Monaco-OM (4-0), La Canebière académie dérouille

Rédigée pendant le match OL-PSG inauguré par Cyril Hanouna et le dépouillement de la primaire de droite, cette académie est placée sous le haut patronage de votre rongeur favori.

Aïoli les sapiens,

De la même manière que l’espoir de la Révolution a pu faire accepter aux Cubains de se taper 10 heures de queue chaque jour pour pouvoir se nourrir de rutabagas, le niveau pathétique de notre équipe se supporte beaucoup mieux quand plane la perspective / l’illusion (rayez la mention inutile) des lendemains qui chantent. Oui, ce 4-0 ne sera qu’une péripétie sur la voie de l’OM Champions Project. Dans deux ans, à l’heure de jouer le Barça en ½ finale retour de Ligue des Champions, nous rirons de ce 27 novembre. Si nous avons perdu une bataille dans la lutte contre l’impérialisme qatari, la victoire finira par être nôtre, car nous sommes la force du peuple, nous sommes le progrès, nous sommes l’histoire, nous sommes le combat, nous sommes la justice, nous sommes les valeurs. Et nous sommes douzièmes.

Le Ricain, il va mettre les sous sans moufter, c’est moi qui vous le dis.

 

L’équipe

Coincé dans sa faille spatio-temporelle à la suite des péripéties mémorables d’il y a trois semaines, Doria n’est pas aligné. Pour pallier l’absence durable de Bedimo, Rudi Garcia a pris deux Prozac et s’est résolu à piocher Rekik dans ses fonds de tiroir. Oui, c’est mot pour mot l’introduction de la semaine dernière.

Sauf que, Mesdames et Messieurs, il y a finesse ! Si l’équipe est la même qu’au dernier match (à l’exception de Diarra remplaçant Machach), elle est alignée dans un 442 où Thauvin vient appuyer Gomis.

Sauf que, Mesdames et Messieurs, il y a re-finesse ! On vous a eus, c’était une ruse en effet ! Huit minutes après le coup d’envoi, le schéma évolue en 352, Rudi Garcia reprend deux Prozac et un acide, et Alessandrini se voit replacé en latéral gauche. La suite vous est narrée ci-après, quoique la petite animation en tête de chapitre vous donne déjà un petit aperçu de la réussite de ce coup tactique.

 

Le match

L’OM parvient à imposer son impact à Monaco dans un premier temps. Hormis une remontée rapide conclue par un tir de peu à côté, les Monégasques sont relativement gênés pour déployer leur jeu et sortir de leur camp. Ce pressing constant de notre part implique néanmoins une importante dépense d’énergie, dont on se demande combien de temps elle pourra durer.

C’est Rudi Garcia qui apporte la réponse à cette question : tout était anticipé, et l’intense combat initial laisse rapidement place à un repli en bon ordre. Monaco, et c’est voulu, prend davantage le contrôle du ballon sans cependant trop inquiéter l’OM. De premières fragilités apparaissent cependant sur notre côté gauche, où Alessandrini est soutenu par Vainqueur pour tenter de faire face au remuant Bernardo Silva. Il ne faut guère de temps pour que l’éventualité d’un siège tel que nous en avons subi au Parc des Princes se dissipe, la faute à un nouveau coup de génie de l’enfant des Chartreux.

Notre panoplie de corners à deux pourris était déjà bien garnie, mais Romain a néanmoins tenu à l’enrichir d’une petite nouveauté : le corner à deux pourri défensif. Les stylistes noteront le petit geste d’humeur qui permet à cette faute imbécile d’être enrichie d’un carton jaune.

Trop heureux du beau coup franc ainsi offert, Boschilla se fait une joie de trouver la lucarne de Pelé après une course d’élan et une frappe exécutées la main dans le slip, tout en relâchement (1-0, 23e).

Autant le premier but doit moins à la tactique qu’à l’intellect de Romain, autant le second met le doigt sur la faillite stratégique de Rudi Garcia – encore que si les choses continuent en l’état, le simple fait d’aligner Alessandrini finira par constituer en soi une faillite stratégique. Pour l’instant, c’est bien dans son nouveau poste de latéral gauche que Romain se fait violer sans vergogne par Bernardo Silva. Le Portugais enchaîne avec un très beau centre de l’extérieur du pied, repris de la tête par Germain pendant que Fanni cherche ses poumons dans la surface (2-0, 29e).

Entretemps, Gomis avait eu le temps de manquer une occasion d’égaliser en ratant son ciseau sur une belle remise de Lopez. Maigre production, pour qui veut éviter de devoir goûter le plat que les Monégasques servent à tous leurs invités du moment : la branlée du chef sauce pimentée. Rudi Garcia tente de sauver ce qui peut l’être en rééquilibrant son équipe dans son traditionnel 433, Njie remplaçant pour cela Alessandrini à la demi-heure de jeu. Récompense immédiate : en trois passes, Monaco ressort de sa surface et place Sidibé en position de centre. Gêné par Rekik, pour autant qu’on puisse l’être quand le défenseur presse à deux mètres de distance, le latéral centre pour Falcao. Gêné par Fanni, pour autant qu’on puisse l’être quand le défenseur presse à deux mètres de distance, le Colombien transmet à Germain, déjà arrivé dans la surface pendant que Diarra et Sakai finissent de se replier en rampant : un bel enroulé, et l’OM n’a déjà plus rien à espérer sinon conserver un peu d’honneur (3-0, 39e).

La seconde mi-temps est sans grand intérêt. L’OM produit quelques beaux mouvements et se procure même de belles occasions dont l’une, énorme, voit Cabella échouer à bout portant sur Subasic. Ne nous méprenons pas cependant : à l’image des rugbymen français le même soir contre la Nouvelle-Zélande, nous paraissons passables seulement parce que nos adversaires gèrent leur match de la même manière que s’ils participaient à un entraînement contre l’équipe B des Tonga. Enfin, pour clarifier la comparaison, on a l’impression que Monaco joue contre l’équipe B des Tonga. Oui, celle de football.

Bref, après nous avoir laissé montrer un semblant de dignité, les Monégasques ne se privent pas de nous coller une dernière petite claque histoire de nous rappeler qu’ils pouvaient nous fesser où ils voulaient et quand ils le voulaient. En l’occurrence, alors que Sakai vient de se fendre d’un magnifique sauvetage, Vainqueur perd le ballon bêtement devant la surface. Le lob de Germain est détourné par Pelé sur Carrillo, qui conclut sans opposition (4-0, 91e).

 

Les joueurs

Pelé (2/5) : « Je ne sais pas si ses ailes de géant l’empêchent de marcher, mais en tout cas son gros cul ne l’aide pas à sauter. » (Charles Baudelaire)

Rekik (2/5) : Rien de trop répréhensible à part une certaine lourdeur générale et sa passivité toute bovine sur le deuxième but.

Rolando (2+/5) : Rien de trop répréhensible à part une certaine lourdeur générale et le fait d’être le patron d’une défense qui en a pris quatre.

Fanni (1/5) : En panique dès qu’il s’agit de relancer, en léthargie dès qu’il s’agit d’éviter de se faire souiller par Falcao ou Germain. Je m’avance peut-être un peu, mais il me semble que l’inverse aurait été mieux.

Sakai (2+/5) : Salement dépassé sur le troisième but, certes, mais il s’agit d’une des rares choses que l’on peut reprocher à Hiroki, pas trop ennuyé défensivement et auteur de quelques belles actions.

D’accord, ça se produit dans le temps additionnel à 3-0 et on encaisse quand même le but 20 secondes plus tard, mais avouez que c’est un beau sauvetage.

Diarra (2/5) : Sans être génial, il n’a jamais renoncé, tel qu’on le connaît, homme de devoir humble et faisant honneur à ce maillot qu’il chérit.

Oui, on a lu ta dernière interview dans la Provence. Rattrapage dans le comité du jour, à venir cet après-midi.

 

Zambo Anguissa (75e) : Un tir et pas d’erreur notable, à un moment où pour tout le monde le seul enjeu était de monter dans le bus de retour en pouvant s’y asseoir.

Vainqueur (1+/5) : Un bon démarrage qui n’était pas sans évoquer le feu d’artifice de l’an 2000 à Marseille. Manquait juste le concert de Pierre Bachelet.

Lopez (2/5) : Pas spécialement à blâmer et auteur d’un ou deux beaux mouvements mais – et c’est bien excusable – encore un peu léger pour ce niveau.

Thauvin (2/5) : Bon esprit. Rien d’autre à dire, laissez-moi me concentrer sur la note suivante.

Alessandrini (0/5) : N’exagérons pas la claque représentée par son remplacement dès la demi-heure de jeu. Celui-ci visait moins à sanctionner sa prestation anale qu’à corriger une erreur de Garcia (ou encore à préserver Romain d’un second carton jaune, tant il avait l’air chaud pour réaliser le grand chelem). Bref, on pardonnera d’autant plus facilement ce mauvais épisode à Romain qu’il n’est pas du genre à s’épancher dans les médias en déplorant l’ingratitude de supporters incapables de comprendre que ses mauvaises performances s’expliquent par tout un tas de causes dont il n’est jamais responsable. Car là oui, dans ce cas, il aurait été grotesque.

Avise-toi encore de venir pleurer dans la presse.

Njie (31e, 1+/5) : Une passe pour Cabella qui aurait dû s’avérer décisive. Pour le reste, pas grand-chose.

Gomis (1/5) : A dû se débrouiller avec cinquante kilos de patates et un sac de sciure, et n’en a pas sorti du trois-étoiles.

Cabella (66e, 2-/5) : Servi seul face à Subasic, il aurait pu marquer le but du maigre espoir, mais finalement non. C’est bien, finalement, s’il avait marqué on aurait été capables de retenir du positif de cette déroute.

 

L’invité zoologique : Radamel Lycaon.

Patchwork de teintes violemment disharmonieuses, le lycaon ne ressemble à rien à première vue, sinon à un clown régnant en habit bariolés sur un royaume d’opérette. C’est seulement quand la meute t’est tombée à dix sur le dos et t’a dévoré toute la partie de l’anatomie allant du pharynx au gros côlon que tu regrettes de ne l’avoir pas un peu plus pris au sérieux. Ce canidé était donc l’invité approprié pour te livrer les observations sur le carnage.

– Les autres : On maîtrise l’adversaire dans ses temps faibles, on l’éclate dans ses temps forts. C’est simple, le football, présenté comme ceci. Si jamais ils parviennent à détrôner les cuistres franciliens en fin de saison, cela nous consolera un peu.

– Le classement : Coup dur dans la lutte pour la onzième place, où nous sommes dépassés par notre rival, le FC Metz. Pas de quoi nous décourager dans la quête de l’OM Softbelly Project.

– Les images : Où l’on voit des Marseillais faire la truie sans retenue.

– Les images : Pardon, je me suis égaré dans des légendes similaires. Voici les bonnes images, où l’on voit des Marseillais faire la truie sans retenue.

– Le beau geste : Notre ami Sisko organise une collecte de denrées pour les démunis samedi 17 décembre place Castellane. Plus de détails ici.

– La page abonnement : Pour que vive l’Alterfoot cananal historique.

– Les réseaux : ton dromadaire préféré blatère sur Facebook et sur Twitter. Padls remporte le concours zoologique.

 

Bises massilianales,

Blaah.

Blaah

Dromadaire zoophilologue et pertuisien. Idéal féminin : à mi-chemin entre Scarlett Johansson et Maryse Joissains.

12 commentaires

  1. Mais quel WE sportif de merde…Genre le seul truc positif c’est une victoire de Paris?
    -Youhou j’ai pas le SIDA c’est un cancer des couilles!

  2. Je viens me repentir de mes propos sur Sakai, qui (et je pense que me râper les burnes me paraitrait plus doux que d’écrire cette phrase, d’ailleurs, j’en ai tellement peu envie que je fais durer cette parenthèse) a fait un match correct ponctué de deux beaux centres.

    Merci de rendre à Alessandrini ce qui lui appartient. Je ne sais pas si le fait qu’il ne remette en question que les entraineurs qu’il a eu à Marseille et jamais ses capacités est dû à une incroyable force de caractère ou à une intelligence proche de celle du panneau autoroutier. Dans la creuse. Le Guéret champion’s project lui irait comme un gant d’ailleurs.

    • Comme le dirait Valérie Boyer c’est le travail qui paye. Le travail et le harcèlement. Un gros travail de harcèlement, en fait. C’est ça qui paye.

  3. Quand je vois Hiroki Sakai je pense à Blanka de Street Fighter, ses cheveux ont la couleur des blés.

    • Géniale crise de démocratisme de Babas qui a truffé ce concours de millions de propositions illégales !

  4. Mettre Alessandrini en 1v1 face à Bernardo alias le meilleur dribbleur de Ligue 1, même Genesio n’y aurait pas pensé. Dire qu’on a failli engager cette brêle de Rudi Garcia. Comme toujours, Jean-Michel Aulas et l’Institution formidable avaient raison.

  5. « RÉDIGÉE PENDANT LE MATCH OL-PSG INAUGURÉ PAR CYRIL HANOUNA ET LE DÉPOUILLEMENT DE LA PRIMAIRE DE DROITE »
    Ca c’est digne du successeur du regretté MAD.
    C’est moi ou sur le 2ème monseigneur lapin à l’air heureux avec cette objet prêt a carré dans un fion?
    Je trouve que plus les températures baisse plus Sakai est bon. Cause à effet?

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