OM-Dijon (2-0), La Canebière académie met un terme au massacre

Après quatre trop longues années académies de carnage, les officiels, épuisés mais soulagés, déposent enfin la bannière à l’effigie de Monsieur Lapin. « Plus jamais ça » revient comme un leitmotiv, alors que retentit la sonnerie à la con de vos morts.

Aïoli les sapiens,

La réception de l’un des nombreux faire-valoir de la Ligue 1 permet à l’OM d’espérer clore enfin sa série de quatre défaites, toutes plus anales les unes que les autres. En ce triste novembre, commémorons :

Le désanussage sans conteste à domicile contre la Lazio ;

Malgré une « première mi-temps exceptionnelle » (va chier), le résultat on ne peut plus convenu contre le PSG et notre divorce annoncé avec Rudi Garcia ;

La fessée infligée par nos cousins sudistes, à Montpellier ;

L’enterrement sans grande pompe (hormis celles de clowns) de nos espoirs européens à Rome.

Deux buts marqués, onze encaissés, le contrat « nuls contre les forts » est plus que rempli, n’en jetez plus. Pour ne pas prendre trop de retard sur le grappillage de points censé nous mener petitement jusqu’au podium, il reste désormais à accomplir le volet « fort contre les nuls ». Dijon avant la trêve internationale, Amiens ensuite, ce sont six points à engranger impérativement sous peine de faire la joie des peintres, maçons et carrossiers exerçant aux alentours de la Commanderie.

 

L’équipe

Mandanda

Rami – Luiz Gustavo – Sakai

Sarr – Lopez (Sanson, 69e) – Payet – Strootman Ocampos

Thauvin (Kamara, 76e) – Mitroglou (Germain, 46e)

Pour endiguer nos fuites défensives ininterrompues et malgré un résultat mitigé lors du match précédent, Rudi Garcia recourt de nouveau à son Smecta footballistique, la défense à trois. Conduite sans Kamara ni Caleta-Car, l’affaire a le mérite d’éjecter Jordan Amavi du onze, en installant deux latéraux très offensifs. Lopez revient en grâce, Payet mène le jeu, et Thauvin évolue en réel second attaquant. Après avoir testé toutes les solutions possibles au poste d’avant-centre, y compris celle de s’en passer, Garcia revient en désespoir de cause à Kostas Mitroglou.

 

Le match

Curieuse et triste ambiance en ce début de match, entre les hommages aux victimes de la rue d’Aubagne, le bas du virage Sud fermé par ces cons de la LFP, et l’absence de Rudi Garcia pour cause de suspension (encore que ce dernier point, nous nous en accommodons plutôt facilement).

En tout cas, l’OM sait l’importance de ce match, la sur-nullité de l’adversaire interdisant tout autre résultat que la victoire (par sur-nullité, nous entendons ici que le Dijon Football Côte d’Or, club sur lequel il est par essence impensable de ne pas chier en temps ordinaire, se trouve de surcroît dans une période sportive particulièrement lamentable). Nos joueurs attaquent ainsi la rencontre avec un engagement irréprochable dans les duels et une volonté manifeste d’aller de l’avant.

Malgré quelques fautes d’inattention sans grande conséquence, les Olympiens dominent largement des Bourguignons dont la manière de défendre laisse transparaître la profonde ruralité de la France éternelle : « Vingt dieux la Marie, v’la un romano qui vient bouffer mes poules », semble notamment s’écrier Wesley Lautoa à chaque duel qu’il dispute, un Massey-Ferguson au cul et le fusil de chasse à la main.

Lors qu’ils parviennent à slalomer entre les moissonneuses-batteuses, nos joueurs parviennent à se procurer quelques occasions. Bouna Sarr initie l’une d’entre elle, qu’il finit par cochonner en ôtant le ballon à Mitroglou à l’issue d’une belle combinaison Ocampos-Strootman.

Les affaires ne s’arrangent pas pour les Dijonnais, qui perdent Coulibaly, victime d’une rupture du joint de culasse sur une énième faute agricole. Pour autant, on ne peut pas aller jusqu’à dire que l’OM empile les occasions : or l’on sait que les nôtres ont vite fait de franchir le pas funeste qui mène de la construction patiente à la domination pépère.

Faute d’une pression constante, on attend donc l’éclair de génie. Il survient peu après la demi-heure sur deux gestes magnifiques de Thauvin puis Ocampos : lancé par Payet, Florian se recentre comme pour armer son fameux enroulé, mais adresse finalement une merveille de passe dans le dos de la défense. À la réception, Lucas se jette pour remettre à Mitroglou, à qui il ne reste plus qu’à conclure des six-mètres devant le but vide.

Et c’est à ce moment, quand personne ne s’y attend, que Kostayoko exécute une reprise dévissée du genou, un loupé si impensable, si monumental, que les mots manquent pour le décrire. Pour situer le niveau de la gaffe, l’équivalent d’une telle bourde pour un Président de la République serait par exemple de réhabiliter Pétain en pleines commémorations de l’Armistice : cela ne se produit pour ainsi dire jamais, et heureusement d’ailleurs.

Par solidarité envers leur camarade, ses coéquipiers s’empressent de se lancer dans un concours de ratés offensifs. D’une manière admirable, Ocampos parvient à une position de tir idéale, mais ne parvient pas à placer la balle hors de portée du gardien. Peu après, alors que ce même gardien est sorti à l’aventure, Payet tente de reprendre un mauvais renvoi du défenseur mais rate complètement son lob.

Loin de ces considérations offensives, les Bourguignons continuent à manier la charrue mais ne parviennent qu’à se blesser eux-mêmes. Ce deuxième changement forcé chez nos adversaires nous amène à la troisième minute du temps additionnel, quand Dimitri Payet dépose un ultime corner sur Rami au premier poteau. La tête d’Adil, décroisée, ne laisse aucune chance au gardien et Ocampos se jette – cela va finir par devenir une lapalissade – pour accompagner le ballon dans les filets. La Ligue est encore en train de se triturer les méninges pour savoir s’il faut accorder l’ouverture du score à Adil ou Lucas, mais l’essentiel est acquis alors que l’arbitre siffle la pause (1-0, 45e+3).

 

Résumons : sans être séduisant, l’OM a su faire le nécessaire pour mener au score face à une équipe :

– nulle à braire ;

– ayant perdu deux joueurs sur blessure ;

– au bord d’en perdre encore sur expulsion.

Selon toute probabilité, la meilleure solution pour remporter ce match serait donc de ne rien changer à nos intentions, maintenir la même intensité dans les duels et la même volonté de porter le jeu à l’avant. Mâtin ! ce serait mal connaître la mentalité de notre Rudi qui, lorsqu’on lui parle « d’enfoncer le clou », enveloppe le marteau de papier-bulle et s’abstient de taper trop fort pour ne pas risquer d’abîmer ses doigts délicats. S’engonçant dans une attitude peureuse qui représente justement tout le contraire de la prudence, l’OM ne propose plus rien ; attentisme, lenteur, absence de construction, l’OM ne prend plus aucune initiative et semble se contenter d’attendre qu’une contre-attaque tombe du ciel. On notera également la pierre tombale en granit de deux tonnes posée sur la confiance de Mitroglou, remplacé à la pause par Germain. Il est vrai que cette saison l’OM dispose de pléthore d’attaquants performants ; Rudi Garcia peut donc bien se permettre d’envoyer Kostas au fond du puits.

Même contre des pacoulins si inoffensifs, sinon pour les mollets de nos joueurs, ce maigre avantage n’apporte aucune garantie en cas d’incident. Par exemple, lorsque Luiz Gustavo se fait désosser dans notre surface par un ancien équarrisseur sans doute planqué au DFCO pour échapper à L214, l’arbitre ignore l’attentat et laisse Lautoa tirer, juste au-dessus. Peu après, Ocampos défend de justesse sur une passe dans le dos de Sakai, évitant à un Dijonnais d’aller défier Mandanda autrement que par une semelle dans les genoux.

À l’approche des 20 dernières minutes, l’OM reprend enfin un semblant de percussion sur ces contre-attaques, à défaut d’un contrôle total des opérations. Remplaçant Rudi Garcia pendant sa suspension, Frédéric Bompard se charge de donner le signal de la traditionnelle rétractation gonadique, en sortant Thauvin pour Kamara. Boubacar entre au milieu de terrain, Sanson (lui-même entré peu avant) se portant un cran plus haut.

Le score n’évolue pas mais, en ces dernières minutes, l’OM maîtrise mieux la balle et les incursions dijonnaises se font moins aisées. Un Dijonnais passe Bouna Sarr au gyrobroyeur, ce qui offre à Payet un coup-franc à l’angle de la surface. Le centre est faiblement repoussé : dans la surface, Strootman réalise un coup de pied retourné, dévié avec une application infinie par Adil Rami hors de portée du gardien. Placé à 10 mètres de l’action, Lucas Ocampos pense bien à se jeter pour assurer le but, mais convient finalement de laisser Adil savourer (2-0, 84e).

Nous laissons tranquillement Dijon dominer la toute fin de match, en nous contentant de ramasser les rares miettes qui finissent dans notre surface. La performance aurait pu être convaincante, mais notre deuxième mi-temps d’avares a mis le couvercle sur toute notion de plaisir et seule reste cette satisfaction, minimale, d’avoir assuré la victoire contre ces rustres.

 

Les joueurs

Mandanda (3/5) : Se blesse légèrement lors d’une sortie dans les pieds, mais sans concéder de pénalty. Le seul exploit d’une soirée qui n’en requérait guère.

Rami (4/5) : Auteur d’un quasi-doublé ainsi que d’une performance défensive convaincante, avant de repartir en sélection. S’il pouvait cette fois-ci éviter de revenir en se prenant pour le maître du monde parce qu’il aura fait des blagues avec ses moustaches et un extincteur, on pourrait presque s’autoriser l’optimisme.

Luiz Gustavo (3/5) : Replacé à côté de Rami comme deux poivrots avançant ensemble, épaule contre épaule, sans qu’on sache exactement lequel des deux soutient l’autre. La méthode n’est pas élégante, mais elle fonctionne.

Sakai (3/5) : Le moins fantasque du trio de derrière, particulièrement efficace en première période. Plus en difficulté ensuite, où il se voit surpris sur une passe en profondeur et dominé sur deux corners. Un match mitigé, donc, qui ne permettra pas ce soir de trancher ce débat qui divise notre civilisation depuis la nuit des temps : samouraï ou moutarde ?

Sarr (3-/5) : L’excès de patience, voici un risque qui ne concerne pas Bouna, avec ses démarrages d’éjaculateur précoce et parfois une précision équivalente lorsqu’il s’agit d’arriver à bon port.

Lopez (3+/5) : Quand l’équipe tourne bien, comme ce soir en première période, Maxime endosse sa panoplie de Mister Fluide, le super-héros qui lubrifie le jeu. Il lui reste encore à exercer son pouvoir dans les moments plus difficiles ; à la base c’est surtout ça, le principe des super-héros.

Sanson (69e) : Apporte de la fraîcheur physique comme d’autres apportent des bières fraîches, ça contribue à la réussite de la soirée mais dans l’effervescence on ne s’en rend pas trop compte.

Strootman (3/5) : Une belle présence aux divers points chauds du terrain, même s’il semble encore sur la retenue. On le souhaiterait voir en effet casser encore plus de lignes en attaque, encore plus de jambes en défense… sans forcément aller jusqu’à des passes décisives en coup de pied retourné, non plus, on n’en demandait pas tant.

Payet (3+/5) : Comme Manuel Valls, c’est quand on arrête de le forcer à se placer à gauche qu’il commence à redevenir lui-même. On perd alors immédiatement l’envie de lui niquer sa mère, et c’est donc ici que s’arrête la comparaison.

Thauvin (3-/5) : Les réseaux sociaux bruissaient de longue date de cette rumeur : Rudi Garcia vient de faire l’outing de Thauvin comme second attaquant. Après avoir papillonné 45 minutes, Florian est revenu à une deuxième période bien plus conventionnelle, voire ennuyeuse au possible.

Kamara (76e) : Nous nous attendions à ce que son entrée coïncide avec le passage à six défenseurs pour préserver le score contre les redoutables Dijonnais. Mauvaises langues que nous étions, Boubacar a joué au milieu, où il a d’ailleurs gratté quelques ballons précieux.

Ocampos (4+/5) : Se jette sur le ballon pour marquer, se jette sur le ballon pour défendre, se jette partout, tout le temps, sans s’arrêter ni se fatiguer. Quand sa femme a accouché, on l’a vu se jeter pour tacler la sage-femme et saisir le bébé avant elle.

Mitroglou (2-/5) : « En deux-mille dix-huit dans un stade de Provence, une balle en tribune avait tranché sa jeune carrière, et il était tombé sous les sifflets, sur ces touffes d’herbe froide sorti par un sale con. »

Germain (46e, 3-/5) : Et si, davantage qu’une punition pour Mitroglou, l’entrée de Germain s’expliquait par la volonté de l’entraîneur de renforcer son secteur défensif par l’introduction d’un false-nine-advanced-libero ? Une tâche dont s’est acquitté Valère en toute rigueur, puisqu’on ne l’a jamais aperçu à la réception d’une offensive (et qu’il a donc moins raté d’occasions que Mitroglou, ajoutons cela à son crédit).

NdA : le concept de false-nine-advanced-libero étant peut-être un peu trop novateur pour certains esprits étriqués, les philistins qui persisteraient à voir en Valère Germain un attaquant sont invités à retrancher deux points de sa note si cela les rassure.

 

L’invité zoologique : Naïm Slitigre

Sa férocité le conduisant à mutiler tout ce qui passe à sa portée masque mal l’essence réelle du tigre : un gros minet brutal, dont la présence près des zones civilisées est une incongruité au XXIe siècle et dont la disparition rapide est inéluctable. Que cela soit dit, aucune griffe, aucune dent, si redoutables soient-elles, ne font le poids devant un coup de pelleteuse bien placé. Le tigre était donc l’invité approprié pour évoquer cette équipe de Dijon, qui serait courtoise de bien vouloir rapidement débarrasser le plancher au lieu d’essayer de démembrer nos joueurs.

– Les autres : En réalité, ils n’étaient vraiment pas méchants ces Dijonnais, tout juste un peu frustes. Toujours est-il qu’ils font sans doute autorité en matière de bulldozer, de tracteur et de caterpillar, mais leurs ambitions footballistiques, je leur conseille de ne les utiliser qu’en suppositoires.

– Le classement : Toujours sixièmes, les Olympiens maintiennent le contact avec leurs devanciers immédiats et se rapprochent à trois points du podium.

– Les réseaux : ton dromadaire préféré blatère sur Facebook, et sur Twitter. Homerc remporte un concours zoologique très créatif.

Bises massilianales,

Blaah.

Blaah

Dromadaire zoophilologue et pertuisien. Idéal féminin : à mi-chemin entre Scarlett Johansson et Maryse Joissains.

4 commentaires

      • On a vu l’étendu de leur civilisation aux horsjeuïades alors que les parisiens parlent sans savoir.
        Communsymbole de Roudy, je m’accroche au concours en le gagnant quand il est faible.

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