Lyon-OM (3-1), La Canebière académie s’irrite

Là, ça fait déjà plus désordre

Aïoli les sapiens,

Nous nous sommes relativement bien accommodés des roustes contre Monaco, tant il est vrai que nous ne disputons pas la même compétition. De même, la qualification en Ligue des Champions n’a jamais représenté autre chose qu’une utopie, tant il est vrai que nous ne disputons pas la même compétition que Monaco et le PSG, voire que Lyon et Nice. Plus généralement, on aurait d’ailleurs tort de s’alarmer outre mesure de nos performances à court terme, tant il est vrai que, pour cette année en tout cas, nous ne semblons pas disputer la même compétition que Monaco, le PSG, Lyon, Nice, Guingamp, Saint-Etienne, Rennes, et Toulouse.

Pour tout dire, Monsieur Lapin se sentait un peu délaissé ces derniers temps. L’OM oscillait entre, d’une part, des défaites irréprochables par faute d’écarts de niveau insurmontables, et d’autre part des sévices infligés sans vergogne aux plus petits, aux plus victimes que soi. Bref, du ventre mou d’honnête homme en attendant ce que nous nous autoriserons à appeler familièrement Le Projet®. Or la voici qui surgit, la vraie, la belle défaites d’enculés, celle contre des adversaires meilleurs certes, mais dont l’on ne saura jamais s’ils étaient prenables puisque notre comportement de viers marins farcis leur a offert le triomphe facile. A plusieurs reprises déjà, notre niveau parfois proche de l’analité s’est vu pardonné par une combativité exemplaire, des performances exceptionnelles de certains voire simplement des coups de chatte, même si nous redoutions le moment d’en payer la facture. Celle-ci est tombée, d’autant plus salée qu’elle se régla sous les yeux du pays face aux représentants honnis d’une cité de cuistres que l’on aura mauvaise grâce ici à vilipender comme elle le mérite, puisque la meilleure chose que nous ayons à faire en la circonstance d’une pareille déroute est de fermer notre gueule.

Donc, voilà.

 

L’équipe

Dépourvu de Bedimo ou Hubocan, notre côté Doria/Sarr est en capilotade. J’ai eu beau chercher dans l’actualité de ce dimanche soir une image drolatique associant la notion de déconfiture totale à celle de côté gauche, mais malgré tous mes efforts je n’ai rien trouvé. Bref. Vainqueur est suspendu, et Diarra toujours prié d’aller se faire foutre chez qui veut bien (selon les dernières infos, par exemple, Valence veut pas). Notre recrue Sanson fait donc son apparition à côté de Lopez, l’inusable Zambo Anguissa faisant office de sentinelle. Njie est à la CAN, et Payet n’est pas titularisé pour une raison que j’ignore (j’espère au moins qu’il n’est pas blessé).  Pour le reste, tout va bien. L’optimisme est total.

Car oui, cette semaine, Jacques-Henri Eyraud a signé le transfert de Morgan Sanson. Retour sur des négociations animées.

Le match

En vertu de la règle 35 d’internet, je ne sais pas encore si un film pornographique intitulé « Le Formidable Outil » est déjà paru, mais si ce n’est pas encore le cas notre entrée en matière pourra fournir quelques scènes de pilonnage bien affriolantes. On presse, on rentre dedans, on ahane, on halète, on tourne autour… et puis au bout de 20 minutes on s’aperçoit que nous n’avons plus de assez de crédits pour nous offrir la version longue.

La débandade qui s’ensuit est assez spectaculaire puisque, autour de la 20e minute, la pression marseillaise laisse place à une domination aussi soudaine que totale de nos adversaires. Notre milieu et notre défense sont d’abord franchis sur des contre-attaques, bien enrayées par Pelé. Rançon légitime du jeu offensif, pense-t-on alors ? Nenni. Les Rhodaniens nous submergent bientôt sur tous types d’attaques : plein axe, à droite, à gauche… les offensifs sont dépassés et contribuent peu à colmater les brèches, le milieu est asphyxié, si bien que notre défense esseulée voit ses faiblesses violemment mises à nu. A tour de rôle, Rolando et Pelé sauvent ce qui peut l’être pour tenter d’atteindre la pause avec un tableau vierge et un minimum de dignité. Peine perdue : sur une attaque lancée à droite devant un Thauvin trop timide, Valbuena se présente devant Sakai. Or il apparaît, à ce moment précis, qu’Hiroki est la seule personne dans le monde footballistique qui ne s’attende pas à ce que Judas repique vers l’intérieur avant de tenter une frappe enroulée. Il faut croire que l’information n’était pas arrivée jusqu’au Japon. J’imagine, réciproquement, que les Nippons nous regardent à peu près de la même manière quand on leur apprend que les Français sont les seules personnes au monde à considérer que le nucléaire n’est pas dangereux. Bref, tout se passe comme prévu, à tel point d’ailleurs que l’habitude nous conduit tout d’abord à considérer la frappe du traître comme sublime, avant que les ralentis ne suggèrent que Pelé aurait peut-être pu nourrir quelque espoir de la détourner pour peu qu’il se sortît les doigts (1-0, 43e).

La reprise nous procure l’illusion d’une reprise en main, quand une tête de Zambo Anguissa trouve Lopes. Très vite cependant, le viol reprend de manière ininterrompue. Dans la panique, c’est un tacle de Sanson au milieu de terrain qui se transforme en ouverture pour Lacazette, Fanni et Rolando réagissant avec la vigueur d’un diplodocus dont le cerveau exige deux secondes de délai avant de se rendre compte qu’un tyrannosaure est en train de lui mordre les couilles (2-0, 62e).

Jusqu’ici, l’OM est encore dans le registre de la défaite affligeante mais excusable, mais c’est alors que nous y ajoutons l’impardonnable : l’espoir. Sur un coup-franc lointain de Sanson, le ballon traverse la défense et vient rebondir sur Morel – qui n’a donc pas perdu sa capacité à se trouver dans les bons coups, pour donner à Doria un but tout à fait immonde (2-1, 67e). Car même avec un milieu en forme de tank russe et un Lacazette omniprésent, Lyon reste tout à fait capable de douter et de perdre des points bêtement. Sans accorder à nos joueurs une confiance démesurée, au moins l’on peut dès lors espérer que Lyon réussisse à se saborder tout seul et à saloper comme il faut sa belle heure de jeu passée.

Las ! Même ce mince semblant de tension venu de nulle part par un miracle inespéré, notre défense s’applique à le faire retomber plus vite qu’une bite épiscopale devant un enfant de chœur devenu pubère. Pelé joue un six-mètres mou du gland pour Doria, qui remet sans conviction à Rolando, qui dort. Lacazette subtilise la balle et va battre, non, pardon, humilier Pelé (3-1, 75e). Rideau.

 

Les joueurs

Pelé (2-/5) : L’avantage de voir l’équipe se faire autant pourrir par les attaquants adverses, c’est que dans le lot de tirs subis subsiste toujours l’occasion de produire plusieurs beaux arrêts. Il n’en demeure pas moins que sur les trois buts, l’albatros avait quand même un peu le cul planté dans le mazout.

Doria (2-/5) : La preuve que notre problème de latéral gauche n’est pas si inquiétant, c’est que l’on n’a pas la mémoire courte au point de regretter De Ceglie.

Rolando (1+/5) : Une telle absence de vivacité à se retourner, on n’avait pas vu ça depuis l’Hôtel de Cabre en 1954.

Gravée pour l’éternité au Panier, cette caméra isolée de Rolando sur le second but de Lacazette.

 

Fanni (1/5) : On l’a recruté pour l’ambiance et il se retrouve bombardé titulaire. On n’allait pas non plus exiger de lui qu’il danse la Macarena les burnes à l’air sur le front de Lacazette.

Sakai (1/5) : Un match de Sakai sans le côté offensif, c’est comme un aïoli sans ail. Et pas frais de surcroît.

Zambo Anguissa (2-/5) : Entre pompier de service et victime expiatoire.

Sanson (1/5) : Une première ratée qui ne veut rien dire : Cristian Gimenez avait accompli un très beau premier match sous nos couleurs, avant la suite anale que l’on connaît. Alors qu’à l’inverse Stefano Torrisi… ah non, merde, attendez.

Lopez (1/5) : Une pâte-lettre dans un gros bol de bouillon.

Alessandrini (65e, 1/5) : Insignifiant. En d’autres temps, il aurait au moins apporté sa touche au chef d’œuvre collectif en se faisant expulser.

Sarr (1-/5) : I just don’t think future generations will understand.

Cabella (1/5) : Lui a eu plusieurs ballons offensifs à jouer. Pour en faire invariablement de la merde, certes, mais tout de même.

Thauvin (1-/5) : Nous lui promettions une ascension infinie jusqu’à ce que, tel Icare, l’ambitieux parvenu trop haut pour lui se voie précipité dans l’abîme. A la différence près que se brûler les ailes sur Jérémy Morel, ça malmène un peu la mythologie.

Khaoui (89e) : Même entrée que contre Monaco dimanche dernier. Garcia semble tenir à ce que son nom soit inscrit dans les livres de nos plus belles branlées.

Gomis (1/5) : Il s’est épuisé à gratter des ballons pour que l’équipe n’en fasse rien, puis une fois cramé a erré dans une équipe qui n’en faisait pas plus.

 

L’invité zoologique : Mapou Manba-Mbiwa.

Repoussant, toxique, dégueu. Et fatal. L’affreux mamba était bien l’invité approprié pour narrer avec moi cette nouvelle rasade de venin infligée cul-sec.

– Les autres : Encore une fois, honteux arbitrage de M. Buquet, qui ne commet aucune erreur pour que les observateurs se trouvent dans l’impossibilité de dénoncer les faveurs arbitrales dont bénéficie l’Olympique lyonnais depuis trop longtemps. Enculé.

– Les images : Quand l’OM sera en finale de Ligue des Champions, nous en rirons.

Le classement : Septièmes au chaud pour travailler Le Projet® sans être importunés.

– La page abonnement : Pour que vive l’Alterfoot cananal historique.

– Les réseaux : ton dromadaire préféré blatère sur Facebook et sur Twitter. Padls remporte le concours zoologique de haute lutte face à Roland Gromerdier.

 


Quant au transfert de Payet, Jacques-Henri Eyraud vient de formuler sa dernière offre auprès de West Ham, dont nous espérons qu’ils se montreront enfin convaincus.

Bises massilianales,

Blaah.

Blaah

Dromadaire zoophilologue et pertuisien. Idéal féminin : à mi-chemin entre Scarlett Johansson et Maryse Joissains.

14 commentaires

  1. Une défaite que Franck Passi n’aurait pas renié. Et qu’il ne renie pas d’ailleurs puisqu’il s’accorde une grande part de mérite dans nos précédents succès. Hier on a retrouvé une équipe avec son mental de winner et le résultat qui va avec. Paix à son âme.
    @blaah : pour trouver « dans l’actualité de ce dimanche soir une image drolatique associant la notion de déconfiture totale à celle de notre côté gauche, » t’avais peut-être une piste à exploiter du coté de la primaire socialiste. Mais on est loin de la gaudriole.
    Ne reste plus que la rouste réglementaire infligée par le PSG et notre calvaire touchera à sa fin. Ce qu’il faut espérer.

  2. Memphis ne casse pas deux pailles à un canard, aussi utile que Zambou Breitman.)
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    …… Allez l’OM !! …….
    .. …Droit au but ! … ..
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  3. Sinon l’anecquedocque de l’hôtel de Cabre est intéressante mais quand on se cultive trop la tête explose non ? C’est pas dangeureux ?

  4. Dites les Bucco-Rhôdanniens, quelqu’un voudrait-il m’expliquer pourquoi Valbuena est un traitre?
    Je veux dire, par rapport à Morel qui a fait le même trajet sans même passer par la Russie, ou Bedimo, Gomis et N’Jie qui ont fait le trajet inverse et dont on aurait pas idée de pendre une poupée vaudou quand ils reviennent à Lyon? Vu de mon canap j’ai même pas eu l’impression que Gomus se faisait plus siffler que quand il jouait chez nous!

  5. Parce qu’ils sont nuls.?
    Mais Valbuena est trop petit, alors c’est pas juste. Ou l’inverse.

  6. Valbuena est un traitre parce que Morel est nul?
    Ca tient du chat de Schrödinger ce genre d’explication!

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