Naples – Arsenal (0-1) : La Gunners Academy reprend une demi.

Ou comment éteindre un volcan

Salut vous tous,

Nous voilà qualifiés pour notre deuxième demi-finale de Coupe d’Europe consécutive. Des esprits chagrins ne manqueront pas de m’objecter que nous ne réussissons de beaux parcours qu’en Coupe des villes de foire, ce à quoi, outre une invitation à se faire fouetter l’intimité à coups de dendrocnide moroides, j’adresse l’expression de mon plus profond mépris.

Il faut en effet être le dernier des enfants gâtés madrilènes pour considérer qu’une C3 n’est qu’un trophée en carton. J’ai d’ailleurs vu ici ou là certains de nos supporters se dire qu’il ne s’agissait que d’une consolante. Il serait peut-être temps de faire preuve d’un peu d’humilité et de se rappeler que nous ne comptons à notre palmarès européen qu’une Coupe des coupes et… une coupe des villes de foire. Autant dire qu’un quart de finale de Ligue Europa, a fortiori contre Naples, représente une bonne occasion d’écrire une page supplémentaire de l’histoire du club.


ZE DÉPLACEMENT :


Le grand enfant que je suis rêvait depuis déjà pas mal de temps de découvrir le stade San Paolo. Le collègue mes seins vous en avait déjà parlé l’an dernier, mais c’était également l’occasion de découvrir l’envers du décor, à savoir le parcage. Première déception, si la qualité de la bouffe aux alentours du stade m’avait été vantée par plusieurs personnes, le statut de visiteur empêche d’en profiter, sauf si vous avez envie de finir en sfogliatella. 

En effet, Arsenal a publié le jour-même un communiqué pour déconseiller à ses supporters de se rendre au stade en transports en commun. Nous arrivons donc en taxi, lequel, magnanime, nous a déposé directement devant la tribune visiteurs. C’est alors que nous découvrons le sens de la mesure des autorités locales : une vingtaine de carabinieri armés jusqu’aux dents gardent l’accès au temple. Le temps d’expliquer calmement que, non messieurs, nous n’envisageons pas de fabriquer une bombe thermonucléaire avec ce flacon de gel pour les mains, et nous pouvons entrer. Et profiter de la plantureuse buvette mise à notre disposition : au moins deux choix de boissons et trois de nourriture (bonbons, chips ou deuxième marque de chips). De quoi avoir un avant-goût de la cuisine napolitaine tant vantée dans le monde entier.

Côté ambiance, on nous avait vendu un stade bouillant et le moins qu’on puisse dire, c’est que cette réputation n’est pas usurpée. Dès l’échauffement de nos joueurs, les sifflets pleuvent. Les tifos sont également de sortie et, lorsque les deux équipes pénètrent sur la pelouse, les deux virages hurlent tellement fort que j’ai peur que ce stade somme toute vétuste ne s’effondre. 

Y’a pas à dire, ça a de la gueule.

ZE GAME : 


On s’attendait à ce que les Napolitains, galvanisés par leurs supporters, emballent la rencontre dès le coup d’envoi, surtout que les matches à l’extérieur constituent notre ultime kryptonite cette saison. Pourtant, ce sont les Gunners qui mettent le plus d’intensité et étouffent les locaux. Ramsey est ainsi le premier à se mettre en évidence, mais le low-kick balayette rotatif qu’il se prend en pleine surface laisse M. Hategan de marbre. Naples tente tout de même de procéder par contre (vous avez dit Ancelotti ?) et réussit à se procurer une superbe occasion, mais Cech s’interpose devant Callejon.

Satisfaits néanmoins du déroulé de l’action précédente, les Napolitains continuent à jouer la contre-attaque et peu après, Milik est récompensé de ses efforts par l’ouverture du score. Avant que l’arbitre ne lui rappelle qu’il était hors-jeu(.net) d’un mètre au départ de l’action. Le stade commence sérieusement à y croire et pousse de plus en plus fort, à tel point que j’en viens à craindre un réveil du Vésuve voisin. Pour couronner le tout, Aaron doit sortir sur blessure. Nous autres supporters atteignons donc le niveau de sérénité « Donald Gennaro sur son siège Villeroy & Bosch face à un tyrannosauridé ». 

L’explosion tant redoutée (par nous-mêmes pour le match et nos proches pour nos vies) n’a toutefois pas lieu car, dix minutes avant la pause, Lacazette se charge d’éteindre le brasier, d’un coup-franc magnifique. Les quelques centaines de Gooners sautent de joie, tandis que les supporters italiens optent pour l’imitation de Bernardo. Naples n’a pas marqué en cent vingt-cinq minutes contre nous et doit en marquer quatre pour se qualifier. Même Tom Cruise refuserait cette mission.

Arsenal après l’ouverture du score.

Soyons honnêtes, la deuxième période opposant des Gli Azzurri résignés à des Gunners qualifiés ne restera pas dans les annales du football. Ce second acte est principalement marqué par un nouveau raté incroyable d’Aubameyang seul face à Meret, une succession de loupés des Napolitains dans notre surface et des tentatives répétées de ces derniers de mettre la pression sur l’arbitre à chaque commencement de faute londonien. Au vu de ce spectacle maussade, point d’effusions de notre part au coup de sifflet final. Seulement un immense soulagement et la satisfaction d’avoir évité un énorme piège. Quand on s’appelle Arsenal, ce n’est déjà pas si mal.


ZE BÂCHES :


Cech (3+/5) : Aussi peu sollicité qu’au match aller, mais il a su sortir l’arrêt qu’il fallait dès le début de match et nous a ainsi évité d’énormes ulcères.

Monreal (2+/5) : S’est permis avec la plus grande décontraction de prendre une pause miction en deuxième mi-temps. S’il fallait retenir une image de cette double confrontation, ce serait probablement celle-là.

Koscielny (3+/5) : Ça va quand même se voir qu’on défend mieux quand Mustafi est absent, non ? Et que le capitaine sait se transcender dans les gros matches (même si un de ses tacles en première mi-temps m’a valu des terreurs nocturnes).

Koscielny menant sa défense.

Sokratis (3/5) : Solidis.

Torreira (2/5) : Moins en vue qu’à l’aller, le petit lutin uruguayen aura quand même contribué à museler les rares escarmouches italiennes.

Xhaka (2+/5) : Sans briller, il s’est contenté d’être indispensable par sa qualité de passe. Remplacé par Elneny (non noté), parce qu’il n’y avait plus qu’à attendre.

Maitland-Niles (2+/5) : Le minot a encore couru, percuté, centré. C’est toujours brouillon par moments, mais il prend de l’expérience à chaque match.

Kolasinac (2/5) : La même chose que précédemment. En moins bien. Avec en prime un coup de la corde à linge en fin de première mi-temps qui aurait du lui valoir un rouge.

Ramsey (non noté) : Aaron était encore parti pour être le patron du milieu. Et comme à chaque fois qu’il débute ainsi un gros match, il est sorti sur blessure. Remplacé par un Mkhitaryan (3/5) inspiré, qui va devoir assurer en fin de saison, si d’aventure le Gallois ne revenait pas.

Aubameyang (1/5) : Un tel enchaînement de cagades que même Pierre Richard aurait refusé de jouer son rôle sur ce match.

Lacazette (4/5) : Encore une fois, il marque sur sa seule occasion dans un match couperet. Que demande le peuple ? Remplacé par Iwobi (non noté), toujours aussi précieux dans la conservation. Et bégayant dans la finition.

Lacazette exécutant son coup-franc.

IF NOTE : 


Une fois n’est pas coutume, ce point sera consacré à la gestion des supporters visiteurs. Quand en France on se contente purement et simplement de leur interdire le déplacement, par un curieux mélange de paresse et de mépris, on ne peut que saluer la façon dont les autorités napolitaines nous ont encadré. En effet, après le match, les stadiers nous ont fait attendre que l’enceinte soit vidée, avant de nous diriger vers des bus mis à disposition gratuitement par la ville. Les carabiniers nous ont ensuite escortés jusqu’au port. Même si cette escorte avait un côté extravagant, aucun incident n’a été à déplorer et c’est là l’essentiel. À transmettre à votre préfet local avant qu’il ne publie son arrêté hebdomadaire d’interdiction.

Ah et n’oublie pas d’aller lire l’avis d’en face et de cliquer sur les deux boutons ci-dessous (ce n’est pas sale). Bise sur vous.

Johny Kreuz

Johny Kreuz

J'ai autant de clubs de cœur qu'Alex Oxlade-Chamberlain a de neurones. Seul supporter non-basque de Bilbao et Cazorliste convaincu.

3 commentaires

  1. Élimination du Napoli avec en prime un coup franc de Lacazette, sale soirée. Heureusement qu’Aubame a eu le bon goût de rater son match. Maintenant, concentration sur la fin de saison de Sainté!

  2. J’ai du relire cette académie une deuxième fois tellement cette fin de saison me désole.

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