Nîmes-AC Ajaccio (1-0) : Mallemort, c’est pas la mort

On clôture les matchs amicaux 2021/2022 avec un déplacement à Mallemort. Avec des rebondissements comme on les aime. C’est parti !

25 mai 2021. Le calendrier des matchs amicaux de l’AC Ajaccio est publié. Avec le tirage au sort des premiers tours de Coupe de France, la publication du calendrier de Ligue 2 et tous les jours de déplacements, c’est mon jour préféré de l’année. Je peux enfin découvrir quelles villes et quels stades je vais visiter. Comme vous le savez, le calendrier m’a emmené à Lisieux, à Fougères, à Mondeville et donc à… Mallemort. Le nom m’a interpellé. Bon déjà, c’est un nom de ville qui fait un peu peur, entre « mange tes morts » et les « Mangemorts » dans Harry Potter.

Je regarde sur Google Maps et je vois que c’est en Corrèze, à 2h30 de route. « Cool, un déplacement pas loin de chez moi », me dis-je. Les jours passent, je commence à m’organiser et à me faire des plans sur la comète. Et puis à quelques jours du déplacement, je reçois un DM qui me dit «le match c’est à Malemort en Corrèze ou à Mallemort dans les Bouches-du-Rhône ? ». Bonne question, je ne savais pas qu’il existait un Mallemort dans le 13. Après quelques recherches rapides, il s’avère que le match entre Nîmes et l’ACA se déroulera bien à Mallemort, dans le Sud, et non pas à Malemort, en Corrèze. Logique. Mais sans ce DM, je faisais comme ces supporters de l’équipe de France qui se sont retrouvés à Bucarest alors que le match qu’ils voulaient voir était à Budapest. Ou alors comme ces cons qui vont à la gare à Lyon alors qu’on leur avait donné rendez-vous à la gare de Lyon. En fait, j’aurais été con. Mais l’honneur est sauf, j’ai pu m’organiser correctement et prendre la route de Mallemort le 17 juillet 2021.

J’ai d’abord eu droit à du brouillard, à des embouteillages (car route vers le sud et départ en vacances des juillettistes) puis au soleil et à la grosse chaleur. Quel plaisir d’aller voir un match sous le soleil alors que j’avais dû acheter un parapluie pour les amicaux normands et bretons. L’arrivée au stade se fait plus d’une heure avant le coup d’envoi. Le stade est tellement dans une petite ville qu’il n’a même pas de nom, il s’appelle juste « Terrain d’honneur ». Mais le complexe est magnifique. Pour une commune d’environ 6000 habitants, c’est le grand luxe. Il faut dire que ce complexe sportif tiré à quatre épingles a accueilli l’Autriche pour l’Euro 2016. Première bonne surprise : l’entrée est libre et non payante. Un bénévole est tout de même installé au portail d’entrée pour faire semblant de compter les arrivants, la rencontre étant limitée à 500 spectateurs. À peine ai-je mis les pieds dans ce magnifique (mais champêtre) stade qu’un bénévole de Mallemort (un haut-placé, visiblement) m’interpelle et me lance : « Ah Loïc, je t’attendais avec impatience. Ça fait longtemps que je suis tes aventures et franchement respect pour tout ce que tu fais, je suis admiratif ». Ah, même jusqu’à Mallemort on a entendu parler de moi, c’est cool. D’autant plus qu’il me flatte avec un « si tu as besoin de quoi que ce soit, tu me demandes ». Puis, il m’ouvre le portail pour entrer dans le stade et pouvoir bâcher tranquillement et parfaitement.

L’accueil et l’organisation de cette rencontre sont divins. Il y a beaucoup de bénévoles, la police municipale passe de temps en temps et une petite buvette très active se trouve sous la tribune d’honneur. Je suis installé en bord de terrain, derrière un grillage. Un peu mon parcage à moi tout seul, étant le seul supporter acéiste du jour. Les autres supporters, des Nîmois ou des curieux, sont priés de s’installer en tribune. Plusieurs supporters locaux me saluent ou viennent discuter cinq minutes pour faire connaissance et passer le temps. Mon partenaire du jour se nomme Modrek, supporter nîmois connu et reconnu. Je vous invite à aller voir la vidéo de son déplacement ci-dessous.

Un mec vient nous voir, nous affirmant qu’il est le cousin de Téji Savanier et qu’il a joué au foot avec « lui là-bas, celui qui est assis », en pointant du doigt un joueur de l’ACA qu’il n’a jamais su nommer. Quelques secondes plus tard, un énergumène visiblement éméchée (il avait un flash dans la main et un sac plastique rempli d’on ne sait quoi) intervient et nous dit « Regardez moi bien, je suis là. Et pendant le match je serais là, sur le terrain. J’suis un fou, regarde bien, je vais rentrer sur le terrain et je vais marquer un but, je vais tacler l’autre, le Covid, je le tacle !». Spoiler : on le scrutera tout le match et il fera strictement rien.

Quelques membres de l’ACA viennent également me voir et j’ai remarqué un truc : quand ils me voient, ils me posent systématiquement la même question. Que voici : « Ça va ? Tu as fait combien d’heures de route aujourd’hui ? ». À chaque fois, je réponds (7h de route pour l’aller, ce jour-là). Et leur réponse est toujours la même : « Powwww ». Voilà ma vie.

Sur le terrain, Olivier Pantaloni a sorti l’équipe-type qui devrait débuter en championnat à Toulouse : Leroy – Youssouf, Vidal, Avinel, Huard – Laçi, Coutadeur – Barreto, Bayala – Courtet, Moussiti-Oko. La première période est très calme, avec deux équipes qui se jaugent et qui ne prennent que peu de risques. Gaëtan Courtet aura l’occasion de marquer à deux reprises mais il sera à chaque fois rattrapé in extremis. Une petite bière pour faire passer la chaleur et c’est l’heure du casse-croûte.

Les + :

  • Il y a des choix de gourmandises rarement vus : des petits paquets de chips, des mini-Lion ou des mini-Mars, de l’eau, de la bière, des sodas, des jus de fruits et même… des Yetis. Je ne suis pas allé jusqu’à en demander un mais ces bâtonnets glacés étaient bel et bien à la carte.
  • Vous l’aurez remarqué : rien de très consistant à cette buvette pour un gourmand comme moi. Mais pas de panique, on m’informe qu’un camion de pizzas est présent devant le portail spécialement pour l’occasion et qu’il vend des parts de pizza à 2 euros. Ni une ni deux, je m’y rends et prends une part. Elle était bien garni de fromage et pour deux euros, je m’attendais franchement à une part plus petite.
  • De la vraie bière, servie dans de grands gobelets.
  • Tout le monde était agréable et les tarifs sont abordables : 8 euros pour une part de pizza, une bière, un Lion et un paquet de chips.

Les – :

  • Les bières étaient servies dans un gobelet à café, avec un peu trop de mousse.
  • La pizza était bonne, même si un peu caoutchouteuse, pour chipoter.
  • L’absence de snacks salés plus consistants.

Note sur le guide Michelin/Perfettu des buvettes de Ligue 2 : 3,75/5. Le meilleur des environnements mais sans doute la buvette la moins goûteuse de ces matchs amicaux 2021/2022. Attention, tout était bon, l’accueil très sympathique et le prix abordable (on aimerait avoir tout ça en Ligue 2 en parcage visiteurs) mais pour une rencontre de ce genre, on aurait aimé un peu plus. Putain, je deviens un vieux connard, j’en demande toujours plus, comme si les buvettes allaient nous servir du foie gras poêlé et des cromesquis à la truffe noire.

La deuxième période n’est pas bien plus intéressante que la première. Il y aura plus de changements que de tirs, comme si les deux équipes se préservaient pour la reprise du championnat. L’honneur nîmois interviendra dans les dernières minutes de la rencontre, Stojanovski, trop seul, placera sa tête dans la lucarne de Sollacaro. 1-0, terminé, on rentre. Le pire, c’est que mon voisin nîmois venait de me dire « il est nul, tu verras il va pas marquer un but de la saison ».

C’est sur cette prophétie que le déplacement se termine. Enfin presque. Qazim Laçi, toujours très sympathique, viendra me donner son maillot du match pour me remercier, sans que je ne lui demande. Merci beaucoup Qazim. Merci aux personnes rencontrées sur place. Merci pour l’accueil. Merci à tous. À L’OURS !

Perfettu

Perfettu Erignacci De l'Aiacciu

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