OM-Montpellier (1-0), La Canebière Académie fête la quille

Aïoli les sapiens,

Sans le savoir, elle a fait comme beaucoup, les soirs de vague à l’âme. Sans trop réfléchir, elle a gravi la colline de la Bonne-Mère et, avant d’arriver au sanctuaire, s’est engagée sous les pins et s’est assise face à la rade. « Pour le monde des mortels, c’est pas dégueulasse », songe Erzulie en contemplant les Îles.

a campagne de ses protégés s’est achevée sur un ratage complet. Et pourquoi étaient-ils restés ses protégés, d’ailleurs ? Sans doute en s’attachant à l’OM, avait-elle fini par s’attacher à Marseille. Impulsive, excessive, passionnée, elle avait cru reconnaître son propre tempérament dans cette mêlée humaine. Et puis, comme tous, il avait bien fallu reconnaître que cette passion n’allait pas sans côté obscur, que la folie était bien souvent le nom flatteur du je-m’en-foutisme.

Si encore l’annus horribilis s’était circonscrite au football… mais il lui semblait que tout tombait en ruine dans cette ville qu’elle avait à peine eu le tempe d’aimer. Des immeubles réduits en miettes, une place transformée en zone de guerre avec ses palissades de béton, une grand-mère tuée par la police dans son immeuble sans que quiconque de notable ne s’en émeuve, et le spectacle quotidien de la pauvreté et du délabrement. Et, donc, loin d’être aussi tragique, seulement médiocre, l’OM.

Le soleil orangé fait briller les fenêtres de la ville et une larme sur les joues d’Erzulie. La déesse songe à se retirer, à abandonner ce paradis factice pour rejoindre définitivement le monde des esprits. À cette pensée, elle se tourne et lève la tête. La statue d’or semble ne sourire qu’à elle. « Ne t’inquiète pas ma sœur, je reviendrai ». Une brise fait tourbillonner les aiguilles de pin puis un rideau de fumée s’élève. la déesse de l’amour se lève, et s’y engage pour y disparaître.

De retour dans son monde, Marseille lui manquait déjà.


L’équipe

Pelé
Sakai – Caleta-Car – Luiz Gustavo – Ocampos
Lopez – Strootman
Thauvin (Njie, 91e) – Sanson (Hubocan, 34e) – Payet (Balotelli, 58e – expulsé , 87e)
Germain


Amavi est suspendu, tandis que Kamara est retenu avec l’équipe de France des moins de 20 ans. Forfait également pour Rami, Sarr, ainsi que Rolando : c’est donc en tenue de ville que le Portugais foule une dernière fois notre pelouse. Quatre ans d’une mobilité pachydermique propice aux blagues faciles, mais surtout quatre saisons d’un comportement irréprochable récompensé par quelques buts, dont bien sûr celui, inoubliable, contre Salzbourg l’an dernier. Il y a aussi cette ouverture du score inscrite le 20 novembre 2016 à la 80e minute contre Caen : pour Dromadette, Rolando restera donc à jamais l’auteur de son premier but vu au Vélodrome, et faute de trophées glanés avec nous, qu’il lui soit au moins accordé celui-ci. Pour toutes ces années, merci.


Ceci mis à part et compte tenu de ces diverses contraintes, Rudi Garcia (jeu, set et dehors) s’offre une dernière composition-plaisir, avec Luiz Gustavo en défense centrale, Ocampos en arrière gauche et enfin Sanson et Payet se marchant dessus au milieu. Hubocan fait son retour sur le banc, où il est rejoint par deux jeunes, Ali Mohamed et Perrin. Pelé est titulaire mais, contrairement à la rumeur du début de semaine dont nous ne nommerons pas les instigateurs (en fait si : c’est l’Équipe), Mandanda est bien présent sur le banc et pas du tout en vacances anticipées.


Le match

Du point de vue des joueurs olympiens, ce match représente de toute évidence un dernier pensum à expédier avant de mériter chacun ses deux semaines au Club Mickey. Un point devant nous au classement et ne nécessitant donc qu’un nul pour conserver leur cinquième place, les Montpelliérains se contentent de mettre en œuvre la tactique de la bétonneuse arménienne, en attendant que notre propre nullité suffise à leur procurer des occasions.

Deux événements marquent cette première mi-temps insipide : une frappe sèche de Payet bien sortie par le gardien peu avant le quart d’heure de jeu, et à la 32e minute la blessure de Sanson qui nous donne l’occasion de revoir dans l’équipe première ce sympathique dadais d’Hubocan. Pour ce qui est du sentiment général vis-à-vis de cette fin de saison olympienne, on dira pudiquement que ce cas fait davantage consensus que celui de Vincent Lambert.

La seconde période s’anime un peu plus, grâce tout d’abord à un nouveau numéro d’illusionniste de Thauvin. Invisible pendant les 55 minutes précédentes, Florian se trouve à point nommé pour reprendre à bout portant un corner très habilement dévié par Germain au premier poteau (1-0, 55e). L’OM passe alors devant Montpellier au classement et, conséquence immédiate, le slipomètre s’affole à l’idée qu’il nous reste finalement quelque chose à perdre. Oyongo urine sur Sakai avant de se recentrer, et d’adresser un tir qu’un défenseur dévie sur la barre de Pelé. Yohann doit d’ailleurs s’employer plusieurs fois pour repousser des frappes héraultaises.

Souhaitant soigner sa sortie, Rudi Garcia se fend d’une ultime petite crotte de nez en sortant Payet dès l’heure de jeu, l’esquive de poignée de main de Dimitri lui signifiant un authentique « va te faire foutre » tout à fait raccord avec l’ambiance festive du moment. Thauvin voit son deuxième but refusé pour hors-jeu, après une magnifique percée de Luiz Gustavo. Caleta-Car réédite le même genre de chevauchée un peu plus tard, l’action aboutissant cette fois-ci à un centre de Thauvin un peu haut pour Balotelli. Entré en jeu à la place de Payet, donc, l’Italien se rappelle subitement qu’il ne lui reste qu’une poignée minutes chez nous pour enfin faire honneur à sa réputation de tarés à jantes larges. Après avoir perdu le ballon d’une passe certifiée « plus rien à branler », Mario voit l’action revenir dans ses parages et en profite pour cisailler Congré d’un hippopotacle aussi gratuit que violent. Le carton rouge acquis en guise d’adieu, l’OM peut enfin refermer l’album de cette saison abominable.


Échec sportif, équipe à reconstruire, probable crise financière… autant de nuages particulièrement lourds, face auxquels le travail de long terme prétendument mené sur les structures du club ne pèse guère. À ce titre, le choix de l’entraîneur, sa personnalité, sa conception du jeu, pourra nous en dire plus sur la vision de l’équipe dirigeante et sa capacité à se montrer à la hauteur… en tout cas pour les quelques indécrottables optimistes qui n’auront pas eu assez des deux derniers mercatos pour en juger, bien sûr.


Les joueurs

Pelé (3+/5) : Le dernier match avant les vacances, c’est aussi l’occasion de se livrer à d’innocentes farces entre coéquipiers. Verser du LSD dans la gourde de Yohann Pelé, ce n’était peut-être pas le tour le plus fin qu’on ait joué, mais finalement on a bien rigolé et ça c’est pas trop mal fini.

Yohann Pelé, highlights.

Sakai (2+/5) : Hormis le premier quart d’heure de la seconde période où il s’est demandé ce que ça faisant d’être dans la peau de Jordan Amavi, un match correct selon ses standards habituels.

Caleta-Car (3/5) : Et maintenant, un repos bien mérité, histoire de débuter la saison prochaine dans de meilleures conditions que son parachutage-suicide du mois d’août dernier au stade des Costières.

Luiz Gustavo (4/5) : Reste.

Ocampos (2+/5) : Quand soudain, à la 38e journée, après 12357 sprints, 1585 tacles, 1276 gegendribbles, 29 tentatives de retournés acrobatiques, 8 tentatives de talonnades dont une en retourné acrobatique, Lucas a paru légèrement fatigué.

Lopez (2/5) : Tellement fade qu’il a conclu son match en disant « n’oubliez pas d’aller voter aux Européennes dimanche ».

Strootman (2/5) :

Thauvin (3-/5) : Les besogneux sans talent doivent le regarder comme au collège les « 10,5 de moyenne » considéraient le gros branleur de la classe, celui qui n’en foutait pas une mais finissant à 16/20 à chaque contrôle par on ne sait quel miracle. Admirable, mais énervant, ohmondieu oui, qu’il est énervant.

Njie (91e) : A l’image des entraîneurs faisant intervenir un remplaçant juste pour les tirs au but, Rudi Garcia a appelé Clinton dans le seul but de clôturer dignement la saison par l’un de ses extérieurs en tribune dont il a le secret. Sans succès hélas, on sent que Clinton n’est guère en confiance.

Payet (2/5) : Sorti prématurément après une première période volontaire mais inefficace. Selon la rumeur, la Castafiore réunionnaise aura tout le loisir de se consoler en savourant son principal fait de gloire de la saison : réussir à faire éjecter Strootman qui avait l’outrecuidance d’être mieux payé que lui.

Balotelli (58e, 0/5e) : Nous avions eu le Mario de talent avec ses 8 buts, le Mario dilettante avec ses blessures diplomatiques dès que l’équipe était en déplacement, il nous manquait le Mario niqué de la tête et ses fameux pétages de plomb. C’est désormais chose faite, et nous pouvons nous quitter avec la satisfaction d’avoir profité de toute la palette de son talent.

Sanson (2/5) : Fâcheux contretemps que cette blessure, dans sa tournée printanière que le club comptait intituler « séduisons les pigeons britanniques ».

Hubocan (34e, 2/5) : Rien de méchant à dire ici, un homme qui a une telle tête à aimer la bière ne peut pas être un mauvais homme.

Germain (3-/5) : Un match dans son rôle à l’ancienne de false-nine-libero. D’une audace sans bornes, il a même réussi à délaisser ses tâches défensives pour offrir la balle de but à Thauvin.


L’invité zoologique : Benjamin Pétoncle

Lointain cousin de la (Nicolas) palourde, le pétoncle est un animal plutôt défensif, capable de refermer puissamment sa coquille tout en s’enfouissant dans le sable, ce qui suffit généralement à ce qu’aucun prédateur ne vienne le faire chier. Cette absence d’ambition lui vaut d’être moqué dans les salons littéraires, où l’on se plaît à croire que le pétoncle manque de grandeur d’âme. D’autres loueront au contraire son humilité, qui lui vaut des réussites certes modestes mais digne d’éloges eu égard à ses moyens. Bref, le pétoncle est l’invité approprié pour évoquer ce match contre un rival peu sexy mais finalement plus sympathique et efficace que la bande de taches qui nous a accompagnés toute cette saison.

– Les autres : Ont attendu tout le match que nous leur offrions un but et la victoire, ce qui nous connaissant était une tactique on ne peut plus cohérente. Il leur a manqué un ultime coup de collier pour rester devant nous au classement, tant pis pour eux et tant mieux pour nous.

Le classement : Pour la première fois depuis des années, la 5e place n’est pas qualificative pour l’Europe. Cette saison est de toute façon un échec sur toute la ligne, en espérant que la celle qui suivra sera une transition vers la reconstruction, et non vers un destin de vieille gloire périmée vouée à stagner dans les bas-fonds.

– Les consolations : L’équipe réserve, bien que privée de trois joueurs retenus en équipe première (merci Rudi) arrache son maintien en N2. Par ailleurs, les U19 féminines deviennent championnes de France.

– Le sourire : Au terme d’un championnat globalement décevant pour un certain nombre d’équipes, y compris le champion lui-même, le Stade Malherbe de Caen a tenu à apporter un dernier rayon de soleil aux suiveurs de la Ligue 1 en finissant – enfin – par une relégation en bonne et due forme. Même si la fête n’est pas totale après le départ de Rémy Viercoutre, félicitons quand même le club pour cette noble action accomplie pour le bien du football.

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Bises massilianales,

Blaah.

Blaah

Dromadaire zoophilologue et pertuisien. Idéal féminin : à mi-chemin entre Scarlett Johansson et Maryse Joissains.

6 commentaires

  1. Je propose « Compétence et intégrité des acteurs de la scène politique des Bouches-du-Rhône »

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