OM-Montpellier (5-1), La Canebière académie écrabouille

S’aplatir contre les puissants et humilier les faibles, votre académicien se sent excité comme un candidat à la présidentielle.

Aïoli les sapiens,

Après avoir pour l’instant abandonné toute ambition de figurer quelque peu dignement face aux plus ou moins gros du championnat, l’OM se voyait confronté à un adversaire de son calibre, qui ne s’était cependant pas privé de le rouster d’une manière assez surréaliste au match aller.

 

L’équipe

Avec une absence de transition digne de Full Metal Jacket, Patrice Evra est transféré en un clin d’œil des chiottes de la Juventus au Viêt-Nam de notre couloir gauche. Notre autre recrue Morgan Sanson est en revanche sur le banc, Lopez étant associé à Zambo Anguissa un cran devant Vainqueur, de retour de suspension. Devant, Cabella reprend à Sarr la place de titulaire. Diaby, Alessandrini, Bedimo et Hubocan sont toujours blessés, Payet n’est toujours pas là, Diarra si.

[Pouf pouf, le temps d’écrire ces lignes, et Dimitri est bien de retour, et Romain en instance de départ. Tout va très vite dans le football.]

Le match

Comme d’habitude, l’OM attaque fort, mais en y ajoutant une petite variante intéressante, un détail, une sorte de friandise : on marque. A l’origine, un dégagement de Pelé trouve Gomis, qui déménage sans peine le buffet Henri II qui lui sert de défenseur. Thauvin bénéficie de la remise, et adresse une balle haute à Cabella qui dévie de la tête dans la course de Bafé. Notre avant-centre dépose délicatement le buffet Henri II susmentionné et va tranquillement battre Pionnier (1-0, 4e).

Attendez, attendez, mais qu’est-ce à dire ? Vous insinueriez que sur la seconde action du match, Cabella s’est montré intelligent et Gomis efficace ? Eh bien oui Madame, et plutôt deux fois qu’une ! Un petit quart d’heure plus tard, Lopez ouvre pour Evra, qui rentre dans l’axe et sert Thauvin. Celui-ci délivre un amour de passe lobée pour Cabella, qui a la justesse d’esprit de centrer instantanément de la tête pour Gomis : rebelote (2-0, 19e).

L’OM réalise comme à son habitude un départ en  trombe, bonifié par l’aphatie héraultaise (bien lire « l’aphatie » : c’est comme l’apathie, mais en taillant des pipes). Pour autant, cet avantage n’est pas superflu tant les Montpelliérains ne se privent pas de nous multiplier les frissons slipaux aux abords de la surface. Le repli de nos milieux et des latéraux souffrirait en effet quelques réglages plus fins, ce qui éviterait à notre défense de subir quelques déferlantes. Fort heureusement, Vainqueur nettoie ce qu’il peut, Pelé assure ce qui lui parvient, et nos adversaires se chargent de saloper le reste. Devant en revanche, nous restons constants. Sur un long coup-franc de Thauvin, Rolando et Pionnier sont à la lutte pour récupérer un ballon dévié par la défense. Le gardien héraultais réalise alors ce qu’il est convenu d’appeler une défense-Fillon, c’est-à-dire qu’il tape à côté de la cible, encaisse le but et se fait mal au passage (3-0, 38e).

Sans aller jusqu’à craindre une revanche du 5-4 d’il y a neuf ans, ce 3-0 à la pause ne nous garantit pas une sérénité totale. L’inquiétude devient palpable quand Evra accroche Sessegnon à 25 mètres du but, offrant à Boudebouz l’occasion d’éprouver la lucarne d’un Pelé scotché (3-1, 48e). S’ouvrent alors vingt minutes de souffrance, marquées par une moindre maîtrise du ballon, des duels manqués, des pertes de balle et, in fine, quelques occasions de Montpellier. Des arrêts de Pelé, quelques beaux retours défensifs et toujours des mauvais choix de nos adversaires maintiennent ceux-ci à distance respectable.

L’orage s’apaise à compter de la 66e minute, quand l’OM se remet à enchaîner les situations dangereuses dans le camp adverse. Sanson entre et, sur son premier ballon, adresse une très belle ouverture pour Thauvin. Celui-ci contrôle du bras et peut glisser à Gomis, pour le triplé (4-1, 77e). On reconnaît bien là la duplicité du corps arbitral qui valide un peu généreusement ce but anodin, dans le seul objectif de faire taire les critiques quand nous serons victimes dans le futur d’une authentique erreur à un moment décisif. Laissez-moi vous dire que la ficelle est un peu grosse. Enculés. [Note pour plus tard : penser à livrer aux lecteurs mon analyse du 11 septembre]

Chacun peut alors se détendre, y compris Tony Chapron qui a enfin l’occasion de s’amuser un peu quand Rémy contre de la main une tête de Rolando consécutive à un coup-franc vite joué. Pénalty et carton rouge : Thauvin clôt la marque (5-1, 88e), au terme d’une partie pas tout à fait maîtrisée mais tout de même convaincante, une étape aisément franchie avant de nous atteler à l’objectif prioritaire de cette semaine : niquer du cuistre rhodanien.

 

Les joueurs

Pelé (3/5) : Satisfaisant sur les gestes de base. En revanche, ce n’était pas une bonne idée de concéder un coup-franc indirect après avoir serré le ballon contre soi pendant 20 secondes en gémissant « mon précieuuuuuux ». Je crois que Tony Chapron l’a pris pour lui.

Evra (3-/5) : Du bon et du moins bon, début sobre pour celui qui s’annonce tôt ou tard comme un bon client de cette académie, en bien ou en mal.

Doria (72e) : Un jour nous en rirons.

Rolando (3+/5) : Un but plus un pénalty obtenu et assorti d’une expulsion. Ceci, ainsi que le résultat de la rencontre, justifieront de ne pas trop s’attarder sur l’aspect défensif de son match.

Fanni (2/5) : A l’image d’une serviette hygiénique « flux modéré », ça fait le travail mais ça reste léger quand les attaquants débarquent en masse.

Sakai (2/5) : Quoique plus sage dans ses offensives, il ne s’en est pas moins pris quelques vents qui n’avaient rien de divin. Ni nullité ni avion de chasse, on est dans tous les cas loin du Zéro.

Vainqueur (4/5) :
– Bon, Lass’, on n’est plus fâchés, tu n’es plus écarté de l’effectif.

– Ah, je redeviens titulaire, alors ?
– Non.

Zambo Anguissa (3+/5) : Zeboss Anguissa, souverain en première mi-temps. Certes, il a un peu faibli, et surtout oublie encore de colmater certaines brèches, mais son impact s’affirme de plus en plus nécessaire au milieu, là où une association Sanson-Lopez se montrerait pour l’instant encore trop légère.

Lopez (2+/5) : Honnête partie entachée de deux pertes de balle slipométriques, heureusement sans conséquence. La rotation avec Sanson ne pourra que lui faire du bien.

Sanson (77e) : Rien que le fait de ne pas figurer chez nos adversaires était déjà un gros apport, qu’il a bonifié en étant décisif dès son entrée en jeu.

Cabella (4+/5) : Etonnant de justesse, à croire qu’il ait prêté sa panoplie de Rantanplan à un collègue qui participait au festival d’Angoulême. Espérons qu’il ne la reprenne pas.

Thauvin (4-/5) : Une impression générale mitigée, mais je vous le dis tel que je le pense : mes impressions visuelles, j’accepte volontiers de me les carrer où je pense dès lors que Florian se retrouve impliqué dans les 5 buts du match.

Gomis (5/5) : Souvenons-nous du postulat de début de saison : peu importe de souffrir face aux gros clubs pourvu qu’on viole les petits. En l’occurrence le contrat est rempli, donc ne boudons pas notre plaisir.

Sarr (84e) : Il a bien laissé acclamer Gomis : une entrée satisfaisante.

 

L’invité zoologique : Stéphane Sessegnou.

Chair à prédateur des documentaires animaliers, à la rigueur faire-valoir régicide pour ceux qui tiennent Scar comme le plus gros enculé des dessins animés (alors que chacun sait que c’est le Seigneur Shen, dans KungFu Panda), le gnou sert avant tout à procurer de jolies images de carnage. Il s’agissait donc bien de l’invité approprié pour commenter avec moi ce match contre le bas de la chaîne alimentaire.

– Les autres : Tout est réuni pour que le club atteigne la Ligue 2 en fin de saison, ce qui semble représenter l’objectif majeur de Louis Nicollin.

– Les images : Voici ce qu’on veut voir.

Le classement : Remontée à la 5e place, en attendant les matchs du dimanche.

– Le point mercatal : L’argumentaire sera plus développé à la prochaine académie, mais dans l’immédiat, les sentiments sont un « oui » pour Sanson, un « oui » avec petites réserves pour Evra, un « oui » avec plus grandes réserves pour Payet, et un « non » pour la rumeur Sertic. Côté départs, un « pas comme ça » pour le prêt d’Andonian et évidemment un grand YES pour Alessandrini.

– La page abonnement : Pour que vive l’Alterfoot cananal historique.

– Les réseaux : ton dromadaire préféré blatère sur Facebook et sur Twitter. Babas remporte le concours zoologique et donc le droit de se montrer insupportable jusqu’à la prochaine académie.

 

Bises massilianales,

Blaah.

Blaah

Dromadaire zoophilologue et pertuisien. Idéal féminin : à mi-chemin entre Scarlett Johansson et Maryse Joissains.

6 commentaires

  1. Bah 30M pour un joueur parti 18 mois auparavant pour 15…cherchez l’erreur. Sa propension à disparaître durant la majeure partie d’un match, ses rapports avec certains membres du vestiaire, en particulier avec Thauvin…wait and see.

    • Partie pour 15 merci Laburne. Thauvin c’est bien mais putin Payet fais joué ces partenaires (particulier). Il disparaît effectivement souvent contre les grosses équipes mais sous l’ère Bielsa. Et puis disparaître d’un match après avoir distillés 3,4 passes dè ca me va.. Avec Garcia on lui demandera sûrement pas d’autant défendre et donc j’espère que ca lui permettra d’être plus présent lors des affiches. Moi je suis plein d’espoir.

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