La Scapulaire Académie atteinte de calculs

« Non fiston. La moyenne ce n’est pas dix, c’est douze. Comment cela, ça s’arrête à onze, le foot? Oh pardi, c’est pas gagné… »

Nous vous avions promis de revenir avant la saison prochaine. Trois semaines sont passées depuis l’ultime journée de la saison 2017/2018 et ce n’était pas de trop pour se remettre de cette année harassante. Si Kiki s’est plongé dans la culture sud-américaine au travers d’un excellent entretien, j’ai souhaité revenir sur les performances individuelles des Girondins.

Calculer la moyenne de chacun d’eux a été un travail laborieux. Les « + » ont été comptés comme des « et demi » en plus et les « – » comme des « et demi » en moins (vous l’aurez compris). Les gros membres l’avaient bien dit de ne pas s’emmerder avec les virgules mais si je n’étais pas têtu, je ne serais pas supporteur de Bordeaux…

Certaines académies auraient pu fausser la donne (celle-ci et celle-là) mais une toute petite magouille et le tour est joué. Pour ceux qui risquent de s’insurger contre ce principe, je vous rappelle que notre club a été dirigé pendant un temps par Claude Bez, alors ça va, hein!

S’il faut relativiser les notes données par des académiciens pas toujours objectifs, le résultat final semble tout de même parlant et peut-être pas si loin de la réalité.

Je tiens à vous prévenir que j’ai calculé la moyenne d’une unique notation concernant trois joueurs. Même si on a connu Laurent Blanc, on ne va pas s’embêter avec les quotas.

C’est parti, poste par poste, avec en sus, un petit commentaire pour chacun des protagonistes:

Le Gardien:

Costil (31 notes): 2,6/5 de moyenne

Cinq mois d’un niveau très moyen, sans arrêts décisifs et avec quelques boulettes. Puis cinq mois d’un niveau très correct, avec des arrêts décisifs mais avec quelques boulettes… Notre nouveau capitaine aura donc mis une demi-saison à comprendre comment Carrasso fonctionnait pour nous faire vibrer et nous attendrir. Il a poussé la comparaison en stoppant plusieurs penalties. A donc fini aux portes de la sélection néerlandaise.

Je tiens à signaler que nous n’avons pas eu le courage de rédiger d’académie lors des matches joués par Prior, d’où son absence dans le classement.

« Jaro, c’est pas Kiki et Nausée qui partent en courant? Si? Bon, bah, qu’est-ce que je fais de leurs couilles? »

Les Défenseurs:

L’élite

Koundé (17): 3,4/5

Lancé par Gourvennec et installé par son successeur, il n’est plus sorti de l’équipe. Costaud dans les duels, impérial dans les airs et si rapide qu’il ferait passer Toulalan et Jovanovic pour des cobayes ambassadeurs de la sclérose en plaques. Il a poussé Baysse sur le banc alors que l’équipe avait paraît-il besoin d’un aboyeur. Symbole de la formation bordelaise, tout le monde s’est incliné. Pas mal pour un môme!

Au milieu des Pablo, Lerager, Costil, Sabaly et Plasil, le petit Jules a su s’imposer comme le messie.

Pablo (13) et Baysse (5): 3,2/5

Revenus au club en janvier, leurs trajectoires ont pris des directions opposées. Pablo est devenu « El Patron« , confirmant que son statut de meilleur défenseur du championnat brésilien n’avait peut-être pas été usurpé. Son jeu de tête, son physique et son leadership en ont fait un taulier. Il nous a même gratifiés de transversales étonnantes, dans la course de Malcom.

Baysse, lui, est « El Couillon ». Il n’a pas démérité mais a souffert de la solidité de la belle paire titulaire. Paul a été formé aux Girondins mais en est parti sans avoir pu jouer le moindre match. Paul est revenu pour être un taulier mais a fini par être sorti du groupe. Paul est le genre de gars à se faire voler sa fiancée le jour de son mariage.

Un livre, des livres. Aujourd’hui nous recevons M. Paul Baysse, qui va nous parler de son livre de chevet.

Sabaly (27) et Poundjé (16): 2,5/5

Sabaly a eu un début de saison en dents de scie. Il avait lui-même reconnu ne pas évoluer à son véritable niveau. Il a fini la saison en trombe et on a retrouvé notre latéral virevoltant, n’hésitant pas à proposer des solutions dans son couloir et combinant souvent avec Malcom.

Poundjé a passé 317 jours sans jouer. Selon la loi statuant sur les objets trouvés et à 48 jours près, il aurait pu appartenir à Mathieu Chalmé. Mais il a fallu que l’entraîneur de l’équipe première le réclame. Il faut dire que les autres arrières gauches en stock ne sont pas des foudres de guerre. Le bon Max est passé derrière Pellenard, Gajic et Sabaly mais devant Contento. S’il atteint la moyenne, cela est principalement dû à sa capacité de se dépouiller sur un terrain. Même si certaines performances ont été très correctes, il nous aura surtout permis de nous lâcher dans nos académies.

Les vieux Papes

Toulalan (15): 2,4/5

L’apôtre de Saint-Jocelyn n’a pas joué  à son poste de récupérateur. Cela a doublement pénalisé l’équipe, qui a perdu en abattage au milieu ce qu’elle a gagné en lenteur derrière. Il n’a pas pas démérité pour autant et je l’ai encensé plus d’une fois, louant son état d’esprit. Un comble pour un joueur ayant quitté le club alors en plein marasme.

Lewczuk (6): 2/5

Son meilleur match? Quand il a joué arrière droit face à Paris. Il ne fait rien comme tout le monde.

« Celui qui prendra ma place n’est polonais! » aurait-il dit à la fin de la saison dernière. Bien vu Igor, le tout jeune Koundé s’en est chargé.

Le dépôt de Serbes

Jovanovic (10): 1.9/5

Ses six premiers mois au club laissaient présager autre chose que ce qu’il a démontré cette année. Trop lent. Ça y est, il est arrivé en Espagne?

Gajic (6): 1,7/5

Plus le temps passe, plus on se dit que finalement il n’est peut-être pas si bon que ce que l’on pensait. Il n’a pas non plus vraiment eu l’occasion d’enchaîner mais en a-t-il fait assez lorsqu’il a joué?

Les drôles de derrière(s)

Attention, âmes sensibles s’abstenir…

Contento (1): 1/5

Le mec aura passé son année à pointer à Pôle Emploi. Et comme en France, il suffit de travailler un jour pour renouveler ses droits, on a du se coltiner une titularisation de Diego. Pour le meilleur et pour le rire.

Et enfin…

Carrique (1): 0/5

Ce soir-, il n’a pas eu moins que les autres. Mais comme c’est sa seule note… Il s’est aussi fait expulser contre Granville quelques minutes après son entrée en jeu, qui faisait suite au carton rouge de Sabaly. Un homme de toute les circonstances.

J’ai beau retourner le problème dans tous les sens, je trouve toujours le même résultat: zéro, la tête à Thotho.

Les milieux:

L’énigme

Youssouf (1): 3/5

Il a martyrisé les Nantais lors du match dirigé par Bédouet. Malcom était alors remis en question et sa prestation aboutie nous faisait espérer le voir décoller. Poyet (ou le joueur lui-même) en a décidé autrement. Si les performances des autres milieux ont été bien meilleures en seconde partie de saison, ses absences des feuilles de matches ne peuvent être dues seulement à son niveau.

L’élite

Otavio (15): 2,5/5

Il a cartonné dès son arrivée. Tout cela pour finir comme un joueur en carton. Capable de réaliser une récupération magnifique et d’enchaîner sur une passe pourrie à trois mètres. Il a disparu pendant un temps avant de faire quelques entrées en cours de matches en fin de saison.

Sankharé (16) et Plasil (9): 2,3/5

Sankharé a connu un départ canon, ponctué de plusieurs buts, avant de baisser de niveau et de connaître un vrai trou d’air à la suite du limogeage de Gourvennec. Il a ensuite retrouvé son mojo, donnant à l’équipe impact, percussion et réalisme.

Plasil a passé le plus clair de son temps auprès des jeunes du club, préparant ainsi sa reconversion. Cela lui plaisait tellement qu’il a pris cinq matches de suspension après une virée normande afin de pouvoir s’occuper de ses cadets. Du moins jusqu’à l’arrivée de Poyet, qui l’a relancé. Bien lui en a pris, Jaro a réalisé une belle fin de championnat, donnant aux Girondins une assise technique qui a longtemps fait défaut. Le coach est tellement satisfait qu’il a demandé au Président de sortir son carnet de Tchèque pour lui offrir une prolongation de contrat. C’est une bonne chose pour le club et pour la ville. Plasil, c’est un monument. On parle d’un mec qui est arrivé bien avant le stade pont Chaban-Delmas! A notre époque, ce n’est pas rien.

Quand Plasil est arrivé à Bordeaux, l’utilisation des fumigènes ne faisait pas débat, au contraire des cornes de brume.

Lerager (30): 2,2/5

Indéboulonnable quelque soit le coach, il n’est que très rarement sorti de l’équipe. Auteur d’un très solide début de saison au point de rapidement devenir un des chouchous de la Scapulaire Académie. Le problème, c’est qu’il a eu du mal à confirmer. Lerager, son jeu, c’est plus le tacle que le passement de jambe. Cela n’a rien de dégradant mais quand il pioche physiquement, c’est plus embêtant. Il est difficile d’évaluer son véritable niveau. On y verra peut-être plus clair l’an prochain car il ne fait aucun doute qu’il sera encore un homme de base de Poyet.

Méïté (15): 2/5

Il a été trop inconstant durant les six mois passés au club. Un peu fainéant, non? Tout comme moi.

Le dormeur du Val

Vada (6): 1,4/5

C’est un rectangle de verdure où chantent des supporters

Dépensant follement tout leur pognon,

Leur argent; où la ferveur, de la tribune au scapulaire

Retentit: c’est un joli stade qui pousse les garçons.

 

Un joueur jeune, bouche ouverte, corps dodu

Et la nuque suant sur le marine et bleu

Dort; il est perdu sur l’herbe, sous la hue(e),

Pâle sur le pré vert où la pression pleut.

 

Les pieds dans le gazon, il dort. Souriant comme sourirait

un enfant normal, il fait un somme:

Coach, réveille-le chaudement: il est à toi.

 

Les relances vraiment ce n’est pas son trip

Il dort contre l’OL, la main dans le slip,

Merde, Nabil. Il avait Malcom et Sabaly sur le côté droit.

Les attaquants:

L’élite

Kamano (14) et Laborde (11): 2,5/5

Kamano a eu le mérite de nous rendre les défaites moins amères; le rire est un remède efficace et le François est un spécialiste du running gag (je cours, je m’emplafonne mon défenseur, je perds le ballon et je souffre!). Il serait malhonnête de ne pas préciser qu’il a fini assez fort la saison, en étant décisif à plusieurs reprises. Poyet a réussi à le rendre meilleur et plus stable sur ses jambes.

Laborde a commencé dans la peau d’un titulaire. Puis sa blessure l’a tenu écarté des terrains, de même que le prix d’achat de son concurrent en attaque. Il a su revenir mais n’a pas su s’imposer. Sa combativité n’est pas à remettre en cause, au contraire de son inefficacité.

Malcom (26): 2,3/5

Ah, Malcom. Quelle n’a pas été ma surprise en voyant sa moyenne. S’il est vrai qu’il n’a pas toujours été régulier, il est possible que Kiki et moi avons été plus exigeant avec lui qu’avec d’autres. Peut-être la rançon de la gloire.

Malcom aura été un grand partisan de la sixième place obtenue, nous gratifiant de quelques mines dans la lucarne et de gestes techniques dont il a le secret.  Il aura animé le côté droit en symbiose avec Sabaly.

La tendance est a un départ mais je persiste à penser qu’une année supplémentaire aux Girondins n’aurait pas été superflue.  Vu sa progression, cela lui permettrait (aurait permis?) d’arriver dans un top club européen en ayant la quasi-certitude d’être titulaire.

Nous avons rêvé, nous nous sommes enflammés grâce à toi, Malcom. Merci.

Le prêté

Braithwaite (8): 2/5

Une moyenne pareille et vous voulez le garder? Bon, il lui a fallu un peu de temps pour s’adapter, il a raté quelques occasions, mais après… De la vitesse, de la combativité, un jeu de remise intéressant et des buts. Alors oui, le garder ne serait pas une mauvaise idée.

Le rendu (bientôt j’espère)

Cafu (5): 1,8/5

Dis donc, Monsieur Martin, à quoi sert de vouloir à tout prix une paire d’ailiers brésiliens si c’est pour nous refourguer une contrefaçon? Ses premières entrées en jeu laissaient présager autre chose. On a pu se laisser berner par deux ou trois grigris. Dommage que la staff précédent ait été aussi naïf que nous.

Le… Euh… Le… Préville

Allez trouver une catégorie pour lui, pas facile…

Préville (19): 1,7/5

Arrivé le dernier jour du marché des transferts et auteur d’une saison passée très satisfaisante, il a suscité de nombreux espoirs. Pas vraiment attaquant de pointe, ni vraiment ailier, il n’a jamais confirmé les attentes. Pis, il a perdu son football. Un bêtisier à lui tout seul.

Malgré cela, il sera certainement toujours girondin l’an prochain. Il vient d’ailleurs d’acheter une maison dans le coin:

Nico a construit sa maison tout seul comme un grand.

 

L’unijambiste

Mendy (5): 1,4/5

On ne saura jamais ce qu’aurait été son année sans sa blessure. Après un début difficile, il avait commencé  à marquer. On le reverra sans doute, mais pas tout de suite, pas trop vite.

Pour conclure:

Voilà, le petit tour d’effectif est terminé.

Les performances d’un grand nombre de joueurs ont épousé celles de l’équipe. Le contraire est également vrai. Il y a une forme de logique imparable. Purée, j’ai bien fait de passer tout ce temps à calculer tout cela…

En cette première intersaison en tant qu’académicien, je tiens à remercier les patrons d’horsjeu, eux qui m’ont permis d’avoir une tribune pour m’exprimer (chose rare en football ces derniers temps…), un grand merci à Kiki pour son accueil et aux Girondins pour leur potentiel comique.

Enfin, un grand merci à vous.

A bientôt.

Nausée Savajicl

Nausée Savajicl

Nausée Savajicl (50% Vosgien, 50% Arcachonnais, 100% Bordelais) Vosgien issu de l’immigration girondine, j’aime surfer à la Moselle et faire du patin à glace sur la jetée Thiers. Mais surtout j’aime les Girondins car parfois, leurs matchs me paraissent beaucoup plus longs que l’hiver de par chez nous.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.