Nîmes-OM (2-3) : La Canebière Académie se ressaisit

Aïoli les sapiens,

Quoique toujours nantis d’une avance confortable, la claque reçue contre Nantes nous a rappelé plus que nécessaire la fragilité de notre confiance. Tel le set d’avance du tennisman français contre Djokovic, tel le but d’Arsenal en prolongation, les 8 points qui nous séparent encore de nos poursuivants ne nous crient qu’une chose : « et maintenant que le plus dur est passé, ce serait un échec monumental de gâcher un tel avantage, n’est-ce pas ? ».

Ce match à Nîmes devait permettre de reprendre de l’assurance et d’avorter tout espoir chez nos adversaires de jouer autre chose que la troisième place (en fait la seconde, compte tenu de la prochaine rétrogradation administrative du PSG pour ses manquements au fair-play financier et les attentats contre l’hygiène de vie perpétrés par ses joueurs).


L’équipe

Mandanda
Sarr– Alvaro – Caleta-Car – Amavi
Kamara – Rongier
Germain  – Sanson– Payet (Aké, 88e)
Benedetto (Lopez, 90e)

Toujours qualifiée de  légère, la blessure de Sakai lui vaut pourtant un nouveau forfait. Radonjic est toujours absent, de même que Strootman, suspendu. Thauvin, lui, est espéré pour la semaine prochaine, sauf infection au coronavirus.

Compte tenu de ces absences, l’équipe ne présente rien que de très classique, André Villas-Boas officialisant dès le départ le placement haut de Sanson.


Le match

Avant d’entrer dans le vif du sujet, il est de bon ton de préciser que cette rencontre a été visionnée dans un bar aixois en compagnie d’académiciens de renom, ainsi que du non moins fameux pipolito. Entre jets de bière, mélanges de vins gastrocides et urine dans les poubelles municipales, l’ambiance fut certes animée mais ne garantit pas une retranscription parfaite de la soirée qui s’est déroulée aux Costières.

Quoi qu’il en soit, les Olympiens entament la rencontre dans le plus pur style « cinéma français ». Ça condamne sans condamner, ça veut défendre sans offenser, ça hésite, ça tâtonne, ça sépare l’homme de l’artiste, et finalement ça laisse les odieux continuer à faire leurs petites affaires sans trop être gênés : au bout d’une série de duels lamentablement perdus par les nôtres, les Nîmois prospèrent jusqu’à notre surface où, après une première mise en échec de Mandanda, Ferhat conclut l’action de près (1-0, 5e).

Pourtant experts de l’art taurin, les Gardois oublient qu’un bon coup de pique dans les génitoires est un moyen très sûr de réveiller la bête. Enfin avertis que le match a débuté, les Marseillais rendent enfin à leurs adversaires la monnaie de leurs couilles, si je puis dire. Une très belle ouverture de Kamara trouve Sarr dans le dos de la défense et là, que la Ligue contre la violence routière me pardonne, mais c’est à ce moment que je me suis rendu compte que j’avais déjà bu beaucoup plus que de raison. Pas plus que les deux verres réglementaires, certes, mais il faut croire que l’ersatz de vin rouge qui nous fut servi et à côté duquel les Costières feraient figure de Petrus 1961 titrait beaucoup plus que ses 14,5% officiels. Car foutredieu, j’ai beau retourner mes souvenirs, la soirée et Roberto Bettégras dans tous les sens, j’ai bien vu Bouna Sarr réussir un centre décisif de volée, ce qui est un symptôme irréfutable du delirium tremens.

Or donc, bon, quoique parfaitement hallucinatoire, cette vision est la seule sur laquelle je puis me baser et nous allons donc nous y tenir. Ceux qui ont vu le match sobres corrigeront, bien qu’en toute logique, ceux qui ont regardé ce match sans boire sont sans aucun doute suicidés d’ennui à l’heure qu’il est. Reprenons : ouverture de Kamara pour Sarr à l’angle de la surface, remise parfaite en une touche de Bouna pour Benedetto qui jaillit au second poteau (1-1, 10e).


L’ordre ainsi rétabli, nous  nous adonnons à notre vice préféré : les attaques sans imagination à base de démarrages tout droit et de pertes de balle, avec quand même un jeu en triangle à la 31e minute parce qu’on n’est pas des brutes non plus. La défense se charge d’endiguer les velléités de rébellion, parfois de justesse. Puis, profitant d’un bête contrôle raté d’un Nîmois au milieu de terrain, Kamara livre un duel de mammouth qui renvoie la balle entre les lignes adverses. En une touche, Payet lance Benedetto  à la limite du hors-jeu. C’est l’occasion pour notre Argentin de confirmer que nos interrogations sur son prétendu manque de confiance, on peut définitivement s’en faire des suppositoires : Dario enchaîne contrôle et petit lob une main dans le slip pour s’offrir le doublé, en toute décontraction (1-2, 37e)

Ce retournement de situation provoque une rétractation gonadique immédiate de notre part, puisque nous passons la demi-heure qui suit à défendre acculés à notre surface comme si nous défendions une qualification dans le temps additionnel. Du reste, le nombre de dégagements vrillés comme des fausses queues semble accréditer l’idée d’une certaine fébrilité, plus que d’un repli stratégique pleinement assumé. C’est donc le moment pour Steve Mandanda d’entre en scène, en sortant deux RAIES magistrales juste après l’heure de jeu.


L’OM a ensuite le bon goût d’aller presser dans le camp d’en face, allégeant enfin un slipomètre que l’aimable et imbitable conversation entretenue par mes camarades de tablée ne parvenait que difficilement à apaiser. Jamais découragé, Payet joue un corner en retrait pour Rongier, dont la reprise est pour une fois très propre mais se voit sortie par Bernardoni. Reprise en main ? Second souffle ? Toujours est-il que nos joueurs reprennent enfin l’attitude qui a longtemps fait leur force, à savoir faire pleurer sa race au défenseur qui met un dixième de seconde de trop à se débarrasser du ballon. Pendant que Sarr (pas le nôtre, le leur) est occupé à compter ses jambes trop nombreuses pour lui, Benedetto lui subtilise la balle avant d’être mis au sol par ce grand dadais. Botté par Payet, le coup-franc qui s’ensuit aboutit à une partie de billard, le ballon rebondissant sur Caleta-Car pour finir sur Benedetto, une nouvelle fois plus vif que tout le monde pour battre Bernardoni de près (1-3, 69e).

Sortant tout juste d’une belle série de victoire, les Nîmois se disent alors qu’ils n’ont finalement pas tant besoin que cela de points ou, pour être plus précis, que l’espoir d’un retour au score n’est rien à côté de celui de repartir avec une cheville marseillaise en trophée. Plus occupés à savater nos joueurs qu’à menacer Mandanda, les Nîmois nous aident à passer le temps, malgré une incursion slipométrique sauvée par Steve et par l’arbitre assistant.


Dans le temps additionnel, notre gardien finit par être battu sur un ultime corner. Fragile dans son duel, Steve a également souffert d’avoir vu le buteur, Deaux, poser son bras sur son épaule. Une étude plus judicieuse de la vidéo eût pu, voire du conduire à sanctionner cette légère faute, mais Clément Turpin n’allait pas non plus se priver de nous poser une innocente crotte de nez arbitrale, juste pour sacrifier à la tradition (2-3, 92e). D’ailleurs, toujours constant, l’homme en jaune ne décompte pas du temps additionnel les palabres qui s’ensuivent, ce qui lui vaut d’être tout autant détesté par les Nîmois. Il finit sa soirée content, et nous encore davantage, ce qui reste bien l’essentiel.


Les notes

Mandanda (4/5) : Dans la mythologie marseillaise, Atlas pratique le fini-parti : ok pour porter le monder sur ses seules épaules, par contre quand le boulot est fait faut pas demander d’heures sup.

Sarr (3-/5) : A 20h55 au stade des Costières de Nîmes, préfecture du Gard,  Bouna Sarr a vécu son épiphanie. Oui on peut, il peut, réaliser des passes décisives par une remise en une touche de balle au second poteau. Pas au troisième, pas derrière le but, non, au second poteau, là où se trouve souvent l’avant-centre. Plus rien ne sera jamais comme avant (non, je déconne, il a continué à dribbler n’importe comment, se jeter au pressing pour le meilleur ou pour le pire et à galoper comme un fou en envoyant le ballon au hasard).

Alvaro (3-/5) : Spécialiste de la mine renfrognée après un sauvetage décisif, on jurerait presque l’entendre râler auprès de ses coéquipiers. Ce dont il a eu moins l’occasion en seconde période, lui-même étant alors assez malmené.

Caleta-Car (3/5) : Pas traumatisé par son bizutage de la saison dernière, quand Rudi Dehors l’avait lâché aux Costières sans préparation pour mieux lui chier dessus en conférence de presse. Un garçon moins solide serait revenu sur les lieux du traumatisme armé d’un fusil automatique, mais Duje s’est seulement armé de sa barbe et de sa sérénité.

Amavi (2+/5) : Rançon de la gloire : maintenant qu’il n’est plus nul, les joueurs du côté gauche oublient plus souvent de revenir l’aider à défendre.

Kamara (4/5) : Plus discret que d’habitude dans son rôle de coupeur de route au milieu de terrain, le fait que les Nîmois privilégient de grandes tartines à l’avant y étant sans doute pour quelque chose. Privé de son opportunité habituelle de briller, Bouba s’est reporté sur d’autres méthodes, comme par exemple être à l’origine de nos deux premiers buts, en toute simplicité.

Rongier (3-/5) : Un match propre, qui laisse derrière lui les authentiques sabotages des deux dernières rencontres. Il a raison : tant qu’à lutter contre la Ligue des Champions, autant que ce soit par l’entrisme plutôt que par le boycott.

Sanson (2+/5) : De par son passé Pailladin, Morgan sait que l’on ne lutte pas contre les Nîmois avec des alexandrins et des colliers de fleurs, le bougre s’est donc surpassé à produire un match aussi combatif qu’esthétiquement dégueulasse.

Germain (2+/5) : De même que le précédent, des conditions idéales pour jouer à plein son rôle de false-nine-advanced-libero. De la présence au pressing et quelques corners arrachés à la bite et au couteau, c’est ce que demande le peuple, on réservera l’esthétisme à des contrées plus raffinées.

Payet (2+/5) : Touchante image de l’académicien Horsjeu essayant de se servir un verre de vin en étant déjà à deux grammes et demi. La moitié de la bouteille finit sur la table, mais le verre n’en finit pas moins rempli, tout simplement parce que cet homme éprouve un profond respect pour l’alcool. De la même manière, Dimitri aime trop le football pour ne pas livrer quelques extérieurs et une passe décisive, au milieu d’un festival de contrôles foirés et de passes en touche.

Aké (88e) : Villas-Boas a fait entrer Marley à Nîmes comme j’emmène mes filles chercher des vers luisants. Comme ça, même si l’espèce s’éteint, elles sauront que ça existait et à quoi ça ressemblait.

Benedetto (5/5) : Toujours là où il faut pour faire ce qu’il faut. Anticiper l’ouverture de Payet, c’est classique. Se trouver à la retombée d’un coup-franc dévié par deux joueurs, c’est avoir le nez creux. Être présent à la réception d’un centre de Bouna Sarr, ça confine à l’art divinatoire.

Lopez (90e) : Quel dommage que Strootman fût suspendu, cette entrée était pour lui. Une si belle occasion de front-à-front de fin de match avec les Nîmois, voire avec les CRS hors du stade si affinités, c’est du gâchis.


L’invité zoologique : Loïck Sandre

Sous prétexte de ses grandes dents et de son régime carnassier, il arrive que le sandre pète un câble et se mette à attaquer les baigneurs en se prenant pour un crocodile. Le plus souvent l’incident est clos à la manière traditionnelle : un hameçon dans la gueule, un coup sur la tête pour le terminer et quelques oignons et un filet de vin blanc en bonus pour le goût (in « Ma cuisine gourmande aux métaux lourds », par Parie-Maule Pelé aux éditions Argh). Bref, cet animal impressionnant mais finalement assez inoffensif était bien l’invité approprié pour évoquer ce match.

– Les autres : Une sympathique équipe de bourrins à l’ancienne, qui iront arracher leur maintien à la sueur et au foutre, à grands coups tatanes loin dans le camp adverse et sans s’interdire le recours la bagarre générale et au coup de crampon de 18 sur la cheville.

– Le classement : Savourons un week-end dans la tranquillité d’esprit la plus absolue, avec des adversaires relégués à 11 points minimum avant leurs matchs.

– Les réseaux : Ton dromadaire blatère également sur Facebook, Twitter et Instagram. Johny Kreuz remporte un concours zoologique à la fréquentation quasi OM-forbachienne, en cette période de vacances d’hiver.

– L’offre alléchante : Vous qui êtes friands de nos académies et du style horsjeu.net, bonne nouvelle ! Vous allez enfin pouvoir vous faire plaisir, tout en nous aidant à assurer nos frais de maintenance du site. En effet, notre feuilleton Superacad contre Menesis est désormais en vente sous forme de livre, dont tous les bénéfices seront reversés à horsjeu.net (mâtin ! quel site !).  Votre bibliothèque vous dira merci. Pour en savoir plus et commander, rendez-vous ici : https://fr.ulule.com/superacad-contre-menesis-le-livre/

Bises massilianales,

Blaah.

Blaah

Dromadaire zoophilologue et pertuisien. Idéal féminin : à mi-chemin entre Scarlett Johansson et Maryse Joissains.

5 commentaires

  1. Petrus, et non Chàteau Petrus des béotiens … C’est dans les détails, fussent-ils girondins, que l’on reconnaît les grands !

  2. Mince la lose.
    J’ai en cave un Costières nommé « nîmois ni toi » Que j affectionne particulièrement.
    J’ai honte d’un coup.

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