 ans, milieu relayeur espagnol, en fin de contrat et de vie, a intégré le staff de Manchester City

Après cinq ans passés au club, ce bon Mikel a donc mis fin à sa carrière. Une décision dictée notamment par le fait que son corps était doucement en train de se changer en pierre et que ça devenait légitimement compliqué de courir après des types en pleine possession de leurs moyens. Je le rappelle, même si j’ai pas toujours adoré son style de jeu ou de capitanat, Arteta reste un des hommes forts de ces dernières années. Il a choisi de répondre à l’appel du club à un moment où c’était loin d’être facile – il est arrivé en même temps que Santos et Mertesacker quand même – en baissant son salaire qui plus est. Il s’est imposé dans le vestiaire et sur le terrain, son travail de l’ombre est devenu essentiel au jeu de l’équipe. Il faut donc saluer cela, même si, encore une fois, je regrette qu’on l’ait conservé ces dernières années dans l’optique évidente de l’intégrer au staff pour finalement le voir rejoindre Guardiola à City.

Mathieu Flamini, 32 ans (étonnamment), milieu défensif français, en fin de contrat pour la 24e fois de sa carrière, s’est engagé avec Crystal Palace

Cette fois-ci, c’est probablement le tout dernier passage de Flamini à Arsenal. Franchement, j’avais été étonné par ce qu’il avait réussi à apporter à son retour au club en 2013, alors que je n’en attendais rien. Ses premiers mois m’ont bluffé et il a réussi à faire la maille pendant peut-être un an ou un an et demi avant lui aussi d’être trahi par son corps. Il a accepté une offre de Palace il y a tout juste quelques jours et on devrait le voir casser des jambes pendant au moins un an encore. On retiendra sa volée improbable contre Tottenham et sa hargne qui, elle, est restée intacte.

Serge Gnabry, 21 ans, ailier allemand, transféré vers le Werder Brême pour environ 8 millions d’euros

Un des moves les plus incompréhensibles de l’été. Prêté à WBA l’année passée pour s’offrir du temps de jeu et gagner de l’expérience, il avait été rappelé par Arsenal en janvier. Pour cause, ces abrutis à West Brom ne le faisaient pas jouer. Paye ta saison bancale donc. Pourtant, Sergio a réussi à briller et à revenir sur le devant de la scène pendant les JO avec six buts en six matchs. Mi-août, Arsène affirme en conférence de presse vouloir le prolonger et le garder très longtemps au club. Pourtant, quelques jours plus tard, les rumeurs l’envoient au Bayern dans un transfert qui semble complètement improbable, alors qu’on va semble-t-il enfin avoir besoin de lui dans la rotation de l’équipe. Il finit par être confirmé au Werder Brême (sans déconner…) pour une somme assez dérisoire, même s’il faut admettre qu’il peinait à confirmer. A l’heure qu’il est, on n’a toujours pas compris.

Isaac Hayden, 21 ans, défenseur central anglais, transféré à Newcastle pour quelques millions d’euros

A vrai dire, je pensais qu’on l’avait déjà vendu. Et puis non, il était juste prêté à Hull l’année passée. Hull où il a fait seulement 18 apparitions. En Championship. Oui, ça commençait à devenir tendu à 21 ans pour le très haut niveau. D’autant que sur le terrain, avec Arsenal, il m’a toujours fait flipper, avec son côté mertesacké. Un peu comme Ignasi Miquel là, qu’on s’est coltiné quelques années avant de se dire qu’on allait arrêter un peu les frais. Bon c’est un peu couillon, il était au club depuis ses 13 ans, mais Arsène a préféré le laisser partir plutôt que de ne pas lui donner sa chance (et concrètement avec Chambers et Holding, il ne l’aurait vraiment pas eue). Encore un signe de la difficulté de l’Academy du club à sortir de vrais gros joueurs. Et Hayden est donc parti pour Newcastle.

Wellington Silva, 23 ans, ailier brésilien, reparti pour Fluminense

Le running gag. On l’a baladé de club en club, surtout dans la dark zone espagnole en attendant son permis de travail. Des années quand même, depuis 2011. Quand il l’a finalement eu, on l’a envoyé à Bolton. Et puis on s’est ravisés et on l’a renvoyé d’où il venait. C’est rare mais Arsenal peut aussi être une machine à laver.

Jack Wilshere, déjà 24 ans, 8 anglais, prêté à Bournemouth pour la saison (et contre quelques millions d’euros)

Une des plus grosses surprises de ce mercato outre-manche et un énorme coup de tonnerre pour le joueur, pour le club et pour les fans. Jackyboy, un des rares vrais talents qu’ait réussi à produire Arsenal, celui qu’on voyait déjà capitaine et légende du club, a fini par payer ses blessures, son irrégularité et son manque de progression. Cramé par cette saison 2010-2011 à 50 matchs – un total évidemment impossible à encaisser pour un garçon de 18 piges – Wilshere n’a jamais vraiment réussi à retrouver son niveau sur la durée. Honnêtement, ça fait un moment qu’on le voit stagner dans les acads et sans aller jusqu’à dire qu’on sentait ce moment arriver, on savait qu’il allait un jour falloir se poser la question de Wilshere. Avec les arrivées d’El-Neny cet hiver puis de Xhaka cet été, la concurrence est devenue trop forte et trop nombreuses pour un joueur en perte de confiance et en recherche de rythme. Difficile de savoir qui a été à l’initiative de ce prêt – certaines sources clamaient au moment du transfert que Wilshere avait été le premier surpris, Wenger semble maintenant expliquer que c’est lui qui avait demandé du temps de jeu. Mais c’est en tous cas un premier avertissement, même si personne ne l’assume en tant que tel, même si Wenger a rappelé qu’il voulait voir Wilshere encore très longtemps à Arsenal, le voir prendre son poste même. A 24 ans, il est temps pour lui d’exploser, de passer ce cap qu’il n’arrive pas à franchir. Perso, j’aurais préféré une expérience à l’étranger qui aurait enrichi son profil. Mais Eddie Howe est un entraîneur très apprécié du côté d’Arsenal (au point même qu’on en parle pour succéder à Wenger) et le club semble miser sur ce qu’il peut apporter à Wilshere.

 

Calum Chambers, 21 ans, défenseur central anglais, prêté à Middlesbrough pour la saison

Avec l’arrivée de Holding, puis celle de Mustafi, il était temps pour Calum d’aller prendre du temps de jeu ailleurs. Oui, parce que c’est ce dont il manque cruellement, du temps de jeu. Après des débuts fracassants, il a doucement plongé en même temps que ses apparitions se raréfiaient. Et j’ai commencé à avoir peut pour mon slip quand son nom poppait sur la feuille de match. C’est mauvais signe. Il garde ses qualités, qui sont d’ailleurs assez similaires à celles de Holding, mais il part à Borough dans l’optique de se reconstruire une confiance et de prendre la place de Mertesacker l’année prochaine. Tout le monde a ses utopies, voici la mienne.

 

Joel Campbell, 24 ans, milieu offensif costaricain, prêté au Sporting Lisbonne pour la saison (j’espère que ce sera tout, bordel)

Gnabry, à la limite, bon. J’avais assez peu d’amour pour lui et hormis ses JO de feu, il mettait quand même du temps à nous faire kiffer. Mais Joel putain… On le balade partout et quand enfin il peut jouer pour Arsenal et prouve qu’il a le niveau, on le met derrière Walcott et Chamberlain dans la hiérarchie. Voire même derrière Iwobi, sous prétexte que c’est la hype. Mais, j’en appelle à Genève là, c’est juste pas possible. Forcément, le type veut aller prendre du temps de jeu ailleurs. C’est pas tolérable ce genre d’affront. Déjà, je le trouve plutôt cool de pas nous avoir carrément claqué entre les doigts. Je sais pas quel est le type de marché diabolique qui lie le club aux deux zozos supersoniques superdébiles, mais il doit être sacrément vicelard. Là encore, on aurait eu besoin de lui sur une aile par exemple. Et non. A droite, ce sera la tête de veau ou les bras de sept mètres. Désespoir.

Le Père Fidalbion

J'ai décidé de supporter Arsenal grâce à FIFA 99 : y avait Dennis Bergkamp sur la jaquette et c'était la première équipe disponible dans l'ordre alphabétique. Ce jour-là, j'aurais mieux fait de me péter une jambe.

9 commentaires

  1. Je voulais chambrer et troller à mort, mais pour ce Troll là, je dis bonne saison
    « Joel Campbell, 24 ans, milieu offensif costaricain, prêté au SPORTING LISBONNE pour la saison »

  2. Putain, on jarte Campbell et Gnabry… on garde Walcott et Ox… c’est insoutenable.

    Très bon petit bilan du mercato, je transmet tout mon amour au père Fidalbion.

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