Clermont Foot – Dijon FCO : Un plan cul à oublier.

Les lecteurs d’horsjeu.net sont des passionnés de football, nombreux sont supporters d’un club, même de fervents supporters. On exulte lorsque notre équipe marque, on hurle lorsque l’on encaisse un but. On parle de notre meilleur joueur comme d’un ballon d’or en puissance. Etre supporter, c’est souvent être de mauvaise foi et c’est ce qui fait la caractéristique de ce site internet, des académies loin d’être partiales, à notre image, nous supporters.

Pourtant, il arrive que nous détestions des joueurs de notre propre équipe. Nombreux sont les joueurs ayant subi des broncas dans leur propre stade. Je ne parle pas de broncas stigmatisant le niveau général d’une équipe comme ce fut le cas le week-end dernier au Vélodrome. Je parle du cas où toute la haine et les moqueries se dirigent vers un seul et même joueur. Les cas sont nombreux, Kader Keita ou Jean II Makoun à Lyon, Zubar à Marseille, Barthez à Nantes…

Rentrent souvent en compte les mêmes critères : mauvaises performances, ne répond pas aux attentes, un comportement antipathique… Ces joueurs sont souvent les premiers désignés comme coupables lorsque l’équipe marche mal. Mais que faire quand ce type de joueur se mue en héros ? Doit-on tout oublier ? Les supporters lyonnais n’ont-ils pas des étoiles dans les yeux lorsqu’ils parlent du but de Makoun face au Real Madrid ? Nous célébrons le but, sans aucun doute, mais que doit-on penser du joueur ? Un héros d’un jour ? Un mauvais joueur qui a eu de la chance ?

Aujourd’hui, la question se pose à Dijon puisque l’homme qui a marqué le but qui nous permet d’avoir 9 orteils en Ligue 1 s’appelle Yohann Rivière. La haine n’est pas une chose rationnelle, on ne peut pas toujours l’expliquer. Il est certain que Rivière n’est pas un mauvais mec, il est même d’ailleurs apprécié au Havre où il est resté plusieurs saisons. Mais à Dijon il s’est montré maladroit devant le but, faisant beaucoup de fautes inutiles et ne rendant pas beaucoup service à l’équipe. Quand il arrive à un joueur comme Tavares de ne pas être efficace devant le but, il compense par de nombreux efforts défensifs ou par son jeu de tête en déviation. Ce n’est pas le cas de Rivière. Ma passion pour Dijon est forte, les simples remarques sur un joueur que je juge mauvais se sont transformées en une véritable haine. Alors que penser de Rivière désormais ?

Soutenir une équipe qui marque à la dernière minute, c’est selon moi ressentir la même jouissance que lors d’une partie de jambes en l’air (voire plus fort pour les supporters acharnés et/ou pour ceux à la triste vie sexuelle). Ce but de Rivière c’est un plan cul d’un soir, celui avec une fille (ou un garçon à vous de choisir) que l’on trouve conne, moche. Ce plan cul que l’on n’avouera jamais à ses potes. Peut-être que dans plusieurs années, quand je parlerai de notre montée en Ligue 1 en 2016, je parlerai de Tavares, Diony, Bela, mais j’effacerai volontairement ce but de Rivière tout en sachant au fond de moi que ce but fut plus que décisif. Yohann Rivière, pour moi tu n’as jamais existé mais tu m’as fait prendre mon pied !

Lendemain de soirée…

L’adversaire

Clermont est une équipe qui nous a réussi ces dernières années. On a pris l’habitude de rentrer dans leur défense comme des G.I. dans un bordel vietnamien au début des années 70. Tout le monde le sait, il y a un danger à Clermont, il s’appelle Famara Diédhiou. Il est le meilleur buteur de Ligue 2 avec 20 pions. Une «  Diédhiou-dépendance » existe. Museler leur attaquant, c’est la moitié du boulot qui est fait.

La compo

Reynet – Souquet, Varrault (cap), Jullien, Bamba – Gastien, Marié, Lees-Melou, Sammaritano – Diony, Tavares.

Même compo que contre Nancy avec le nouveau système en 4-3-1-2. L’équipe avait très bien joué contre Nancy, on repart donc avec le même onze.

Le Match

C’est donc dans le champêtre stade Gabriel-Montpied que le match démarre. Ce stade restera à jamais pour moi le théâtre du mythique France-Portugal espoirs de 2003 quand Cristiano Ronaldo était venu tout péter (à mon grand regret), au propre comme au figuré.

Il ne se passe pas grand chose en ce début de match. Les deux équipes jouent bien, s’approchent de la surface adverse à plusieurs reprises mais sans être véritablement dangereuses. La première grosse occasion intervient à la 25e minute. Jullien, venu couvrir Bamba, se fait prendre de vitesse, l’ailier clermontois centre en retrait pour Boulaya qui écrase trop sa frappe. Hunou, en renard tente de prolonger le tir mais Reynet plonge dans les pieds de l’attaquant et capte le ballon.

La partie se poursuit sur ce faux rythme où les deux équipes pratiquent un football agréable sans se montrer dangereuses, jusqu’à la 41e minute. Souquet récupère le ballon très bas sur le terrain et se lance alors dans une grande course dans son couloir, mais Boulaya le stoppe et récupère le ballon. Lees-Melou et Gastien vont tout de suite le presser en laissant Laborde seul à l’entrée de la surface, Boulaya lui transmet le ballon. Laborde ne se fait pas prier et fusille Reynet. 1-0 pour Clermont.

L’arbitre siffle la mi-temps. Le DFCO joue bien mais ne se montre pas dangereux, ce qui n’est pas sans rappeler le match contre Nancy, à la différence que cette fois nous sommes menés.

Dijon n’a pas le choix et doit montrer un autre visage. C’est un coup du sort qui va nous permettre de revenir dans la partie. En tout début de 2e mi-temps, à la 48e minute, Souquet qui compte bien faire oublier son erreur, adresse un centre au premier poteau en direction de Diony qui rate le ballon. Le cuir va alors poursuivre sa course jusqu’à heurter le tibia de Julio Tavares qui marque sans vraiment le faire exprès. 1-1.

Le match va gagner en intensité. A la 55e, Bamba monte sur son côté gauche, il s’en suit un jeu en une touche entre Bamba, Diony et Sammaritano qui entre dans la surface pour trouver Lees-Melou au deuxième poteau qui glisse la balle dans le but. 1-2 pour Dijon.

Il y avait bien longtemps que l’on n’avait pas vu le DFCO jouer au ballon comme ça et ça fait du bien. La preuve que nous ne sommes pas là par hasard. Mais le match va se durcir et les tacles sont de plus en plus appuyés. C’est alors que Dijon va retomber dans ses travers dix minutes plus tard. Vous le savez, l’un des points faibles de Dijon est son manque de concentration et l’on va encore le payer. Comme sur le premier but, Boulaya va se jouer de Souquet ce qui va attirer Jullien et Gastien pour le couvrir. Cette fois Boulaya tente la frappe qui est repoussée par Varrault. Dugimont, laissé seul par Gastien, récupère le ballon à l’entrée de la surface et punit Reynet. 2-2.

Les deux équipes tentent à alors de tuer le match et c’est Clermont qui se procure la plus grosse occasion à la 73e. Boulaya, qui nous aura fait un mal fou, humilie une nouvelle fois Souquet dont il aura fait sa chose. Le Clermontois centre, Jullien manque son interception et Diédhiou reprend tout seul au deuxième, mais par un miracle divin il se déchire et envoie une cacahuète au-dessus. Cinq minutes plus tard c’est Tavares qui n’arrive pas à contrôler un ballon alors qu’il est seul dans la surface.

A la 81e, ODG décide de faire rentrer Rivière à la place de Lees-Melou encore auteur d’une bonne partie. Je me dis que c’est fini, que nous n’allons pas marquer, mais ce match fut le fruit du miracle. A la 83e, Dijon obtient un corner. Gastien le frappe, la balle est repoussée ce qui permet d’offrir une deuxième chance à Gastien qui centre au premier poteau, Rivière surgit et du plat du pied pousse la balle au fond. 2-3 pour Dijon.

Il s’en suit un trou noir, je perds connaissance. Je ne comprends pas ce qu’il vient d’arriver. Est-ce cela qu’a ressenti Bernadette Soubirous ?

Lorsque je revins à moi, l’arbitre siffla la fin du match. Nous venions de l’emporter à Clermont grâce à Yohann Rivière.

Les notes

Lors de la dernière académie j’avais dit que je mettrai 0 à Rivière à chaque fois qu’il foulerait la pelouse. Ce con nous a sauvés. Je ne lui ferai donc pas cet honneur, mais il est en même temps impossible pour moi de lui mettre une bonne note. Par conséquent j’ai décidé de noter uniquement les joueurs ayant une note bien inférieure à la sienne, histoire de leur mettre la honte.

Souquet est donc le seul joueur concerné avec la note de 1. Boulaya lui a fait l’amour et sans préliminaires comme dirait Da Fonseca. Ce fût pénible à voir. Souquet pourtant si régulier est passé à côté, heureusement sans conséquence.

On soulignera aussi que Diony fut moins tranchant que lors des dernières rencontres.

Avec la 18e victoire de la saison, le DFCO bat son record historique. Le record du nombre de points est aussi effacé. Le record du nombre de buts a lui été égalisé. On y est presque. La montée est même presque jouable dès le prochain match face au Paris FC. Pour cela il faudrait que Metz, le Red Star et le Havre s’inclinent, ce qui est peu probable. Le destin nous offre donc un match de la montée historique à l’Abbé Deschamps dans deux semaines pour le derby. Mais pour fêter notre montée chez les culs terreux violeurs d’enfants, il faut d’abord battre le Paris FC. Alors rendez-vous lundi prochain.

Alban Bourguignon.

Alban Bourguignon

2 commentaires

  1. Avant tout je dois dire que le banc bourguignon est un des pires souvenirs des repas de famille de mon enfance, une vraie torture.

    Après je n’aurais jamais misé une pièce sur une montée de Dijon avant celle d’Auxerre.

    Beau parcours en tt cas et j’ai hâte de lire les acad qui viendront l’an prochain en L1.

  2. Clermont/ Dijon me fera toujours rêvé. Je ne vous remercie pas pour ce hold up. Oui je reste clermontoiis merde.

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