Nantes-Nancy (1-0) : La Chardon à Cran Académie décroche
Soigner ses petits problèmes dans son coin, ça peut avoir du bon quand le sort vous est favorable. Un oncle qui cabote et qui vous lègue des dettes pas trop violentes, la vie qui se met elle-même entre parenthèses pour ne pas vous importuner, des aventures extraordinaires aux confins de paradis artificiels inexplorés… Pour contrer génocides, fascisme triomphant et mal de tête de lendemain de paye, rien de tel qu’une petite victoire de l’ASaNaL qui dépoussière la machine à écrire.
Mais ne nous réjouissons pas trop fort ni trop vite, car le risque est grand de partir vaillant tel un académicien tout neuf, plein de l’enthousiasme débordant des débuts et d’une excitation outrageuse qui ne vaudront que disparition plus frappante : en football comme en journalisme, mieux vaut de la constance que du génie, c’est pas Hatem Ben Arfa qui vous dirait le contraire.
Ainsi donc, place à un exercice qui nous valut par le passé trophées et reconnaissance au sein de la commu (mais qu’est-ce que je raconte) : narrer, embellir et insulter les responsables d’une DEFAITE.
Le match
En terre nantaise, un lundi soir, un kop fermé portant seulement bannière « non aux matchs le lundi »… vous chercheriez à nous plonger dans des abîmes d’introspection du genre malodorante qu’on ne serait pas étonné. Toute à ses méditations mélancoliques et à ses passions solipsistes, la romantique équipe au chardon peine à trouver un collectif tandis que son adversaire pourtant nul à bouffer du sable comme son petit nombre de point le laisse deviner, s’introduit sans consentement dans notre camp et tente de déflorer la cage de surcroit mineure d’Enzo Basilio.
En dépit de la solidité apparente de notre défense, un élément perturbateur vient saboter la montée en puissance de l’équipe à la demi-heure de jeu, quand Thomas Robinet (un ex, évidemment) croit s’enfuir balle au pied depuis le milieu de terrain. Sa carrure de mouche anémique ne présentant aucune espèce de menace, il est sérieusement ceinturé-sécurité par Mendy, ce dernier s’assurant que l’importun ne va pas se faire des idées. Hélas l’arbitre ne l’entend pas de cette oreillette et entreprend d’exclure notre défenseur, arguant que malgré les 50 mètres qui lui restaient à parcourir (7 épisodes d’Olive et Tom au bas mot quand on connaît sa vitesse de buffet en chêne), le Nantais s’apprêtait à se procurer une occasion de but. Même Pascal Praud pourrait en rire, s’il n’avait pas constaté auparavant, en fin limier qu’il est, qu’un noir avait encore violenté un blanc, pauvre bébou.
Ce sont d’ailleurs de tristes sires probablement spectateurs assidus de la chaîne caniveau qui ont relayé en ligne le fond de cuvette de pensée du pseudo-plumitif nantais à l’encontre de notre défenseur. Sacrifier à la mode du moment pour traiter des joueurs de singes sur les réseaux restera une preuve de plus que ce n’est peut-être pas aux ados qu’il vaudrait mieux les interdire, et une confirmation qu’on accorde beaucoup trop d’oxygène à ces rachos qui ne manquent pourtant pas d’air.
Aucun autre fait de jeu n’est réellement à noter dans ce match, mis-à-part peut-être qu’on a encaissé un but dès l’entame de seconde période, que c’est bien évidemment cette tanche de Robinet qui nous l’a inscrit (même pas, c’est un CSC en vrai) et que oui, c’est vrai : c’est nul les matchs le lundi.
Les notes
Basilio 3/5
Résistant de la première heure avec le courage suicidaire de cette engeance très spéciale qui préfère se faire déchausser toutes les dents à coup de ballon que de taper dedans, il a cédé mais reste une valeur sûre.
Nahounou 2/5
En-dessous de la moyenne.
Fernandez 3/5
Au-dessus de la moyenne.
Mendy 2/5
Pas excessivement malin sur LA faute qui fait pivoter le match dans l’inverse de la truculence (la nonculence ?) mais pas foncièrement aidé non plus par une sévérité arbitrale un poil excessive. Force à lui pour passer outre les insultes racistes : on est ensemble.
Tacafred 2/5
Difficile d’exister dans son rôle avec un côté à couvrir quasiment seul.
Bouabdeli 2/5
On attend plus d’un capitaine, en particulier devant le but mais ses ressources mentales nous rendent relativement confiant pour la suite.
Kebe 2/5
Qui êtes vous ?
Kandil 2/5
Où étiez vous ?
Housni 3/5
Il bouge, il appelle, il tente, il porte catogan et petit bouc, on apprécie.
Fdaouch 2/5
Toujours volontaire mais il a été enfermé et privé de ballon par une défense il est vrai aux abois.
Ba 2/5
Pourtant Nicolas Palourde n’est plus là, tu avais ta chance…
Marcel Picon