OM-Konyaspor (1-0), La Canebière académie pense positif

 « C’est quand le serpent se sort les doigts du cul qu’il cesse enfin de se mordre la queue ». Proverbe chinois.

NB : l’introduction de cette académie a été publiée la veille du match : pour la (re)lire, c’est ici : http://horsjeu.net/academies/om-konyaspor-premiere-canebiere-academie-na-ecrit/

 

Aïoli derechef,

Alors, ce bilan ? Eh bien pour être honnête, alors qu’était déjà prête l’illustration d’un Monsieur Lapin portant une délicate adresse du style « vos mères les putes », il s’avère finalement que cette maigre victoire 1-0 comble mes faibles espérances. Plutôt que le score ou les coups d’éclat, ce sont les attitudes des uns et des autres qui ont permis d’engager l’équipe sur la voie de la convalescence.

Du coup, sans rentrer dans des digressions tisanières, on se permettra tout de même d’espérer un supplément d’indulgence de la part des supporters : la grève des groupes, les fumigènes, les banderoles, toute la panoplie était de sortie dès ce 14 septembre. Il ne s’agit pas de contester la faute originelle, ce décalage entre les promesses du propriétaire et la réalité bien plus modeste du recrutement, roustes sévères en sus. Depuis un an, quelques-unes de ces claques ont d’ailleurs été encaissées avec une bienveillance rare, qui explique peut-être aussi que la poussée de fièvre d’hier paraisse si soudaine. On rappellera cependant que dans l’histoire plus ou moins récente, les supporters ont accordé leur patience à d’autres bien plus malhonnêtes ou incapables que le « cadre de Disneyland » (expression appelée à devenir le « natif d’Orléans » de 2017). Surtout, les erreurs de la direction ne pourront pas être corrigées au mieux avant la trêve ; quelle que soit notre impatience de voir la situation s’améliorer, je suis à peu près certain que risquer un huis-clos, inquiéter encore davantage des joueurs en manque de confiance, ne constitue pas une façon très constructive d’occuper l’attente… Mais pour que le climat s’apaise, il en va aussi de la responsabilité du président de reconnaître que l’inquiétude ambiante est légitime, lui qui a jusqu’ici plutôt louvoyé entre le silence hautain et les justifications en forme de fin de non-recevoir.

 

L’équipe

Pelé

Sakai  – Rami – Rolando  – Amavi

Kamara – Luiz Gustavo

Thauvin (Ocampos, 74e) – Payet – Sanson (Zambo Anguissa, 89e)

Germain (Sarr, 81e)

 

Il se murmure que le préparateur physique de l’OM a été approché par le Front national des Bouches-du-Rhône, qui a par mégarde confondu ses méthodes avec un documentaire sur les interrogatoires dans les Aurès. Mandanda et Abdennour sont nommés blessés de la semaine, s’ajoutant ainsi à Njie et à Mitroglou. Ce dernier a en effet préféré s’amputer au préalable, plutôt que de passer dans les mains du caporal Rongoni.

Blague à part, Rudi Garcia semble mettre un terme à son entêtement au profit de solutions innovantes. Exit Evra, qui pourra donc consacrer un peu plus de temps libre à se mettre en scène devant des SDF en vue de rejoindre d’autres has-been à la prochaine Tournée des Enfoirés. A part cela, c’est un 4231 qui se profile, d’autant plus séduisant que le déplaisant Sertic est lui aussi rangé dans un tiroir au profit du jeune Boubacar Kamara. Autre délicatesse appréciable, les remplacements : pas de Doria ou autre changement à la con n’ayant pour seul effet que de faire instantanément reculer l’équipe de 20 mètres dans la pire panique ; seule l’entrée de Zambo Anguissa est concédée aux dieux vaudous pour se ménager leurs bonnes grâces. Si j’ai toujours aussi peu confiance en Rudi pour piloter le Projet® qu’en un piment Jalapeño pour guérir de la gastro-entérite, je lui sais au moins gré d’essayer d’éviter la catastrophe.

 

Le match

Pour modérer sans attendre le ton d’une académie qui menaçait de virer à l’optimisme béat, disons-le tout net : on est encore bien loin du compte. Mais quoi ? comme nous le disions hier, le 5-0 était peu probable, et de toute façon n’aurait guère été plus signifiant. Sans nous enflammer outre mesure, reconnaissons quelques progrès : quand un traumatisé crânien dit « gnnn » après une semaine de coma, la politesse commande de l’encourager, pas de lui claquer la gueule parce qu’il n’a pas su réciter du Verlaine.

« Gnnn », voilà qui rend bien compte de cette première mi-temps. Ne nous attardons pas sur la production offensive, elle fut quasi-nulle. Retenons simplement que nos joueurs ont disputé des duels et non plus des combats d’holothuries, et que Payet en 10 aurait pu représenter une bonne idée si jamais celui-ci avait déchaussé ses palmes. Au-delà de sa maladresse personnelle, ces 45 minutes furent aussi marquées par l’incompréhension mutuelle de joueurs semblant évoluer ensemble pour la première fois.

Par bonheur pour cette équipe en manque de repères, les circonstances favorables surviennent dès la reprise. En effet, Rami se joue d’un défenseur bien naïf pour reprendre d’une tête un corner de Dimitri (1-0, 48e). Pour la statistique, la dernière fois que l’OM avait tiré un corner proprement au second poteau, Christophe Castaner n’était pas considéré comme un imbécile ailleurs qu’à Forcalquier, c’est dire si cela date. Le fonds de jeu revient aussitôt avec le moral et, un peu à l’image de la première journée de championnat contre Dijon, les joueurs déroulent. Germain reprend ainsi sur la barre un centre d’Amavi, avant que les Turcs ne nous rendent la monnaie de notre slip suite à une déconcentration coupable de notre part (une lourde fracassant le montant au terme d’une action initiée par une bête touche).

Sakai est ensuite tout près d’inscrire son premier but sous nos couleurs, mais voit sa frappe repoussée. Avec des joueurs offensifs plus à la peine, les vingt dernières minutes sont plus délicates, sans que nous ne soyons beaucoup mis en danger par nos modestes adversaires. Prenons cette victoire pour ce qu’elle est, le premier pas vers une rédemption : saluons-le aujourd’hui, exigeons le suivant dimanche.

 

Les joueurs

Pelé (3/5) : S’est contenté de regarder passer un missile turc, avec l’étonnement de le voir renvoyé par la barre plutôt que par Valérie Boyer, la Wonder Woman des patronages.

Rami (3+/5) : Hormis une mise en route difficile, Adil a fait le boulot face à des attaquants qui étaient tout sauf des foudres de guerre. Son but, surtout, accorde un sursis au portail de la Commanderie.

Rolando (2+/5) : Fidèle au poste quand le devoir l’appelle. A prévoir si on l’emmène à Paris : il faudra penser à lui coller une vignette anti-pollution sur le front. Sans ça, ils n’auront aucune chance de laisser entrer en ville un Diesel pareil.

Sakai (3+/5) : Comme disait feu Thierry Roland, le Japonais est courtois. Le Japonais n’est pas du genre à lâcher des « bordel de bite d’enculé de ta race » quand l’entraîneur le remplace par Bouna Sarr à la demi-heure de jeu. Mais un je-ne-sais-quoi dans l’application du Japonais à défoncer la défense turque en deuxième mi-temps montre que le Japonais n’a pas forcément digéré l’affront.

Amavi (3+/5) : Qu’il est agréable de regarder un latéral qui ne fait pas n’importe quoi. Il faut certes reconnaître que le système, plus stable, l’y a aidé. Ou alors, c’est le fait de bénéficier d’un latéral qui ne fasse pas n’importe quoi qui a aidé à la stabilité du système.

Luiz Gustavo (3+/5) : Un phare dans le bordel de la première mi-temps, ou en tout cas, restons raisonnables, une bouée de sauvetage. Il ne semble toutefois pas mesurer l’inconvénient de recevoir un carton jaune par match : c’est pourquoi je propose, dans un but pédagogique, de convertir la sanction en sertics. Quand il prendra conscience qu’en championnat, l’arbitre lui inflige un tiers-de-sertic par match, et un demi-sertic en coupe d’Europe, il se rendra mieux compte de l’impact de ses fautes sur l’équipe.

Kamara (3+/5) : Discret dans le jeu, mais propre, auteur de peu de fautes, et montrant à de plusieurs reprises un vrai acharnement dans les duels. Il semble avoir sa vraie place, sinon sur le terrain, mais du moins dans une vraie et saine concurrence entre les joueurs à son poste.

Sanson (2/5) : Comme quoi, on peut être un homme blanc hétérosexuel cisgenre omnivore et se trouver tout de même victime du système. Le 4231 du soir l’a en effet exilé sur un côté ou il eut du mal à se situer. Sur le plan défensif, ces errements ont d’ailleurs abouti à quelques oublis coupables.

Thauvin (2+/5) : Irréprochable dans la combativité tout au long de son temps de jeu, ce qui est déjà un progrès. Son manque de réussite persiste hélas, à cause parfois de ses mauvais choix, parfois de ceux de ses collègues.

Ocampos (74e) : De l’envie et peu d’éclat.

Payet (2/5) : Dans toute cette guimauve bienveillante, on en oublierait presque de se montrer méchant. Heureusement, Dimitri était là avec ses pertes de balles affligeantes, ses passes à contretemps et son désintérêt de branleur pour la chose défensive, à nous donner envie de lui frapper les couilles à coups de rosier-pompon.

Zambo Anguissa (89e) : Offert à la déesse Erzulie pour qu’elle nous épargne l’égalisation foireuse sur un coup-franc dévié à la 92e.

Germain (3-/5) : Cet homme a des poumons, et il sait s’en servir. Cet homme a aussi un cerveau, et il n’utilise plutôt bien également. Dans ces conditions, ne nous inquiétons pas trop de son manque de réussite actuel (sauf bien entendu dans le cas où l’on continuerait à le laisser se démerder seul devant, comme en première mi-temps).

Sarr (81e) : Utile pour conserver le ballon dans des contrées sûres où notre slip n’était exposé à aucune attaque.

 

L’invité zoologique : Sherekhan Kirintili.

Le tigre, celui qui fait trembler toute la jungle avant que l’on s’aperçoive qu’il n’y avait pas de quoi s’effrayer, puisqu’il finit par se faire dérouiller par un enfant en slip. Il était donc l’invité approprié pour commenter ce match dont l’on peut conclure qu’il en faut bien peu pour être heureux.

– Les autres : D’une modestie confinant à l’insignifiance, il ne fallait pas s’attendre à autre chose qu’à des sparring-partners. Mais ne comptez pas de moi pour dire du mal d’une équipe qui compte un Moké dans ses rangs.

– Le classement : Le nul entre Guimares et Salzburg nous offre la première place du groupe, avant des joutes autrement plus relevées.

– Les images : Ne vous attendez pas à l’extase, non plus.

– L’illustration : Il fut un temps, l’allusion à Valérie Boyer en Wonder Woman n’aurait pas manqué d’être accompagnée d’une illustration. Je préfère faire appel à votre imagination. Hop, trop tard, vous avez visualisé.

– La page abonnement : Pour que vive l’Alterfoot cananal historique.

– Les réseaux : ton dromadaire préféré blatère sur Facebook et sur Twitter. Didier A. remporte le concours zoologique, auquel il manquait un petit quelque chose.

 

Bises massilianales,

Blaah.

Blaah

Dromadaire zoophilologue et pertuisien. Idéal féminin : à mi-chemin entre Scarlett Johansson et Maryse Joissains.

4 commentaires

  1. Mec, tu m’as fait chercher à quoi ressemblait un rosier pompon.
    (mais je ne suis pas tombé dans le piège Joissain/Wonder Woman)
    Purée.
    Sinon belle acad, as usual.

  2. Je pense que Pelé est meilleur que Mandanda. Encore une clean sheet ! Mine de rien on leur a bien rappelé le goût de la défaite

  3. Mais ne comptez pas de moi pour dire du mal d’une équipe qui compte un Moké dans ses rangs.

    Cher Camelius.

    Excusez mon ton flatteur, mais vous avez un incroyable sens de la formule.

    Merci d’avoir su nous rappeler Moke sans lourdeur ni humour déplacé.

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