Kir Académie : Le bilan de la 1e partie de saison du DFCO

Oui j’ai disparu durant toute la première partie de la saison. Ai-je parcouru les routes de campagnes d’Europe de l’Est pour trouver un latéral de gauche au DFCO ? Ai-je eu des démêlés avec la justice pour avoir été aperçu au volant de ma camionnette devant des écoles primaires et pour avoir aménagé ma cave ? Ou bien suis-je tombé dans un profond coma à la suite du but de ce fils de péripatéticienne portugaise répondant au nom d’Eder ? Vous ne le saurez jamais.

En tout cas, tel un phénix, ou tel Pierre Menes après une double greffe (il n’a malheureusement pas trouvé de donneur de cerveau) je suis de retour ou « I’m back bitches » si vous suivez cette saloperie de Premier League. Alors oui mon absence correspond à celle de Pierre Menes. Alban et Pierre sont-ils la même personne ? Alban était-il contenu dans Pierre ? Vous méditerez là-dessus en développant des théories bien salaces plus tard, parce que maintenant c’est l’heure du bilan. Je n’ai peut-être pas écrit une seule académie en cinq mois mais ça ne m’a pas empêché de m’envoyer les 19 rencontres du DFCO (non, je ne regarde pas cet amas de merde qui est la coupe de la Ligue). Alors mettez vos ceintures, parce que ça va décoiffer comme dans une Renault 19 décapotable.

 

Le résumé

Le 13 août marquait la reprise pour nous les Dijonnais. Après notre passage éclair en Ligue 1 lors de la saison 2011/2012, tous les grands experts télévisuels et autres abrutis de footballogue (oui oui je parle bien de toi Geoffroy Garétier) nous prédisaient cet été, un scénario identique pour 2017. Cette reprise de la Ligue 1 c’était donc un peu comme une rentrée des classes. Le DFCO était clairement vu comme la petite Jennifer. Vous savez bien, on a tous eu une Jennifer dans notre classe, c’est cette petite nouvelle très mignonne, qui a évité la Segpa de peu. Elle est très jolie mais elle sait à peine multiplier par cinq et faire ses lacets. Elle a un charme fou mais elle est conne comme une bite et d’ailleurs on se demande si elle n’en goberait pas contre quelques Carambars. Clairement, toute la Ligue 1 voulait nous faire le fion, nous accueillir ou venir chez nous pour nous prendre trois points ou nous les mettre (ah, ah jeux de mots points, poings pour les débiles).

Jennifer la Dijonnaise est un peu timide, alors elle a commencé par tomber dans les pièges grossiers de Nantes et Lille. Deux défaites 1-0 un peu cruelles, surtout celle face à Lille, match que l’on doit clairement gagner. On prend surtout un but de Sankharé qui se permet de le fêter, dois-je te rappeler que l’on a sauvé ta carrière en 2011 connard ?

Bref. Le troisième match est celui du réveil et petite confidence aux lecteurs d’Horsjeu, il tombait le jour de mon anniversaire. Ce bon vieux Jean-Michel « le twittos » Aulas est donc venu me rendre une petite visite pour fêter ça. À vrai dire, Jean Mich’ venait plutôt pour tenter de se taper Jennifer, mais Jenni, elle l’a vu venir à des kilomètres. Après avoir été mené deux fois au score, on finit par s’imposer 4-2 dans un stade Gaston Gérard en transe, le tout conclu par le chef d’œuvre de Pierre Lees-Melou, aka PLM8 aka le mec qui me fout le plus la gaule en Ligue 1. On avait enfin retrouvé le DFCO de la saison passée, on a surtout retrouvé notre schéma tactique. Car oui, Olivier notre coach chéri, a démarré la saison avec un 4-3-3 qui nous ne convenait pas du tout. Mené face à Lyon, Olivier est repassé en 4-4-2 avec le terrible duo Diony-Tavares puis Tavares-Bahamboula. Dylan qui aura d’ailleurs cette parole pleine de sagesse sur la célébration du 4e but « On les a fumés ces fils de pute ». La saison était enfin lancée.

Jennifer est-ce que tu veux voir mon gros outil connecté? Lol Jean-Michel.

Si ensuite on va perdre bêtement à Angers, la suite marque le début d’une vraie bonne série. Si l’on ne compte pas le match à Paris, d’ailleurs l’un de nos meilleurs matchs à l’extérieur face à l’équipe type parisienne, c’est une série de sept matchs sans défaite avec notamment en point d’orgue cette victoire 3-0 à domicile face à Rennes. Christian Gourcuff déclara même après le match « J’ai eu l’impression d’avoir joué contre le Barça ce soir » (véridique !).

On pourra aussi retenir dans cette série l’état d’esprit exemplaire et une combattivité à toute épreuve comme ce 3-3 arraché contre Montpellier sur un but de Rivière à la dernière minute. Cette brêle marque une seule fois par an mais ses buts sont toujours importants. Il y a eu aussi cette victoire face à Lorient avec un but de Lotiès dans les arrêts de jeu. Jennifer n’est pas une fille facile. Qui l’eût cru ?

Mais nous restons un promu et des fois l’apprentissage est cruel. C’est ainsi que nous sommes retombés dans nos travers, défaite à Nancy 1-0 après avoir raté un péno et défaite invraisemblable 3-2  à Bordeaux en menant pourtant 2-1 à la 85e. On craque souvent en fin de match. Eh oui, en fin de soirée, après le verre de Manzana de trop, Jennifer se laisse aller à une petite branloutte dans la chambre des parents, que voulez-vous ? Olivier prend donc la décision de changer une nouvelle fois de schéma tactique. L’association Diony-Tavares fait des étincelles, il décide donc de conserver le duo d’attaquants mais de passer à cinq derrière. Le 4-4-2 devient donc 5-3-2 en phase défensive et 3-5-2 en phase offensive. C’est Fred Sammaritano qui en fait les frais. Lotiès devient le grand gagnant de l’histoire. Ce schéma, avec pourtant de nombreux cadres laissés au repos, va fonctionner à merveille face à l’ogre monégasque pour ce qui est l’un de nos meilleurs matchs cette année. Si l’on a été vite mené au score sur une erreur de Reynet, le 5-3-2 qui, faut le dire et respect à Olivier et aux joueurs, a vite pris l’apparence d’un 3-5-2, nous a offert un super spectacle. On n’a jamais cessé d’attaquer jusqu’à l’égalisation méritée de Sammaritano qui profitait du turn-over.

C’est donc dans ce schéma que l’on s’est présenté à Caen, pour ce qui est le match le plus fou de la saison jusqu’à présent. Mené 3-1 à la mi-temps, réduit à 10 après l’attentat de Bouka-Moutou (attentat revendiqué par l’Etat islamique), l’équipe a fait preuve d’un courage exemplaire, jouant le coup à fond pour finalement revenir à 3-3. Julio Tavares, qui a tout simplement été monstrueux, aurait même pu inscrire un quatrième but mais son gros cachou a fini sur la barre. Il s’en suit une crise au stade Michel d’Ornano, les supporters demandent à s’expliquer avec Patrice Garande, mais avec sa grosse gueule de forain, Patrice était déjà parti tenir son stand de chamboule-tout sur le parking du Carrefour d’Hérouville-Saint-Clair.

Gonflé à bloc après ce résultat nous accueillions une vielle connaissance, l’homme à qui l’on doit tout, celui qui m’a fait prendre un plaisir fou à Gaston Gérard, le grand Rudi Garcia. Rudi, qui connaît la maison par cœur, nous a joué un vilain tour dans le fameux brouillard dijonnais. La légende raconte que c’est l’esprit du Chanoine Kir qui sort de son lac pour s’abattre dans la ville. C’est donc dans une brume opaque que Rudi a caché Bouna Sarr. L’ailier maladroit est rentré dans notre défense comme Joseph Fritzl dans sa fille, pour servir Bafé Gomis qui nous punit à la dernière minute. C’est une autre BBC (Big Black Cock mais faites pas genre vous ne connaissiez pas l’acronyme) qui nous achèvera la semaine suivante à l’Allianz Riviera puisque Mario Balotelli nous crucifia alors qu’il était hors-jeu. Dijon retombe dans les profondeurs du classement et pointe à la place de barragiste. Il reste donc un match avant la trêve pour nous permettre de passer des vacances agréables.

Mercredi dernier nous accueillions donc Toulouse et le plus grand enculé de la Ligue 1, j’ai nommé Pascal Dupraz. Si l’année dernière vous lisiez la Kir Académie vous devez savoir à quel point je porte peu ce personnage dans mon cœur. La France entière se paluche sur lui depuis son discours d’avant match face à Angers, version Leader Price de Pacino dans « L’enfer du dimanche ». Alors oui Toulouse est revenu de nulle part bla bla bla… Mais ce cher Pascal reste ce connard qui n’a aucun respect pour ses adversaires, qui insulte tout ce qui bouge si ça ne lui convient pas (oui un peu comme moi mais bon) et qui simule quand un avion en papier lui tombe sur la tête. Tu t’es rendu sympathique dans J+1 mais tu restes une grosse merde, je t’attendais donc de pied ferme à Gaston Gérard.

L’histoire qui va suivre est authentique. Après une première mi-temps poussive où l’on a bien failli se faire punir, je suis descendu des travées pour aller me chercher un vin chaud. Après l’avoir bu d’une traite, je suis allé aux toilettes. Concentré sur mon jet, mon voisin de droite me demande ce que je pense de la première mi-temps. Sans le regarder, je lui parle de notre difficulté à porter le ballon vers l’avant. Je zippe ma braguette, me retourne et là je m’aperçois qu’en fait je m’adressais au grand baron dijonnais, François Rebsamen, maire de la ville et tout puissant de la région. La discussion se poursuit en bas des tribunes, Reb’s pose sa main sur mon épaule, cette même main qui a consolé Ségolène en 2007… Il me regarde et me dit « On perd lorsque l’on joue bien, on gagne lorsque l’on joue mal, ce match est pour nous ». Il me sort son sourire ravageur, celui qui fait exploser les foufounes de la rue de Solférino et remonte dans sa loge présidentielle quand je retourne dans ma tribune d’enfants défavorisés. Oui Reb’s m’a sorti un bon vieux poncif, mais il savait ce qu’il allait se passer. Pénalty imaginaire sur Julio qu’il se charge lui-même de transformer, frappe d’Abeid sur la barre suivie par une tête rageuse de PLM8, victoire 2-0. Prends ça dans ta gueule Dupraz.

C’est la trève et Dijon est 15e.

 

Le conseil de classe

Félications du jury : Lois Diony – Julio Tavares – Mehdi Abeid – Pierre Lees-Melou

Dijon est la 6e attaque du championnat et c’est en grande partie dû au duo Diony-Tavares. Ces deux-là ont été exceptionnels. Impressionnants de combativité, efficace devant le but, ils ont clairement su élever leur niveau de jeu. 5 buts, 5 passes décisives pour Diony, 5 buts, 2 passes décisives pour Tavares. Certainement le plus beau duo en Ligue 1 depuis Pierre-Yves André et Frédéric Née. Ils ont su peser sur les défenses, défendre en bloc avec l’équipe et exploiter à fond les occasions. Si Dijon produit un jeu si spectaculaire c’est grâce à eux.

Si les blessures de Balmont ont fait craindre le pire dans l’entrejeu dijonnais, Mehdi Abeid a su le faire oublier. C’est de loin la plus belle pioche du mercato, encore un coup extraordinaire du génial Seb Larcier, meilleur dénicheur de pépites en France. Juste dans le jeu, excellent sur coup de pied arrêté, Abeid a été probablement le meilleur Dijonnais jusqu’à présent. Il avait pourtant perdu sa place au Panathinaikos l’année dernière et l’on ne savait pas vraiment dans quel état on allait le récupérer. Il s’est tout de suite mis au niveau et sa vision du jeu est désormais indispensable. Tout comme Diony, il devrait nous quitter à la fin de la saison, alors profitons encore un peu de ses passes-éclair et de son coup de patte génial. Il manquera le mois de janvier, CAN oblige, ce sera dur sans lui c’est certain mais on fera en sorte de tenir le choc.

PLM8. Que dire sur toi ? Tu es un ange, un rayon de soleil, une branlette espagnole à toi tout seul. Parcours atypique, mec sympa et joueur fabuleux. Je t’adore, j’aimerais me marier et avoir des enfants avec toi. J’aimerais couler des jours heureux en ta compagnie, main dans la main. J’aimerais m’endormir, bercé par le son de ta voix. PLM, je t’aime.

 

Encouragements : Baptiste Reynet – Jordan Lotiès – Yunis Abdelhamid – Fouad Chafik – Jérémie Bela – Jordan Marié – Florent Balmont – Frédéric Sammaritano

Certains joueurs dans cette liste ne sont pas passés loin des félicitations, je pense notamment à Baptiste Reynet et Fouad Chafik. Baptiste a été monstrueux sur certains matchs. Sa performance à Bastia a tout simplement été époustouflante, L’Equipe lui attribuant la note de 9, meilleure note tous championnats confondus cette année. Mais il est aussi parfois passé au travers comme contre Monaco. Avec un peu plus de régularité, Baptiste ne serait pas loin de ce qui se fait de mieux en France. Lotiès et Abdelhamid ont eux profité du passage à trois derrière et des nombreux turn-over, en partie dû aux suspensions de Varrault. Lotiès a tiré son épingle du jeu en gagnant sa place. Abdelhamid, moins régulier a quand même offert des prestations intéressantes et mérite sa place ici. Balmont et Sammaritano ont moins joué que prévu, Balmont pour cause de blessures et Sammaritano pour cause de changement de système. Néanmoins, à chaque fois qu’ils ont joué, ces deux-là ont été très bons. On pouvait se demander si Marié, formé au club, était taillé pour la Ligue 1. La réponse est oui. Il a su gagner sa place, intelligent en face défensive, il été très intéressant dans les phases offensives, de bonne augure pour la suite. Enfin Bela a très peu joué, remis difficilement de sa blessure de fin de saison dernière, il a perdu sa place. Il a tout de même montré des choses à chaque fois qu’il est rentré et il reste mon chouchou.

 

Passable : Adam Lang – Vincent Rüfli – Arnold Bouka-Moutou – Cédric Varrault – Marvin Martin – Johan Gastien – Yohann Rivière

Pas grand-chose à dire sur ces mecs-là. Ils ont été au niveau sans plus, parfois en dessous. On retiendra tout de même la conférence de presse mythique d’Adam Lang. Il ne parle pas anglais, personne ne comprend le hongrois, ce sont donc des étudiants Erasmus qui sont venus traduire les paroles du grand défenseur. C’était juste surréaliste et ça restera comme l’un des grands moments de la saison. On retiendra aussi les deux cartons rouges pris par Varrault, bien joué capitaine ! Yohann Rivière se sera signalé sur son but annuel qui nous a quand même permis d’arracher un point. Il a aussi essayé de péter la gueule de Jessy Moulin à Geoffroy-Guichard, j’ai apprécié l’envie. Martin a joué lui moins de 30 minutes… Si Bouka-Moutou a montré des choses, ses nombreuses blessures et sa suspension l’ont empêché de gagner sa place. Gastien et Rüfli semblent un peu justes pour la L1.

 

Avertissement : Romain Amalfitano – Dylan Bahmboula

Amalfitano semblait déjà un peu juste l’année dernière et ça se confirme cette année. Cet avertissement doit prendre la signification d’un coup de fouet. Avec un peu de volonté Romain pourrait s’accrocher, mais ses rentrées fades semblent montrer qu’il a déjà abandonné.

Dylan, ah Dylan. Tu as de la technique certes, mais donne ton putain de ballon ! On a vite compris que tu étais limité intellectuellement, joue simple bordel de merde, t’es pas Neymar. Tu tentes des choses impossibles et rates un peu près tout. Tu as très vite perdu ta place parce qu’Olivier a vite vu que tu n’avais rien dans le ciboulot, donc tu vas simplifier ton jeu ou tu vas dégager de chez nous !

 

Mention spéciale : Quentin Bernard

Quentin nous quitte pour Brest. Il avait un temps de jeu réduit et je le comprends. C’est un vrai bon mec, celui qui met l’ambiance et il va nous manquer. Bonne route et on espère très vite te revoir en Ligue 1 avec Brest !

Conclusion

Honnêtement, j’ai pris un pied pas possible devant nos matchs. 6e meilleure attaque, 16e défense, des scénarios improbables, des buts dans les arrêts de jeu, du suspense à tous les matchs. Il ne faut pas être cardiaque pour supporter cette équipe. Même si l’on a perdu des points parfois bêtement, je préfère lutter pour le maintien de cette façon que d’enchainer les 0-0. Un groupe sain, des mecs sympas, c’est une fierté d’être derrière vous tous les weekends. Alors offrez-nous le maintien s’il vous plaît ! On a beaucoup de joueurs de talent, ils seront nombreux à partir pour de plus grands clubs à la fin de la saison, alors prenez du plaisir pour ces derniers mois. Donnez tout, faites nous vibrer et ne gâchez pas tout comme en 2012. Plus de 15 ans que je supporte ce club et je n’ai jamais été aussi fier d’être Dijonnais, je vous aime putain !

 

Alban Bourguignon.

Alban Bourguignon

3 commentaires

  1. La maman d’Eder est une sainte femme qui a le même honorable travail que Marie, et a permis un miracle.
    Merci de respecter l’oeuvre des être divin.

  2. C’est incroyable, j’ai eu une Jennifer en classe. Elle était con comme pas possible, et elle fut une des premières à prendre les choses en main et en bouche au collège. Au lycée elle était devenue punk à chien, elle aimait fumer des joints et faire du sexe. Elle avait des grosses joues et des yeux ronds mais son corps façonné par des années de gymnastique continuait d’attirer les plus courageux d’entre nous, peu soucieux de l’hygiène et sans crainte des maladies. Je l’ai revue il y a 3 ans à l’accueil d’un bain thermal. Elle avait l’air propre mais le visage fatigué. J’ai repensé au CM1, à ses lectures hésitantes à voix haute, elle écorchait un mot sur 2, on se marrait comme des baleines… j’ai éclaté de rire dans le hall, j’ai pris mon ticket à une caisse voisine et suis parti enfiler mon slip de bain le sourire aux lèvres. Merci Jennifer.

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