OM-Nice (1-0), La Canebière académie va au mastic

Aïoli les sapiens,

Pendant que les carnavaliers de la Plaine tombaient les murs et enfumaient les cons, l’OM aussi sortait de l’hiver en se permettant toutes toutes les outrances, à savoir revenir à trois points du podium de la ligue 1. Pour ce faire, nous accueillons une autre terre fameuse pour ses pitres, aussi bien carnavalesques que municipaux : Nice, dont l’on découvrira vite au cours du match que son potentiel comique n’a rien non plus à envier au nôtre dans le domaine de la tactique footballistique.

L’équipe

Mandanda
Sarr– Kamara – Caleta-Car – Sakai
Thauvin (Radonjic, 85e) – Lopez (Payet, 85e) – Sanson– Ocampos
Germain – Balotelli (Strootman, 74e)

Rolando fait son retour sur le banc pendant que Rami parcourt le chemin inverse vers la tribune (on dit qu’il n’a plus de genoux). C’est bien là le seul changement apporté à l’équipe par Rudi Garcia (dehors), sans doute mû par la crainte quasi-superstitieuse que la moindre nouveauté ne vienne flanquer par terre notre belle série.

En conséquence, Payet, Luiz Gustavo et Strootman poursuivent avec assiduité leur Bouteflika challenge, sans que les résultats ne donnent forcément tort à notre entraîneur (dehors) (oui, dehors quand même, si chaque année on doit perdre 6 mois avant de tourner à peu près correctement, ça ne va pas nous mener à grand chose).

Le match

À l’approche des élections, Nice porte très haut les valeurs de l’Union européenne en barricadant son camp à triple tour, par peur de la menace que représente notre armada pourtant composée de de crève-la-faim en tongs dépareillées. Une stratégie d’autant plus curieuse qu’à la différence de leurs édiles, les footballeurs niçois n’ont pas un électorat de vielles connes peureuses à satisfaire.

Bref, toutes ces considérations stratégico-pleutres nous conduisent à cette première mi-temps où,sans démériter du point de vue de la combativité, nous nous empêtrons plus souvent qu’à notre tour dans les barbelés azuréens. Tirs contrés et centres approximatifs sont notre lot, l’ennui étant heureusement compensé par l’ardente baston à laquelle se livrent collectivement nos joueurs. Pour tout dire, ma chère et tendre épouse regardait au même moment « The Revenant » : apparemment, c’est l’histoire d’un type qui se bat avec des indiens, des ours, des trappeurs, et encore des indiens, de chasseurs et encore des trappeurs, et qui parvient quand même à arriver vivant à la fin du film après s’être lui-même cautérisé les blessures et avoir éventré un cheval pour s’abriter dans sa carcasse. Eh bien, à côté de ce que devait faire l’OM ce soir pour arriver jusqu’au but de Benitez, The Revenant, c’était un footing sur la Corniche.

La tactique niçoise était basée sur la contre-attaque, et quand nous disons « la » contre-attaque c’est vraiment au sens littéral. Saint-Maximin n’a en effet pu tester Mandanda qu’en une seule occasion, facilement repoussée par Steve. Malgré d’innombrables approches de notre part, nos seules vraies grosses occasions se comptent elles aussi sur les doigts de la bite : hormis une « spéciale-Thauvin » claquée par Benitez, Nice parvient à nous maintenir à distance.

La guerre de tranchées se poursuit dès la reprise. Après l’amitié entre René Malleville et Jean Lassalle, la fraternité entre Marseille et le Béarn s’incarne dans ce match digne d’un dimanche de rugby dans la vallée d’Ossau. Les joueurs doivent déployer une telle énergie pour conquérir le moindre avantage, qu’ils en sortent épuisés pour faire quelque chose d’intelligent du ballon qu’ils viennent de gagner. Mais ne nous méprenons pas : les échanges sont virils, mais corrects.

Reste que Nice conserve la ferme intention de refuser le jeu, comptant sans doute sur le geste d’un buteur providentiel pour arracher la décision. Manque de bol pour eux, Mario Balotelli est désormais parti dans un autre club du Sud de la France et, dans ce match hyper fermé, c’est lui qui fait sauter le cadenas à la réception d’un centre d’Ocampos, d’un solide coup de casque dans les mères des ciottistes (1-0, 61e).

À l’exception d’un coup-franc dangereux concédé par Kamara, l’OM ne tremble guère ,malgré les timides efforts des Niçois pour retrouver un semblant d’esprit offensif. Tout juste peut-on regretter un léger manque d’initiative de notre part, encore que l’OM aurait très bien pu obtenir deux pénaltys si l’arbitrage vidéo s’était montré aussi pinailleur que ce qu’il a pu donner à voir récemment. Mais sur cette légère main devant Germain ou ce tacle litigieux sur Thauvin, le VAR (Voice of Aulas Referee) ne voit pas matière à investiguer, à moins que ce ne soit Benoît Bastien qui n’ait toujours pas réparé son oreillette depuis ce fameux match à Nîmes.

Bref, on s’en fout, puisque l’OM conserve jusqu’au bout son implication et sa cohérence pour arracher la victoire, et conquérir ces trois points qui sont comme un petit matelas de talc sur nos fesses avant de nous rendre au Parc des Princes le week-end prochain.

Les joueurs

Mandanda (3/5) : Très peu de choses à faire face à des adversaires qui n’y croyaient pas vraiment. Comme Gianluigi Buffon mercredi, en somme, mais avec trois buts de moins.

Sarr (3/5) : Concentré sur ses tâches défensives au point d’envoyer chacun de ses centres cinq mètres trop loin, juste pour avoir le temps de se replacer en cas d’éventuelles contre-attaques. Une conscience qui l’honore.

Kamara (3+/5) : Dépassé une seule fois, ce qui lui a donné l’occasion de déboîter un Niçois d’une belle obstruction. Ce petit plaisir lui coûtera une suspension contre Angers. Ce sera donc après le match contre le PSG, en vue duquel nos slips le remercieraient fort de s’abstenir de ces petites erreurs de relance qu’il nous montre à chaque rencontre.

Caleta-Car (4/5) : Avec une sérénité totale, Duje s’est chargé de déplumer tous les apprentis rapaces qui se présentaient à lui. Il était bien placé pour rappeler à ces cuistres qu’à Marseille il n’y a qu’un aigle, et qu’il est Dalmate.

Sakai (4-/5) : Une première mi-temps prudente à l’excès, avant de se mettre au diapason d’Ocampos et de pisser sur l’aile droite niçoise comme devrait le faire tout citoyen qui se respecte.

Thauvin (2+/5) : Un match toujours aussi irrégulier et que ne vient sauver aucune statistique, cette fois-ci. Toujours est-il qu’on ne peut pas reprocher à Florian d’avoir négligé les tâches ingrates, et de ne pas avoir été à la hauteur de ses camarades pour ce qui est d’enfiler le bleu de chauffe.

Radonjic (85e) : Nemanja Rataillons.

Lopez (3-/5) : Il a bien tenté d’ouvrir le coffre-fort, mais sans avoir les outils. Et il va vite lui falloir un traitement prophylactique avant qu’il ne soit définitivement contaminé par le virus du coup de pied arrêté foireux, qui a déjà décimé tant des nôtres.

Payet (85e) : Le temps d’une accélération et d’un coup-franc, c’était déjà le moment de rentrer aux vestiaires.

Sanson (3/5) : A abordé le camp niçois comme la rue de Lyon à l’heure de pointe : au bout d’un moment à tourner en vain à la recherche d’un itinéraire de contournement, il faut bien se résoudre à foncer dans le tas.

Ocampos (4/5) : Les Niçois ont offert à Lucas Ocampos 90 minutes de courses et de duels sans obligation de produire du football. Même en lui proposant une pipe, ils n’auraient pas pu lui faire plus plaisir.

Germain (2+/5) : Magie du renouveau olympien, même un match totalement inefficace de Valère devient appréciable, à force de retours défensifs et de dévouement pour les copains.

Balotelli (4/5) : Inexistant la majeure partie de la rencontre mais on s’en fout. Un avant-centre c’est comme un tire-bouchon en pique-nique : tu ne t’en sers que dix secondes mais si tu n’en as pas, t’as l’air con.

Strootman (74e) : Passe devant Luiz Gustavo pour la traditionnelle rétractation gonadique du dernier quart d’heure.

L’invité zoologique : Walter Benitsé-tsé

Véhicule de parasites très déplaisants, la mouche tsé-tsé est bien connue pour inoculer la maladie du sommeil. En somme, un animal ennuyeux, sans ambition, et qui finit le plus souvent gobé sans même y penser, bref l’invité approprié pour évoquer avec nous cette triste équipe niçoise.

– Les autres : On a vu pendant leurs quelques montées de balle ou combinaisons dans notre camp que ces joueurs n’étaient pas à proprement parler des pieds carrés. Leur gâchis dans un blocquéquipe sans aucune espèce d’intention offensive est l’un de ces mystères qui font le charme de notre Ligue 1.

Le classement : Derrière, Saint-Étienne chute. Devant, Lyon cale. C’est ce que l’on appelle une bonne journée.

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Bises massilianales,

Blaah.

Blaah

Dromadaire zoophilologue et pertuisien. Idéal féminin : à mi-chemin entre Scarlett Johansson et Maryse Joissains.

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