La Klaquette Moustache Akademie note Allemagne – Argentine, 1-0 (a.p)

 

La tête dans les quatre étoiles.

 

Que c’est compliqué d’écrire sur un match pareil. Que c’est compliqué de commencer. Il y aurait tellement à dire, à raconter, à montrer, à chanter… Simplement : L’Allemagne est championne du monde. Son 4e titre.
Je ne sais pas si c’est le plus beau, le plus mérité, n’ayant que les souvenirs d’un gamin de 10 ans en 90 pour comparer, mais je suis à peu près certain qu’il sera le 1er à ne souffrir d’aucune discussion, d’aucun doute et d’aucune théorie du complot pour remettre en cause sa légitimité :
– l’Allemagne a étrillé son principal adversaire en poule ;
– a sorti la France en quart sans discussion ;
– a pulvérisé en demi le pays hôte ;
– et battu l’Argentine, quasiment à la maison dans ce stade Maracana.

L’équipe a été la moins contestée de toute la compétition, son adversaire le plus tenace aura finalement été l’Algérie, battue 2-1 après un match de toute beauté.
Cette 4e étoile, la plus attendue, la plus espérée par l’Allemagne arrive au moment où le pays commençait à ne plus trop y croire et à accepter que cette génération menée par Klose, Lahm et Schweinsteiger échoue au pied de la consécration suprême. Finaliste en 2002, demi-finaliste en 2006 et 2010, le récent C.V de la Mannschaft ressemblait plus au critérium de la lose qu’à autre chose. Cette équipe, cette génération exceptionnelle (l’Allemagne est championne malgré les forfaits de Reus, Gundogan, Gomez et des frères Bender) aura réussi à forcer le destin et à définitivement marquer l’histoire du football allemand.

Et quelle équipe !

Le meilleur mix possible entre les talents individuels et l’équilibre collectif. Dans chaque ligne, le supposé maillon faible a régulièrement réussi à se mettre au diapason de l’équipe et faire du 11 Allemand un rouleau compresseur que même l’Argentine de Sabella, qui a eu raison des Néerlandais, n’aura pas réussi à stopper. Cacedédi également à Joachim Löw qui rentre dans le cercle très fermé, jusqu’à présent composé uniquement de Franz Beckenbauer (Hoeness étant en taule), des mecs qui pourront ouvrir leur gueule ad vitam aeternam sur tous les sujets touchant de près ou de loin au foot allemand. L’entraîneur allemand, vivement critiqué après la victoire contre l’Algérie, a sans doute gagné une immunité éternelle lors de cette Coupe du monde. Rares sont ceux qui acceptent de revenir sur leurs principes, lui a su le faire, révisant légèrement sa copie pour tirer, au final, son groupe vers le haut.

 

  • L’équipe.

Petit retour sur cette finale.
Löw avait décidé de reconduire le même 11 qui avait étrillé les Brésiliens. Pas de bol, à l’échauffement, Khedira, énorme depuis les 1/4, se blesse et déclare forfait. Coup d’oeil à droite : non Gundogan n’est pas revenu, coup d’oeil à gauche : Kramer, coup d’oeil derrière : Grosskeutz. Bon, va pour Kramer.
Cette blessure a pas mal de conséquences pour l’équipe allemande et le début de match confirmera les difficultés à trouver un équilibre sans Khedira. Kramer rentre supposément en 6, Kross est 10, Özil à gauche, Müller à droite, Klose devant.

La très rapide blessure de Kramer a obligé ou permis à Löw, c’est selon, de revoir une copie après 20 minutes où le piège argentin semblait bien plus redoutable qu’escompté. On ne tenait pas le ballon, Klose était serré de très près et les Argentins passaient trop facilement dans l’axe pour être dogmatique. Le système en 4-3-3 mettait au supplice toute l’équipe dès que Lavezzi et Messi étaient lancés et laissait une trop grande part à la capacité des défenseurs à gérer les 1 contre 1.
Kramer kramé, Kroos redescend en 6/8, Özil prend l’axe et Schürrle prend le côté gauche. On passe à un système en 4-2-3-1, avec Klose en pointe. Perez et Biglia ne pouvaient plus sortir aussi facilement de leurs 30m, la faute à Schürrle, Lavezzi puis Aguëro se trimbalant Müller sur le dos dès la 30e. Parallèlement, le sacrifice de Kroos, redescendu en 6, laissait les rênes du jeu à Özil.

Sans refaire l’histoire, si Kramer ne se blesse pas, Schürrle ne rentre pas si tôt dans le match… et Götze n’aurait sans doute pas eu la possibilité de remplacer Klose.

Sur le pré, ça donnait ça :

allemagne

Le match :
On l’a tous vu, pas la peine de le refaire.

L’Argentine était venue avec un plan de jeu très clair : bétonner derrière, et lancer les dragsters dès que c’est possible. A ce jeu-là, ils ont bien failli gagner, tant ils ont eu les opportunités d’ouvrir le score. Higuain, Messi et Palacio ont eu les ballons de but, ils les ont ratés mais cela ne remet pas en cause la pertinence du plan de Sabella. L’Allemagne a également pas mal vendangé durant le temps réglementaire (Höwedes, Klose, Müller) et c’est à l’usure que s’est joué ce match. Zabaleta et Demichelis ont raté un duel, Schürrle l’a exploité, Götze a été sans pitié.

On a bien aimé :

  • La gueule de Dilma Roussef, visiblement pas ravie ravie de voir Merkel faire la queuleuleu dans les travées du Maracana avec le Président allemand.
  • Cette merveilleuse idée de faire les remises de trophées individuels avant la remise de la coupe, nous permettant de picoler 10 bières après le match et de réussir à revenir pour la remise de la coupe.
  • Kroos qui allume l’arbitre quitte à offrir une touche aux argentins.
  • La main de dieu de Neuer qui vient caresser le ballon avant de frotter sa cuisse sur Higuain.
  • La main de dieu de Neuer qui jongle au-dessus de la tête de Palacio à l’extrême limite de son rectangle… à la 117e.
  • Schweinsteiger. Le mec prend un carton d’emblée et a compris dès la 30e que Sabella avait mis un contrat sur lui. Mascherano, Perez, Biglia et Garay auront tout tenté, rien n’y a fait. Ce mec est un cyborg.
  • Khedira. A joué 10 matchs dans la saison, remporté la LDC avec le Real et la coupe du monde avec l’Allemagne. L’anti-Ballack.
  • Mertesacker champion du monde. Aucun académicien d’Arsenal ne réussira à lui enlever son titre, ni sa lenteur. Et ce n’est pas du foutage de gueule de dire qu’il a réussi sa Coupe du monde.
  • Le coaching argentin. Après Peckerman et la sortie de Riquelme en 2006, on a eu droit à la sortie de Lavezzi à la mi-temps. L’école du tir de balle dans le pied est donc une tradition argentine.
  • Weltmeister.

fanA priori, mademoiselle a bien aimé aussi

 On n’a pas aimé :

  • Messi qui marche pendant que ses coéquipiers s’arrachent. 85% du temps de jeu.
  • Cette merveilleuse idée de faire les remises de trophées individuels avant la remise de la coupe, avec Messi complètement blasé d’être là, complètement isolé de ses coéquipiers et poursuivis par 400 mecs voulant immortaliser sa défaite.
  • Messi meilleur joueur de la Coupe du monde. Si c’est juste pour faire chier Cristiano, OK. Si c’est sérieux, c’est du foutage de gueule.
  • La balle en retrait de Kroos pour Higuain. Action tellement irréaliste qu’Higuain a été incapable de revenir dans la réalité et nous a pas laissé le temps de pisser dans notre froc. Par contre le moment où il se rend compte de ce qu’il vient de rater est priceless.
  • A 4 ans près Cacau aurait pu être le Brésilien qui gagne.
  • Matthaüs qui fait des Selfies. C’est bien la peine de se foutre de la gueule des Brésiliens…

merkelOn est plus réservé sur l’affiche du carnaval de Rio 2015.

 

Les gars :

Neuer : 5
Thomas Price, mais dans la vraie vie.

Lahm : 5.
Capitaine Lahm tu n’es pas, de notre voie lactée.

Hummels : 4.
2 accélérations de Messi qui l’ont mis au supplice, un placement pas forcément optimal et un gros manque de précision dans la relance qui aurait pu nous coûter très cher. Mais de bons retours, de grosses récupérations et cette faculté à rattraper ses conneries qui nous font nous demander si ce con-là ne fait pas exprès de se mettre en difficulté…

Boateng : 5.
Meilleur Allemand de la rencontre, ce qui était loin d’être prévu par les Argentins qui se sont jetés contre le mur tête baissée. Imprenable dans les duels, au sol, aériens, une couverture irréprochable, et un impact physique énorme. Le meilleur Boateng du monde, c’est lui.

Höwedes : 4.
Une fois Lavezzi sorti, il aura été quasi parfait. C’est con que Lavezzi soit sorti 2 minutes après sa tête sur le poteau…

Schweinsteiger : 5.
Au coup de sifflet final, il venait de prendre un 84e coup. Il était au sol, éclaté. Il a donc pris sur le paletot tous ses coéquipiers, soit 875 kilos de barbaque.
Il s’est ensuite relevé, intact. Pour la 84e fois.

Kramer: 3.
Dès fois la vie, c’est pas d’bol. Comme là.
Remplacé par Schürrle : 4. Aussi beau balle au pied que moche en gros plan.

Kroos : 3.
Tu t’en sors bien Toni avec cette passe en retrait merdique, très bien même.

Özil : 3.
Repositionné en 10 après la sortie de Kramer, il aura réalisé un match à l’image de sa Coupe du monde : frustrant, quand tu sais ce que le mec est capable de faire.
Remplacé à la 120e par Mertesacker, qui aura joué un ballon.

Müller : 3.
Le sacrifié humain au service du collectif.

Klose : 3.
Champion du monde, meilleur buteur de l’histoire de la coupe du monde. Tu peux mourir tranquille, le plus tard possible, mais tranquille.
Remplacé par Götze : 5. Il marque à 20 ans le but de toute une vie. Va trouver un nouveau challenge après ça.

Bonus : Mario Götze a une vie meilleure que la tienne.

gotzeMadame Götze, 2 minutes avant, elle aussi, de prendre un but.

 

Bises anales.

Herr Direktor @R_Direktor und Jan-Karl Sabatierung.

 

 

 

academicien

Le plus grand auteur Anal de football

5 commentaires

  1. C’est presque trop rapide comme analyse.

    Les commentaires sur Hummels, Schweini, Müller, Götze sont très bons.

    **** DEUTSCHLAND !!! ****

  2. C’est émouvant tout ces petits allemands qui sont heureux de poser des petites étoiles jaunes sur leur poitrine.

  3. Mais comme ils ont eu droit à ce genre de blague dès 54, puis en 74, et 90, l’Allemagne a des étoiles blanches sur son maillot, et non jaunes.

  4. C’est Agüero qui lui éclate la pommette, au cyborg, aussi, il me semble.

  5. Aguero, qui avait déjà une biscotte.

    Selon la FIFA, mordre un adversaire et le faire saigner à coup de poings, yapacarton.
    Enlever son maillot de joie après un but, carton.

    Va comprendre.

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